CHAPITRE XVII
LES CITOYENS DES DEUX CITÉS.
Qu’est-ce donc qu’une société qui secoue le joug du Saint-Esprit ? Témoins non suspects, les païens eux-mêmes répondent : « C’est un bétail sur un champ de foire, toujours prêt à se vendre au plus offrant». Pas plus que l’histoire ancienne l’histoire moderne ne leur donne l’ombre d’un démenti.
Comment le bétail humain est-il traité ? Comme il le mérite. Satan, auquel il se livre en abandonnant le Saint-Esprit, lui envoie des maîtres de sa main. Néron, Héliogabale, Dioclétien et tant d’autres, se chargent de faire goûter à l’homme émancipé les douceurs de la liberté dont jouit la Cité du mal.
Par un retour de Miséricordieuse justice, Dieu Lui-même permet l’élévation de ces tigres couronnés. A ce propos, l’histoire rapporte un fait qui donne à réfléchir. Comme les peuples ont toujours le gouvernement qu’ils méritent, une bête cruelle, appelée Phocas, était assise sur le trône impérial de Rome.
Par ses ordres le sang coulait à flots : et la bête le buvait avec délices. Révolté autant qu’affligé de ce spectacle, un solitaire de la Thébaïde s’adresse à Dieu et lui dit : Pourquoi, mon Dieu, l’avez-vous fait empereur ? Et Dieu lui répond : Parce que je n’en ai pas trouvé un plus mauvais. Ainsi, conserver la liberté avec toutes ses gloires : tel est, pour l’humanité, le premier avantage de son séjour dans la Cité du bien ; perdre ce trésor et trouver l’esclavage : tel est, si elle ose en franchir l’enceinte, son premier châtiment.
CHAPITRE XVIII
(SUITE DU PRÉCÉDENT.)
La honte. De libre devenir volontairement esclave est une honte. D’homme devenir bête en est une plus grande. Cette honte inévitable est le second rempart, dont le Saint-Esprit environne la Cité du bien pour empêcher l’homme d’en sortir.
Se déifier ou se bêtifier : voilà les deux pôles opposés du monde moral. Dieu ou bête : telle est la suprême alternative dans laquelle se trouve placé l’homme ici-bas. La raison en est qu’il est obligé de vivre sous l’empire du Roi de la Cité du bien, ou sous l’empire du Roi de la Cité du mal.
Or, l’un et l’autre de ces rois fait ses sujets à son image : Dieu, le Saint-Esprit les fait dieux ; bête, Satan les fait bêtes. La Cité du bien est une grande fabrique de dieux, et la Cité du mal une grande fabrique de bêtes. « Chacun de nous, dit saint Augustin, est tel que son amour. Aime la terre, tu seras terre ; aime Dieu, tu seras Dieu».
Restez avec moi, dit le Saint-Esprit, et Je vous fais enfants de Dieu, Dieux véritables. Dieux, par l’être divin que Je vous communique ; Dieux, par la vérité de vos pensées ; Dieux, par la noblesse de vos sentiments ; Dieux, par la sainteté de votre vie ; Dieux, par l’indomptable puissance de votre volonté contre le mal, armé de sophismes, de promesses ou de menaces ; Dieux par le droit à l’héritage éternel de Dieu, votre Créateur et votre Père.
Le Saint-Esprit a tenu parole. Voyez ce que sont devenus les anges dociles à Sa voix. Resplendissants de gloire, inondés de voluptés, doués de tous les attributs divins, l’intelligence, la force, la bonté, ils approchent de Dieu, autant que le fini peut approcher de l’infini.
Voyez l’humanité chrétienne dans ses vrais représentants, les apôtres, les martyrs, les vierges, ces légions de saints et de saintes, divinement enfantés depuis dix-huit siècles et au delà, sur tous les points du globe. A quelle hauteur ils élèvent l’humanité chrétienne au-dessus de l’humanité païenne, au-dessus de l’humanité qui cesse d’être chrétienne !
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde