Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=989102
images/icones/hein.gif  ( 989102 )Affaire de chiffons (encore) par Leopardi (2025-06-21 08:36:46) 

Ayant connu la Tradition dans les années 80-90, je suis étonné de constater que depuis les années 2000, les servants de Messe ne portent plus de col romain sous leur soutane.

Que l'on ne me parle pas de disponibilité du matériel dans les sacristies, je connais des paroisses où cela s'est porté, c'est donc qu'il y en avait.

Une explication qu'on m'a donnée est que cela était réservé aux clercs. Outre le fait que cette règle serait une nouveauté, c'est faux car j'ai vu des cérémonies à St Pierre avec des enfants de choeur portant le collaro.

Cela m'étonne car même dans les endroits les plus regardants et où on l'a porté dans le passé, on voit maintenant des cérémonies impeccables avec des servants le col baillant de la chemise sous la soutane.

Y a-t-il eu une directive non-écrite depuis cette époque?

Merci de vos commentaires.

Leopardi
images/icones/iphone.jpg  ( 989121 )Jamais vu par Vincent F (2025-06-21 12:40:58) 
[en réponse à 989102]

Ni dans les années 80 ni dans les années 90.

images/icones/abbe2.gif  ( 989124 )J’ai la même interrogation… par Jérusalem (2025-06-21 13:19:12) 
[en réponse à 989121]

…que Léopardi, depuis longtemps.

Quand je servais la Messe (1990-2000´s), nous portions tous un col, et je ne me rappelle pas avoir remarqué qu’il en était autrement ailleurs.

Ce n’est plus le cas nulle part ; on m’a bien avancé que ce serait car il serait un signe de cléricature, mais j’ai du mal avec cette explication, dont personne n’a (au moins jusqu’à présent) été capable de m’en apporter la preuve, ce qui ne m’étonne pas vraiment.

Et c’est esthétiquement pas terrible. Je préfère, à tout prendre, des clercs en aube avec cordon, qui a pourtant lui une symbolique cléricale.

Jérusalem
- nostalgique
images/icones/iphone.jpg  ( 989123 )Tenue des servants par Nemo (2025-06-21 13:17:37) 
[en réponse à 989102]

Un changement en France dans la tenue des servants est apparu dans les années 70.
Avant les années 70 quasiment aucun servant ne portait de col romain pour une raison simple, toutes les soutanes d’enfants de choeur avaient un col fermé ne laissant pas voir de « carte de visite ». La plupart des prêtres portait aussi un col à la française. Ce col se garnissait d’un rabat qui était tombé en désuétude après la guerre.
Les plus grands portaient sur la soutane amict et aube plissée ou pas.
Hélas on ne sert plus guère en aube à Paris. C’est pourtant ça la tradition française.
Donc on ne trouvait pas de cols pour les grands clercs, non parce que c’était interdit, mais parce que c’était inutile.
A suivre…
images/icones/iphone.jpg  ( 989128 )Tradition française ou parisienne par Vincent F (2025-06-21 16:29:02) 
[en réponse à 989123]

Aux dires de mon père, lorsqu’il servait la messe dans les années 40-50 on ne servait pas en aube.
En revanche cérémoniaire, thuriféraire et acolytes étaient en violet pas en noir. Était-ce une pratique courante ?
images/icones/carnet.gif  ( 989130 )Dans les campagnes, fin années 50 et début des années 60 par Sic transit (2025-06-21 17:51:29) 
[en réponse à 989128]

les enfants de choeur étaient en rouge, tout au moins dans le Maine-et-Loire et la Seine alors Inférieure, ce qui me changeait de ce que je voyais habituellement à Paris où ils étaient sans doute en aube mais j'ai bizarrement du mal à m'en souvenir.
images/icones/carnet.gif  ( 989145 )Cela ne répond pas à la question par Leopardi (2025-06-22 00:37:56) 
[en réponse à 989123]

Dans les années 80-90 les servants portaient des cols romains (à commencer par St Eugène).

Plus nulle part à présent dans les paroisses tradis, comme le confirme Jerusalem.

Cela ressemble à une directive non écrite édictée par qui?
images/icones/abbe2.gif  ( 989212 )Jamais vu! par abbé F.H. (2025-06-23 20:40:49) 
[en réponse à 989145]

Depuis 1984 et mes 17 ans, quand j'ai commencé à fréquenter le VOM, je n'ai jamais vu de servant en col, jamais où que ce soit...
images/icones/1d.gif  ( 989223 )C'était une originalité de Saint-Eugène par Nemo (2025-06-24 00:00:08) 
[en réponse à 989212]

Les grands clercs à Notre-Dame en portaient en général : c'était mon cas.
Pour ce qui est des enfants de choeur, en effet ça ne se faisait nulle part. En revanche j'ai des collections de photos où l'on voit des enfants de choeur avec des camails, des gants, des aubes en dentelle, des barettes, les calottes aussi, des souliers rouges ou chaussons. Il y a en plus les endroits où ils portaient une cappa retroussée comme à la cathédrale de Dijon.
Les liturgistes se battaient beaucoup contre ces étranges coutumes en disant qu'on trouvait dans les stalles de certaintes églises des enfant déguisés en petits cardinaux.
images/icones/carnet.gif  ( 989228 )C'est faux par Leopardi (2025-06-24 10:56:59) 
[en réponse à 989223]

Cela n'a jamais été une particularité de St Eugène.

Aux messes de l'abbé Montarien, pour ceux qui les ont connues, les servants étaient en soutane, surplis, col romain.
images/icones/abbe1.gif  ( 989208 )Rabat et prononciation du latin par Candidus (2025-06-23 19:49:35) 
[en réponse à 989123]

Je pense que le rabat est tombé en désuétude plus tôt, un prêtre du diocèse de Nice, ordonné en 1936, m'a raconté que lors de sa première année de séminaire, donc en 1931, les séminaristes avaient peint en noir une feuille de journal afin qu'il représente un rabat et l'avaient enterré dans le parc du séminaire en chantant le Libera Nos Domine. A partir de ce jour, ils cessèrent de porter le rabat. Cet abandon du rabat a plus ou moins coïncidé avec le passage de la prononciation gallicane du latin à la prononciation romaine.

Le même prêtre qui était musicien, m'a aussi raconté qu'un premier essai d'introduction de la prononciation romaine avait eu lieu en 1925, alors qu'il était petit séminariste. Le premier dimanche où les chantres de la cathédrale utilisèrent la prononciation romaine lors des vêpres, l'évêque, Mgr Chapon, connu pour son gallicanisme (il était l'ancien secrétaire de Mgr Dupanloup), a interrompu l'office et a crié de son trône d'une voix tonitruante que lui vivant, cette prononciation ne serait jamais utilisée dans son diocèse.
images/icones/carnet.gif  ( 989231 )Pas de rapport par Leopardi (2025-06-24 12:20:22) 
[en réponse à 989208]

Il est question ici de col romain, accessoire actuellement en usage, pas d'ornements tombés en désuétude.
images/icones/1a.gif  ( 989289 )Monseigneur Loutil, le rabat, la prononciation du latin par Nemo (2025-06-25 20:22:31) 
[en réponse à 989208]

On m'avait dit que Monseigneur Loutil, le fameux Pierre l'Hermitte, s'était un jour présenté devant son archevêque sans rabat, il était un précurseur, je ne sais pas quand. Il avait été ordonné prêtre en 1988.
S'étant attiré des remontrances de son supérieur, il devint par la suite un défenseur du port de cet accesoire.
Il fut le dernier curé de Paris à porter le rabat qu'il porta jusqu'à sa mort en 1988.
Il y avait encore dans les années 50 des prêtres qui prononçaient le latin à la française. Il est bien dommage qu'il n'y ait pas eu plus de Mgr Chapon et qu'on ait abandonné la prononciation gallicane pour adopter un usage étranger et non traditionnel en France. C'est une rupture dommageable avec notre culture.
images/icones/carnet.gif  ( 989290 )rabat et ultramontanisme par Réginald (2025-06-25 20:58:54) 
[en réponse à 989289]

