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6 - 10 octobre 1596, signature de l'Union de Brest par Ludwik (2025-10-08 09:59:29)
L’Union de Brest (6 au 10 octobre 1596)
Au XVIᵉ siècle, la Métropole de Kiev, alors sous juridiction du Patriarcat de Constantinople, se trouvait dans le royaume de Pologne-Lituanie.
L’église locale traversait une période de profonde décadence : désorganisation, manque de clergé instruit, influence croissante du protestantisme et ingérences du pouvoir civil.
Les évêques de la Métropole, soucieux de restaurer l’Église, réaffirmèrent leur reconnaissance du pape de Rome comme chef visible de l’Église militante.
Michel Rohoza étant Métropolite de Kiev et Clément VIII Pape.
De facto, la Métropole de Kiev rompait ainsi ses liens avec Constantinople, et un lien canonique direct était établi avec Rome.
L’union avait été préparée par plusieurs conciles locaux. En mars 1594, tous les évêques ruthènes (sauf un) signèrent un accord en faveur de l’union.
Le mémorandum des évêques insistait sur le manque de formation pour débattre avec les réformateurs, l’absence de protection de la Métropole par Constantinople et sur les extorsions pratiquées par les Grecs.
En 1595, les 33 articles de Brest furent rédigés et approuvés par les évêques, puis deux évêques furent envoyés à Rome. Un accord sur l’union fut approuvé par le pape en décembre 1595, puis du 6 au 10 octobre 1596, les évêques signèrent cet accord.
La lecture des 33 articles est rapide et tout à fait intéressante. Je vous la conseille vivement. Sont abordés la procession du Saint-Esprit, le purgatoire, et de multiples questions disciplinaires (droit du métropolite de sacrer les évêques, clergé marié, cloches le Vendredi saint, etc.).
Cette union affirmait :
- le maintien intégral du rite byzantino-slave (liturgie, discipline, calendrier), dont la préservation du clergé marié et de la langue liturgique traditionnelle ;
- la garantie que l’union n’impliquait aucune latinisation forcée.
- Rome reconnaissait l’autonomie canonique des évêques ruthènes et leurs privilèges traditionnels.
Ce fut un événement considérable dans l’histoire de la Métropole de Kiev (fondée en 988) et dans celle du catholicisme.
L’union fut toutefois comprise de manière fort différente à Kiev et à Rome.
L’Union de Brest concernait l’ensemble des territoires correspondant aujourd’hui à l’Ukraine et au Bélarus.
Dans les siècles qui suivirent, au fur et à mesure des conquêtes moscovites, l’Église catholique fut persécutée, puis liquidée, notamment sous Catherine II.
Le point final de cette tragédie eut lieu en 1874, lorsque le tsar Alexandre II ordonna la liquidation de la dernière éparchie catholique, celle de Chełm (aujourd’hui en Pologne orientale).
Les fidèles qui refusèrent de rejoindre l’église russe furent déportés, emprisonnés ou exécutés.
Treize d’entre eux, treize paysans sans armes, qui s’opposaient à l’installation d’un prêtre moscovite, furent fusillés par la troupe.
Ces martyrs (martyrs de Pratulin) furent béatifiés en 1996.
L’Église gréco-catholique ne survécut alors que dans l’Ukraine occidentale, seule région à n’avoir jamais été intégrée durablement à l’Empire russe — sinon de manière éphémère durant la Première Guerre mondiale (offensive Broussilov), ce qui n’empêcha pas alors l’administration tsariste d’y entreprendre aussitôt la liquidation de l’Église.
Elle devint, malgré les persécutions, l’un des cœurs spirituels et identitaires du peuple ukrainien.

( 992511 )
Un traité intéressant dans une dynamique d'accord FSSPX / Rome par Candidus (2025-10-08 19:07:35)
[en réponse à 992505]
Le contenu de cet accord est particulièrement intéressant dans le contexte -certes plus très actuel- d’un éventuel accord entre la FSSPX et Rome.
Ce traité d’union signé par les Ruthènes, débute par la phrase suivante :
« Avant de nous unir à l’Eglise Romaine, nous exigeons au préalable des garanties de la part des « Romains » au sujet des points suivants...» Suit une longue énumération de coutumes propre à l’Eglise ruthène et peu conciliables avec les pratiques latines, telles que l’ordination d’hommes mariés ; et d’exemptions, telles que de devoir participer à certaines cérémonies célébrées par les latins (comparable à l’obligation de concélébrer la messe chrismale avec l’ordinaire du lieu).
Dans cette énumération, on relève le point suivant :
« Nous ne débattrons pas du purgatoire, mais nous faisons confiance à l’enseignement de la Sainte Eglise ».
La formulation de cette phrase interpelle. Sur un point de doctrine important, les deux Eglises avaient à l’époque des positions difficilement conciliables. Et pourtant, cela n’a pas empêché l’union de se réaliser à partir de cette formule ambiguë.
Autre citation de cet accord :
« Comme il existe une querelle entre les Romains et les Grecs au sujet de la procession du Saint-Esprit qui empêche l’unité […] nous demandons de ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par le Saint-Esprit, par l’évangile et par les écrits des Docteurs Grecs, c’est à dire que le Saint-Esprit ne procède pas de deux sources, ni d’une double procession, mais d’une seule origine, du Père, par le Fils ».
Voilà un autre exemple de la flexibilité dont a su faire preuve l’Eglise Romaine pour favoriser l'unité. Flexibilité qui conduisit à « escamoter » la « querelle » de la « procession du St Esprit », avec l’espoir fondé que le temps permettrait de dépasser cette difficulté.
Au nom de ce précédent, le texte suivant ne pourrait-il pas être signé par la FSSPX et accepté par Rome ? :
« Comme il existe une querelle entre Rome et la FSSPX au sujet de certains enseignements du concile Vatican II qui empêchent l’unité, nous demandons de ne pas être soumis à une doctrine différente de celle qui nous a été transmise par les écrits des Saints Docteurs et Pontifes jusqu’au pape Jean XXXIII, notamment dans les encycliques Quanta Cura, Quas Primas et Mortalium Animos»
OU
« La FSSPX accepte Dignitatis Humanae et Unitatis Redintegratio dans la mesure où ils sont compatibles avec les encycliques Quanta Cura, Quas Primas et Mortalium Animos »
Rome prétend qu’il n’y a aucune rupture entre la Tradition et Vatican II, seulement un développement ; pour elle, cette formule serait donc acceptable. La FSSPX affirme qu’il existe une contradiction ou du moins de graves ambiguïtés sur certains points : cette formule ne trahirait pas ses convictions.
Une telle formulation n’est certes pas idéale d’un point de vue théologique, mais le contenu du traité de Brest ne l’était pas non plus, et il a produit pourtant d’excellents fruits pour l’Eglise et pour les âmes…

( 992514 )
Bien vu par Roger (2025-10-08 21:11:44)
[en réponse à 992511]
Cher Candidus
Et d’ailleurs ne dit on pas
« Quand il y une volonté il y a un chemin «
Si la volonté existe des deux côtés il y aura un chemin pour les unir !