Le Forum Catholique
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( 989306 )
Communiqué de l'Athénée pontifical St-Anselme par Réginald (2025-06-26 17:48:21)
Dans un communiqué, l’Athénée Saint-Anselme prend ses distances, sans le nommer explicitement, avec Andrea Grillo, figure influente des réformes liturgiques du pontificat du pape François et inspirateur de Traditionis Custodes. Celui-ci vient de critiquer la procession de la Fête-Dieu présidée par Léon XIV, ainsi que la dévotion eucharistique du bienheureux Carlo Acutis, dont la canonisation est prévue pour le 7 septembre.
Communiqué de Saint-Anselme

( 989307 )
Grillo est un clown par Adso (2025-06-26 17:52:37)
[en réponse à 989306]
comme son homonyme Beppe

( 989386 )
Pas trouvé de référence sur la Fête-Dieu par Nemo (2025-06-27 18:27:41)
[en réponse à 989306]
J’ai beau chercher, je ne trouve pas les attaques de M. Grillo concernant la Fête-Dieu du Pape Léon.

( 989387 )
moi non plus par Réginald (2025-06-27 18:31:42)
[en réponse à 989386]
mais l'info m'a été donnée par un contact romain.

( 989389 )
j'ai trouvé par Réginald (2025-06-27 18:45:29)
[en réponse à 989386]
Sue le blog
Messainlatino
De facto, si l'on consulte le blog de Grillo, il estime que la procession eucharistique constitue un "doppione" (
doublon) inutile et incohérent par rapport à la nature même de la célébration eucharistique et à son évolution théologique. Dans ce texte, même si Léon XIV n'est pas mentionné, on comprend bien qu'il évoque la procession qui s'est déroulée la veille.

( 989447 )
Je crois avoir vaguement saisi… par Signo (2025-06-29 17:01:44)
[en réponse à 989389]
… la réflexion de Grillo.
Si j’ai bien compris et pour résumer très grossièrement, puisque nous venons de communier à la messe, il est contradictoire d’adorer le Saint Sacrement et de processioner avec lui dans les rues de la ville.
Il affirme que cette pratique de la procession après la messe vient de l’ancienne règle du jeûne eucharistique et de la dissociation de la messe et de la communion qui prévalait il y a un siècle. On adorait le Saint Sacrement pour compenser l’absence de communion.
Sauf que, il me semble qu’autrefois, la procession dans les rues se terminant par le Salut à l’église avait lieu non pas juste après la messe comme aujourd’hui, mais en fin d’après-midi juste après vêpres? Sauf erreur de ma part c’est en raison de la désaffection (récente) de l’office des vêpres que la procession a été déplacée juste après la messe, pour qu’un maximum de fidèles puissent y participer.
Il serait d’ailleurs intéressant d’avoir l’histoire de cette procession et de son usage depuis l’apparition de la fête au XIIIe siècle jusqu’à nos jours.

( 989448 )
tôt le matin par Réginald (2025-06-29 17:25:44)
[en réponse à 989447]
L'article suivant comporte le récit du déroulement
La Fête-Dieu à Colmar à la fin du Moyen Âge
Voici ce que contient le manuscrit Franciscus ab Apponex (ou Franz von Apponex), qui devient prévôt de la collégiale Saint-Martin en 1551 qui écrit avec précision le déroulé. Extrait du début :
«La veille, on dit Matines à 6 heures, puis le Salve. Le matin à 4 heures 30, on sonne la messe de Notre-Dame ; suivent la messe de l’aurore et la messe de fête. Entre-temps, on sonne ad horas, qui doivent débuter de suite après 6 heures, afin d’être achevées à 7 heures. Ensuite, la procession quitte l’église avec le Saint-Sacrement. Ce jour-là, on porte des ornements de soie verte et les manteaux pour la procession. On met les chapes en poil de chameau.»
On notera les ornements verts. Au XIIIᵉ–XVe siècle, le code des couleurs liturgiques n’était pas encore universel ni strictement fixé. Cela n’est pas un abus mais un témoignage d’une liturgie encore vivante et plurielle, avant l’uniformisation post-tridentine.

( 989450 )
C'est bien plus grave chez Grillo par Meneau (2025-06-29 17:53:52)
[en réponse à 989447]
Pour lui, la doctrine catholique concernant le miracle Eucharistique a changé avec le nouveau missel :
Per finire, il testo di Roberto Coggi, mette la ciliegina sulla torta. Proprio all’inizio della sua Introduzione egli scrive:
“Conosciamo la dottrina cattolica riguardo alla presenza reale. Con le parole della consacrazione: «Questo è il mio Corpo», «Questo è il mio Sangue», la sostanza del pane diventa il Corpo di Cristo, e la sostanza del vino il suo Sangue.”
Forse qualcuno avrebbe dovuto aggiornare il padre domenicano sul fatto che la riforma del Messale del 1970 ha cambiato quella che lui è convinto sia “dottrina cattolica”, ma è sola la sua fantasia. Le parole della “formula” non sono soltanto quelle che lui cita, ma ne comprendono molte altre: “Prendetene e mangiatene tutti: questo è il mio corpo offerto in sacrificio per voi”, e poi “Prendete e bevetene tutti, questo è il calice del mio sangue, per la nuova ed eterna alleanza, versato per voi e per tutti, per il perdono dei peccati. Fate questo in memoria di me”. Non è affatto sorprendente che una cultura dei miracoli eucaristici, che dimentica l’unico “miracolo”, sia legata ad una lettura minimale, secca e superata tanto della consacrazione quanto della celebrazione eucaristica. E’ utile che, subito dopo, P. Coggi ripeta correttamente la teoria di Tommaso d’Aquino sui miracoli eucaristici. Ma, appunto, quella teoria elimina ogni possibilità di “miracolo”: il corpo e il sangue sono solo “apparenze” del pane e del vino.
SOURCE
Partant de là, effectivement, une procession pour honorer et adorer Dieu présent sous les espèces eucharistiques n'a pas de sens et même est contre-indiqué car cela a lieu en-dehors de la consommation de l'Eucharistie.
Cordialement
Meneau

( 989451 )
oui par Réginald (2025-06-29 18:07:22)
[en réponse à 989450]
Oui. Grillo est épouvantable : il plaide dans ses articles pour une décentration de l’explication eucharistique unique vers une vision intégrale : la consécration, la Parole, la prière et la communion ecclésiale doivent être également reconnues comme lieux de la présence du Seigneur. Pour lui, la transsubstantiation a une origine historique très précise et une portée théologique limitée.

( 989453 )
Il n’a pas entièrement tort par Signo (2025-06-29 19:47:04)
[en réponse à 989451]
Comme la plupart des hétérodoxes.
Il est certain que l’époque patristique avait une compréhension « holiste », plus complète et plus riche de la Présence divine dans la liturgie. Le Christ en tant que Verbe est également réellement présent lors du chant de l’Evangile à la messe ou à l’office, et cela se voit dans la messe solennelle de la liturgie traditionnelle : l’utilisation d’une mélopée sacrée pour le chant de la péricope, la présence des céroféraires avec les cierges allumés, les multiples gestes de vénération (baiser de l’évangéliaire, encensement, etc), tout cela montre bien que l’idée d’une Présence réelle du Christ dans la proclamation de la Parole est une idée parfaitement traditionnelle.
Hélas, à partir je suppose de la fin du Moyen-Age et avec le développement du concept de messe basse, cette compréhension théologique s’est appauvrie, occasionnant un appauvrissement du rituel: j’ai souvent été frappé, en assistant à une messe basse, à quel point la lecture de l’épître et de l’Evangile par le prêtre, effectués presque à la va vite, sans chant, à l’autel, donnait l’impression que les lectures étaient « noyées » dans l’ensemble des oraisons de la messe dites par le prêtre au point de ne plus s’en distinguer clairement. On a eu alors effectivement tendance à réduire la Présence du Christ au seul sacrement eucharistique.
Cependant, Présence réelle dans l’Evangile et Présence réelle dans l’Eucharistie ne sauraient être mis sur le même plan: dans le premier cas, la Présence, quoique réelle, est spirituelle; dans le second cas, elle est totale, à la fois corporelle et spirituelle, et la première a essentiellement pour fonction de préparer l’union des fidèles avec la seconde.
De même, on peut admettre que les développements médiévaux de la piété eucharistique (apparition de l’élévation, puis de la fête de Corpus Christi et les processions dévotionnelles qui en découlent) s’éloignent quelque peu de la perspective plus ancienne valorisant surtout l’acte liturgique dans son dynamisme culminant avec la communion des fidèles plus que la Présence permanente elle-même. On peut ainsi admettre que poussée trop loin, cette piété risque de modifier notre rapport au sacrement dans le sens d’une « chosification » statique éloignée de sa finalité réelle, tendant à la fois vers l’union mystique et l’unité ecclésiale. Mais déduire de ces raisonnements, en soi admissibles et meme pertinents, qu’il faille supprimer les processions eucharistiques et effacer ces développements, c’est tomber dans l’idéologie, et l’idéologie (dont la caractéristique principale est d’absolutiser des vérités au détriment d’autres vérités et de mépriser les réalités pastorales au nom de la théorie) mène généralement à l’hérésie. La réalité est que les développements médiévaux doivent être acceptés et intégrés à la grande Tradition théologique et liturgique, et c’est cette intégration qui permettra d’éviter les risques identifiés.

( 989455 )
oui par Réginald (2025-06-29 20:35:15)
[en réponse à 989453]
Vous rejoignez, par de nombreux aspects, ma propre position liturgique, que l’on pourrait qualifier de « réformisme traditionnel » ou de « conservatisme lucide » : une position fidèle à la théologie sacramentelle classique, enracinée dans l’enseignement du Concile de Trente, mais aussi ouverte à la richesse patristique. Elle critique les dérives modernistes sans pour autant céder à une nostalgie idéologique ou à une crispation rubriciste que l'on trouve parfois sur ce forum.
Le problème fondamental d’Andrea Grillo réside dans son adoption explicite d’une approche phénoménologique de la liturgie. Celle-ci consiste à analyser les rites non à partir de leur contenu ontologique ou doctrinal objectif (comme présence substantielle du Christ), mais à partir de l’expérience qu’en fait le sujet croyant : gestes, rythmes, paroles, communauté, ambiance, etc. La liturgie devient alors un langage symbolique vécu, une forme de conscience partagée, voire une praxis ecclésiale plus qu’un acte de culte objectif.
Or, le risque majeur d’une telle approche, parce qu’elle n’est pas régulée par une théologie orthodoxe du sacrement, est de déraciner l’Eucharistie de son fondement ontologique : à savoir, la Présence réelle, substantielle et permanente du Christ sous les espèces consacrées, telle que définie solennellement par le concile de Trente et défendue avec force par Paul VI dans Mysterium Fidei. Chez Grillo, tout tend à reposer in fine sur l’expérience vécue, ce qui le conduit à relativiser ce qui, dans la foi catholique, relève d’un mystère objectivement opéré par Dieu et non simplement reçu dans la conscience des participants. D'où sa haine de la messe traditionnelle.

( 989452 )
Signataire du communiqué par Joseph Dastros (2025-06-29 18:27:35)
[en réponse à 989306]
Amusant, le signataire du communiqué est le nouveau doyen nommé le 26 juin dernier. Il vient de l'abbaye de Schott a Vienne en Autriche, qui n'a pourtant pas l'air d'être très réglo sur la liturgie (absence de cierges et de croix sur l'autel sur les photos de leur site internet).