Le Forum Catholique

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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 989605 )Le cardinal Bustillo s'exprime sur la liturgie par Roger (2025-07-02 17:20:44) 

Interview du cardinal évêque d'Ajaccio au site tribune chrétienne


En parlant de différence, les fidèles attachés au rite tridentin attendent beaucoup de ce pape. Donc quoi leur répondre ?

Cardinal Bustillo : Je pense que dans l’Église il y a de la place pour tout le monde donc également pour ces fidèles attachés au rite tridentin, je le répéte il y a la place pour tout le monde. Dans l’Église catholique il y a beaucoup de rites donc il ne doit pas y avoir de problème à ce niveau-là. Donc le pape dans sa mission doit d’abord ÉCOUTER, ensuite DISCERNER et après DÉCIDER. C’est la pratique habituelle d’un pape. S’il y a des situations délicates, de sensibilités différentes, etc. il faut d’abord écouter et évaluer tous les arguments, après décider. Et le pape est dans cette ligne et se dit : pour le moment il capte toutes les réalités, toutes les douleurs… et quand il aura tous les éléments , il décidera.

Tribune Chretienne : Êtes-vous vous-même personnellement pour cet assouplissement du motu proprio Traditionis Custodes ?

Cardinal Bustillo : Moi je suis pour la paix dans l’Église évidemment. Et la paix dans l’Église, avant de parler par le rite, passe par l’Esprit. Le rite est une question de forme, c’est l’expression de célébrer sa foi avec Dieu donc ce qui est important c’est d’abord de pacifier les esprits pour ne pas tomber dans l’idéologie. Le rite en soi n’est pas un problème. Quand on voit les rites mozarabes, ambrosiens, orientaux… etc. là n’est pas le problème. La question pour nous catholiques est de rester dans une logique d’idéal sans tomber dans l’idéologie.

Donc le rite tridentin n’est pas un problème en soi au sein de l’Église. Moi je ne sais pas le célébrer mais je me rends compte qu’il ne doit pas exister de rigidité dans les rites, ça aussi c’est important : il faut avant tout rester dans la communion.

Je suis donc d’abord pour un assouplissement des consciences car sinon on tombe dans l’affrontement. Comme le disait le cardinal Sarah , Il est d’abord important qu’il y ait une maturité spirituelle, sinon on tombe dans la logique d’affrontement, on dit qu’on a un pape contre nous etc… Moi je n’ai jamais célébré le rite tridentin, je ne le connais pas très bien mais je connais et je respecte beaucoup de fidèles qui en sont proches et qui préfèrent ce rite. Je respecte ces choix. Quand on est pasteur on doit penser au bien de tous. Donc si une personne aime ce rite je suis pour qu’elle le continue. Je ne suis pas pour dire : tout le monde doit faire pareil !

On doit respecter une sainte diversité qui passe par l’acceptation de la diversité au niveau liturgique. Donc avant tout chercher la communion de l’Église : la communion, la communion, la communion !

Quand on voit la société, quand on voit les guerres Israël / Iran… et nous catholiques, qu’est-ce qu’on fait ?! Si nous catholiques nous sommes divisés, nous sommes idiots, nous sommes peu nombreux, et si l’on se permet le luxe de se diviser, alors vraiment c’est pas terrible. L’Église doit avoir la maturité d’accepter les différences et les divergences

images/icones/carnet.gif  ( 989606 )Et dans son diocèse par Halbie (2025-07-02 17:35:45) 
[en réponse à 989605]

Quelle a été sa politique ?
images/icones/fleur.gif  ( 989607 )Réponse ici par Roger (2025-07-02 17:54:51) 
[en réponse à 989606]

Juste un mot sur L’abbé Sébastien Dufour, qui célèbre la messe en latin à l’Église Saint-Charles-Borromée à Bastia ? certains fidèles parlent de discrimination ?

Cardinal Bustillo : Il n’y a rien de dramatique. J’ai parlé avec l’abbé hier longuement… certains journaux parlent de « discrimination », c’est n’importe quoi. Moi je lui donne un endroit où il sera tranquille et en paix, il pourra célébrer avec sa communauté, et c’était le but que nous recherchions tous les deux. On est tous les deux entièrement d’accord, on s’est parlé hier.C’est tout sauf une mise à l’écart, c’est un acte de protection et non de discrimination et il l’a parfaitement compris. Les fidèles n’ont pas tous les éléments, c’est donc un acte de protection et de liberté pour qu’il puisse exercer son ministère très librement. C’était ça le but, c’est ce que je lui ai dit et il a parfaitement compris. Il me connaît et il n’y a aucune difficulté entre nous. On est dans la simplicité.

images/icones/carnet.gif  ( 989610 )Merci par Halbie (2025-07-02 19:11:00) 
[en réponse à 989607]

Quid des autres sacrements ?
images/icones/carnet.gif  ( 989620 )Il me semble par Roger (2025-07-03 00:27:38) 
[en réponse à 989610]

Que la FSSPX s'était vivement opposée il y a quelques années à ce que l'évêque d'Ajaccio vienne administrer le sacrement de confirmation.

Je n'en sais pas plus.
images/icones/fsspx.gif  ( 989645 )En effet par DumVolviturOrbis (2025-07-03 16:37:08) 
[en réponse à 989620]

À l’époque (2012), Mgr Bonfils avait proposé à l’abbé Mercury, alors membre de la FSSPX, qu'il administre lui-même les confirmations. Mais les supérieurs de l'abbé Mercury lui avaient opposé un refus, estimant que cela n'était pas opportun. L’épisode avait suscité une certaine tension, et un droit de réponse de l’abbé Mercury avait été publié pour clarifier les faits et éviter tout jugement hâtif.

Il y affirmait notamment :


« Ce n’est pas à ma demande que Mgr Bonfils a procédé aux confirmations. [...] Je n’ai fait aucune demande d’incardination et n’ai entamé aucun processus de rapprochement avec le diocèse. »



Depuis, bien de l’eau a coulé sous les ponts : l’abbé Mercury est désormais incardiné dans le diocèse d’Ajaccio et chargé de la liturgie tridentine en Corse.

À titre personnel, je trouve que la réponse publiée à l’époque par l’abbé de Cacqueray ne rendait pas vraiment justice à la complexité de la situation.

images/icones/fleche3.gif  ( 989646 )Explication ? par JFB33 (2025-07-03 16:48:32) 
[en réponse à 989645]

Peut-être que la FSSPX souhaite un ministre traditionaliste qui n'est pas en rupture avec la Doctrine de l'Eglise.
Fait-il préciser que cet évêque est pour l'oecuménisme, la "liberté religieuse", la collégialité et donc sans rapport aucun avec la position de la FSSPX ?
Une piste de réflexion peut-être ?
images/icones/carnet.gif  ( 989648 )Seriez vous en train de dire par DumVolviturOrbis (2025-07-03 16:56:34) 
[en réponse à 989646]

que la succession apostolique est interrompue et que les sacrements célébrés selon l'ancien rituel par un évêque ordonné après Vatican II ne sont pas valides ? Il n'y a que deux réponses possibles : oui ou non, c'est-à-dire sédévacantisme ou catholicisme...
Et justement c'est toute l'ambiguïté de certains à la FSSPX. Un désaccord doctrinal n'est pas une raison pour refuser un sacrement conféré par un évêque catholique, d'autant plus s'il est prêt à utiliser le missel de 1962.
images/icones/carnet.gif  ( 989674 )Non par JFB33 (2025-07-03 22:56:24) 
[en réponse à 989648]

Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit.
Posez-vous aussi la question : l'évêque pouvait-il imposer de délivrer ces sacrements à des fidèles de la FSSPX ? L'a-t-il seulement fait d'ailleurs ?
On reviendra toujours sur les mêmes débats
images/icones/carnet.gif  ( 989650 )autre explication par Réginald (2025-07-03 17:03:16) 
[en réponse à 989646]

Peut-être faut-il aussi chercher une autre origine à ce refus des confirmations. Dans une lettre adressée le 12 août 1998 aux religieux d’Avrillé, Mgr Tissier de Mallerais évoque la situation de Mgr Lazo, évêque ayant rallié la Fraternité Saint-Pie X mais sacré selon le nouveau rite promulgué par Paul VI. Il s’interroge alors sur la possibilité de lui confier des confirmations ou des ordinations au sein de la Fraternité. On peut y lire :


« Cher Père, Merci de m’avoir envoyé copie de la plaquette du Dr. Rama Cosmaraswany « Le drame anglican ». L’ayant lu rapidement, j’en conclus à un doute sur la validité des sacres épiscopaux conférés selon le rite de Paul VI. Le « spiritum principalem » de la forme introduite par Paul VI n’est pas suffisamment clair en lui-même et les rites accessoires ne précisent pas sa signification dans un sens catholique. Pour ce qui regarde Monseigneur Lazo, il nous serait difficile de lui expliquer ces choses ; la seule solution est de ne pas lui demander de confirmer ni d’ordonner. Votre bien dévoué en Notre-Seigneur Jésus-Christ. † Bernard Tissier de Mallerais »

images/icones/carnet.gif  ( 989653 )Évidemment par Halbie (2025-07-03 17:15:03) 
[en réponse à 989650]

La FSSPX reconnaît nominalement les nouveaux sacres, mais il me semble qu'il y a un réel malaise à ce sujet (c'était manifestement très clair pour Mgr Tissier). La messe chrismaie de Mgr Huonder avait fait polémique.
images/icones/carnet.gif  ( 989654 )La FSSPX semble être divisée par Roger (2025-07-03 17:22:08) 
[en réponse à 989653]

Assez fortement en effet entre une tendance "ferme" dont on pourrait craindre qu'elle ne bascule dans le sedevac

Et une tendance modérée qui a cherché (et cherche peut être encore?) un compromis avec Rome.


images/icones/carnet.gif  ( 989676 )Je ne pense pas par JFB33 (2025-07-03 23:03:29) 
[en réponse à 989654]

Ces familles ont aujourd'hui le choix entre la prétendue résistance et les communautés dites "ralliées"
Dans toutes les chapelles de la FSSPX que je côtoie, 95% des fidèles de la FSSPX sont des assidus et ne souhaitent en aucun cas recevoir les sacrements d'un évêque qui ne suit pas leurs convictions catholiques.
images/icones/carnet.gif  ( 989658 )C'est extrêmement grave par DumVolviturOrbis (2025-07-03 18:46:34) 
[en réponse à 989650]

de penser une chose pareil.

Et c'est bien pour cela que Mgr Huonder n'a jamais ordonné de prêtres pour la FSSPX, certains grincheux-sédévacs auraient mis en doute ces ordinations. Et cette situation est déplorable. Si réellement les supérieurs de la FSSPX avaient voulu faire passer un message fort elle aurait justement demandé à Mgr Huonder d'ordonner des prêtres pour reconnaître la validité de sa consécration épiscopale et pour que les crypto-hystériques quittent le navire d'eux-mêmes. Maintenir ce flou est de plus en plus irresponsable.

Simple question : que veut la FSSPX ? Maintenir sa petite réserve d'indien en écartant toute "concurrence" et en s’accommodant bien de ne jamais avoir à demander une quelconque autorisation aux ordinaires des lieux de leurs apostolats ? Ou chercher sincèrement à être catholique au sens premier du mot ?
images/icones/carnet.gif  ( 989677 )Politique politicienne ? par JFB33 (2025-07-03 23:15:47) 
[en réponse à 989658]

Je ne pense pas que la FSSPX soit autant dans la politique politicienne autant que vous le prétendez.
Le seul message fort qu'elle veut faire passer c'est le combat de Mgr Lefebvre c'est à dire celui de l'Eglise millénaire et anti libéral (et tout ce qui va avec : donner des belles vocations, la Doctrine, etc...)
Vous voyez trop en stratégie politicarde. La FSSPX n'est pas là pour faire plaisir aux libéraux afin qu'ils trouvent encore des mauvais arguments et "valider" un peu plus leur Concile Vatican d'eux et leurs inepties.
Au cas où çà vous aurait échappé sa "réserve d'indiens" (c'est pas très aimable de nous traîter de la sorte comme des parias) ne cesse de croître et plus le temps passe, plus il lui donne raison
images/icones/1a.gif  ( 989702 )[réponse] par jejomau (2025-07-04 16:03:38) 
[en réponse à 989650]

Ca n'a absolument pas gêné François, quelques années plus tard,, de faciliter les mariages faits au sein de la FSSPX et de permettre aux catholiques lambda de se confesser dans la FSSPX de façon parfaitement idoine.

images/icones/carnet.gif  ( 989703 )para todos, todos, todos... par Réginald (2025-07-04 16:27:50) 
[en réponse à 989702]

Reconnaissons une certaine cohérence au pontificat du défunt pape François : il s’est résolument tourné vers les périphéries, exerçant à l’égard des personnes en marge un accueil quasi inconditionnel : para todos, todos, todos...

Blague à part, certaines de ses décisions canoniques constitueront à n’en pas douter une matière féconde pour plusieurs thèses de doctorat en droit canonique. Il faudra des années pour en mesurer toute la portée et peut-être aussi pour en démêler les imbroglios juridiques et ecclésiologiques.

Il ne vous aura pas échappé non plus que le choix de son successeur, canoniste reconnu, répond lui aussi à cette logique : pallier certaines carences normatives et engager une nécessaire phase de « digestion » institutionnelle du pontificat précédent, désormais passée au crible de la science canonique.
images/icones/hein.gif  ( 989652 )Doctrine et validité ? par Roger (2025-07-03 17:14:16) 
[en réponse à 989646]

Ce point de vue cher JFB est hautement intéressant.

Mais pourriez voys préciser en quoi les opinions éventuellement discutables d'un évêque diocésain sur la doctrine catholique devrait empêcher cet évêque d'administrer des sacrements ? Ceux ci restent ils valides des lors que cet évêque fut lui-même validement sacré?

Si vous appreniez demain que le pape Léon était favorable à la "liberté religieuse " à l'oecuménisme ou à la collégialité, qu'en deduiriez vous ?
images/icones/carnet.gif  ( 989678 )Bien sûr par JFB33 (2025-07-03 23:30:27) 
[en réponse à 989652]

Bien sûr qu'ils sont valides mais ils peuvent être douteux.
Il existe des articles de la FSSPX parlant du sujet sur LPL et ils vous l'expliquent bien mieux que moi.
Les raisons du probable refus de la FSSPX sont expliqués plus haut.

Maintenant à titre personnel j'ai des enfants et je refuse catégoriquement que mes enfants soient confirmés par un évêque n'ayant pas la Foi bimillénaire de l'Eglise. Chacun ses choix, je ne prends pas de risques.
Je vais même vous dire, je ne souhaite pas donner crédit à ces évêques là et snober ceux qui sont en opération survie de la Tradition.

Pour votre dernière question je ne vois pas où vous voulez en venir ?
images/icones/carnet.gif  ( 989680 )Que faut-il de plus à expliquer ? par JFB33 (2025-07-03 23:46:16) 
[en réponse à 989645]

C'est pourtant simple.

1. Il s'agissait d'un provocation envers le supérieur de la FSSPX
Mgr Bonfils a organisé une cérémonie de confirmations dans une chapelle traditionnellement liée à la FSSPX, sans consulter ni respecter l'autorité de Mgr Fellay, Supérieur Général. Cela constitue une entorse grave à la discipline interne de la Fraternité, puisque les confirmations doivent être organisées par les supérieurs légitimes de la Fraternité, comme l’a précisé Mgr Lefebvre. Cette intrusion a créé du trouble au sein des fidèles corses.

2. Il y avait incohérence sur sa venue "canonique"
Mgr Bonfils s’est appuyé sur le motu proprio Summorum Pontificum pour justifier son intervention. Or, ce texte suppose l’acceptation de la légitimité du nouveau rite, ce que la FSSPX rejette doctrinalement. Il est donc incohérent qu’un évêque qui accepte le Novus Ordo administre les sacrements dans un cadre où celui-ci est justement refusé pour des raisons doctrinales. La logique même du motu proprio est donc incompatible avec l’esprit de la Fraternité.

3. Pourquoi alimenter la confusion doctrinale chez leurs fidèles ?
Mgr Bonfils est lié aux principes du Concile Vatican II et activement engagé dans le dialogue interreligieux. Il a même été honoré par une organisation juive maçonnique (B’nai B’rith), ce qui illustre sa ligne doctrinale incompatible avec celle de la Tradition. Lui confier un sacrement destiné à affermir la foi des catholiques serait une contradiction profonde et ajouterait à la confusion spirituelle des fidèles.

4. Et concernant la remise en cause de la suppléance assurée par la FSSPX ?
Accepter Mgr Bonfils simplement parce qu’il utilise le rite traditionnel reviendrait à nier le principe de suppléance que la FSSPX revendique dans la crise actuelle de l’Église. La fidélité à la Tradition ne peut se réduire à une forme liturgique : la bonne doctrine est indispensable. La Fraternité maintient qu’en l’absence de clergé sûr dans la foi, elle conserve le droit et le devoir de suppléer dans l’administration des sacrements.

QUE FAIT-IL DE PLUS ???
images/icones/carnet.gif  ( 989683 )le tout et la partie par Réginald (2025-07-04 00:53:00) 
[en réponse à 989680]

Refuser qu’un évêque légitime administre un sacrement, au seul motif qu’il n’adhère pas entièrement à la ligne de la FSSPX, revient à se poser comme la seule communauté vraiment catholique.
Or, comme le rappelle Cajetan : « Le schismatique est celui qui se refuse à se conduire comme la partie du tout. »
Le schisme ne consiste pas seulement à rompre avec la tête, mais d’abord à se couper des autres membres, en refusant de se reconnaître comme partie d’un même corps.
images/icones/2a.gif  ( 989684 )Excellente citation par ptk (2025-07-04 07:29:01) 
[en réponse à 989683]

de laquelle on peut déduire sans doute que SS le pape François, de piteuse et douloureuse mémoire, était schismatique.
images/icones/carnet.gif  ( 989695 )C'est la ligne de l'Eglise par JFB33 (2025-07-04 13:18:36) 
[en réponse à 989683]

Ce n'est pas la ligne de la FSSPX,c'est la ligne de l'Eglise et de la Tradition dans son INTÉGRALITÉ.
images/icones/carnet.gif  ( 989698 )Tradition intégrale ou appropriation exclusive ? par Réginald (2025-07-04 14:21:48) 
[en réponse à 989695]

J’entends que vous voyiez dans cette position une expression fidèle et intégrale de la Tradition. Mais précisément, affirmer que « ce n’est pas la ligne de la FSSPX, mais celle de l’Église et de la Tradition dans son intégralité », tout en laissant entendre que vous ne pouvez accepter d’autres confirmations que celles conférées par les évêques de votre Fraternité, revient à identifier une partie (la FSSPX) avec le tout (l’Église universelle).

Prétendre qu’une position particulière incarne à elle seule l’intégralité de la Tradition, c’est tomber dans une confusion entre le tout et la partie qui est une confusion dangereuse sur le plan ecclésiologique.

Dans cette logique, je vois mal comment ne pas en arriver à ce que saint Thomas désigne comme la définition même du schisme :
« On appelle schismatiques ceux qui refusent d’obéir au Souverain Pontife et qui ne veulent pas communiquer avec les membres de l’Église qui lui sont soumis. » (IIa IIae, q. 39, a. 1)

Or, ceux dont vous refusez les confirmations sont bel et bien membres de l’Église catholique, en communion hiérarchique avec le pape, et détiennent une juridiction ordinaire reconnue comme telle par l’autorité de l’Église. Les exclure a priori du cadre sacramentel au motif qu’ils ne relèvent pas de la Fraternité revient à remettre en cause leur appartenance cette Église à laquelle vous prétendez appartenir.
images/icones/neutre.gif  ( 989692 )C'est plus compliqué que ce que vous présentez par Chabert (2025-07-04 11:01:12) 
[en réponse à 989680]

Le débat a déjà eu lieu sur les raisons qui ont poussé la FSSPX à refuser à Mgr Bonfils de réaliser ces confirmations. Si on fait abstraction des arguments pseudo-psychologiques :


1. Il s'agissait d'un provocation envers le supérieur de la FSSPX
Mgr Bonfils a organisé une cérémonie de confirmations dans une chapelle traditionnellement liée à la FSSPX, sans consulter ni respecter l'autorité de Mgr Fellay, Supérieur Général. Cela constitue une entorse grave à la discipline interne de la Fraternité, puisque les confirmations doivent être organisées par les supérieurs légitimes de la Fraternité, comme l’a précisé Mgr Lefebvre. Cette intrusion a créé du trouble au sein des fidèles corses.



Le supérieur général de la FSSPX n'est pas l'ordinaire du lieu, et n'a donc aucun droit canonique à s'opposer à ce que l'évêque diocésain, sur le territoire duquel se tiennent des confirmations, les confère s'il en a expressément la volonté.


2. Il y avait incohérence sur sa venue "canonique"
Mgr Bonfils s’est appuyé sur le motu proprio Summorum Pontificum pour justifier son intervention. Or, ce texte suppose l’acceptation de la légitimité du nouveau rite, ce que la FSSPX rejette doctrinalement. Il est donc incohérent qu’un évêque qui accepte le Novus Ordo administre les sacrements dans un cadre où celui-ci est justement refusé pour des raisons doctrinales. La logique même du motu proprio est donc incompatible avec l’esprit de la Fraternité.



Que Mgr Bonfils ne soit pas cohérent avec le motu proprio SP, c'est un fait. En revanche, que la FSSPX invoque un motu proprio dont elle dénie toute légitimité et dont les conséquences pratiques lui échappent complètement, c'est un peu contradictoire.


3. Pourquoi alimenter la confusion doctrinale chez leurs fidèles ?
Mgr Bonfils est lié aux principes du Concile Vatican II et activement engagé dans le dialogue interreligieux. Il a même été honoré par une organisation juive maçonnique (B’nai B’rith), ce qui illustre sa ligne doctrinale incompatible avec celle de la Tradition. Lui confier un sacrement destiné à affermir la foi des catholiques serait une contradiction profonde et ajouterait à la confusion spirituelle des fidèles.



