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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 989175 )23/06 Vigile de la Nativité de saint Jean-Baptiste par ami de la Miséricorde (2025-06-22 20:49:11) 



Louis Jean François Lagrenée, Élisabeth, Jean et Zacharie, vers 1805

Vigile de la Nativité de saint Jean-Baptiste

La Nativité de Jean-Baptiste par Saint Augustin

1 Ce récit est long, mais les charmes de la vérité dédommagent de la peine de l’écouter. Nous avons assisté, pendant la lecture du saint Evangile, à l’illustre naissance du bienheureux Jean, le héraut et le précurseur du Christ. Que votre charité considère ici quel grand homme vient de naître.

L’Eglise ne célèbre le jour natal d’aucun prophète, d’aucun patriarche, d’aucun apôtre: elle ne célèbre que deux nativités, celle de Jean et celle du Christ. L’époque même ou chacun d’eux est né figure un grand mystère. Jean était un grand homme, mais après tout un homme. C’était un si grand homme que Dieu seul était au-dessus de lui. « Celui qui nient après moi est plus grand que moi (2) ». C’est Jean lui-même qui a dit : « Celui qui vient après moi est plus grand que moi ». S’il est plus grand que toi, comment lui avons-nous entendu dire, à lui qui est plus grand que toi : « Parmi les enfants des femmes, il qu’en est aucun qui soit plus grand que Jean-Baptiste (3) ? » Si nul d’entre les hommes n’est plus grand que toi, qu’est-ce que Celui que tu dis plus grand ? Tu veux savoir ce qu’il est ? « Au commencement était le Verbe., et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu ».

2. Mais ce Dieu, ce Verbe de Dieu par qui tout a été fait, qui est né avant l’origine du temps et par qui ont été faits les temps mêmes, comment se fait-il qu’il ait dans le temps le jour de sa nativité? Oui, comment ce Verbe qui a créé les temps a-t-il dans le temps son jour natal? Tu veux savoir comment? Ecoute encore l’Evangile : « Le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous (1) ». La naissance du Christ n’est donc pas la naissance du Verbe, mais de sors humanité; ou si c’est la naissance du Verbe, c’est en tant que « le Verbe s’est fait chair ». Le Verbe est né, mais dans la chair et non en lui-même. En lui-même, sans doute, il est né du Père; mais, sous ce rapport, sa naissance ne compte pas dans le temps.

3. Jean est né, le Christ est né aussi; Jean a été annoncé par un ange, le Christ aussi a été annoncé par un Ange. Grand miracle de côté et d’autre ! C’est une femme stérile qui avec le concours d’un vieux mari donne le jour au serviteur., au précurseur; c’est une Vierge qui sans le concours d’aucun homme devient mère du Seigneur; du maître. Jean est un grand homme ; mais le Christ est plus qu’un homme, car il est l’Homme-Dieu. Jean est un grand homme ; mais pour exalter Dieu cet homme devait s’abaisser. Apprends de lui-même combien l’homme devait s’abaisser. « Je ne mérite pas de dénouer la courroie, de sa chaussure », dit-il (2). S’il estimait le mériter, combien il s’humilierait ! Il dit qu’il ne le mérite même pas.. C’est se prosterner complètement, c’est s’abaisser sous la Pierre. Jean était un flambeau (3) ; il craignait de s’éteindre au souffle de l’orgueil.

4. Oui, il fallait que tout homme et par conséquent Jean lui-même, s’humiliât devant le Christ; il fallait aussi que le Christ, que l’Homme-Dieu fût exalté : c’est ce que rappellent le jour natal et le genre de mort de Jésus et de Jean. C’est aujourd’hui qu’est né saint Jean : à partir d’aujourd’hui les jours diminuent. C’est le huit des calendes de Janvier qu’est né le Christ : à partir de ce jour les jours grandissent. Pour mourir, Jean fut décapité, le Christ fut élevé en croix.

Combien aussi de convenance, de vérité, de sainteté, dans la manière dont il fut annoncé à la Vierge Marie ! « Comment cela se fera-t-il? car je ne connais point d’homme ». Marie croyait, mais elle voulait connaître le mode de naissance. Quelle réponse ? « L’Esprit-Saint surviendra en vous; et la vertu du Très-Haut », l’Esprit-Saint lui-même, « la vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre. Aussi ce qui naîtra de saint en vous sera appelé le Fils de Dieu (4) ». — « La vertu n du Très-Haut vous couvrira de son ombre». Vous concevrez, mais sans aucune atteinte de concupiscence. Comment sentir quelque ardeur de passion, quand l’Esprit-Saint couvre de son ombre ? — Mais nos corps étant en proie à de vives chaleurs, assez pour votre charité : bien méditées, ces pensées se multiplieront.

Source : bibliotheque monastique



Fra Angelico, La Cène, 1440, musée Saint Marc, Italie

Avant 1955 : Lundi dans l’Octave de la Fête-Dieu
images/icones/colombe2.png  ( 989176 ) Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde (2025-06-22 20:52:46) 
[en réponse à 989175]



CHAPITRE XV
(AUTRE SUITE DU PRECEDENT.)


Que faisaient les généraux victorieux par toutes ces démonstrations, autrement inexplicables ? Ils accomplissaient leurs vœux ; ils remerciaient de leur complaisance les dieux des nations vaincues ; ils payaient la dette du peuple romain. Celui-ci ne l’ignorait pas. Le fait était si connu, que le poète le plus populaire de l’empire, interprétant la foi commune, remerciait publiquement Jupiter Capitolin, dont la puissance souveraine avait évoqué les dieux des ennemis et donné la victoire à son peuple.

Voilà pour les démons députés aux villes et aux royaumes. La délégation de quelqu’un de ces êtres malfaisants à chaque homme en particulier n’est ni moins certaine ni moins connue des païens. « Les démons, dit Jamblique, ont un chef qui préside à la génération.

A chaque homme il envoie son démon particulier. A peine investi de sa mission, celui-ci découvre à son client et le culte qu’il demande, et son nom et la manière de l’appeler. Tel est l’ordre qui règne parmi les démons». Ainsi, le démon familier de Pythagore, de Numa, de Socrate, de Virgile et de tant d’autres, dont parle l’histoire, n’est pas une exception.

C’est un fait qui n’a d’exceptionnel que l’éclat plus marqué dont il est environné. Par lui-même il révèle l’existence d’un système général, connu du paganisme : comme sur les flancs du Vésuve, la fumarole brûlante annonce avec certitude le voisinage caché du volcan.

L’enseignement de Jamblique est confirmé par un curieux témoignage de Tertullien. «Tous les biens apportés en naissant, dit ce Père, le même démon qui les envia dans l’origine les obscurcit maintenant et les corrompt, soit afin de nous en cacher la cause, ou de nous empêcher d’en faire l’usage convenable.

En effet, quel est l’homme à qui ne soit pas attaché un démon, oiseleur des âmes, en embuscade sur le seuil même de la vie, ou appelé par toutes les superstitions qui accompagnent l’enfantement ? Tous ont l’idolâtrie pour sage-femme : Omnes idololatriâ obstetrice nascuntur.

« C’est elle qui enveloppe le ventre des mères de bandelettes fabriquées chez les idoles, et qui consacre leurs enfants aux démons. C’est elle qui, pendant l’enfantement, fait offrir les gémissements à Lucine et à Diane. C’est elle qui, pendant toute la semaine, fait brûler de l’encens sur l’autel du Génie de l’enfant : Junon pour les filles, Génie pour les garçons.

C’est elle qui, le dernier jour, fait écrire les destins de l’enfant et sous quelle constellation il est né, afin de connaître son avenir. C’est elle qui, dès la déposition de l’enfant sur la terre, fait un sacrifice à la déesse Statina.

« Quel est ensuite le père ou la mère qui ne voue pas aux dieux un cheveu ou toute la jeune chevelure de son fils, qui n’en fait pas un sacrifice pour satisfaire sa dévotion particulière, ou celle de sa famille, ou celle de sa race, ou celle du pays auquel il appartient ?

C’est ainsi qu’un démon s’empara de Socrate encore enfant, et que des Génies, qui est le nom des démons, sont députés à tous les hommes : Sic et omnibus genii deputantur, quod daemonum nomen est ».

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde