Le Forum Catholique

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images/icones/iphone.jpg  ( 990192 )L’abbaye de Sept-Fons dans la tourmente? par Signo (2025-07-17 11:20:51) 

Cette semaine, une série d’articles de La Croix ici et ici dénonçant un phénomène d’emprise au sein de ce monastère qui est pourtant depuis quelques années le plus florissant en termes de vocations, dans le sillage de la figure du P. Jérôme.

Si quelqu’un est abonné à La Croix, il serait intéressant d’en savoir plus sur ce qui est concrètement problématique dans cette communauté et si la figure du P. Jérôme est en cause.
images/icones/hein.gif  ( 990193 )Quels faits ? par Luc de Montalte (2025-07-17 11:41:35) 
[en réponse à 990192]

Quels sont les faits reprochés ?
images/icones/carnet.gif  ( 990195 )essentielle par Réginald (2025-07-17 12:11:57) 
[en réponse à 990193]

de l'emprise psycho spirituelle, cest-à-dire une forme d’influence excessive, intrusive et déséquilibrée, exercée dans un contexte religieux ou spirituel, où une personne (souvent une autorité : prêtre, guide, fondateur, etc.) s’approprie la conscience, les choix et parfois même la vie intérieure d’un autre.
images/icones/rose.gif  ( 990198 )bref du flou complet qui sent la secte des anti-sectes par Luc Perrin (2025-07-17 12:44:46) 
[en réponse à 990195]

si je m'en tiens à la "définition" donnée par Réginald qui peut couvrir tout et n'importe quoi surtout s'agissant de la "vie intérieure" inaccessible par essence.

Le droit spécialement en régime légal de laïcité théorique s'interdit de juger de la conscience et de la vie "intérieure" des personnes, c'est inscrit dans la constitution et garanti par la loi de 1905 article 1, celui que personne ne lit.

Il faut que l'intérieur se manifeste en abus extérieurs tangibles, démontrés, prouvés pour qu'il y ait matière à enquête et possiblement mise en examen.

Sinon une masse de gens rentrerait dans cette définition attrape-tout, qui sent son "libéralisme" totalitaire.
Qu'est-ce que l'influence "excessive" ? Si je suis abonné à LCI-LCU et que je gobe toutes les sottises qui s'y disent tous les jours pendant des heures, va-t-on poursuivre les propriétaires de LCI-LCU pour exercer une influence "excessive" sur moi ? Si je suis adhérent à un parti politique ou une association, les dirigeants ont-ils une influence "excessive" sur leurs adhérents ? Surtout si je donne et fais un legs, participe à toutes les actions du mouvement ?
Est-ce "intrusif et déséquilibré" ?

Saint François d'Assise aurait fini en prison ou en détention psychiatrique car le Christ avait indubitablement une emprise "excessive", intrusive et déséquilibrée" sur ce jeune homme de famille riche qui n'était pas du tout destiné à être le Poverello, selon les normes "équilibrées" de son temps.

Le flou, le vague est l'ennemi du Droit et l'ami des tyrannies.

J'ignore ce qu'il en est dans ce cas précis mais rien de tangible n'apparaît dans ce fil pour l'instant.
A la différence des Maciel, Henri Grouès, Jean Vanier, des frères Philippe, d'évêques, de cardinaux etc. pour lesquels on avait des faits précis criminels à l'appui. Vraie information ou campagne malveillante dans le contexte européen et romain que l'on sait ?

Je me rappelle qu'en 2013 la destruction des frères et soeurs franciscains de l'Immaculée en Italie a commencé ainsi par des allégations vagues, des rumeurs, et que la persécution intense qui a frappé et brisé les deux instituts n'a jamais à ce jour été motivée en droit par des faits délictueux établis. Est-ce un "remake" ?
La prudence devrait prévaloir sans élément concret.


images/icones/fleche2.gif  ( 990200 )D'où ma question en effet par Luc de Montalte (2025-07-17 12:51:09) 
[en réponse à 990198]

On ne peut pas attaquer des gens sans faits précis (ou soupçons du moins) à leur reprocher c'est un peu la base du droit me semble-t-il...
images/icones/iphone.jpg  ( 990201 )Effectivement par Signo (2025-07-17 13:01:00) 
[en réponse à 990198]

Autant je pense qu’il faut être vigilant sur les risques de dérives (dont personne n’est à l’abri, y compris dans le monde traditionnel), autant on est en droit de se demander de quoi s’agit-il dans ce cas précis.