Mgr de Dreux-Brézé (1811–1893), influencé par Dom Guéranger, entreprit une réforme liturgique et vestimentaire radicale, supprimant les usages gallicans au profit des pratiques romaines. Il remplaça le Missel néo-gallican par le Missel romain, imposa les costumes ecclésiastiques romains (chaussures à boucles d’argent, interdiction des soutanes à queue), la prononciation romaine du latin, et des chasubles néo-gothiques en lieu et place des modèles gallicans. Il s’acharna en particulier contre le rabat gallican, qu’il jugeait symbole des résistances à l’uniformisation romaine.
Malgré le triomphe de l’ultramontanisme en France au XIXe siècle, les réformateurs échouèrent à faire disparaître totalement le rabat ecclésiastique. Certains évêques gallicans, comme Mgr Darboy (Paris) et Mgr Dupanloup (Orléans), restèrent fidèles à cet élément vestimentaire traditionnel. Plus surprenant encore, plusieurs évêques ultramontains, tels Mgr Pie (Poitiers) ou Mgr de La Tour d’Auvergne-Lauraguais (Bourges), fervent partisan de l’Infaillibilité pontificale, continuèrent également à le porter.
images/icones/heho.gif  ( 989300 )Mgr Loutil, dates par Sic transit (2025-06-26 07:42:09) 
[en réponse à 989289]

Né en 1863, il a été ordonné en 1888, et est mort en 1959.
images/icones/carnet.gif  ( 989222 )Tenue des servants suite par Nemo (2025-06-23 23:55:07) 
[en réponse à 989123]

Quelques précisions puisque je vois que mon précédent message, qui de toutes façns devait avoir une suite, n'a pas toujours été bien interprété.
On doit faire la différence entre les enfants de choeur et les servants, entre les très jeunes et les plus vieux.

En France les enfants de choeur de la fin du 19e siècle et du début du 20e sont toujours en soutane et généralement avec une cotta et un camail. Les soutanes sont la plupart du temps rouge pendant l'année, violettes pendant le carême et noires pour les requiems dans les paroisses riches.

C'était relativement nouveau. Avant ils portaient l'aube sur la soutane, généralement avec une ceinture de couleur large, et on les appelait enfants d'aube :
Messe à la chapelle expiatoire
Messe du chanoine de La Porte, Notre-Dame de Paris 1710

Si nous en venons aux plus agés, les clercs ou grands clercs qui sont généralement acolytes, thuriféraires, cérémoniaures, ou bien les enfants de la maîtrise, ils sont toujours en aube. Voir la messe télévisée de 1948 à Notre-Dame de Paris :
Messe Notre-Dame de Paris 1948
Et plus ancien les grands clercs de Paris autour du cardinal Verdier en 1934 :
Grands clercs de Paris

On pourrait produire quantité d'images qui prouvent ce que j'ai connu.

A Notre-Dame de Paris, dans les années 60, le chanoine Lesage puis le chanoine Calle voulaient revenir à plus de romanité et abandonner les usage gallicans. C'était aussi le grand moment du bazar liturgique. Les Grands-clercs de Notre-Dame connaissaient une légère scission, il y avait ceux qui servaient les cérémonies du dimanche plus paroissiales et dans l'air du temps, et ceux qui servaient les offices du chapitre (restées en latin, à l'ancien maître autel. On vit alors les premiers paser de l'aube à la coule et les seconds voulurent passer à la soutane et au surplis, ce qui à l'époque faisait assez réactionnaire.

A Saint-Nicolas du Chardonnet, les clercs (pas les enfants) étaient exclusivement en aube suivant la coutume et même le clergé voyait d'un assez mauvais oeil des grands clercs qui auraient bien aimé servir en soutane et surplis. Il a fallu du temps pour que l'on abandonne l'aube.

Personnellement je trouve assez dommage que l'aube ait été abandonnée alors que c'est la seule tradition française (anglaise aussi du reste). Je parle bien entendu de l'aube bien coupée, voire plissée, et portée avec un amict et non cet étrange capuchon qui fait moine.
images/icones/carnet.gif  ( 989148 )Impressions... par Eucher (2025-06-22 09:12:33) 
[en réponse à 989102]

Si mes souvenirs sont bons, la tenue du clerc, c'est la soutane. J'ai vu des photos de prêtres en randonnée avec soutane débraillée pour ainsi dire, ouverte au cou et sans col.

Le col dit romain n'est donc qu'un accessoire; à l'origine il s'agit d'une espèce de sous-col qui garantissait les grosses collerettes en dentelle empesée (fraises et autres) du contact avec la peau du porteur. Les fraises étant interdites au clergé, il ne restait que ce col simple.

Le clergyman à l'origine était un complet veston dont le gilet imitait la soutane--ce n'était plus que l'effet carte de visite qui distinguait le clerc du laïc en complet. Ce col devint le signe distinctif du clerc, et paraissait déplacé sur un servant de messe, fût-il « clerc de paille » en « soutanelle ».

-Eucher