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( 989232 )
“Actuosa participatio” selon St John Newman par Candidus (2025-06-24 12:21:13)
Dans le vingtième chapitre de Loss and Gain, saint John Henry Newman donne une description détaillée de la manière dont les catholiques assistaient à la messe à son époque :
« Chacun à sa place, avec son propre cœur, ses propres besoins, ses propres pensées, sa propre intention, ses propres prières, séparés mais en harmonie, observant ce qui se passe, suivant le déroulement, s’unissant dans l’accomplissement final ; — non pas en suivant péniblement et sans espoir une forme de prière rigide du début à la fin, mais, comme un concert d’instruments de musique, chacun différent, mais s’accordant dans une douce harmonie, nous nous unissons au prêtre de Dieu. »
Pie XII, quelques décennies plus tard, justifiera dans Mediator Dei cette diversité des formes de participation en déclarant : “Le tempérament, le caractère et l’esprit des hommes sont si variés et si différents que tous ne peuvent pas être dirigés et conduits de la même manière par des prières, des cantiques et des actes communs. En outre, les besoins des âmes et leurs goûts ne sont pas les mêmes chez tous, et ne demeurent pas toujours les mêmes en chacun. Qui osera donc dire sur la foi d’un tel préjugé, que tant de chrétiens ne peuvent participer au sacrifice eucharistique et jouir de ses bienfaits ? Mais ces gens-là peuvent assurément grâce à une méthode, qui se trouve être pour certains plus facile, comme par exemple, de méditer pieusement les mystères de Jésus-Christ, d’accomplir d’autres exercices de piété et de faire d’autres prières qui, bien qu’elles diffèrent des rites sacrés par la forme, s’accordent cependant avec eux par leur nature.”
C'est tout ce que les réformateurs n'ont pas voulu comprendre. Ils ont fabriqué une liturgie parfaitement logique et rationnelle, débarrassée des scories du développement organique, et ils ont voulu imposer à tous une chorégraphie, une forme élitiste de participation, l'"activa participatio" : on voit le résultat.

( 989235 )
actuosa an activa ? par Lycobates (2025-06-24 15:59:39)
[en réponse à 989232]
C'est tout ce que les réformateurs n'ont pas voulu comprendre. Ils ont fabriqué une liturgie parfaitement logique et rationnelle, débarrassée des scories du développement organique, et ils ont voulu imposer à tous une chorégraphie, une forme élitiste de participation, l'"activa participatio" : on voit le résultat.
Faites-vous une distinction entre
"actuosa" et
"activa" participatio ?
Dans le langage idéologique du mouvement (anti-)liturgique et le magistère (usurpé) qui l'a suivi et entériné, je ne connais que la trop fameuse
"actuosa" participatio, pour désigner ce que le cardinal Newman (que Dieu l'ait en sa miséricorde) et vous-même, suivant le pape Pie XII (idem) dénoncez à juste titre comme abusif.
Le terme
"activus" certes existe, chez Sénèque et Quitilien il est utilisé comme terme philosophique pour distinguer la philosophie contemplative (
contemplativa) de la pratique (
activa), et le terme est bien entendu aussi connu chez les grammairiens pour une des voix ou diathèses du verbe (actif-passif etc.).
Mais dans ce contexte (de déviance liturgique) je ne l'ai pas rencontré (sauf trou de mémoire) en latin.
En revanche,
actuosus est très classique dans cette acception, p.ex.
De oratore 3, 26, 102 (il s'agit d'une citation, mais que l'Arpinate fait sienne).
Mgr Bacci, innocent bien entendu de toute infection antiliturgique, dans son fameux
Lexicon eorum vocabulorum quae difficilius Latine redduntur (Lexique des mots que l'on traduit plus difficilement en latin), troisième édition de 1955, traduit l'italien "attivo" comme
industrius, navus, adsiduus, impiger, operosus. On ne saurait faire plus classique. Mais on ne s'attendait pas à autre chose.