L’attractivité de cette communauté (qui célèbre la messe Paul VI, et l’office en français avec quelques éléments en latin et grégorien) suscite des jalousies, dans le monde cistercien et même au-delà.

Par ailleurs on peut aussi se demander si les spécificités propres de la vie monastique sont bien comprises par des journalistes étrangers à ce monde, et s’il n’y a pas un amalgame entre exigences monastiques classiques et emprise.

Il est aussi possible que certains problèmes bien réels (liés notamment à la croissance rapide de la communauté) mais qui pourraient être réglés soit en interne, soit par une visite canonique, soient exploités, exagérés et instrumentalisés dans une campagne médiatique en grande partie artificielle. Ce qui pourrait suffire à salir l’image de la communauté et affaiblir son attractivité.
images/icones/carnet.gif  ( 990206 )je ne connais pas par Réginald (2025-07-17 14:31:35) 
[en réponse à 990201]

Je ne connais pas ce qui est précisément reproché. Je ne suis pas abonné à la Croix. Les seuls témoignages que j'ai eus sur cette communauté sont très positifs.
images/icones/info2.gif  ( 990217 )Je suis quand même assez surpris par Ptitlu (2025-07-17 20:53:52) 
[en réponse à 990198]

Que vous niez qu'il existe des abus spirituels. L'article donne des cas concrets de vocations brisées, de secrets de confession non respectés, de confusion entre le for interne et externe, de frères qui s'en vont (quatre et deux en instance de quitter) etc.

"Le 6 août 2022, les 80 moines de Sept-Fons élisent
leur nouveau père abbé, après quarante-deux ans sous le gouvernement de Dom
Patrick Olive. Alors qu’un candidat est pressenti, un autre moine est finalement élu
de justesse. Mais très vite, de nombreux frères dénoncent les pressions de plusieurs
responsables au moment du vote. Après des soupçons de fraude, l’élection est
invalidée.

Deux mois plus tard, l’abbaye reçoit du dicastère pour la vie consacrée, au Vatican,
une lettre implacable, pointant des « dysfonctionnements profonds » que la visite apostolique demandée par Rome deux ans plus tôt n’avait pas révélés. Pourquoi cet
apparent revirement ?

Alors que les premières alertes remonteraient aux années
2000, l’élection de 2022 aurait, selon les informations recueillies par La Croix, libéré la parole d’une part importante de la communauté et le dicastère se serait soudain montré beaucoup plus sévère.

La lettre romaine fait l’effet d’une bombe. Après quelques éloges sur le « trésor de Sept-Fons », elle décrit un environnement dysfonctionnel – « duplicité », « infantilisation », « climat de peur et de réduction au silence »… – , centré sur le père Nicolas, maître des novices et tout-puissant bras droit de Dom
Patrick pendant quatre décennies.

« Nous étions l’élite »
Le père Nicolas est accusé de « mensonges devenus habituels », « violence verbale », « menaces », « questions intrusives », « utilisation d’informations reçues au for interne »… À quoi s’ajoutent d’autres faits qualifiés de « moins graves », mais tout aussi stupéfiants pour un religieux : « bavardages permanents
et en tous lieux », « grossièretés », « distribution excessive et partiale de cadeaux ou de suppléments de nourriture », « affranchissement (des) règles communes » ou encore « se moquer publiquement d’un évêque qui préside la messe ». Loin de l’idéal monastique affiché à Sept-Fons.

En 2018, il a même été excommunié – il aurait trahi le secret de la confession –,
sanction levée à la suite d’une demande écrite de pardon et d’un intense lobbying, la communauté bénéficiant, selon nos sources, de soutiens au Vatican. Ce qui ne l’a pas empêché de maintenir ses comportements, relève le dicastère avec « consternation ».

Si la lettre de Rome le qualifie malgré tout de « personnalité charismatique
féconde », la conclusion est sans appel : « Petit à petit, le père Nicolas s’est – et a été – identifié à Sept-Fons », devenant le « propriétaire » de l’œuvre, « sans doute avec la complicité de son entourage ».

Gérard, postulant vingt ans plus tôt et qui s’est confié à La Croix, a subi ce qu’il
qualifie de « jeu malsain ». Tour à tour flatté ou cassé par le père Nicolas, parfois
en public, il trouvait refuge auprès de Dom Patrick – « il me consolait et me
confessait » –, avant de comprendre que les deux hommes se disaient tout.

« La
discrétion a toujours été de mise entre les responsables du monastère», se
défend l’ancien père abbé, décrivant des rapports avec le père Nicolas« faits de
confiance, mais aussi d’une grande indépendance réciproque ».

Un autre ancien postulant, Clément, se souvient du père Nicolas le dénigrant alors
qu’il était en train de prier – « c’est du chiqué ! » – puis lui hurlant
dessus : « Évidemment vous avez la vocation ! » « J’étouffais littéralement »,
lâche-t-il. D’autant qu’à Sept-Fons la clôture n’est pas une simple barrière, mais un
mur d’enceinte de plusieurs mètres de haut.
Accompagné à l’époque par un moine « doux et compréhensif, presque
angélique », Clément se rend vite compte que ce dernier rapporte au père Nicolas
leurs conversations « dans les moindres détails ».

Aujourd’hui, le moine en
question est le nouveau maître des novices du monastère.
Une explication à la force de l’emprise à Sept-Fons tient au rôle très particulier du
père Nicolas : maître des novices, ou « père maître », chargé de la formation des
jeunes moines. Cumulant les casquettes de formateur et d’accompagnateur spirituel
(autrement dit le for interne et le for externe), celui-ci a une influence considérable.


Il y a quand même beaucoup de faits concrets.
images/icones/hein.gif  ( 990199 )Mais concrètement ? par Luc de Montalte (2025-07-17 12:49:06) 
[en réponse à 990195]

Tout cela était dans le résumé, mais je n'ai pas trouvé les faits concrets qui sont reprochés (par qui, à qui). Il faudrait que j'aille voir l'article complet, mais j'imagine que vous y avez accès.
images/icones/carnet.gif  ( 990207 )non par Réginald (2025-07-17 14:32:22) 
[en réponse à 990199]

Je n'y ai pas accès car je refuse de m'abonner à la Croix.
images/icones/carnet.gif  ( 990213 )Les articles par Bibracte (2025-07-17 17:38:53) 
[en réponse à 990192]

Sont trop longs pour que je les copie intégralement, mais en résumé, la figure du P. Jérôme n'est pas mise en cause, contrairement à deux de ses disciples.

Quelques extraits :

"Que se passe-t-il donc à Sept-Fons ? Derrière l’apparente sérénité monastique, révèle l’enquête de La Croix, se cacherait un « fonctionnement sectaire » mis en place pendant plusieurs décennies autour d’un homme – le père Nicolas, au civil Francis Hennequin –, avec l’assentiment complice d’une part importante de la communauté, dont la quasi-totalité a été formée par cet ancien maître des novices. En 2022, un même diagnostic accablant avait été posé par les autorités de l’Église, dans une lettre officielle du dicastère dédié à la vie religieuse.

Trois ans après pourtant, et malgré les sanctions imposées – dont la mise à l’écart du principal responsable, qui continuerait selon nos sources d’exercer son influence –, Sept-Fons n’aurait pas évolué. « L’Église a fourni un effort considérable pour aider la communauté à se réformer. Malheureusement, le système est resté en place », appuie frère Vincent. Un haut responsable de l’ordre aurait même avoué à un frère son impuissance, attendant que « ça sorte dans les médias »."


"Le 6 août 2022, les 80 moines de Sept-Fons élisent leur nouveau père abbé, après quarante-deux ans sous le gouvernement de Dom Patrick Olive. Alors qu’un candidat est pressenti, un autre moine est finalement élu de justesse. Mais très vite, de nombreux frères dénoncent les pressions de plusieurs responsables au moment du vote. Après des soupçons de fraude, l’élection est invalidée.
Deux mois plus tard, l’abbaye reçoit du dicastère pour la vie consacrée, au Vatican, une lettre implacable, pointant des « dysfonctionnements profonds » que la visite apostolique demandée par Rome deux ans plus tôt n’avait pas révélés. Pourquoi cet apparent revirement ? Alors que les premières alertes remonteraient aux années 2000, l’élection de 2022 aurait, selon les informations recueillies par La Croix, libéré la parole d’une part importante de la communauté et le dicastère se serait soudain montré beaucoup plus sévère.

La lettre romaine fait l’effet d’une bombe. Après quelques éloges sur le « trésor de Sept-Fons », elle décrit un environnement dysfonctionnel – « duplicité », « infantilisation », « climat de peur et de réduction au silence »… –, centré sur le père Nicolas, maître des novices et tout-puissant bras droit de Dom Patrick pendant quatre décennies.

Le père Nicolas est accusé de « mensonges devenus habituels », « violence verbale », « menaces », « questions intrusives », « utilisation d’informations reçues au for interne »… À quoi s’ajoutent d’autres faits qualifiés de « moins graves », mais tout aussi stupéfiants pour un religieux : « bavardages permanents et en tous lieux », « grossièretés », « distribution excessive et partiale de cadeaux ou de suppléments de nourriture », « affranchissement (des) règles communes » ou encore « se moquer publiquement d’un évêque qui préside la messe ». Loin de l’idéal monastique affiché à Sept-Fons.
En 2018, il a même été excommunié – il aurait trahi le secret de la confession –, sanction levée à la suite d’une demande écrite de pardon et d’un intense lobbying, la communauté bénéficiant, selon nos sources, de soutiens au Vatican. Ce qui ne l’a pas empêché de maintenir ses comportements, relève le dicastère avec « consternation »."


"Gérard, postulant vingt ans plus tôt et qui s’est confié à La Croix, a subi ce qu’il qualifie de « jeu malsain ». Tour à tour flatté ou cassé par le père Nicolas, parfois en public, il trouvait refuge auprès de Dom Patrick – « il me consolait et me confessait » –, avant de comprendre que les deux hommes se disaient tout. « La discrétion a toujours été de mise entre les responsables du monastère », se défend l’ancien père abbé, décrivant des rapports avec le père Nicolas « faits de confiance, mais aussi d’une grande indépendance réciproque ».

Un autre ancien postulant, Clément, se souvient du père Nicolas le dénigrant alors qu’il était en train de prier – « c’est du chiqué ! » – puis lui hurlant dessus : « Évidemment vous avez la vocation ! » « J’étouffais littéralement », lâche-t-il. D’autant qu’à Sept-Fons la clôture n’est pas une simple barrière, mais un mur d’enceinte de plusieurs mètres de haut.
Accompagné à l’époque par un moine « doux et compréhensif, presque angélique », Clément se rend vite compte que ce dernier rapporte au père Nicolas leurs conversations « dans les moindres détails ». Aujourd’hui, le moine en question est le nouveau maître des novices du monastère."

"« Aujourd’hui encore, il y a bien des frères qui, entrant au monastère pour vivre sous le regard de Dieu, finissent par vivre sous le regard du père Nicolas », lit-on dans le témoignage du membre du conseil déjà cité. Ainsi pouvait-il dire à un novice : « La qualité de ton union à Dieu dépend de ta relation avec moi », ajoutant mystérieusement : « Pendant les trente ans à venir, il ne faudra pas l’oublier. »"

"Ceux qui sont au pouvoir à Sept-Fons sont tous des proches du père Nicolas, et lui continue de tirer les ficelles », pointe frère Alban. Théoriquement éloigné au monastère de Latroun (Israël), l’ancien père maître vient fréquemment à Sept-Fons – il y a passé deux mois de convalescence début 2025, et y était de nouveau en avril. Quand il est là, des moines, y compris novices, défilent pour le voir. Un frère dévoué fait passer ses « billets », organise des rendez-vous et aurait même procuré à certains des smartphones afin de poursuivre l’accompagnement spirituel à distance."

"À Sept-Fons, l’influence du père Nicolas se fait encore sentir jusque dans la prière commune. Dans la salle des chapitres se trouve une majestueuse statue baroque de la Vierge Marie, reproduction de Notre-Dame-de-Bonsecours (près de Nancy, d’où le père Nicolas est originaire), offerte par Dom Patrick au père Nicolas – elle aurait coûté 15 000 €. Certains soirs, la communauté s’y rassemble pour prier le chapelet à genoux. Sous l’ample manteau de Marie, le genre humain est représenté par de petites figurines, dont trois ont été resculptées : la première à l’effigie du père Jérôme (le « maître spirituel », artisan du renouveau de l’abbaye), la deuxième de frère Théophane (un jeune moine « mort en odeur de sainteté ») et la troisième de… père Nicolas."

"Voici d’autres exemples concrets de dérives et de points problématiques : alors que dans l’Église, un religieux adulte rencontre généralement son père spirituel une fois par mois, nos pères spirituels encouragent subtilement les frères à se confier à eux une à deux fois par jour. Sans compter qu’à Sept-Fons et dans les monastères sous son influence (Latroun en Israël, Badi au Sénégal, Novy Dvur en Tchéquie, Rochefort en Belgique et Chambarand en Isère), le père maître et ses assistants maintiennent cet encadrement à vie.
D’autre part, chaque jour, le père Nicolas rencontre ou appelle individuellement tous les formateurs, et il semble évident qu’il a ainsi accès aux échanges entre les frères et leurs accompagnateurs spirituels. Or, ces confidences des moines, la Règle de saint Benoît stipule que les pères spirituels ne doivent ’’ni les découvrir, ni les publier’’ ; Je sais aussi que des supérieurs peuvent contacter les médecins ou psychiatres qui suivent les frères sans en informer ces derniers."


images/icones/iphone.jpg  ( 990219 )Effectivement il y a bien des faits par Signo (2025-07-17 21:13:32) 
[en réponse à 990213]

Et ce qui je trouve étonnant et inquiétant, ce sont les évidentes infractions à la tradition monastique dans le gouvernement de cette communauté et le comportement de certains Pères.

Je me demande si le chaos auquel a résisté P. Jérôme, en détruisant les équilibres monastiques traditionnels, n’a pas engendré, au moment du « redressement » (visiblement très partiel) des déséquilibres dans la direction spirituelle et le gouvernement, déséquilibres qui furent le lot de la plupart des communautés nouvelles…
images/icones/bravo.gif  ( 990222 )L'analyse est bonne par Bibracte (2025-07-17 21:54:29) 
[en réponse à 990219]

Et on peut la compléter.

Le chaos généralisé dans l'Eglise (surtout dans les années 60 à 80) a eu deux types d'effets destructeurs :

- des effets directs : désastre liturgique, anarchie doctrinale et morale, effondrement de la pratique religieuse, etc. ;

- des effets indirects : ceux qui ont résisté au milieu du chaos (qu'il s'agisse d'avoir gardé la doctrine, la tradition monastique, la liturgie, ou simplement la vitalité et la jeunesse) ont pu se prendre pour les sauveurs de l'Eglise, ce qui justifie rapidement tout et n'importe quoi (c'est la fameuse dérive sectaire). C'est l'exemple de la Communauté Saint Jean, mais aussi d'autres "communautés nouvelles", à la fois dynamiques dans les années 70-80 et conservatrices sur le plan moral ; c'est enfin l'exemple de ces deux disciples du P. Jérôme (difficile de connaître sa part de responsabilité), convaincus d'être les gardiens de la "vraie vie monastique" qui disparaissait partout ailleurs.

Soit dit en passant, on peut facilement (et malheureusement) faire le parallèle avec la FSSPX et même, en forçant le trait, avec d'autres instituts traditionalistes.

Comme le dit fort justement Don Dysmas de Lassus, le problème commence quand on se met à prendre sa communauté pour meilleure que les autres.
images/icones/iphone.jpg  ( 990223 )Oui et on peut aussi citer… par Signo (2025-07-17 22:09:32) 
[en réponse à 990222]

… la CSM dont le fondateur semble être tombé dans les travers que vous mentionnez. Sans parler de Lagrasse à ses débuts… ou de Bellaigue actuellement.

Personne n’est à l’abri, toutefois je note que les communautés ayant conservé une certaine continuité avec les usages traditionnels de la vie monastique, sans rupture, comme Fontgombault, semblent nettement moins touchés par ces dérives.

Je pense qu’il est essentiel d’analyser précisément les causes de ces dérives et d’en tirer les conséquences dans la manière d’organiser la vie des communautés religieuses.
images/icones/carnet.gif  ( 990333 )Deux erreurs factuelles de La Croix par abbé F.H. (2025-07-19 13:24:25) 
[en réponse à 990213]


majestueuse statue baroque de la Vierge Marie, reproduction de Notre-Dame-de-Bonsecours


réalisée en 1505 par Mansuy Gauvain (nom bien lorrain!), la statue ne peut pas être baroque, surtout dans cette partie du St Empire.


Notre-Dame-de-Bonsecours (près de Nancy, d’où le père Nicolas est originaire)


NDBS est à Nancy-même, non près de Nancy! Le P. Hennequin est même originaire de la paroisse de Bonsecours.

images/icones/fleche3.gif  ( 990218 )On retrouve aussi dom Nault, aussi catastrophique qu'à Pontcallec ? par Ptitlu (2025-07-17 20:59:26) 
[en réponse à 990192]

Parce que Rome, prévenue des dérives qui persistaient malgré l'éloignement du chef de file en Israël, a laissé faire...

"Suivant la recommandation de Dom Nault, le principal assistant
apostolique, Rome a en effet joué la carte de la mansuétude, estimant qu’il fallait « faire confiance » à la communauté et que le diagnostic et les restrictions imposées suffiraient à créer un électrochoc salutaire. Le dicastère n’a ainsi pas cru
bon de fermer le noviciat, ni d’éloigner les principaux frères responsables – des mesures pourtant attendues en de tels cas.

Mais c’est mal connaître le fonctionnement de l’emprise, qui peut s’enkyster au point de devenir un système, dont chacun est « victime » ou « complice », voire les deux à la fois. « Parfois, les abus ont duré tellement longtemps qu’ils sontdevenus une véritable manière d’être », corrobore un connaisseur des dérives sectaires dans l’Église, au fait de la situation. Sollicité par La Croix, Dom Nault n’a pas souhaité réagir
.

Quand il s'est agi de servir la soupe au cardinal Ouellet et d'avaliser l'expulsion de MMF hors de tout cadre canonique ou civil il était plus réactif.

Mais dans les deux dossiers son intervention ne semble avoir conduit qu'à des catastrophes. Le "discernement" dont on nous rebat les oreilles, théorie et pratique...
images/icones/carnet.gif  ( 990224 )Bellaigue, Pontcallec, Sept-Fonds, ... par Cristo (2025-07-17 22:31:36) 
[en réponse à 990192]

comment font les religieux pour vivre H24 dans ces communautés fermées en proie à de pareilles crises internes, avec cette ambiance de couples qui se déchirent, pour ne pas dire de guerre civile ?

Certes, le problème n'est pas d'aujourd'hui.

La période du Concile Vatican II, pour ne citer qu'elle, a dû donner lieu à des situations de climat irrespirable, elle aussi.

Et le tout alors que la prière et l'Evangile sont le centre de leur vie. Personnellement, en sortant de ma simple messe dominicale, je n'ai plus d'ennemi si tant que j'en avais en y entrant.

Mystère.

Prions pour eux.