Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 992780 )Quatre évêques récalcitrants à Sacrosanctum Concilium ; quatre "nez fins" ? par Candidus (2025-10-22 02:48:04) 

« Les quatre évêques qui ont voté contre étaient — Juan Landázuri Ricketts, OFM (archevêque de Lima), José Clemente Maurino (évêque de Jujuy, Argentine), Manuel Larraín Errázuriz (évêque de Rancagua, Chili) et Anselm M. Albareda, OSB (archevêque titulaire et préfet de la Bibliothèque Vaticane).
Tous les quatre, venant d’Amérique latine (trois) et de la Curie (un), partageaient des préoccupations quant au potentiel de Sacrosanctum Concilium à perturber l’universalité et la révérence liturgiques — risques liés à l’usage des langues vernaculaires, simplification rapide et normes ambiguës concernant la participation. Leur contexte latino-américain mettait l’accent sur la protection des traditions d’époque coloniale au milieu de bouleversements sociaux (réformes des années 1960, par exemple). Ils n’étaient pas des traditionalistes radicaux mais des voix prudentes au sein du Coetus, selon The Formation of the Council’s Identity (Alberigo, 1997). »

Pour ceux qui souhaiteraient aller plus loin, je signale qu'après une recherche sur le site Catholic Hierarchy, je ne trouve aucune trace d'un "José Clemente Maurino (évêque de Jujuy, Argentine)", ne serait-ce pas plutôt José Clemente Cardinal Maurer, Archevêque de Sucre, Bolivie (1900-1990) ? Concernant "Manuel Larraín Errázuriz (évêque de Rancagua, Chili)", il apparaît sur Catholic Hierarchy sous le nom de Eduardo Larraín Córdovez. Et "Anselm M. Albareda" apparaît lui, sous le nom de Joaquín Anselmo María Albareda y Ramoneda, O.S.B.

Il est intéressant de noter que ceux de ces évêques opposants à SC qui ont connu le NOM, n'ont manifesté publiquement aucune opposition à son égard par la suite, tandis que les deux évêques passés à la postérité pour leur refus du NOM, avaient signé SC.

Cela me fait penser à une réflexion que je me suis souvent faite par rapport à d'anciens élèves et à des personnes de ma famille : ceux qui persévèrent dans la foi sont souvent ceux au sujet desquels on nourrissait le plus d'appréhension, et ceux qui laissent tout tomber en chemin, ceux sur lesquels on aurait misé le plus.
images/icones/hein.gif  ( 992793 )Pourquoi ont-ils voté contre ? par Alexandre (2025-10-22 15:46:23) 
[en réponse à 992780]

Oui, il faudrait savoir pourquoi ces pères du Concile Vatican II ont voté contre, car ce pourrait être parce que le texte n'allait pas assez loin. La biographie du cardinal de Lima que donne Wikipédia le fait penser.

Quant aux positions des quatre pères au moment de l'entrée en vigueur du NOM, le cardinal Albareda était mort depuis 3 ans et Mgr Eduardo Larraín Córdovez a démissionné de son siège moins d'un an après et est mort la même année. Il ne devait déjà plus être très vaillant.
 ( 992798 )Et Mgr Lefebvre? par Roger (2025-10-22 17:35:09) 
[en réponse à 992793]

Mgr Lefebvre qui n’était ni mou ni naïf : qu a t il fait? Abstention ou vote pour ?
Et pourquoi ??
images/icones/carnet.gif  ( 992800 )Vote favorable par Candidus (2025-10-22 18:23:27) 
[en réponse à 992798]

Mgr Lefebvre a approuvé Sacrosanctum Concilium qui correspondait à ses aspirations, notamment l'introduction d'une dose de vernaculaire que son expérience de missionnaire lui faisait souhaiter. Il a d'ailleurs fait l'éloge du missel de 1965 qui correspondait en très grande partie à la réforme à laquelle aspiraient la plupart des Pères conciliaires qui avaient approuvé la constitution sur la liturgie. Puis, très rapidement après la promulgation de ce missel sagement réformé, tout est parti en quenouille. La base progressiste refusait de s'en contenter, et Rome, très maladroitement, a pensé que c'était en poussant plus loin la réforme qu'on canaliserait ses excès, et déviations ; c'est tout le contraire qui a eu lieu.

C'est exactement ce qui s'est passé avec l'introduction de 3 nouvelles prières eucharistiques le 15 août 1968, puis pour la communion dans la main : pour essayer d'éteindre l'incendie, on opère un retrait stratégique, on abandonne la position jusque là défendue en pensant que la nouvelle position en retrait sera plus facile à défendre ; le résultat c'est que l'ennemi se sent encouragé par ce recul et exige de nouvelles concessions.
images/icones/info2.gif  ( 992802 )pour deux d'entre eux par Luc Perrin (2025-10-22 20:55:53) 
[en réponse à 992793]

Landazuri Ricketts et Larrain Errazuriz, ils étaient parmi les plus radicaux des "jacobins" pour reprendre la comparaison de Roberto de Mattei. Des "enragés" façon Marat, Robespierre faisant figure de modéré...

Sans savoir les raisons de leur vote négatif final, il faudrait reprendre leurs interventions en 1962-1963 et leurs éventuels modi, il est probable que c'était parce qu'ils trouvaient le schéma De Liturgia pas assez radical, trop romain.

Concernant Mgr Lefebvre et l'ensemble du Coetus internationalis Patrum de 1963, ils n'étaient pas tous d'accord sur certains points : dom Prou a soutenu la concélébration par ex. Surtout le schéma n'a pas été un point d'achoppement grave à Vatican II : la question des sources de la Révélation a divisé, par la suite la liberté religieuse, le projet de déclaration sur les juifs, la collégialité, la question mariale ...

La question de la signature finale des textes lors de la promulgation par Paul VI est bien connue, c'est pour le coup peu significatif.
Ce qui compte, ce sont les prises de parole et les modi déposés ou contresignés.

Enfin on se souviendra que l'abbé Berto en décembre 1963 écrit aux Mères de Pontcallec que la Constitution sur la liturgie ne devrait pas changer grand chose... C'est peu dire que "la Messe de Vatican II", une révision a minima du rit romain sans rien de "novus ordo", n'est sûrement pas le missel de Paul VI (1969). Contrairement à ce que le Saint-Père a dit en juillet dernier.

ps. pour bien comprendre où Mgr Lefebvre se situait en la matière, il faut lire sa Préface à Des prêtres noirs s'interrogent (1956). C'est un bijou y compris pour la juste "inculturation" et les dérives létales qui menacent. Un texte pour le coup prophétique.
images/icones/fleche2.gif  ( 992809 )[réponse] par Alexandre (2025-10-22 23:01:06) 
[en réponse à 992802]


pour bien comprendre où Mgr Lefebvre se situait en la matière, il faut lire sa Préface à Des prêtres noirs s'interrogent (1956).


Publiez-la ici, ce serait en effet très intéressant !