Le risque était effectivement que les fidèles recherchent les raisons profondes de leur attachement à la position ecclésiologique de la FSSPX. C'est ce qu'a fait l'abbé Hervé Mercury qui a été tout à fait conséquent avec sa thèse (brillante) sur la suppléance. Accepter, en toute bonne foi et connaissance de cause, qu'un sacrement soit conféré en toute illicéité, exige que des causes graves et sérieuses puissent être invoquées. C'est le cas lorsque, par abus de pouvoir, les autorités canoniques refusent la forme traditionnelle des sacrements. Là en l'occurrence, ce n'était pas le cas.


4. Et concernant la remise en cause de la suppléance assurée par la FSSPX ?
Accepter Mgr Bonfils simplement parce qu’il utilise le rite traditionnel reviendrait à nier le principe de suppléance que la FSSPX revendique dans la crise actuelle de l’Église. La fidélité à la Tradition ne peut se réduire à une forme liturgique : la bonne doctrine est indispensable. La Fraternité maintient qu’en l’absence de clergé sûr dans la foi, elle conserve le droit et le devoir de suppléer dans l’administration des sacrements.



Le principe de suppléance s'applique de manière subsidiaire, uniquement quand la licéité des sacrements est en jeu. La suppléance ne peut être invoquée habituellement par la FSSPX que parce que les ordinaires refusent eux aussi, habituellement, de conférer les sacrements dans leur forme traditionnelle, et de prêcher une doctrine pure de toute ambiguité ou erreur. La suppléance permet justement de rendre licite le sacrement dont certaines conditions font défaut. Lorsque l'ordinaire du lieu décide de tenir son rôle d'évêque, les conditions de la suppléance ne sont plus réunies pour s'opposer à lui.
images/icones/abbe1.gif  ( 989693 )Merci par abbé F.H. (2025-07-04 12:59:45) 
[en réponse à 989692]

Bonnes réponses,

Mgr Fellay, même en tant que supérieur de la FSSPX, n'avait aucune autorité en la matière... Depuis quand les sociétés de vie apostolique, quelle qu'elles soient, ont-elles dans un diocèse une juridiction supérieure à un évêque diocésain?

La suppléance de la FSSPX, portée à l'extrême par certains fidèles et prêtres, devient une vaste fumisterie dont on nous rabat les oreilles depuis 1988.

Quand un évêque diocésain fait son boulot, cette suppléance n'existe plus. Ou alors autant avouer simplement qu'on est schismatique.




images/icones/carnet.gif  ( 989694 )À la FSSPX, pas de compromissions par JFB33 (2025-07-04 13:17:05) 
[en réponse à 989693]

La FSSPX se fonde sur une théologie canonique traditionnelle : le sacre confère un pouvoir d’ordre irrévocable, qui fonde la validité sacramentelle, tandis que la juridiction, source de gouvernement, dépend du pape et peut être refusée ou suspendue dans des situations considérées comme graves crises doctrinales. Cela justifie, dans leur optique, l’obéissance à leurs évêques sacrés tout en rejetant l’autorité des évêques locaux qu’ils jugent compromis.

images/icones/fleche2.gif  ( 989696 )Compromissions théologiques par Chabert (2025-07-04 13:43:14) 
[en réponse à 989694]

Pas de compromissions... sauf en bonne théologie.
En tout cas dans la tendance contemporaine de la FSSPX. Ce que vous dites au sujet de la juridiction n'est pas correct en bonne théologie traditionnelle. Le pouvoir de juridiction est conféré par la mission canonique. Or, certains sacrements réclament, pour qu'ils soient licites, donc qu'ils portent du fruit, que le ministre ait cette juridiction.

C'était la position, très solide, de Monseigneur Lefebvre lui-même. Je vous renvoie à sa lettre du 27 avril 1987 sur le sacre et la juridiction :

"C'est pourquoi il me semble que nous devons surtout nous rendre là où l'on nous appelle et ne pas donner l'impression que nous avons une juridiction universelle, ni une juridiction sur un pays ou sur une région. Ce serait baser notre apostolat sur une base fausse et illusoire.
C'est pourquoi également, si d'autres prêtres subviennent normalement aux besoins des fidèles, nous n'avons pas à nous immiscer dans leur apostolat mais nous réjouir que d'autres prêtres catholiques se lèvent pour sauver les âmes."

L'affirmation dans la FSSPX depuis 2005, qu'elle dispose d'une juridiction ordinaire, est une parfaite nouveauté, infondée en théologie traditionnelle, et qui court des risques d'un point de vue ecclésiologique.

Je ne nie pas que l'état de nécessité soit persistent et justifie parfois le recours aux sacrements conférés dans la FSSPX, mais il faut se méfier des glissements théologiques difficilement justifiables.
images/icones/1i.gif  ( 989697 )Ai-je manqué un épisode ? par Rémi (2025-07-04 14:05:28) 
[en réponse à 989696]

Il y a une "affirmation dans la FSSPX depuis 2005, qu'elle dispose d'une juridiction ordinaire " ??!
images/icones/bravo.gif  ( 989701 )Exactement par Peregrinus (2025-07-04 15:51:18) 
[en réponse à 989696]

Merci pour votre message auquel je souscris totalement si l'on excepte la fin : je ne pense pas que qui que ce soit dans la FSSPX depuis 2005 affirme franchement que la Fraternité possède une juridiction ordinaire (sans quoi je prendrais personnellement la fuite), mais plutôt que certains de ses membres et de ses fidèles tendent plus ou moins inconsciemment à faire comme si c'était le cas, ce qui est très manifestement contraire à l'enseignement de Mgr Lefebvre et à la saine théologie.

La lutte pour la doctrine et pour la liturgie est indispensable, mais elle ne peut pas tout justifier.

Peregrinus
images/icones/carnet.gif  ( 989704 )l'oxymore de la juridiction de la FSSPX par Réginald (2025-07-04 16:35:13) 
[en réponse à 989701]

Vous avez raison de rappeler que, depuis 2005 au moins, la FSSPX n’ose plus revendiquer explicitement une juridiction ordinaire. C'est c’est heureux, car une telle prétention serait insoutenable sur le plan ecclésiologique comme canonique.

Mais il est vrai que certains comportements ou raisonnements laissent parfois penser que cette juridiction extraordinaire, invoquée ad casum dans des circonstances bien précises, tend à devenir, de façon oxymorique, une sorte de juridiction ordinairement exercée...

Le cas des mariages en est un exemple parlant : certains prêtres cherchent à entrer en contact avec l’ordinaire du lieu, conformément aux dispositions romaines, tandis que d’autres continuent d’agir comme si leur juridiction était pleinement autonome.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 989625 )C'est reculer pour mieux sauter par Ptitlu (2025-07-03 10:56:23) 
[en réponse à 989607]

Dès qu'il aura le double de paroissiens - ce qui peut prendre du temps, en Corse la messe traditionnelle a la réputation d'être un repaire de pinzutu (sic), les jalousies reprendront.

"un endroit où il sera tranquille et en paix, il pourra célébrer avec sa communauté, et c’était le but que nous recherchions tous les deux".

Ça semble plutôt être une solution bancale pour que le cardinal Bustillo puisse partir tranquille...
images/icones/hein.gif  ( 989633 )Pouvez-vous préciser par Roger (2025-07-03 12:17:08) 
[en réponse à 989625]

Que s'est il vraiment passé à Bastia ?
images/icones/1e.gif  ( 989643 )Ptilu ne précise jamais, par NLC (2025-07-03 15:33:54) 
[en réponse à 989633]

il se contente d'insinuer !

Avec un air entendu, que seul les initiés (!) peuvent comprendre.
images/icones/croix.gif  ( 989621 )A Crucetta par Semetipsum (2025-07-03 09:36:09) 
[en réponse à 989606]

Voici le dernier bulletin A Crucetta pour ce qui est de la partie "ex-ED".

2 lieux de culte reconnus par l'évêque d'Ajaccio
L'abbé Mercury avait été exclu de la FSSPX suite aux confirmations effectuées par l'évêque d'Ajaccio à l'époque.Il était seul sur la Corse et desservait Ajaccio (Corse du Sud) et l'Ile Rousse en Balagne (Hte Corse)

L'abbé Sébastien Dufour de la FSSP est venu en renfort et dessert desormais le nord de l'Ile : Bastia et San Antonino en Balagne.

images/icones/bravo.gif  ( 989631 )une réponse plutôt positive et encourageante du Cardinal corse par Luc Perrin (2025-07-03 12:06:27) 
[en réponse à 989605]

à replacer dans le contexte pénible de la "charlottisation" lancée par Mgr Martin et des pressions que l'on connaît de Son Éminence le cardinal Roche pour une éradication plus rapide conforme à T.C. le motu proprio du mensonge et de l'excès.

Les propos de Son Ém. d'Ajaccio ne sont pas à enfermer dans le maquis corse et ne sont pas à mon humble avis corso-corses. Il fait clairement écho au cardinal Goh qui a parlé assez vite après l'élection de Léon XIV - c'est presque du copié-collé - ainsi qu'à ceux de Mgr Cordileone.

Cette position, je note la prudence puisqu'il ne dit pas ouvertement qu'il soutient une révision de T.C. bien que ce soit implicite, est bien plus accueillante que celle adoptée par l'archevêque de Tours il y a peu.

Clairement le débat fait son chemin et, en tenant compte des étés romains où il se passe peu de chose en général - S.P. est arrivé nonobstant un 7 juillet (2007) -, le Pape aura sans doute ce dossier à Castel Gandolfo où il se rendra pour un repos méditatif.
images/icones/carnet.gif  ( 989634 )Autant que je sache par Roger (2025-07-03 12:23:46) 
[en réponse à 989631]

Cela correspond à l'idée qu'on entend souvent : TC aurait été revendiqué par certains évêques américains et français exaspérés par les progrès d'une forme liturgique associée à tort ou à raison à la droite trumpiste ou RN .

Elle n'aurait pas forcément été un cri du cœur de François dont l'idée maîtresse aurait été le pluralisme (voire le désordre) liturgique et ecclésial .

Mgr Bustillo serait donc un héritier légitime de François.

Son attention aux formes (y compris vestimentaires) le rapproche de Léon . Ils ne veulent pas choquer les fidèles.

Quant au fond?
images/icones/fleche2.gif  ( 989636 )je ne pense pas non : le Cardinal rejoint le cardinal Goh et d'autres par Luc Perrin (2025-07-03 13:01:45) 
[en réponse à 989634]

Mgr Bustillo est dit "bergoglien" mais en la matière il ne consonne pas du tout avec la lettre de François si fielleuse qui a accompagné le motu proprio du mensonge, de l'excès et de la guerre liturgique rallumée.

Il suffit de comparer la lettre Roche du 8 avril 2025 à la C.E.F. et ce que dit le Cardinal de Corse. Ce sont deux visions aux antipodes.

Le cardinal Bustillo souligne la légitimité de la diversité des rits, ce qui est conforme à S.C. de Vatican II et il cite des rits latins :"Quand on voit les rites mozarabes, ambrosiens, orientaux… etc. là n’est pas le problème".
Loin de reprendre les "anathèmes" - pour reprendre la formule de Réginald - du clan bugniniste ou le mépris affiché par tel ou tel évêque, il insiste sur la cure d'âmes dans un esprit de communion avec l'évêque du lieu et de Rome.

Cette position est à l'opposé exact de T.C. et du cardinal Roche :

" je connais et je respecte beaucoup de fidèles qui en sont proches et qui préfèrent ce rite. Je respecte ces choix. Quand on est pasteur on doit penser au bien de tous. Donc si une personne aime ce rite je suis pour qu’elle le continue. Je ne suis pas pour dire : tout le monde doit faire pareil ! "

Or précisément, c'est le coeur de T.C. "tout le monde doit faire pareil" dans l'Église latine.

On ne saurait minimiser la position du Cardinal de Corse qui tranche heureusement avec ce qui a été l'orientation néo-liturgique uniformisatrice depuis 2013 : R. de Mattei avait bien vu que l'assaut si brutal, si cruel contre les Franciscains de l'Immaculée portait en germe ce que T.C. généralise.

L'insistance sur la communion dans l'acceptation de la diversité des rits légitimes me paraît aller dans le sens de l'orientation de Jean Paul II et Benoît XVI : redonner une place canonique sans vexation aux communautés traditionnelles "en communion".
C'est là aussi l'exact opposé de la politique de François qui a facilité en 2014-2016 le maintien d'une large communion, bien qu'imparfaite, avec la FSSPX pour mieux étouffer intégralement les communautés dites "ralliées"/E.D. etc.

La conclusion cardinalice me plaît aussi : je ne suis pas seul à penser la foi non comme un nombrilisme paroissial mais dans un cadre géopolitique mondial. Merci Éminence de cette sage parole :

" Quand on voit la société, quand on voit les guerres Israël / Iran… et nous catholiques, qu’est-ce qu’on fait ?! Si nous catholiques nous sommes divisés, nous sommes idiots, nous sommes peu nombreux, et si l’on se permet le luxe de se diviser, alors vraiment c’est pas terrible".
[pour le coup c'était la pensée de ... Léon XIII papa Pecci]