Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 990704 )S. John Henry Newman sera Docteur de l'Eglise par Père M. Mallet (2025-07-31 17:00:53) 

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York Oratory
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Wonderful news from Rome today: Pope Leo has confirmed that St John Henry Newman, our Cardinal, will become a Doctor of the Church.

Merveilleuses nouvelles de Rome aujourd'hui : le pape Leon a confirmé que Saint Jean Henry Newman, notre cardinal, deviendra Docteur de l'Église.
images/icones/iphone.jpg  ( 990706 )Quelle magnifique nouvelle ! par Dysmas (2025-07-31 18:45:22) 
[en réponse à 990704]

Encore une belle et bonne initiative de notre saint Père Léon XIV !
Que de grâces !
images/icones/vatican.gif  ( 990710 )L'article de Vatican News par Père M. Mallet (2025-08-01 10:58:21) 
[en réponse à 990704]

https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-07/cardinal-newman-proclame-docteur-eglise.html


images/icones/1b.gif  ( 990716 )J'attends avec impatience l'article de l'abbé Gleize par Justin Petipeu (2025-08-01 22:25:10) 
[en réponse à 990704]

car il faut reconnaître que si le cardinal Newman a été fort soutenu par Pie IX, ses ouvrages sont assez absents des procures de la FSSPX. Ce message, contrairement aux apparences, n'a aucun but polémique.
Mais j'ai lu un ouvrage intitulé "Etre Chrétien", qui est un recueil d'homélies et de conférences du cardinal Newman et qui soulevait d'étranges parallèles avec les problèmes de la déclaration Dignitatis Humanae de Vatican II...Newman y développe le primat de la conscience pour la vérité sur l'existence de Dieu et cela m'a paru très étonnant que ce prélat ait été soutenu par Pie IX à l'époque. Ceci dit, je ne suis pas théologien et la lecture de Newman est quelque peu ardue, en ce qui me concerne, mais fort intéressante. Ses raisonnements sont implacables.

J'attends donc avec impatience la réaction de la FSSPX à la proclamation de ce nouveau docteur de l'Eglise.
images/icones/idee.gif  ( 990725 )soutenu pas vraiment mais Léon XIII oui par Luc Perrin (2025-08-02 11:14:46) 
[en réponse à 990716]

cher Justin, à défaut de l'abbé Gleize, je vous offre ces lignes de ma prose. Pie IX n'a pas vraiment été le plus net soutien de Newman. Sa préférence allait à Manning, qu'il a choisi comme archevêque de Westminster en 1865 et créé cardinal en 1875. Manning et Newman ne s'appréciaient pas du tout ; l'archevêque était un infaillibiliste échevelé, extrême, une position rejetée lors de Vatican I. Newman était beaucoup plus tiède en la matière, d'accord sur le principe mais pas loin de la position des "inopportunistes".
Avant Manning, Pie IX a choisi Wiseman et pas Newman.

C'est Léon XIII qui a lui honoré Newman dès 1879 en le créant cardinal soit assez vite après son élection.
Léon XIV s'inscrit plus dans la ligne de son auguste lointain prédécesseur dont il a choisi le nom. Il donne aussi un signe "prevostien" de continuité avec Benoît XVI grand admirateur du théologien converti anglais, il l'a béatifié, et François qui l'a canonisé.

Newman est surtout connu pour sa théorie du développement homogène du dogme, subtile et brillante, d'une parfaite orthodoxie, mais qui entre les mains de gens moins doués que l'illustre Converti et admirable écrivain de langue anglaise peut donner lieu à des équivoques, des approximations et glisser dans le modernisme loisyste.
Newman est aux antipodes de Loisy mais des théologiens postérieurs et des pasteurs peu scrupuleux ont parfois tordu et torturé sa pensée.

nb. Apologia pro vita sua paru en 1864 est un bijou.
images/icones/fleche2.gif  ( 990726 )La réception française de Newman par Peregrinus (2025-08-02 11:30:28) 
[en réponse à 990725]

J'ai entendu un jour un spécialiste de Newman expliquer que sa réception française avait été brouillée par le rôle décisif qu'y avait joué l'abbé Bremond, dont les sympathies modernistes étaient assez notoires : Bremond aurait déformé les thèses newmaniennes dans un sens moderniste et les aurait rendues suspectes aux catholiques de bonne doctrine.

De manière assez étonnante, l'une des premières recensions françaises de l'Essai sur le développement a été rédigée par Mgr Villecourt, évêque de La Rochelle et futur cardinal, dans L'Ami de la Religion à la veille de la révolution de 1848. Alors que Mgr Villecourt est connu pour ses positions ultramontaines (ce qui rend d'ailleurs assez étonnant le choix de L'Ami de la Religion pour publier sa recension), il se montre extrêmement élogieux et même enthousiaste, même s'il estime que l'ouvrage n'est pas fait pour tous les types d'intelligence.

