Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=992312

( 992312 )
Encourageante cette retraite par AVV-VVK (2025-09-28 19:19:45)

( 992313 )
Etonnants ces bénédictins à l'esprit ignatien par baudelairec2000 (2025-09-28 21:28:06)
[en réponse à 992312]
Les Exercices de saint Ignace prêchés par des bénédictins ! Et cela ne leur pose aucun problème d'identité.
Ce qu'on peut lire sur le site de l'abbaye:
"Selon le dessein de son fondateur, l’abbaye Saint-Joseph de Clairval exerce un apostolat par la prédication de retraites spirituelles aux hommes. Ces retraites, habituellement en cinq jours, suivent le parcours des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola. Elles se déroulent sur place à l’abbaye ou dans d’autres maisons d’accueil. Cet apostolat est un élément spécifique et primordial dans l’identité de l’abbaye à laquelle il donne son originalité par rapport aux autres monastères bénédictins.
La perspective de saint Ignace rejoint celle de saint Benoît : il introduit ses Exercices spirituels en rappelant que « l’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu et ainsi sauver son âme » (Principe et Fondement, numéro 23 ). Il s’adresse lui aussi à ceux qui se posent des questions sur leur fin dernière, comme le fait saint Benoît dans son Prologue : « ‘Quel est l’homme qui veut la vie ?’ Que celui ‘qui a des oreilles pour entendre, écoute ce que l’Esprit dit aux Églises’ (Ap 2,3). Et que dit-il ? ‘Venez, mes fils, écoutez-moi, je vous enseignerai la crainte du Seigneur’. (Ps 33,12). ‘Courez pendant que vous avez la lumière de la vie, de peur que les ténèbres de la mort ne vous saisissent.’ (Jn 12,35) ». Le dessein de saint Ignace est de proposer un itinéraire spirituel de purification de l’âme et d’engagement à la suite du Christ. En cela, il rejoint l’enseignement de saint Benoît. Il existe une profonde complémentarité entre la Règle de saint Benoît qui veut glorifier Dieu en toutes choses (RSB 57,9) et les Exercices Spirituels, qui invitent le chrétien à rechercher la plus grande gloire de Dieu."
Que Dom Marmion est loin!

( 992314 )
Expliquer aux ignares en quoi "Dom Marmion est loin" ? par Glycéra (2025-09-28 21:40:45)
[en réponse à 992313]
Sieur Baudelaire2000
Pouvez-vous dire ce que vous voyez ...
Un éloignement qui porte sur quel aspect ?
En vous remerciant de l'éclairage qui nous instruira à la fois sur les principes bénédictins, les modes de retraites des jésuites, et ce que Dom Marmion préchait.
Je vous remercie d'avance de lapeine que vous prendrez
Avec mes bonnes salutations
Glycéraa

( 992319 )
Chère Glycéra par baudelairec2000 (2025-09-28 22:53:15)
[en réponse à 992314]
Ce n'est pas à vous que j'apprendrai qu'il existe au sein de l'Eglise différentes écoles de spiritualité. Ne comptez pas sur moi pour vous résumer dans un condensé les principes de la spiritualité béndictine et ignatienne. Vous conviendrez que cela prendrait un temps considérable.
Néanmoins quelques éléments de réflexion, bien subjectifs, je l'admets...
Je vois chez saint Ignace et les Jésuites une tare irrémédiable, c'est le volontarisme inhérent à une suite d'exercices ou à une méthode que j'assimilerai à une préparation militaire, limitée dans le temps:
"Par ce mot d’Exercices spirituels, on entend toute manière d’examiner sa conscience, de méditer, de contempler, de prier vocalement et mentalement, et d’autres opérations spirituelles, comme il sera dit plus loin. De même, en effet, que se promener, marcher et courir sont des exercices corporels, de même on appelle Exercices spirituels toute manière de préparer et de disposer l’âme pour écarter de soi tous les attachements désordonnés et, après les avoir écartés, pour chercher et trouver la volonté divine dans la disposition de sa vie en vue du salut de son âme."
Il y a là un je ne sais quoi qui a tendance à éloigner la grâce divine des préoccupations humaines, plutôt à éloigner l'homme de la grâce divine et de ses prévenances. La liturgie nous invite souvent à demander à Dieu sa grâce pour précéder nos prières (demander à Dieu de nous inspirer ce qu'il y a de bon et d'utile pour nous) et nos actions.
Deux collectes :
« Nous vous en supplions, Seigneur, que toujours votre grâce nous prévienne et nous accompagne et qu'elle nous tienne sans cesse appliqués aux bonnes oeuvres » (16e dimanche après la Pentecôte)
« Dieu tout-puissant et éternel, qui, dans l'excès de votre condescendance (abudantia pietatis tuae), dépassez les mérites et les souhaits de ceux qui vous supplient (et merita supplicum excedis et vota), répandez sur nous votre miséricorde ; pardonnez tout ce qui alarme notre conscience et accordez-nous ce que nous n'osons attendre de nos prières (adjicias quod oratio non praesumit). » Collecte du Xie dimanche après la Pentecôte.
Quand on lit Dom Marmion, l'un des plus grands représentants de la spiritualité bénédictine, on comprend mieux ce que saint Paul écrit:
"ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi."
Je me permets de rappeler les titres exaltants des ouvrages de ce moine:
Le Christ, vie de l'âme
Le Christ en ses mystères
le Christ idéal du moine
L'oeuvre de toute une vie, un idéal de vie sous le regard et la conduite d'un Dieu aimant et miséricordieux, et non l'oeuvre de 30 jours de course vers je ne sais quel perfectionnement spirituel.

( 992321 )
Contre-sens par Meneau (2025-09-28 23:59:39)
[en réponse à 992319]
Les Exercices n'éloigent pas l'homme de la grâce divine et de ses prévenances, ils ont au contraire pour but de rendre l'âme attentive et docile à ces grâces prévenantes.
Vous savez bien que, si Dieu accorde ses grâces en surabondance, l'homme, lui, n'y répond pas toujours !
Cordialement
Meneau

( 992323 )
La spiritualité ignatienne comme école du choix par le torrentiel (2025-09-29 09:10:36)
[en réponse à 992319]
Cher Baudelairec,
Je souscris à votre critique de la spiritualité ignatienne à laquelle je reconnais néanmoins d'être une école du choix et du discernement. Je crois même (je l'ai écrit ailleurs) que Sartre s'est inspiré de saint Ignace dans son célèbre opuscule conférencier: "l'Existentialisme est un humanisme" pour évaluer s'il fallait être ou non un résistant pendant l'Occupation. Le concernant puisqu'on le dévalue beaucoup, je prétends qu'il a été un résistant à sa façon, puisqu'il a osé écrire et faire représenter "les Mouches", qui était une satire extrêmement subtile de la Révolution nationale.
Mais je reviens à notre sujet. Le choix oui, est extrêmement nécessaire, car notre Seigneur Jésus-Christ ne nous a pas permis de transiger: "Que votre oui soit oui, que votre non soit non!" La spiritualité ignatienne est une école du choix, oui encore. Mais son enseignement est de faire un tableau des bénéfices-risques. Or le choix ne s'accommode pas d'un tel tableau qui le complique, tout comme le courage est un élan, pas un calcul. Sans compter qu'il existe un conflit dans la réponse à l'Esprit-Saint entre le discernement et l'"aussitôt". Or l'"aussitôt" semble remporter le dilemme. "Aussitôt, laissant là leurs filets et leur pères, ils Le suivirent."

( 992326 )
le choix, justement par baudelairec2000 (2025-09-29 09:56:06)
[en réponse à 992323]
Vous me renforcez dans ma conviction que ce système ou plutôt cette méthode Assimil spirituelle pèche par son côté volontariste.
Il me semble que saint Paul, sur le chemin de Damas, n'a pas eu trop le choix. Je vous renvoie également à Luc 14, 15-24 avec le fameux "Compelle intrare" (forcez-les à entrer).
Merci à vous
Je vous retrouverai ce soir pour continuer à discuter avec vous

( 992330 )
Il semble par MDK (2025-09-29 12:19:01)
[en réponse à 992326]
Que vous ne connaissez pas trop les exercices spirituels.
Pouvez vous indiquer où se trouve le côté volontariste?
Parce qu’il y a des contemplations imposées ? Alors pourquoi est il prévu que l’on s’arrête à celles qui portent du fruit ou que l’on recommence d’autres en fonction des indications du directeur?
Parce que le schéma des contemplations est guidé? Certes, mais il faut aussi se dépouiller pour ensuite remplir ce schéma.
Comme si les Bénédictins ne faisaient jamais de retraites et ne prenaient pas de résolution, de lecture de carême etc.
Si vous avez des objections de fond sur les exercices, il va falloir argumenter un peu (contre un certain nombre de papes qui ne sont pas jésuites)
Si vous n’avez juste pas envie de les faire c’est un autre problème.

( 992315 )
Dans la situation actuelle de l Eglise par Roger (2025-09-28 21:46:01)
[en réponse à 992313]
Il me semble que des problèmes plus sérieux pourraient nous occuper !

( 992320 )
Quels problèmes sérieux doivent nous occuper ? par baudelairec2000 (2025-09-28 23:17:04)
[en réponse à 992315]
La situation actuelle de la Société des Jésuites, leur rôle dans la crise de l'Eglise, les exploits du défunt pape, nous incitent, je vous l'accorde, à nous interroger sur les principes qui ne cessent de les animer depuis leur création. A commencer par leur combat contre les Jansénistes dans une querelle qu'ils ont constamment envenimée.
Je serais tenté de penser que si les Jésuites ont été supprimés le 21 juillet 1773 par le pape Clément XIV, c'est que, quelque part, ils l'ont peut-être cherché...
Voir le texte du bref Dominus ac Redemptor Noster
Sur la suppression de la Compagnie de Jésus
https://laportelatine.org/formation/magistere/dominus-ac-redemptor-noster

( 992324 )
Un soldat du Christ est devenu le général de l'Église par le torrentiel (2025-09-29 09:16:36)
[en réponse à 992320]
en grillant la politesse au général des jésuites, cela s'est accompli dans la personne du pape François, premier général jésuite, à ce point casuiste ou tellement adepte du grand écart qu'il s'est permis, sans que rien ne le réclame, de faire une apologie de Blaise Pascal, qui dans "les Provinciales", critiquait à juste titre une casuistique qui revenait à relativiser tous les péchés de façon qu'ils soient pardonnés avant même qu'on les ait confessés.

( 992316 )
Précisions sur une communauté atypique par baudelairec2000 (2025-09-28 21:49:19)
[en réponse à 992313]
La Nef en septembre 2024 publiait un entretien avec le prieur de Solignac, fondation de l'abbaye de Saint-Joseph de Claival.
La Nef – Vous êtes une fondation de l’abbaye Saint-Joseph de Clairval. Pouvez-vous nous donner un bref aperçu de l’origine de la communauté de Flavigny ? Quelles sont les caractéristiques propres à votre communauté ?
Père Benoît-Jospeh Marie – L’abbaye Saint-Joseph de Clairval est une communauté bénédictine vivant selon la Règle de saint Benoît. Son fondateur, Dom Augustin-Marie Joly, formé dans sa vie spirituelle par les prêtres CPCR (Coopérateurs paroissiaux du Christ-Roi), a intégré l’abbaye bénédictine Notre-Dame de Maylis en 1964, après son veuvage. Cette communauté, à l’époque, avait la particularité de participer à certaines sessions des Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola donnés par les CPCR. En 1972, Dom Augustin se trouva amené à fonder un monastère bénédictin en Suisse, alliant vie bénédictine et prédication de retraites ignaciennes. Ce prieuré se déplaça ensuite à Flavigny-sur-Ozerain, dans le diocèse de Dijon, en 1976.
En 1988, la communauté reçoit l’approbation canonique et est reconnue comme monastère de droit diocésain.
Ainsi, nous sommes une communauté bénédictine un peu atypique, puisque nous sommes des moines suivant la Règle de saint Benoît, tout en nous inspirant des Exercices spirituels de saint Ignace dans le cadre de l’hospitalité monastique.
Vous prêchez des retraites selon les Exercices spirituels de saint Ignace : pouvez-vous nous donner un aperçu de ces retraites ? S’adressent-elles à toutes sortes de personnes ?
Ces retraites suivent la méthode des Exercices spirituels de saint Ignace donnés aux hommes en cinq jours. Ces exercices ont pour but d’aider le retraitant, dans un climat de silence et de prières, à chercher et trouver Dieu, à mettre de l’ordre dans sa vie en se conformant à la volonté de Dieu en vue de son salut : « L’homme est créé pour louer, honorer et servir Dieu, Notre Seigneur, et ainsi sauver son âme » (Exercices spirituels, n. 23, « Principe et fondement »).
La retraite commence par un travail de purification de l’âme qui veut renoncer au péché, aux occasions de pécher, à l’esprit du monde. Dieu a créé l’homme pour le bonheur, qu’il ne pourra atteindre qu’en se mettant à la suite du Christ et sous son étendard. Le retraitant apprend à connaître et imiter le Christ dans la contemplation de sa vie depuis son Incarnation, sa vie cachée, sa vie publique, la Passion et jusqu’à la Résurrection et son Ascension.
La retraite s’achève dans une contemplation pour obtenir l’Amour divin : « Je demanderai la connaissance intime de tant de bienfaits que j’ai reçus de Dieu, afin que dans un vif sentiment de gratitude, je me consacre sans réserve au service et à l’amour de sa divine Majesté » (Exercices spirituels, n. 233).
Etrange, pour ne pas dire bâtard ...

( 992329 )
la critique des néo-jésuites et de la S.J. au XVII-XVIIIe est une chose par Luc Perrin (2025-09-29 11:22:36)
[en réponse à 992316]
et je rejoins pleinement BaudelaireC sur ses observations relatives à cet ordre religieux, chacun connaît le caractère "prophétique" de Clément XIV dans sa décision - quelque peu contrainte néanmoins - de 1773, mais je n'y vois pas de raison de blâmer cette communauté bénédictine atypique en effet.
Il semble que le charisme particulier de ces moines bénédictins corresponde à un besoin spirituel réel ; il a reçu une approbation canonique. Que nous faut-il de plus ?
Le dicastère romain depuis François prend soin d'autoriser justement des charismes nouveaux, originaux, qui ne font pas double triple emploi avec nombre d'instituts ou ordres existant.
On aime ou on n'aime pas les Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola : personne ne nous y contraint, ce n'est pas Traditionis custodes. L'Église a toujours laissé les fidèles et les clercs libres de leurs dévotions privées, c'est bien ainsi.
J'ajoute qu'autant j'ai, au vu de l'histoire pas par fantaisie personnelle, la dent dure envers la Société de Jésus au XVII-XVIIIe siècle dont Amoris laetitia vient en droite ligne, a fortiori envers les néo-jésuites actuels (depuis 1965), autant il importe de reconnaître que cette Société a donné de grands saints et martyrs, qu'elle a aussi animé un laïcat actif dans l'oeuvre de la réforme tridentine et a été un fer de lance au XIXe siècle du catholicisme intransigeant et intégral, subissant moult persécutions au long du siècle par les "libéraux".
Sachons aussi rendre aux jésuites d'antan, à quelques uns qui restent dans l'esprit ignacien aujourd'hui, les mérites qu'ils ont acquis parfois à un prix élevé.

( 992421 )
Temoignage par MJP (2025-10-04 07:15:28)
[en réponse à 992316]
Fin 1972 ou début 1973 j'effectue une retraite quelque part entre Grenoble et Lyon, accompagné d'un ami plus jeune que moi de quelques années et étudiant à Grenoble. Une des toutes premières retraites de cette jeune communauté.
Ancien officier de gendarmerie, marié, père de famille, devenu veuf, Dom Augustin-Marie Joly est agé de 55 ans lorsqu'il fonde sa communauté à Clairval. Un de ses fils (ou le seul, je ne sais) est membre de cette communauté.
Cette retraite, dont je ne sais plus si elle était prêchée par le "Père Augustin" lui même, n'est suivie que par quelques personnes. J'ai déjà effectué les "exercices". Mon ami non. Silence de mise c'est normal.
A la fin, au départ direction Grenoble, mon ami me remets quelques affaires et une lettre pour sa maman, charge à moi de la prévenir qu'il arrête ses études et reste dans la communauté.
Je rentre seul et remplirais ma mission.
Pour un discernement c'est du rapide.
Dans les années qui suivent, les lettres aux retraitants font ressortir une forte orientation à considérer qu'il faut impérativement privilégier l'état religieux plutôt que le mariage. Et ses dangers. Six sacrements et un piège ?
Peu de temps avant mon mariage mon ami m'enjoignait encore de bien réfléchir.
Cinquante ans sont passés.
J'ai appris dernièrement qu'il avait quitté la communauté et serait décédé.

( 992452 )
Dans les débuts... par Joseph Dastros (2025-10-05 19:16:36)
[en réponse à 992421]
... il semble que leur recrutement ait été un peu trop large avec pas mal de sorties plus tard (ce n'est pas la seule communauté ayant été dans ce cas). Il semble que se soit moins le cas maintenant.

( 992335 )
Sipitualité ignatienne et approche monastique par Signo (2025-09-29 16:12:53)
[en réponse à 992313]
Je ne voudrais pas avoir l’air de critiquer la communauté de Flavigny pour laquelle j’ai de l’estime, à qui je dois beaucoup et qui fait beaucoup de bien en rayonnant largement autour d’elle (seule communauté monastique d’inspiration traditionnelle dans tout le quart nord-est de la France !).
Néanmoins je trouve personnellement ce mélange entre cadre monastique et spiritualité ignatienne un peu bancal, et je suis loin d’être le seul.
Je ne sais pas s’il existe une « spiritualité bénédictine ». Il y a la spiritualité monastique qui plonge ses racines dans la doctrine ascétique des Pères du désert et des Pères de l’Eglise (fondée sur la Bible et la liturgie), dont S. Benoit fut l’héritier et qu’il a transcrit et adapté aux mentalités occidentales. Dans cette optique, le fidèle s’immerge dans l’atmosphère monastique et participe librement aux offices, se nourrissant de la spiritualité biblique, en particulier des psaumes, et recevant s’il en ressent le besoin un accompagnement de la part d’un père spirituel expérimenté. Pour moi c’est la seule spiritualité véritablement traditionnelle, celle de l’Eglise ancienne que par la suite seul le monachisme a préservé en Occident.
La démarche ignatienne elle est bien différente et relève davantage de la mentalité moderne. Elle insiste davantage sur l’introspection parfois un peu scrupuleuse, la psychologie, la crainte de la damnation (tendance que la réduction tardive -XXe s.- des Exercices de quatre semaines à cinq jours a aggravé) et verse parfois dans un certain dolorisme. Certaines personnes en ont tiré de grands fruits, je ne le nie pas, mais j’ai aussi entendu dire que d’autres en étaient ressortis presque traumatisés sur le plan spirituel et psychologique. Ce n’est en tout cas pas à conseiller à tout le monde… n’en déplaise même à un certain magistère.
Ce dont je suis sur en tout cas, c’est que les participants à ces exercices à Flavigny sont découragés de participer aux offices monastiques. Les retraites ont lieu en parallèle du cycle liturgique. Le monastère finalement ne fait que fournir le prédicateur, la messe (toujours basse) et les locaux. Cela montre bien que les exercices sont incompatibles avec le cadre monastique, tout comme l’eau et l’huile qui ne se mélangent jamais… même si bien des aspects de la spiritualité ignatienne ont des racines dans la tradition plus ancienne.
A Flavigny, ce caractère un peu bancal est renforcé par le bi ritualisme (1962 pour les messes basses, nouveau rite en latin ad orientem pour la messe conventuelle, mais pas de concélébration), et aussi par un office monastique propre à l’abbaye (si j’ai bien compris, c’est le monastique traditionnel un peu réduit et bricolé ; je ne critique pas, S. Benoit le permet explicitement dans sa Règle, mais quand on a un peu pratiqué l’office monastique intégral… bref).
Tout cela pour dire que ces caractéristiques constituent à mon gout un modèle qui manque d’unité et de cohérence (ce n’est que mon avis, qui ne vaut que ce qu’il vaut).

( 992336 )
Il existe un monachisme occidental : le monachisme celte. par Regnum Galliae (2025-09-29 16:27:51)
[en réponse à 992335]
Pardon de faire dévier le sujet mais n'oublions pas qu'il existe un monachisme autochtone occidental, le monachisme irlandais que l'on connaît par la règle de saint Colomban, contemporaine de celle de saint Benoît (VIè siècle, héritière d'une spiritualité christiano-celtique antérieure).
Ce monachisme celte était extrêmement rigoureux (certains diraient pélagien) et fut vite adouci puis remplacé par ladite règle de saint Benoît. En Bretagne, cette dernière fut notamment généralisée en tant qu'outil d'influence politique du pouvoir carolingien.
On peut lire
ça par exemple.

( 992339 )
N 'empêche que je m' y inscrirai par AVV-VVK (2025-09-29 20:10:07)
[en réponse à 992335]
pour l' énième fois l' an prochain avec beaucoup d' enthousiasme.
Je m' abstiens avec plaisir de commenter vos réflexions...

( 992344 )
Sage décision que de se retirer du monde par baudelairec2000 (2025-09-29 23:22:48)
[en réponse à 992339]
C'est avec une satisfaction indicible, pour ne pas dire soulagement, que nous prenons connaissance de votre refus de commenter nos réflexions.
On comprend que vous ne vous lassez pas de ces exercices répétitifs qui vous permettent de baliser de manière sûre votre existence terrestre, vous faisant échapper ainsi à toute fantaisie.

( 992380 )
Vous êtes vache quand même... par Joseph Dastros (2025-10-01 22:13:06)
[en réponse à 992344]
...et vous avez déjà fait les Exercices pour parler comme ça ? C'est quand même bien moins répétitif que prier le chapelet par exemple.

( 992389 )
Ennuyeux pour ne pas dire mortels ! par baudelairec2000 (2025-10-02 13:59:22)
[en réponse à 992380]
Oui, j'ai déjà fait les Exercices, et j'ai trouvé cela terriblement ennuyeux. Comparer les Exercices à la récitation du chapelet, c'est gonflé... Si vous voulez les faire tous les ans, je ne vous empêcherai pas.
Je souscrits à ce que vous a répondu précédemment Signo:
"On n’a pas besoin de se chercher des excuses pour ne pas faire les Exercices, puisque ces derniers ne sont pas obligatoires et ne sont pas une condition de salut. Et comme je l’ai dit, ils ne sont probablement pas bénéfiques pour tout le monde."

( 992390 )
Gonflé ? par Joseph Dastros (2025-10-02 14:10:52)
[en réponse à 992389]
Que vous les ayez trouvés ennuyeux est une chose, les qualifier de mortellement ennuyeux ne me semble pas convenir à une pratique de dévotion.
Oui je compare deux pratiques de dévotions, et trouve l'une plus ennuyeuse que l'autre. Le tout est d'apprendre à s'y plonger... Chacun ses difficultés...

( 992404 )
La comparaison est plutôt bonne par Chabert (2025-10-03 12:41:11)
[en réponse à 992389]
Avec le chapelet.
Vous pouvez certes ne pas apprécier les exercices, mais ne cherchez pas à objectiver votre mécontentement en méprisant sa philosophie que vous jugeriez volontariste.
Les exercices de Saint Ignace, c'est effectivement comme le chapelet. On peut ne pas aimer, mais il faut bien reconnaitre que ce sont des moyens ordinaires (mais non exclusifs) de grâces et de salut pour les âmes.
Pas moins de 38 papes ont encouragé les exercices de Saint Ignace. Aucune autre retraite n'a été à ce point louée et approuvée par le magistère.
Quant au fait de savoir si les exercices sont nécessaires au salut, cela importe peu. On peut se sauver sans les exercices. Mais certains ne se sauveront pas sans.

( 992353 )
Saint Paul de Wisques aussi pour le quart nord-est par Capucin (2025-10-01 02:11:55)
[en réponse à 992335]
Peut être signalé dans votre recensement.
En tou cas, bien d’accord avec vous sur tout.

( 992355 )
Enfin, par Capucin (2025-10-01 02:36:17)
[en réponse à 992353]
Quart nord-est en étant large :)

( 992378 )
St Ignace et les bénédictins, vous ignorez cela ? par Joseph Dastros (2025-10-01 21:58:28)
[en réponse à 992335]
Les honorables membres de ce forum semblent ignorer que lorsque St Ignace a justement écrit ses exercices spirituels, il était en retraite dans une grotte et suivi spirituellement de près par un moine (l'abbé ?) du monastère bénédictin de Montserrat, et que la fondation de l'ordre des jésuites (qui n'a d'ailleurs jamais prétendu avoir l'exclusivité de la spiritualité ignatienne et des Exercices) n'a eu lieu que bien après. Les Exercices spirituels sont en fait intimement liés aux bénédictins. Faire les Exercices spirituels, c'est faire une suite de contemplations. Et les bénédictins sont des ... contemplatifs.
Ensuite, la Congrégation du Mont-Olivet dont est issue Flavigny a de ce que je comprends toujours eu un (unique) apostolat (initialement l'abbaye de Maylis prêchait les Exercices, et le Mesnil St Loup avait aussi un apostolat). Le Barroux aussi a un apostolat et cela semble ne poser de problème à personne ici.
Durant les Exercices, les retraitants assistent aux complies quelques fois. Les Exercices étant une retraite spécifique, déjà intense, ajouter les offices monastiques est très lourd. Mais il n'est interdit à personne de rester quelque jours avant ou après (ou de venir en retraite à un autre moment) pour assister aux offices qui sont recommandés à ce moment là.
Concernant le biritualisme, la messe conventuelle Paul VI leur a été imposée par un archevêque de Dijon en son temps. Ils ont sûrement essayé de garder la messe tridentine autant qu'il pouvaient.
J'ai répondu sur le fond des critiques, si la raison sous-jacente des critiques est en réalité que ces moines ne sont pas des tradis pur sucre, ou que les auteurs des critiques se cherchent des excuses pour ne jamais faire les Exercices spirituels, là je ne peux rien faire pour eux. Et il me semble qu'il vaut mieux faire les Exercices avec des religieux spécialisés plutôt qu'avec un prêtre de paroisse qui les donne occasionnellement.

( 992382 )
Réponse par Signo (2025-10-02 08:50:27)
[en réponse à 992378]
Mon message initial contient déjà les réponses aux objections que vous émettez.
Je suis conscient de votre première objection puisque j’ai écrit :
bien des aspects de la spiritualité ignatienne ont des racines dans la tradition plus ancienne.
Encore une fois je ne critique pas cette abbaye, il me semble que mon post précédent était suffisamment nuancé et modéré pour que je ne me sente pas obligé de me justifier sur ce point. J’ai bien conscience que le bi ritualisme leur a été imposé et qu’ils auraient sans doute préféré conserver la liturgie traditionnelle pour tous les offices. Il n’en reste pas moins que ce bi ritualisme implique de suivre deux calendriers parallèles dans une seule communauté : c’est objectivement bancal.
Le sujet ne portait pas sur le fait que des moines contemplatifs aient un apostolat (c’est le cas depuis près de quinze siècles dans la tradition monastique, en Occident comme en Orient), mais sur la coexistence simultanée de pratiques et de spiritualités relevant d’atmosphères très différentes et difficilement compatibles.
On n’a pas besoin de se chercher des excuses pour ne pas faire les Exercices, puisque ces derniers ne sont pas obligatoires et ne sont pas une condition de salut. Et comme je l’ai dit, ils ne sont probablement pas bénéfiques pour tout le monde.

( 992392 )
Elements de réponse additionnels par Joseph Dastros (2025-10-02 14:59:07)
[en réponse à 992382]
Mon message initial n'était pas adressé à une personne en particulier, mais formulé de manière générale pour répondre aux éléments de ce fil (et aux pensées de ceux qui le lisent sans y participer). Je lis beaucoup de critiques de cette communauté dont une partie me semble exagérée.
Deux calendriers "parallèles". Ce n'est pas comme si ils suivaient le calendrier julien et le grégorien en parallèle. La plupart des féries sont harmonisées, il y a juste quelques fêtes (comme les Quatre Temps par exemple) qui sont célébrés uniquement lors des messes basses, et je me dis que finalement il vaut mieux ça que rien du tout. Il semble que les visiteurs apostoliques et autres autorités ecclésiastiques n'aient pas jugé cela si "objectivement bancal" que cela.
Encore une fois, je réfute les "atmosphères très différentes et difficilement compatibles". Cf. mon message précédent. Et il semble que là aussi ce soit l'avis des visiteurs apostoliques, de la confédération bénédictine etc.
Ce sont les moines qui suivent la règle de St Benoît, pas les retraitants. Et les moines suivent la règle même pendant les exercices qu'ils font, aussi étonnant que cela puisse vous paraître. Faire les Exercices c'est chercher la volonté de Dieu et contempler la vie de Jésus-Christ, ce n'est pas tout à fait un mode d'emploi pour devenir un jésuite du XXe siècle. Les moines font juste en théorie une retraite annuelle pour se ressourcer en suivant les Exercices, il se me semble pas que St Benoît interdise de faire une retraite annuelle, au contraire. Les personnes qui veulent venir pour assister en priorité aux offices peuvent venir mais à d'autres dates que celles des Exercices.
Si chacun se limitait aux dévotions obligatoires, je ne suis pas sûr que le martyrologe et le calendrier des Saints soit aussi rempli... Il me semble qu'avec le nombre éminent de recommandations positives au sujet des Exercices, chacun doive sérieusement se poser la question de les faire. Et je ne dis pas non plus qu'ils soient faits pour tout le monde.

( 992406 )
Polémique artificielle par Signo (2025-10-03 14:05:00)
[en réponse à 992392]
1. Les différences de calendrier sont loin d’être négligeables et ne se limitent pas aux Quatre-Temps et à quelques fêtes mais à des temps liturgiques entiers (Septuagésime, dimanche de la Passion, octave de Pentecôte, sans compter les différences dans le sanctoral, etc). Ce ne sont pas des détails.
2. Il y a des tas de choses bancales qui reçoivent une approbation canonique aujourd’hui dans l’Eglise. Les légionnaires du Christ ont été approuvés dès leurs débuts; les « Héraults de l’Evangile » sont en parfaite régularité canonique; des tas de communautés aux pratiques liturgiques bizarroïdes n’ont jamais reçu la moindre sanction après une visite canonique. Dans l’Eglise d’aujourd’hui l’approbation des autorités n’est plus un critère totalement fiable, hélas. Par ailleurs dire que quelque chose est « bancal » n’est franchement pas une critique très sévère!
3. Sur l’incompatibilité entre spiritualité ignatienne et spiritualité monastique, un exemple tout bête: vous me dites que les moines font chaque année les Exercices. Fort bien. Seulement voilà, suivre strictement les Exercices exclut la possibilité de suivre les offices de l’horarium monastique… alors que le Règle prescrit « qu’on ne préférera rien à l’Oeuvre de Dieu ». A moins de faire des entorses à l’une ou l’autre des deux spiritualités, je ne vois pas comment ces deux atmosphères pourraient être conciliables… et les moines prédicateurs se calquent sur le rythme des retraitants et n’assistent pas non plus aux offices… pas même aux vêpres.
4. Que je sache dans ce fil je n’ai dissuadé personne de faire les Exercices et n’en ai absolument pas condamné le principe. Et l’Eglise n’étant pas une secte, on a tout de même le droit de porter un regard critique sur des choses qui ne sont pas d’institution divine. Enfin je n’ai jamais dit ni même insinué qu’il fallait « se limiter aux dévotions obligatoires »…

( 992410 )
Réponse encore par Joseph Dastros (2025-10-03 15:38:33)
[en réponse à 992406]
Je ne vous avais dans ma réponse précédente pas fait écrire ce que vous n'avez pas écrit (cf votre point 4), ayant simplement répondu aux éléments que vous avanciez. Je n'utiliserai pas pour ma part comme argument "je n'ai pas écrit que" en réponse à vos divers points.
Sur le fond :
1. Evidemment que les différences entre les calendriers tridentins et réformés ne sont pas négligeables (et au passage si cela peut vous rassurer je trouve que la réforme liturgique est allée trop loin dans les modifications de calendriers). Néanmoins, le calendrier suivi par Flavigny pour les messes basses fête les saints aux mêmes dates que leur calendrier conventuel (donc déplace certaines fêtes de saints) pour ne pas les fêter deux fois. Il y a simplement plusieurs éléments calendaires en plus dans les messes basses (comme les Quatre Temps et d'autres, je n'ai pas la liste exhaustive mais il me semble que certains éléments tridentins ne sont pas repris). Globalement, les calendriers sont harmonisés.
2. Pour être clair, les visiteurs apostoliques de Flavigny sont les autres abbés principalement des communautés traditionnalistes. Je ne crois pas que leur avis soit déconsidéré par Flavigny même sans la menace d'une sanction canonique.
Quand un banc est bancal c'est qu'il ne fait pas l'affaire. Je trouve cela sévère par rapport aux sujets dont nous discutons.
3. Votre argumentation ressemble je trouve un peu à du "sola scriptura" protestant. Lors d'un voyage (et encore plus en étant au volant), comment croyez-vous que les moines de tous les monastères du monde font pour dire leurs offices ? Ils le disent chacun de leur côté aux horaires qui ne sont pas tout à fait ceux de la communauté. Les moines qui suivent les Exercices (et ceux qui les donnent) disent leurs offices obligatoires (et pas forcément les petits offices pendant ces quelques temps de retraite, mais ils peuvent être omis dans des cas particuliers). De même, un prêtre qui suit les Exercices dit ses offices obligatoires dans les temps libres.

( 992415 )
un bénédictin en voyage? par abbé F.H. (2025-10-03 17:56:37)
[en réponse à 992410]
je sais bien que l'humour ecclésiastique dit que o.s.b. signifie "on se ballade"...
Mais les bénédictins font vœu de stabilité... ils n'ont donc pas à être en voyage... c'est donc un mauvais exemple!
Cela dit, mon premier directeur spirituel était un ancien moine de Flavigny, parti à la FSSPX suite au problème de la messe à l'abbaye en 1984. Il a continué à prêcher les exercices... mais je rends grâce à Dieu qu'il m'ait interdit de les faire

( 992448 )
C'est une vieille tradition : S. Augustin de Cantorbéry, S. Boniface... par Père M. Mallet (2025-10-05 14:11:22)
[en réponse à 992415]
Vers cette époque-là, il y a eu des multitudes de moines missionnaires, OSB ou semblables (Willibrord,...).
Les abbés ont vite fit partie de la structure féodale, et à ce titre ils participaient à des réunions ecclésiastiques ou bien civiles qui tendirent très vite à se ressembler, avec toujours un grand nombre de clercs.
S. Bernard a beaucoup voyagé pour conseiller le pape de son époque - et faire des fondations, etc.
Le mieux : pour éviter des querelles de successions et de partages, un des fils, tardif, de Charlemagne fut tonsuré plus ou moins de force et mis dans une abbaye, dont il devint l'abbé. Il est mort au combat...
(Les références se trouvent dans mon mémoire de Licence sur "Le Chancelier diocésain" dont un exemplaire se trouve à la Bibliothèque de la Fac de Droit canonique de l'ICP à Paris...)