CHAPITRE XXX
HISTOIRE CONTEMPORAINE DES DEUX CITÉS.
Rien de semblable pour le Saint-Esprit. Et pourtant, c’est Lui qu’on niait, en niant les différentes manifestations du grand mystère de la grâce dont Il est le principe ; Lui qu’on attaquait, en attaquant chaque partie de la Cité du bien, dont Il est le fondateur et le Roi.
Qui pourrait nommer un grand ouvrage, composé depuis la Renaissance, par un grand auteur, dans le but de faire connaître et de rappeler aux adorations du monde la troisième personne de la sainte Trinité ? Pour nous, il nous a été impossible d’en découvrir un seul en Italie, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en France. Il faut le reconnaître et en gémir : à l’égard du Saint-Esprit, l’enseignement public s’est visiblement appauvri.
Le monde actuel en est la preuve. Quelquefois au moins on parle de ce qu’on connaît, de ce qui, à un degré quelconque, occupe la pensée. On nomme volontiers ce qu’on aime. Souvent on invoque celui dont on croit avoir besoin.
Quelle place occupe dans le langage moderne le nom du Saint-Esprit ? Au milieu du naufrage des croyances, quelques noms chrétiens ont surnagé. Dieu, le Christ, la Providence, viennent de temps en temps sur les lèvres de l’orateur ou tombent de la plume de l’écrivain.
En est-il de même du Saint-Esprit ? Quand avez-vous entendu prononcer Son Nom ? Qui L’invoque sérieusement ? Vous souvient-il de l’avoir lu dans les livres d’histoire, de science, de littérature, de législation, ou dans les discours officiels, depuis cent ans et au delà ? Or, quand le mot s’en va, l’idée s’efface.
Il n’est que trop vrai ; dans le monde actuel, le Saint-Esprit ne compte presque plus. Les palais, les salons, les académies, la politique, l’industrie, la philosophie, l’enseignement, sont vides de Lui ; c’est un élément social inconnu ou suranné.
Parmi les catholiques eux-mêmes, est-il souvent autre chose que l’objet d’une croyance métaphysique ? Où est le culte spécial, ardent, soutenu qui s’adresse à Lui ? La troisième personne de la sainte Trinité dans l’ordre nominal n’est-elle pas la dernière dans notre souvenir et dans nos hommages ?
Deux fois seulement l’humanité a vu cette ignorance profonde, cette indifférence générale. La première, dans le monde païen, avant la prédication de l’Évangile ; la seconde, à notre époque, dix-huit siècles après l’établissement du christianisme.
Pour les païens d’autrefois le Saint-Esprit était comme n’étant pas. Son nom même ne se trouve dans aucune de leurs langues. La raison en est simple : dans le monde antique le Saint-Esprit n’était rien, parce que le mauvais Esprit était tout. Que prouve l’ignorance du monde actuel et son indifférence à l’égard du Saint-Esprit, sinon que Satan regagne le terrain qu’il a perdu et qu’il reforme sa Cité ?
Voilà LE VRAI MYSTÈRE DES TEMPS MODERNES. Qui ne le voit pas ne voit rien, qui ne le comprend pas ne comprend rien à la situation.
Cinquième phénomène. Rentré dans la Cité du bien, Satan commence par en ébranler la base. L’unité de foi, la puissance sociale de l’Église, le droit chrétien, la constitution chrétienne de la famille, étaient, nous l’avons vu, les quatre grandes assises de l’édifice religieux et social de nos ancêtres : que sont-elles devenues ?
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde