Voici l'analyse de
Silere non possum, blog conservateur italien bien informé (traduction automatique)
Résumé : En seulement 141 jours, Léon XIV a marqué son pontificat par une nomination clé : Mgr Filippo Iannone, carme napolitain et canoniste, devient préfet du Dicastère pour les Évêques.
Ancien responsable des Textes législatifs, longtemps marginalisé sous François, Iannone incarne le retour à une gouvernance fondée sur le droit et la transparence.
Le Pape confirme toutefois les actuels secrétaire et sous-secrétaire du dicastère, signe d’une transition calme et sans revanche.
Le Dicastère pour les Évêques, qui décide des nominations épiscopales, est considéré comme le cœur battant de la Curie.
Avec ce choix, Léon XIV affiche une priorité : garantir un épiscopat fort, enraciné et capable de guider l’Église dans la clarté et la fidélité.
Article : Cité du Vatican – Il n’aura fallu que cent quarante et un jours à Léon XIV pour apposer au pontificat un premier sceau de gouvernement net et décisif. Non pas un discours, mais une nomination. Et pas n’importe quelle nomination : le Pape a choisi de commencer par le Dicastère pour les Évêques, l’organisme qu’il avait lui-même dirigé du 12 avril 2023 jusqu’à son élection au siège pontifical. Une décision qui parle d’elle-même, plus que mille paroles : Prevost n’a pas cherché des figures extérieures à la Curie, mais a préféré mettre en valeur ceux qui, durant le pontificat précédent, avaient dû avaler plus d’un couleuvre.
Le nom choisi est celui de l’archevêque Filippo Iannone, O. Carm., canoniste napolitain, jusqu’ici Préfet du Dicastère pour les Textes législatifs. Homme de droit et d’équilibre, Iannone est quelqu’un qui, durant les années de François, a appris à faire un pas en arrière : encaisser les coups, rester en silence. Non par manque de syntonie personnelle avec le Pape régnant, mais parce qu’à cette époque parler de normes et de droit signifiait risquer de passer pour un corps étranger. « Ici, rien n’est arrivé », était-il souvent contraint de répondre aux demandes d’éclaircissement, tant de la Cité du Vatican que du reste de l’Église catholique. Même les textes des nouvelles dispositions — qui changeaient continuellement, parfois du jour au lendemain — n’arrivaient pas à l’examen du Conseil pontifical.
L’aversion du Pape argentin pour le code, pour les schémas, pour les procédures était notoire. Et ainsi, bien que promu à la tête du Conseil pontifical pour les Textes législatifs, Iannone restait en marge, relégué dans un secteur que le Pontife considérait comme secondaire, presque accessoire.
Aujourd’hui, en revanche, les cartes sont rebattues. Léon XIV a décidé de confier à un canoniste — non pas à quelqu’un pris à l’extérieur, mais à un homme de la Curie — la responsabilité d’indiquer au Pape les futurs évêques. Un geste fort, qui laisse entrevoir un style de gouvernement.
Quelques pas, avec calme
Filippo Iannone entrera en fonction le 15 octobre 2025, en prenant la tête du Dicastère pour les Évêques et de la Commission pontificale pour l’Amérique latine. Parallèlement, Léon XIV a confirmé pour un nouveau quinquennat l’actuel Secrétaire du Dicastère, Mgr Ilson de Jesus Montanari, ainsi que Mgr Ivan Kovač, qui restera Sous-Secrétaire.
Cette décision révèle elle aussi le style de Prevost. La relation avec Montanari, en effet, n’a jamais été simple : durant son mandat de préfet, le Secrétaire le contournait souvent, préférant s’adresser directement à Sainte-Marthe pour obtenir ce qu’il désirait. Avec François, Montanari bénéficiait d’une entente plus fluide qu’avec Prevost. Il n’est donc pas surprenant qu’à la sortie de Léon XIV de la chapelle Sixtine, Montanari ne portait pas la calotte rouge du cardinal, et personne n’y trouva matière à s’étonner.
Et pourtant, à la différence de son prédécesseur, Léon XIV ne se laisse pas guider par les rancunes ou les représailles. Sa ligne est autre : agir avec calme, sans secousses imprévues. D’abord changer le préfet, puis le reste viendra.
Du droit au choix des pasteurs
Pour comprendre le sens de cette nomination, il faut regarder le parcours d’Iannone. Né à Naples en 1957, entré très jeune chez les Carmes, formé à la Latranienne et à la Rote romaine, Iannone est un canoniste pur, un homme formé parmi les codes et les tribunaux ecclésiastiques. Défenseur du lien, vicaire judiciaire, professeur de droit canon, avocat rotal : son curriculum est un compendium du monde juridique de l’Église. Mais à côté de cela, il a aussi vécu des expériences pastorales : évêque auxiliaire de Naples, puis de Sora-Aquino-Pontecorvo, vice-gérant du diocèse de Rome. C’est un homme qui connaît les difficultés de l’Église et les fragilités du gouvernement.
Sous Jean-Paul II et Benoît XVI, il avait été remarqué et valorisé. C’est Jean-Paul II qui en fit le plus jeune évêque d’Italie en 2001. C’est Benoît XVI qui l’appela à Rome comme vice-gérant. Puis, avec François, arriva la présidence du Conseil pontifical pour les Textes législatifs, devenu avec Praedicate Evangelium un véritable dicastère. Mais dans cette période, dominée par l’idée que le droit devait céder devant la pastorale, le rôle d’Iannone resta gris, peu visible. Pourtant, Praedicate Evangelium avait tracé un profil très élevé du dicastère qu’il dirigeait : interprétation authentique des lois, vigilance sur les pratiques illégitimes, promotion du droit canonique, aide aux conférences épiscopales. Des tâches cruciales, mais qui restèrent souvent lettre morte à cause du pontife régnant, lequel préférait décider seul.
Avec Léon XIV, le scénario change radicalement. Le choix de confier la direction du Dicastère pour les Évêques à un canoniste n’est pas fortuit : le message est sans équivoque. Plus d’improvisations, mais des règles ; plus de favoritismes, mais des critères transparents. Dès le départ, le nouveau Pontife a fait comprendre clairement qu’il ne voulait pas répéter le “méthode Bergoglio”. Dans la sélection des évêques, en effet, on revient à un processus ordonné : le préfet, avec l’appareil du Dicastère, mène les enquêtes, recueille des avis, écoute les prêtres des diocèses d’origine et de ceux susceptibles d’accueillir les nouveaux pasteurs ; enfin, il présente au Pape les noms des candidats. Le Pontife, à son tour, n’est pas un marionnettiste qui choisit par caprice, mais le dernier à évaluer et à décider.
C’est la fin d’une époque d’improvisations et de pratiques discutables, où il suffisait d’un lien avec le cercle de Sainte-Marthe pour obtenir un diocèse. Se clôt le temps des soi-disant « Pouilles belles » ou « Basilicate belles », réservoirs dans lesquels on pêchait non pour le mérite, mais pour les amitiés et les faveurs, parfois assurées par ceux qui arrivaient avec le cadeau de pâtes fraîches dans les cuisines de l’hôtel.
Le Dicastère pour les Évêques : cœur battant de la Curie
Le Dicastère qu’Iannone s’apprête à diriger est l’un des plus délicats. Les normes de Praedicate Evangelium le décrivent avec précision : il doit s’occuper de la constitution des diocèses, de la nomination des évêques et de leur formation, il doit soutenir les pasteurs dans leur gouvernement, organiser les visites ad limina, veiller à l’unité et au bon fonctionnement des Églises particulières, il doit même impliquer le peuple de Dieu dans le choix des candidats. C’est, en d’autres termes, le cœur battant de la Curie. C’est là que se décide qui guidera les communautés catholiques du monde. Et donc, c’est là que se décide aussi la physionomie future de l’Église : si elle aura des évêques attentifs à la doctrine ou prompts au compromis, s’ils seront des pères attentifs avec leurs prêtres ou des administrateurs despotiques, s’ils seront des pasteurs de prière ou des managers de diocèse, s’ils auront du courage prophétique ou une inclination à la médiocrité.
Une nomination comme programme de gouvernement
La nomination d’aujourd’hui n’est donc pas un détail bureaucratique, mais un acte programmatique. Léon XIV a choisi de commencer par là, et ce n’est pas un hasard. Car de la qualité des évêques dépend tout : la catéchèse, la liturgie, la vie sacramentelle, la gestion des ressources, la proximité avec les pauvres, la défense de la foi. Un épiscopat faible engendre des communautés désorientées. Un épiscopat fort, juste et enraciné devient au contraire un signe d’espérance. À une époque où l’Église semble égarée, fragmentée, parfois même pliée aux modes du moment, le choix de mettre un homme de droit à la tête des nominations apparaît comme une réponse précise : on ne se sauve pas par l’improvisation, mais par le sérieux, la compétence, le respect des règles.