CHAPITRE XV
(AUTRE SUITE DU PRECEDENT.)
Et la théologie ? Il y a six cents ans que l’Ange de l’école, exposant la doctrine de l’Église, disait, comme son maître, saint Augustin : « Les démons sont attirés par certains genres de pierres, de plantes, de bois, d’animaux, de chants et de rites ; en tant que signes de l’honneur divin dont ils sont très jaloux. Ils se donnent pour les âmes des morts.
Ils apparaissent souvent sous la forme des bêtes qui désignent leurs qualités. Ils disent quelquefois la vérité pour mieux tromper, et descendent à certaines familiarités, afin d’amener les hommes à se familiariser avec eux. » Dans ces quelques lignes, que nous développerons plus tard, n’avons-nous pas l’explication, abrégée sans doute, mais exacte de ce qui se passe sous nos yeux ? Ainsi parle la théologie.
Et l’histoire ? S’agit-il en particulier du bois qui s’anime et qui rend des oracles ? C’est un fait démoniaque, dont l’existence, quarante fois séculaire, a pour témoin l’Orient et l’Occident. Quoi de plus célèbre, dans l’histoire profane, que les chênes dodoniques ?
Et quoi de plus avéré ? Si, comme on voudrait le prétendre, il est faux que jamais des arbres aient rendu des sons articulés, la croyance soutenue, pendant plusieurs milliers d’années, à ce fait attesté par les hommes les plus graves, accompli au milieu des peuples les plus policés, serait plus incroyable que le fait lui-même. D’ailleurs, n’est-il pas mis hors de doute par le livre où tout est vérité ?
Qui n’a pas lu dans l’Écriture les anathèmes lancés contre quiconque dit au bois de s’animer, de se lever, de parler, comme un être vivant ? « Malheur à celui qui dit au bois : Anime-toi et lève-toi. Mon peuple a demandé des oracles à son bois ; et son bâton lui a répondu».
Afin de spécifier de plus en plus la question, s’agit-il des tables tournantes et parlantes ? Elles sont connues dès la plus haute antiquité. Sur ce phénomène démoniaque, qui ne peut étonner que l’ignorance, nous avons entre autres le témoignage péremptoire de Tertullien.
Dans son immortel Apologétique, c’est-à-dire dans un écrit où il ne pouvait rien avancer de contestable, sans compromettre la grande cause des chrétiens, ce Père, né au sein du paganisme et profondément instruit de ses pratiques, nomme en toutes lettres les tables que les démons font parler.
Ce qu’il y a de plus remarquable, il en parle non comme d’un fait extraordinaire et obscur, mais comme d’une chose habituelle et connue de tout le monde. Sans hésiter, il désigne par leur nom les agents spirituels du phénomène, certain de devenir la risée de l’empire, si, à l’instar de nos prétendus savants, il avait voulu l’expliquer par des fluides.
Le témoignage du grand apologiste est trop précieux pour n’être pas cité en entier. « Nous disons qu’il y a des substances purement spirituelles, et leur nom n’est pas nouveau. Les philosophes connaissent les démons : témoin Socrate lui-même qui attendait l’ordre de son démon, pour parler et pour agir. Pourquoi pas ? Puisqu’il avait, l’histoire le rapporte, un démon attaché à sa personne, dès son enfance.
Quant aux poètes, tous savent parfaitement que les démons dissuadent du bien. En effet, leur travail est de détruire l’homme : Operatio eorum est hominis eversio. C’est par la perte de l’homme, qu’ils ont inauguré leur malice. Au corps, ils envoient des maladies et de cruels accidents ; à l’âme, des mouvements violents, subits et extraordinaires.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde