Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=992605
images/icones/stbenoit.gif  ( 992605 )Les bénédictins du Barroux reprennent l’abbaye de Bellefontaine par DumVolviturOrbis (2025-10-13 13:02:04) 

Après des années de recherche infructueuse pour adapter leur domaine à une communauté vieillissante, les trappistes de Bellefontaine (Maine-et-Loire) passent le relais. Douze moines bénédictins s’installeront courant 2026. Les trappistes, eux, quitteront les lieux le 13 novembre prochain.

https://www.famillechretienne.fr/45811/article/les-benedictins-du-barroux-reprennent-labbaye-de-bellefontaine
images/icones/info3.gif  ( 992606 )Les frères de l’abbaye de Bellefontaine nous partagent quelques nouvelles et une invitation par DumVolviturOrbis (2025-10-13 13:26:03) 
[en réponse à 992605]

Avec l’arrivée des frères bénédictins du Barroux, ce sera donc, en quelque sorte, un retour aux débuts de l’abbaye de Bellefontaine… Ainsi va l’Histoire… L’essentiel est que cette histoire millénaire se perpétue, et que ce lieu de haute spiritualité, sans doute le plus ancien de tout l’Anjou, puisse continuer à rayonner et à témoigner de l’évangile.

[...]

C’est donc le 13 novembre prochain, en la fête de la Toussaint monastique, que l’abbaye de Bellefontaine fermera temporairement ses portes. Il n’y aura plus d’offices ouverts au public, mais deux frères de la communauté continueront à vivre sur place. Avec l’aide des employés présents sur le site, ils maintiendront les activités économiques, en particulier la production de pommes et de kiwis.

https://www.diocese49.org/2025/10/labbaye-de-bellefontaine-aura-un-avenir/
images/icones/iphone.jpg  ( 992607 )Excellente nouvelle par Signo (2025-10-13 13:54:41) 
[en réponse à 992606]

La Trappe de Bellefontaine, qui était comme tous les monastères de l’ordre d’une grande austérité avant les réformes des années 1960, comme le montre ce reportage, va donc revenir à la Tradition latine.

J’espère que les éditions de Bellefontaine, qui éditaient notamment les écrits des Pères du désert, vont perdurer avec la nouvelle communauté.
images/icones/1e.gif  ( 992609 )Rome va se réjouir par jejomau (2025-10-13 14:40:13) 
[en réponse à 992605]

De voir que les traditionalistes aient autant de vigueur ! Quel magnifique rameau que celui des Tradis !

oui, oui, je sais, je sors vite ... !
images/icones/bravo.gif  ( 992615 )Excellente nouvelle par Germanicus (2025-10-13 18:22:20) 
[en réponse à 992609]

Ca change des abbaye changées en restaurant,lycée pour expats japonais...
images/icones/carnet.gif  ( 992617 )Très bonne nouvelle par JFB33 (2025-10-13 20:53:03) 
[en réponse à 992605]

Vraiment, je suis content.
Le 44/49/85 devient une fourmilière de tradis.
images/icones/bravo.gif  ( 992623 )Oui vraiment par Ptitlu (2025-10-13 21:36:24) 
[en réponse à 992605]

Bonne nouvelle, et inattendue

Il y a pas mal de messes traditionnelles autour, principalement FSSPX (Faye d'Anjou, Chemillé, Cholet) et NUC (plus bas en Vendée). Cette installation apportera une diversité bienvenue.
images/icones/fsspx.gif  ( 992624 )Cholet ? par JFB33 (2025-10-13 21:56:25) 
[en réponse à 992623]

Je ne crois pas que la FSSPX soit installée à Cholet. Cependant elle a une belle communauté à proximité du côté de Chemillé. Deux messes pleines le dimanche, près de 300 fidèles.
images/icones/fleche3.gif  ( 992625 )Rectification par JFB33 (2025-10-13 22:05:28) 
[en réponse à 992624]

Je me trompe de chapelle. Il y a bien la FSSPX à Chemillé mais qu'une seule messe le dimanche !
images/icones/carnet.gif  ( 992681 )Ce que révèle la reprise de l’abbaye de Bellefontaine par Signo (2025-10-17 12:06:01) 
[en réponse à 992605]

Un article qui semble intéressant de Famille Chretienne. (je ne suis pas abonné).

Un autre de L'Homme Nouveau.