( 989238 )
Actuosa vs. activa par Candidus (2025-06-24 17:46:07)
[en réponse à 989235]
Je n'ai pas votre connaissance du latin, mais il est notoire que "actuosa" possède une acception plus large, plus riche, que "activa", et c'est ce qui a fait le succès de l'expression "actuosa participatio"; elle permettait aux deux camps en présence d'y projeter sa vision de la liturgie : les conservateurs l'entendaient comme la description d'une forme de plénitude qui n'excluait aucun mode particulier de participation, tandis que les novateurs y voyaient l'occasion d'introduire une vision exclusive de la participation, entendue comme une activité coordonnée.

( 989249 )
Sans être latiniste par Leopardi (2025-06-24 22:30:54)
[en réponse à 989238]
est-ce que "actuosa" ne pourrait avoir le sens d'"être en présence", en analogie avec l'anglais "actually" qui peut signifier "réellement"?

( 989250 )
Je le pense aussi par Candidus (2025-06-24 23:36:31)
[en réponse à 989249]
L'adjectif actuosa est certainement à l'origine de "actuelle", antonyme de "virtuelle", "potentielle". Une "actuosa participatio" serait donc une participation en acte, réelle, et on retrouve l'"actually" anglais.

( 989256 )
il me semble que par Réginald (2025-06-25 08:23:35)
[en réponse à 989250]
Le terme activa insiste sur la participation visible et consciente du fidèle aux rites liturgiques, tandis que actuosa, terme que je préfère car plus riche théologiquement, désigne une participation pleine, intérieure, et spirituellement féconde, en tant qu’union réelle au sacrifice du Christ rendu présent par la liturgie.

( 989239 )
Pie xii et st Thomas par Réginald (2025-06-24 17:59:17)
[en réponse à 989235]
Je me permets simplement de rappeler que le terme actuosa n’est pas un néologisme conciliaire : il figure déjà chez Pie XII, notamment dans Mediator Dei (§78) :
« Qua quidem actuosa singulorum participatione [...] sic etiam salus ex Capite profluens impertitur membris… »
Chez Pie XII, la participatio actuosa désigne une participation intérieure et spirituelle, par laquelle les fidèles s’unissent au Christ, tête du Corps mystique. Le Concile Vatican II reprend cette expression, mais en élargit la portée : il demande une participation non seulement intérieure, mais aussi extérieure, communautaire et expressive, à travers « les acclamations, les réponses, les psaumes, les gestes et les attitudes corporelles » (SC 30).
Cette vision n’est nullement une nouveauté : elle s’enracine profondément dans la théologie classique. Saint Thomas d’Aquin l’expose de manière lumineuse dans la Somme théologique. Il écrit :
« Parce que nous sommes composés de deux natures, d’une nature intellectuelle et d’une nature sensible, nous offrons à Dieu deux sortes d’adoration : l’une spirituelle, qui consiste dans la dévotion intérieure de l’esprit, l’autre corporelle, qui consiste dans l’humiliation extérieure du corps. » (IIa IIae, q. 84, a. 2, ad 2)
Et il applique cette doctrine à la liturgie, en expliquant que :
« Dans l’Eucharistie […] certaines choses sont dites par le chœur, qui représente le peuple, d'autres sont poursuivies par le peuple après avoir été commencées par le prêtre […], d'autres encore sont dites par tous, comme les prières communes. » (IIa IIae, q. 83, a. 4, ad 6)
Il précise même que l’oratio dominica était alors récitée par tout le peuple, comme une véritable prière communautaire avant la communion :
« On prépare d’abord les fidèles à la communion par la prière commune de tout le peuple, qui est l’Oraison dominicale. » (ibid., a. 4, corpus)
Ainsi, ce que le Concile appelle participatio actuosa ne fait que reprendre et développer cette vision harmonieuse du culte : un acte de tout l’homme — et de tout le Corps ecclésial — en réponse au don du Christ.

( 989241 )
Pauvre St Thomas ! par Meneau (2025-06-24 18:59:28)
[en réponse à 989239]
Il doit sûrement se retourner dans sa tombe en voyant ce qu'on a fait de "l'humiliation extérieure du corps" qu'il préconise pour l'
adoration dont il est question en IIa IIae, q. 84
Ensuite, j'aimerais bien savoir d'où vous tirez la traduction de votre deuxième citation, qui d'ailleurs serait plutôt dans IIIa que dans IIa IIae :
Et ideo quaedam dicuntur a choro, quae pertinent ad populum. Quorum quaedam chorus totaliter prosequitur, quae scilicet toti populo inspirantur. Quaedam vero populus prosequitur, sacerdote inchoante, qui personam Dei gerit, in signum quod talia pervenerunt ad populum ex revelatione divina, sicut fides et gloria caelestis. Et ideo sacerdos inchoat symbolum fidei et gloria in excelsis Deo. Quaedam vero dicuntur per ministros, sicut doctrina novi et veteris testamenti, in signum quod per ministros a Deo missos est haec doctrina populis nuntiata. Quaedam vero sacerdos solus prosequitur, quae scilicet ad proprium officium sacerdotis pertinent, ut scilicet dona et preces offerat pro populo, sicut dicitur Heb. V. In his tamen quaedam dicit publice, quae scilicet pertinent et ad sacerdotem et ad populum, sicut sunt orationes communes.
Cordialement
Meneau

( 989242 )
mea culpa par Réginald (2025-06-24 19:28:51)
[en réponse à 989241]
La deuxième citation est bien tirée de la Tertia Pars.
Sur la nécessité des actes extérieurs dans le culte (IIa IIae, q. 81, a. 7)
Si la première citation vous semble insuffisante, je vous invite à vous reporter à IIa IIae, q. 81, a. 7, où saint Thomas enseigne : « La vertu de religion est perfectionnée non seulement par des actes intérieurs, mais encore par des actes extérieurs — non principalement, mais secondairement, dans la mesure où ceux-ci se rapportent aux actes intérieurs. »
Il précise dans le corps de l’article : « Nous rendons à Dieu honneur et respect, non pour lui-même — puisqu’il est en lui-même comblé de gloire — mais à cause de nous, car en le vénérant, notre esprit lui est soumis, et c’est cela qui nous perfectionne. Or l’âme humaine, pour s’unir à Dieu, a besoin d’être conduite par les choses sensibles. [...] C’est pourquoi, dans le culte divin, il est nécessaire d’employer des choses corporelles comme des signes, afin d’exciter l’âme humaine aux actes spirituels qui l’unissent à Dieu. »
L’union harmonieuse du corps et de l’âme dans le culte (I‑II, q. 101, a. 2)
On retrouve la même doctrine dans I‑II, q. 101, a. 2, sur la distinction entre culte intérieur et culte extérieur : « L’homme étant composé d’un corps et d’une âme, il doit employer l’un et l’autre pour honorer Dieu : l’âme par un culte intérieur, le corps par un culte extérieur. »
Et saint Thomas de citer le Psaume 83 : « Mon cœur et ma chair crient vers le Dieu vivant. » Il en conclut que le culte corporel doit être ordonné au culte intérieur, qui consiste en l’union de l’âme à Dieu par l’intelligence et la volonté.
Sur l’utilité spirituelle de la parole (IIa IIae, q. 91, a. 1)
Enfin, cette dynamique trouve un éclairage complémentaire dans IIa IIae, q. 91, a. 1 :
« Dans nos rapports avec Dieu, nous employons la parole, non pour lui manifester nos pensées — puisqu’il est le scrutateur des cœurs —, mais pour nous exciter nous-mêmes et pour exciter ceux qui nous écoutent à le respecter. »
Cette phrase éclaire la valeur spirituelle de la parole liturgique : elle forme l’intention intérieure, tout en suscitant la participation des autres fidèles.
Sur toute cette question voir la thèse de l'abbé Franck Quoëx Les Actes extérieurs du culte dans l’histoire du salut, selon saint Thomas d’Aquin (Rome 2001).

( 989244 )
Oui par Meneau (2025-06-24 20:08:19)
[en réponse à 989242]
Ce que je remets en cause ce n'est pas la participation extérieure en elle-même mais la forme qu'on a voulu lui donner.
St Thomas est aux antipodes d'une participation forcée à tout va. L'attitude extérieure est là pour exciter, étayer l'attitude intérieure, le recueillement, l'adoration, la prière. Le silence y tient d'ailleurs une bonne place. Pour lui il n'est pas nécessaire de réciter le canon à voix haute, au contraire, ni d'insérer des réponses du peuple à tout bout de champ. D'ailleurs, le peuple n'a même pas forcément besoin de chanter, le choeur y pourvoyant en le représentant.
On est bien loin des gesticulations et autres spectacles que subissent bon nombre de paroisses sous prétexte de "participation".
Cordialement
Meneau

( 989245 )
oui par Réginald (2025-06-24 20:20:03)
[en réponse à 989244]
Je vous remercie pour votre message, auquel je souscris pleinement.
Vous avez raison de souligner que l'Aquinate ne prône pas une participation extérieure frénétique, mais bien une participation ordonnée, subordonnée à l’union intérieure de l’âme à Dieu. Pour lui, les signes extérieurs ne sont justifiés que s’ils soutiennent la prière intérieure et excitent la dévotion (IIa IIae, q. 81, a. 7). Le silence, le recueillement, la modestie des attitudes en sont des éléments essentiels.
Saint Jean-Paul II va dans le même sens, dans Ecclesia de Eucharistia :
« Nous ne devons pas cependant nous cacher qu'une certaine incompréhension, précisément sur le sens de cette participation, s'est parfois manifestée. Il convient par conséquent de dire clairement que, par ce mot, on n'entend pas faire référence à une simple attitude extérieure durant la célébration. En réalité, la participation active souhaitée par le Concile doit être comprise en termes plus substantiels, à partir d'une plus grande conscience du mystère qui est célébré et de sa relation avec l'existence quotidienne. » (§52)
Et il ajoute, dans un autre passage trop souvent oublié :
« L’une des conditions personnelles pour une participation fructueuse est assurément l’esprit de constante conversion. […] Le recueillement et le silence, au moins quelques minutes avant le début de la liturgie, le jeûne et, lorsque cela est nécessaire, la confession sacramentelle, favorisent cette disposition intérieure. Un cœur réconcilié avec Dieu permet la vraie participation. »
( §55)
Nous sommes donc très éloignés des gesticulations ou de l’animation à tout prix qui affadit trop souvent le sens du mystère, sous prétexte de rendre la liturgie « vivante ».

( 989277 )
Quelle forme... par Athanasios D. (2025-06-25 14:42:50)
[en réponse à 989244]
... lui a-t-on donné, selon vous? En d'autres termes, comment définissez-vous la participation active? Je pose la question parce que vous évoquez des "gesticulations" et des "spectacles", mais je ne vois pas comment on peut gesticuler et se donner en spectacle en cherchant à favoriser "les acclamations du peuple, les réponses, le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles" (cf. SC 30) prévus par le rituel.
Je ne nie pas que des "gesticulations" et autres "spectacles" puissent se trouver dans certaines célébrations, mais je n'ai pas souvenir que la participation active ait jamais servi de prétexte pour les justifier.
Ath