Dans les années 1850, Newman est régulièrement cité avec honneur par L'Ami de la Religion, désormais dirigé par des proches de Mgr Dupanloup, qui aurait voulu l'avoir pour expert lors du concile en 1869 : ce qui l'a aussi pourrait expliquer que Newman n'ait pas eu toujours bonne presse dans les milieux ultramontains français.

Peregrinus
images/icones/mitre4.png  ( 990728 )Newman lu par Mgr Villecourt en 1848 par Peregrinus (2025-08-02 11:48:52) 
[en réponse à 990726]

Voici des extraits de la recension du livre de Newman par Mgr Villecourt (L'Ami de la Religion, n°4498 du 24 février 1848 et n°4505 du 7 mars 1848) :


La thèse de M. Newman est hardie ; sa preuve est large et profonde.

La carrière que M. Newman va parcourir est grande et belle.

Tout cela est présenté avec une manière de procéder calme, qui rappelle quelquefois le souvenir de la lumière suave et pure que saint Thomas verse dans l’ame en tant de passages célestes de son livre contre les Gentils.

J’espère relire souvent certaines pages de sentiment chrétien auquel plusieurs livres de controverse nous laissent trop souvent étrangers. Après avoir lu cet ouvrage, on connaît mieux l’Eglise et on l’aime plus tendrement.



Mgr Villecourt va jusqu'à décrire Newman comme un "nouvel Augustin" et le compare à "Tertullien encore catholique" ; il loue son "érudition ingénieuse et choisie", la beauté et la nouveauté de sa thèse et ses "vues magnifiques sur la nature des idées-doctrines et vivantes". Il note toutefois que le lecteur français qui n'est pas au fait des controverses et des sensibilités religieuses anglaises peut être dérouté par certaines pages et que quelques points pourraient faire des impressions dangereuses à certains esprits mal avertis.

La recension reste incontestablement positive, et même dithyrambique.

Peregrinus
images/icones/bravo.gif  ( 990730 )excellent recenseur ce Mgr Clément Villecourt par Luc Perrin (2025-08-02 12:34:17) 
[en réponse à 990728]

prélat discret bien que créé cardinal en 1855.
Il semble avoir été pour la piété mariale et grand admirateur d'Alphonse de Liguori ce qui cadre avec son temps (1787-1867).

Merci de cet éclairage.
images/icones/fsspx.gif  ( 990839 )Newman Docteur de l’Eglise ? Abbé Gleize par Anne Charlotte Lundi (2025-08-08 05:54:33) 
[en réponse à 990716]

Voici la réponse de l'abbé Gleize, parue le 7 août sur la Porte Latine :

Le titre de « Docteur » est mérité par celui dont les enseignements ont donné le double exemple de son orthodoxie et de sa science éminente.

5. Béatifié par Benoît XVI en 2010, le cardinal John Henry Newman (1801–1890) a été canonisé par François le 13 octobre 2019. Et voici que, ce jeudi 31 juillet, un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège, rapporte que lors de l’audience accordée au cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des Saints, le Pape Léon XIV « a confirmé l’avis favorable de la session plénière des cardinaux et évêques, membres du dicastère pour les Causes des saints, concernant le titre de docteur de l’Église universelle qui sera prochainement conféré à saint John Henry Newman »[8].

6. Dans l’attente des arguments que le Pape ne manquera pas de donner pour justifier l’attribution de ce titre, nous pouvons déjà redire ici ce que nous avons écrit il y a six ans, lors de la canonisation du feu cardinal. « Même si la foi personnelle de Newman est demeurée intacte, sa réflexion personnelle ne saurait bénéficier d’une recommandation trop marquée de la part de l’Eglise »

Lire l'article en entier
images/icones/1b.gif  ( 990840 )Merci par Justin Petipeu (2025-08-08 08:45:50) 
[en réponse à 990839]

C'est bien ce que je pensais...L'enthousiasme débordant n'est pas palpable.
images/icones/carnet.gif  ( 990902 )et saint Augustin? par Réginald (2025-08-11 07:31:01) 
[en réponse à 990839]

Si le critère de l’abbé Gleize avait été appliqué dans le passé, saint Augustin n’aurait jamais été proclamé Docteur de l’Église.

Dans sa lutte contre le pélagianisme, Augustin a fortement insisté sur l’initiative gratuite de la grâce divine dans le salut. Mais certaines de ses formules, rédigées dans un contexte de controverse, peuvent sembler excessivement restrictives sur la liberté humaine. Toute l’œuvre de Jansénius prétend d’ailleurs être tirée de saint Augustin, au point que son Augustinus se présente comme un simple exposé fidèle de la pensée augustinienne.

Ces formulations, bien qu’insérées dans un ensemble où Augustin affirme aussi la responsabilité humaine, ont été reprises au XVIIᵉ siècle par les jansénistes pour justifier une théologie très rigide : salut réservé à un petit nombre d’élus, absence de grâce suffisante offerte à tous, et image sévère de Dieu.

L’Église a dû intervenir à plusieurs reprises pour corriger ces excès : condamnation des cinq propositions de Jansénius par Innocent X (Cum occasione), puis par Alexandre VII.
images/icones/hum2.gif  ( 990951 )Exemple mal choisi… Orthodoxie de Jansen. par Marquandier (2025-08-11 22:59:50) 
[en réponse à 990902]

Je passe sur les lieux communs habituels sur les « jansénistes »—le petit nombre des élus est clairement dans les Évangiles, dans (tous ?) les Docteurs de l’Église les moins suspects de jansénisme, je ne comprends pas qu’un savant comme vous l’ignore—mais je crois de mon devoir de souligner que cet exemple canonique de l’évêque d’Ypres Jansen déformant Saint Augustin mérite d’être reconsidéré.

Le Révérend Père Jean-Christophe de Nadaï o.p.—que certains liseurs connaissent bien—a notamment écrit un article que je vous conseille :

De Nadaï, J.-C. (2022). Retour sur les cinq propositions de la Constitution Cum Occasione. Revue des sciences philosophiques et théologiques, Tome 106(1), 37-78. https://doi.org/10.3917/rspt.1061.0037

Résumé :

Renouvelant la distinction du fait et du droit posée par Pascal, on s’efforce d’établir que les Cinq propositions n’étaient pas dans l’Augustinus en un sens hérétique.

images/icones/carnet.gif  ( 990953 )Saint Augustin, récupéré par tous, reconnu par l’Église par Réginald (2025-08-12 07:15:57) 
[en réponse à 990951]

1. Sur la question des Cinq propositions et de Jansénius

Il importe peu, pour mon argument, que Jansénius ait ou non professé explicitement les Cinq propositions condamnées.
Le fait objectif est que ses thèses, se réclamant expressément de saint Augustin, ont déclenché un conflit doctrinal majeur qui a nécessité plusieurs interventions pontificales. Cela suffit à montrer qu’un Docteur peut être à l’origine de polémiques et d’interprétations abusives, sans que cela entame son autorité globale dans le magistère. C’est précisément ce qui rend l’exemple d’Augustin pertinent face au critère de l’abbé Gleize. Si ce critère avait été appliqué à Augustin, il aurait été rayé du chœur des Docteurs depuis quinze siècles, tant sa pensée a été récupérée dans tous les sens y compris par Luther et Calvin.


2. Sur la thèse du « petit nombre des élus »


Je ne conteste pas que cette opinion soit attestée chez de nombreux Pères et théologiens, ni qu’elle trouve des appuis scripturaires. Mais, comme le souligne le P. Garrigou-Lagrange, peu suspect de modernisme, cette opinion ne possède pas de valeur dogmatique :
« Bien des Pères et des théologiens inclinent vers le moins grand nombre des élus […] Cependant ces textes ne sont pas absolument probants. […] L’opinion commune […] est donnée comme une opinion, non pas comme une vérité révélée, ni comme une conclusion certaine. » (L'éternelle vie et la profondeur de l'âme. Paris: Desclée de Brouwer, 1950)

Concernant le passage célèbre de l’Évangile « Beaucoup sont appelés, peu sont élus », Garrigou-Lagrange cite le RP. Monsabré :

« Si ces paroles ont été dites pour tous les lieux et pour tous les temps, l’opinion du petit nombre triomphe. Mais il est permis de croire qu’elles s’appliquent surtout au temps ingrat de la prédication du Sauveur. […] Lorsque Jésus veut nous faire entrevoir l’avenir, il parle d’une autre manière : “Lorsque je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi” (Jn 12, 32) ; “Les puissances de l’enfer ne prévaudront pas contre mon Église” (Mt 16, 18). »

Par ailleurs, Guillaume a brillamment montré comment cette thèse s’est infléchie au XIXᵉ siècle, dans un article intitulé : « Une révolution théologique oubliée. Le triomphe de la thèse du grand nombre des élus dans le discours catholique du XIXe siècle ».
images/icones/hein.gif  ( 990841 )Simple question sur l’abbé Gleizes par Nemo (2025-08-08 09:00:05) 
[en réponse à 990716]

Je ne connais pas du tout l’abbé Gleizes, enfin seulement j’ai entendu des témoignages sur lui qui ne reposaient pas sur du factuel.
Il ferait partie de ceux qui demandent de ne pas aller aux messes traditionnelles autres que celles de la FSSPX, même si on ne satisfait pas l’obligation dominicale, par exemple celles des prêtres ex Ecclesia Dei et des diocésains.
Proposition qui est loin de faire l’unanimité à la FSSPX.
Il représenterait une aile dure de la FSSPX.
Existerait-il dans la FSSPX une autre référence plus proche de Rome qui apporterait la contradiction ou tout est-il verrouillé ?
D’autre part existe-t-il un seul écrit de l’abbé où il se félicite d’une décision romaine ou est-il toujours, ce qu’on m’a dit, dans un rôle de dénigrement ?