Parmi les personnalités connues ayant passe à la Trappe de Bellefontaine figure le P. Placide Deseille, qui y fut moine durant près de vingt-cinq ans avant de passer au rite byzantin puis à l’Orthodoxie, et qui fut une figure reconnue et respectée dans la galaxie orthodoxe française, comme le montre cet article que La Croix lui avait consacré.
Or il s’avère que l’une des raisons de son passage au rite oriental fut la crise de la liturgie que connut le monde latin, et dont le monastère de Bellefontaine ne fut pas épargné, dans les années 1960-1970.
Ainsi dans cet entretien il témoigne :

D’autre part, l’évolution post-conciliaire de l’Église romaine se poursuivait. La mutation la plus symptomatique fut sans doute celle de la liturgie. Comme l’a écrit l’un des hommes qui ont été le plus mêlés à ces réformes, le père Joseph Gelineau, « [Après Vatican II,] c’est une autre liturgie de la messe. Il faut le dire sans ambages : le rite romain tel que nous l’avons connu n’existe plus. Il est détruit ». J’avoue que lorsque je découvris cet aveu du Père Gelineau, je le ressentis comme un coup de poignard. Ce qui est dit ici de la messe vaut pour l’ensemble de la vie liturgique, qui est le cœur de l’Église. Le « retournement des autels » (« face au peuple »), quasi universel, bien que jamais prescrit par Rome, et manifestement désapprouvé par le cardinal Ratzinger, futur Benoît XVI, m’avait semblé lui aussi l’expression d’une « désorientation » inquiétante de la liturgie.



Il me parait hautement significatif et très révélateur des « signes des temps » (comme on disait dans les années 1960) que soixante ans après le départ du P. Placide de Bellefontaine, ce monastère revienne finalement à la tradition liturgique latine et grégorienne… mais aussi à ses origines historiques, car Bellefontaine fut à ses origines un monastère bénédictin bien avant de devenir une abbaye trappiste. Comme si, comme le dit l’adage, « la boucle était bouclée… », et qu’après avoir tout essayé, on ne voie d’autre solution que de revenir aux sources vives…

images/icones/carnet.gif  ( 992708 )L'article de Famille Chrétienne : Du silence cistercien au rite tridentin : ce que révèle la reprise de l’abbaye de Bellefontaine par DumVolviturOrbis (2025-10-17 23:32:20) 
[en réponse à 992681]



Du silence cistercien au rite tridentin : ce que révèle la reprise de l’abbaye de Bellefontaine

La reprise de l’abbaye cistercienne de Bellefontaine par les bénédictins du Barroux illustre une mutation profonde du paysage monastique français, entre raréfaction des vocations et attrait renouvelé pour la liturgie traditionnelle. Les pères abbés de ces deux communautés dévoilent les coulisses d’une transition faite en douceur.

Les moines du Barroux sont actuellement plus de 60 à vivre dans leur abbaye du Vaucluse. Douze s'installeront à Bellefontaine au printemps 2026.


L’annonce, le 13 octobre, de la reprise prochaine de l’abbaye de Bellefontaine (Maine-et-Loire) par les moines du Barroux a pu sonner comme une surprise aux oreilles de nombreux catholiques. Comment cette communauté, solidement implantée dans les collines provençales du Vaucluse, en est-elle venue à vouloir essaimer dans l’Anjou ?
« Nous avions depuis longtemps un projet de fondation », explique à Famille Chrétienne Dom Louis-Marie, Père Abbé de l’abbaye Sainte-Madeleine du Barroux.
« Même si nous avions poussé un peu les murs et rajouté deux bancs dans la salle du chapitre, notre abbaye conçue pour 40 moines commençait à devenir vraiment trop petite pour les 62 frères que nous sommes actuellement. Et lorsque nous avons appris la situation de Bellefontaine, nous nous sommes dit que c’était un appel du Seigneur », poursuit le bénédictin.


Dans un climat souvent tendu, en France, autour de la célébration de la messe selon l’ancien missel, cette reprise ne manque pas d’étonner. Pourquoi les moines trappistes de Bellefontaine ont-ils accepté de céder leur monastère aux moines bénédictins connus pour leur attachement au rite traditionnel ?
Lovée sur les contreforts du mont Ventoux, à mi-chemin entre Vaison-la-Romaine et Carpentras, la communauté du Barroux a été fondée en 1970 par le moine Dom Gérard Calvet, qui souhaitait vivre selon la règle de saint Benoît dans la fidélité au rite tridentin. En 1988, elle quitta la Fraternité Saint-Pie X pour rejoindre le giron romain.

« C’est une communauté monastique en communion avec Rome », insiste le Père Samuel, supérieur de la communauté de l’abbaye de Bellefontaine. Les moines trappistes n'ont pas jugé ce grand écart des sensibilités être un obstacle à la reprise.
« Nous avons voté en communauté, confie le Père Samuel. Certains frères étaient un peu plus réticents mais tout de même la grande majorité était favorable. Un frère m’a même dit : “C’est une consolation de voir que la vie monastique va perdurer malgré notre départ.” L’essentiel est que cette histoire millénaire se perpétue, et que ce lieu de haute spiritualité, sans doute le plus ancien de tout l’Anjou, puisse continuer à rayonner et à témoigner de l’Évangile. »

« Cette décision nous a un peu étonnés »

Les treize religieux de Bellefontaine n’ont pas été les seuls à donner leur accord à cette implantation du Barroux dans les Mauges. Le supérieur des trappistes cisterciens de l’abbaye de Soligny a également donné un avis positif, tout comme Mgr Emmanuel Delmas, l’évêque d’Angers, pour qui « il fallait accueillir cette arrivée avec confiance », confie le Père Samuel.

« Il est vrai que cette décision nous a un peu étonnés, concède Dom Louis-Marie. Il y a vingt ans, lorsque nous avons fondé Sainte-Marie-de-la-Garde dans le diocèse d’Agen, nous avions sollicité une quarantaine de diocèses susceptibles de pouvoir nous recevoir, en vain », se souvient-il.
Force est de constater que le contexte ecclésial a changé depuis, en France.
« Il fut un temps où l’on nous voyait d’abord comme “tradis”, puis comme moines et enfin comme catholiques. Nous remarquons aujourd’hui que ces considérations se sont inversées. Les gens se sont rendu compte que nous étions catholiques tout simplement », poursuit le Père Abbé du Barroux.
« Mais surtout, je pense qu’il y a vingt-cinq ans, les communautés religieuses n’anticipaient pas du tout d’éventuelles fermetures » malgré la raréfaction des vocations. « Elles se trouvent désormais devant une réalité. Elles préfèrent, autant que possible, qu’une autre communauté religieuse puisse préserver cette vie monastique dans leur région. »

Une attirance vers le rite extraordinaire

Ce changement ne passera pas inaperçu dans la région.
« C’est certain que cela va changer à Bellefontaine, concède le Père Samuel. Ce ne sera peut-être pas les mêmes personnes qui vont fréquenter l’abbaye, mais on voit bien qu’il existe une attirance vers le rite extraordinaire, qui a été encouragé par les papes Jean-Paul II et Benoît XVI. »
Pour le supérieur de Bellefontaine, cette arrivée des moines du Barroux répond aussi à une demande de plus en plus grande.
« On voit des jeunes qui fréquentent autant la messe ordinaire que le rite extraordinaire, sans que cela ne leur pose problème. Je me demande si, dans ce monde très désacralisé, très sécularisé, il n’y a pas une aspiration à quelque chose de plus sacré. Que des communautés qui gardent ce rite ancien puissent aider davantage certaines personnes à prier, pourquoi pas ! Il ne faut pas s’enfermer dans une idéologie. Plusieurs manières de prier existent. »

Les moines du Barroux devraient prendre possession des lieux à partir du printemps prochain ou à l’été 2026 au plus tard. Les cisterciens leur céderont une abbaye de 120 hectares.
« Le Père Raphaël sera le prieur de cette communauté de douze moines dont les âges vont de 75 à 22 ans », détaille le Père Abbé du Barroux.
« Il sera secondé par le Père Roger, en tant que sous-prieur. Nous avons voulu une communauté homogène composée de cinq pères, quatre frères et trois jeunes dont deux en formation et un dernier en noviciat. »
Fidèle à la volonté de leur fondateur Dom Gérard, l’apostolat de cette fondation du Barroux sera plus limité que celui de la maison mère.
« Comme pour notre première fondation dans le diocèse d’Agen, ce seront uniquement des confessions, de l’accompagnement spirituel et des accueils de retraitants », annonce Dom Louis-Marie.

Les cisterciens trappistes quitteront, eux, définitivement l’abbaye de Bellefontaine le 13 novembre, jour de la Toussaint monastique, après y avoir perpétué la vie monastique depuis 1816.