( 989283 )
[réponse] par Alex (2025-06-25 15:52:09)
[en réponse à 989242]
Actuosa conviendrait donc ici:
De l'abbé Michel Simoulin:
La messe est le calvaire, hostie pure, mysterium fidei.
Alors, assisterons-nous encore longtemps à la Messe ?
La Messe est un drame, la Messe est un combat. Et un soldat n’assiste pas au combat. Il y participe, il s’y donne et il y meurt s’il le faut. N’assistons pas à la messe ! Participons-y. Soyons présents et actifs avec la présence et l’action du Christ.
La Messe doit mobiliser tout notre être, afin de prolonger dans notre vie sa qualité supérieure d’action sanctifiante. La Messe bien entendue, la communion bien faite doivent nous transformer. La Messe doit nous compromettre avec le Christ, avec sa Croix pour vivre comme Lui, pour vivre de Lui, pour mourir autant que Lui et ressusciter avec Lui.
N’assistons pas à la messe. Chacun à notre place, prêtres ou fidèles, participons à ce drame majeur et central de l’histoire des hommes, par lequel s’opère notre salut.
Ne restons pas passifs, la messe n’est pas un spectacle.
Venons-y souvent d’abord. Pas seulement le dimanche mais, en semaine, venons nous associer à la mort et à la vie du Sauveur.
Et laissons-nous saisir et emporter par les textes et les prières, après avoir chassé de notre esprit tous les autres soucis.
Suivons ces prières. Qu’elles deviennent les nôtres jusqu’à identifier aux états intérieurs du Christ s’offrant au Calvaire et qu’elles nous soulèvent jusqu’au Calvaire.
Disposons nos âmes à faire à Dieu la place la plus grande possible, afin de recevoir dans la communion à son Corps et à son Sang la toute-puissance agissante de sa divinité.
Qu’ainsi notre Messe vécue dans l’assimilation au Christ nous fasse anfin désapprouver et fuir tout ce qui menace de profaner la vie et l’action et Dieu en nous : le mensonge, le mal, le péché.
Écoutons les cris et les clameurs du Calvaire et laissons-nous imprégner des silences du Christ, de ses réponses, afin qu’ils créent en nous un besoin. Besoin de nous taire sur nous-même et sur nos appétits trop humains, besoin de l’imiter, afin d’établir entre Lui et nous des lois de ressemblance.
Le Christ nous appelle du haut de la Croix.
Le Christ nous appelle du haut de l’Hostie.
SITIO ! "J’ai soif."
"J’ai soif d’adorateurs et j’ai soif d’imitateurs, qui consentent à me laisser prolonger ma vie en eux, ma passion agissante et ma mort rédemptrice. J’ai soif ! Veux-tu entrer dans mon agonie, dans ma souffrance, et devenir avec moi Rédempteur ?"
Que notre Messe soit une réponse agissante à l’appel du Christ ! Qu’elle nous oblige à vivre en écho du Vendredi Saint, en nous assimilant aux activités saintes du Christ, pour nous mettre à part du monde et du crée dans ce qu’il a d’excessif.
Soyons présents à la Messe, soyons-y actifs dans la présence et l’action du Christ, afin d’en sortir avec une volonté plus réalisatrice. Sur l’autel, comme au Calvaire, le Christ nous appelle. Il nous provoque à l’imiter en adoptant comme lui les états nécessaires au lieu d’en parler. Il nous met en demeure de dépasser nos beaux discours sur la générosité, le sacrifice, le don de soi pour vivre avec Lui, comme Lui et en Lui et en écho du Calvaire dans la générosité, le sacrifice et le don de soi, pour l’honneur et la gloire du Père.

( 989243 )
référence exacte par Réginald (2025-06-24 19:35:51)
[en réponse à 989239]
Dans l’eucharistie, comme nous l’avons dit (Réponse N°3), on touche à des choses qui appartiennent à l’Eglise entière. C’est pourquoi le chœur dit des choses qui appartiennent au peuple. Parmi ces choses il y en a que le chœur chante totalement, ce sont celles qui sont inspirées au peuple entier ; il y en a d’autres que le peuple poursuit, après qu’elles ont été commencées par le prêtre qui tient la place de Dieu, et cela pour marquer que ces choses sont arrivées au peuple par la révélation divine, comme la foi et la gloire céleste. C’est pour cela que le prêtre commence le Credo et le Gloria in excelsis. Il y a des choses qui sont dites par les ministres, comme les enseignements de l’Ancien et du Nouveau Testament, pour montrer que cette doctrine a été enseignée par Dieu aux peuples au moyen de ses ministres. Il y en a d’autres que le prêtre seul dit : ce sont celles qui appartiennent à son office propre, qui consiste en ce qu’il offre les dons et les prières pour le peuple, selon l’expression de saint Paul (Héb., chap. 5). Il y en a qu’il dit publiquement, ce sont celles qui appartiennent au prêtre et au peuple, telles que les prières communes. Mais il y en a qui n’appartiennent qu’au prêtre, comme l’oblation et la consécration, et c’est pour cela que le prêtre dit à voix basse (Les novateurs ayant condamné cet usage, le concile de Trente a ainsi anathématisé leur présomption : Si quis dixerit Ecclesiæ romanæ ritum quo submissâ voce pars canonis et verba consecrationis proferuntur, damnandum esse eò quod fit contra Christi institutionem ; anathema sit (ibid., can. 9).) les paroles qu’il doit prononcer alors. Dans l’un et l’autre cas il excite cependant l’attention du peuple en disant : Dominus vobiscum, et il attend son assentiment qu’on lui donne en disant : Amen. C’est pour ce motif que même avant les choses qui se disent à voix basse il dit : Dominus vobiscum, et qu’il ajoute : Per omnia sæcula sæculorum. — Ou bien il y a des choses que le prêtre dit en secret pour montrer que dans la passion du Christ ses disciples ne le confessaient que d’une manière occulte.
III, 83, 4, ad 6

( 989237 )
Vous l'aviez déjà indiqué par Jean-Paul PARFU (2025-06-24 16:54:42)
[en réponse à 989232]
"La traduction correcte d'"actuosa participatio" n'est pas "participation active", mais "participation réelle, pleine, entière".

( 989246 )
au final par jejomau (2025-06-24 20:25:17)
[en réponse à 989232]
L'“Actuosa participatio” ne consiste-t'elle pas dans la recherche d'une union intérieure avec le Dieu Trine et Un ?
En posant cet acte personnel au sein du culte public effectué à cet instant précis n'a-t'on pas là le fond de l'affaire entre ceux qui défendent le rite latin sous sa forme extra et ceux qui défendent le rite NOM ? En ce sens que certains sont plus sensibles et plus portés à rejoindre aisément Dieu sous une forme plutôt que sous une autre ?
Une simple question que je me pose

( 989247 )
A ce propos par AVV-VVK (2025-06-24 21:03:35)
[en réponse à 989246]
Meilleure expression du sens spirituel de la messe
Et, finalement, si on y regarde bien, on verra que la messe a fondamentalement gardé sa ligne traditionnelle, non seulement dans son sens théologique, mais aussi dans son sens spirituel. Si le rite se déroule comme il se doit, ce sens spirituel sera même plus richement exprimé, en raison de la plus grande simplicité de la cérémonie, de la variété et de l'abondance des textes de la Sainte Ecriture, de l'action combinée des différents ministres, des silences qui, ici et là, soulignent le caractère plus profond du rite; et, en raison surtout de deux choses indispensables qu'il requiert: la participation intime de chaque fidèle et l'union des âmes dans la charité communautaire. Ce sont ces deux choses qui doivent faire de la messe, plus que jamais, un élément d'approfondissement spirituel, un foyer tranquille mais exigeant, où l'on apprend à vivre ensemble en chrétiens. Les liens qui nous unissent au Christ et à nos frères s'y resserrent d'une façon plus vivante. Par l'action du ministre de l'Eglise, le Christ victime et prêtre renouvelle et offre son sacrifice rédempteur dans le rite symbolique de la dernière Cène. Sous les apparences du pain et du vin, il nous laisse son Corps et son Sang pour nourrir notre âme et nous fondre dans l'unité de son amour rédempteur et de sa vie immortelle.
Le pape S. Paul VI (26.11.1969)
Source: web.archive.org (sacrosanctum concilium) [Athanase.D]

( 989248 )
j'en doute par Réginald (2025-06-24 21:18:02)
[en réponse à 989247]
Cette citation de Paul VI exprime un jugement a priori et irénique sur la réforme liturgique : elle énonce ce que la messe réformée aurait dû être, si elle avait été célébrée comme il se doit, avec recueillement, silence, participation intérieure, et fidélité au sens profond du rite.
Mais force est de constater que, dans la pratique concrète de nombreuses paroisses, cette vision ne s’est pas réalisée. La simplicité liturgique espérée a souvent dégénéré en banalisation, les silences profonds ont été remplacés par un activisme verbal ou musical, et la participatio actuosa, entendue spirituellement par Paul VI, a été fréquemment réduite à une agitation extérieure de mauvais goût.
Et cela, sans même aborder le texte du Missel lui-même, qui n’est pas exempt de difficultés, notamment par l’affaiblissement objectif des expressions de la présence réelle et du caractère sacrificiel de la messe. Plusieurs prières, gestes et formulations traduisent un changement d’accent théologique qui a malheureusement induite une perte du sens du mystère eucharistique chez les fidèles.

( 989264 )
Ce pauvre Pape par ptk (2025-06-25 12:32:51)
[en réponse à 989247]