Confiteor dei omnipotenti et vobis fratres quia pecavi nimis cogitatione, verbo, opere et omissione.
Mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa !
ideo precor beatam Mariam semper virginemm, omnes angelos et sanctos orare pro me ab Dominum Deum nostrum.
Je confesse à Dieu tout puissant et à vous mes frères que j'ai péché par pensée, par parole , par action et par omission.
Oui j'ai vraiment péché !
C'est pourquoi je supplie la Vierge Marie, les anges et tous les saints de prier pour moi le Seigneur notre Dieu.
Orate fratres ut meum ac vestrum Sacrificium acceptabile fiat apud Deum, Patrem omnipotentem.
- Suscipiat Dominus Sacrificium de manibus tuis, ad laudem et gloriam niminis sui, ad utilitatem quoque nostram, totiusque Ecclésiae sanctae.
Prions mes frères au moment d'offrir le sacrifice de toute l'Église.
- Pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
Le seul reproche que je ferais à cette édition est qu'il y manque le texte latin de la constitution apostolique Missale Romanum, mais seulement sa fausse traduction française officielle qui lui confère une autorité qu'elle n'a jamais eu.
Acta Consilii
INSTRUCTION SUR LA TRADUCTION DES TEXTES LITURGIQUES POUR LA CÉLÉBRATION AVEC LE PEUPLE
Die 25 ianuarii 1969, « Consilium» misit ad Praesides Conferentiarum Episcopalium et Commissionum Liturgicarum Instructionem, quam lingua gallica referimus, cum quibusdam normis circa interpretationes populares textuum liturgicorum pro celebratione cum populo.
1. Comme le prévoit l'article 36 de la Constitution Sacrosanctum Concilium sur la Liturgie, un grand nombre de textes latins de la liturgie romaine peut être traduit dans les différentes langues modernes. Bien qu'une partie importante de ces textes soient déjà traduits, il sera nécessaire d'en traduire encore: de nouveaux textes liturgiques sont publiés ou préparés par la réforme en cours; d'autre part, les traductions déjà faites demandent à être révisées après un certain temps d'expérience.
2. D'après l'article 36 de la Constitution Sacrosanctum Concilium, et le numéro 40 de l'Instruction de la S. Congrégation des Rites, Inter œcumenici, ce qui concerne les traductions liturgiques est réglé de la manière suivante: il revient aux Conférences épiscopales de décider des textes à traduire, de préparer ou de revoir leurs traductions, de les approuver, puis de les promulguer, « en faisant agréer, c'est à dire ratifier ses actes par le Siège Apostolique ».
Lorsque plusieurs pays utilisent la même langue, afin de garder plus d'unité entre eux, on organisera des commissions mixtes pour préparer les traductions en liaison avec les différentes Conférences épiscopales de ce même groupe linguistique (Lettre du Cardinal G. Lercaro aux Présidents des Conférences épiscopales, 16 octobre 1964).
3. Bien que les traductions liturgiques demeurent sous la responsabilité des Conférences épiscopales, il paraît utile qu'une voie commune soit suivie dans la manière de traduire, spécialement pour les textes les plus importants. La ratification par le Siège Apostolique en sera facilitée, et la pratique liturgique de l'Eglise restera ainsi plus cohérente.
4. Pour toutes ces raisons, le « Consilium » a préparé la présente Instruction où sont formulés, — en langage courant plutôt que dans celui des spécialistes, — quelques grands principes auxquels puissent se référer tous ceux qui interviennent dans les traductions liturgiques, aussi bien pour les préparer que pour les examiner, les approuver ou les ratifier. Quelques normes pratiques complètent ensuite cette déclaration.
I. PRINCIPES GÉNÉRAUX
5. Le texte liturgique, en tant que document rituel, est un moyen de communication orale. Il est d'abord un signe sensible par lequel les hommes qui prient communiquent entre eux. Mais pour les croyants qui célèbrent la liturgie, la parole est en même temps mystère: à travers les mots prononcés, c'est le Christ lui-même qui parle à son peuple, et le peuple répond à son Seigneur; c'est l'Eglise qui parle au Seigneur et exprime la voix de l'Esprit qui l'anime.
6. Les traductions ont donc pour but, dans la liturgie, de servir à annoncer aux fidèles la Bonne Nouvelle du salut, puis d'exprimer la prière de l'Eglise au Seigneur: «Les traductions liturgiques sont devenues la voix de l'Eglise» (Discours du Pape Paul VI aux participants du Congrès sur les traductions liturgiques, 10 novembre 1965).
Pour atteindre ce but, il ne suffit pas, lorsqu'on fait une traduction destinée à la liturgie, d'exprimer dans une autre langue le contenu littéral et les idées du texte original. Mais il faut s'efforcer aussi de communiquer fidèlement à un peuple donné et dans son propre langage ce que l'Eglise a voulu communiquer par le texte original à un autre peuple et dans une autre langue. La fidélité d'une traduction ne peut donc être jugée seulement à partir de chaque mot ou de chaque phrase, mais elle doit l'être d'après le contexte exact de la communication liturgique en conformité avec sa nature et ses modes propres.
7. Dans l'acte de la communication liturgique, en effet, il ne suffit pas de considérer ce qui est dit à la lettre dans l'original. Il faut aussi voir qui parle, à qui l'on parle et comment on parle. Ainsi donc, en préparant une traduction, il faut viser à assurer la fidélité du message sous ses multiples aspects, spécialement:
A) Par rapport à ce qui doit être communiqué;
B) Par rapport à ceux auxquels est adressée la communication;
C) Par rapport au mode et à la forme de communication.
A) Par rapport à ce qui doit être communiqué
8. Bien qu'il soit impossible de séparer complètement, dans l'acte de communication orale, ce qui est dit de la manière dont cela est dit, Il est pourtant nécessaire, quand on traduit un message d'une langue dans une autre, de dégager le contenu du message pour lui donner une nouvelle forme, exacte et heureuse.
9.Pour découvrir le vrai sens d'un texte, on appliquera les méthodes scientifiques d'étude textuelle et littéraire élaborées par les spécialistes. Cet aspect de la tâche commune à tout traducteur est désormais connu. Il suffit d'en signaler quelques applications pour les textes liturgiques.
10. a) On fera, s'il y a lieu, la critique textuelle du texte à traduire, pour que la traduction soit celle de la leçon originale ou, du moins, jugée la meilleure.
11. b) La signification des mots latins doit être cherchée en tenant compte de leurs usages historiques et culturels, chrétiens et liturgiques.
Par exemple, le mot « devotio » n'a pas nécessairement le même sens dans l'usage classique ancien, l'usage chrétien du 6ème siècle et celui de la fin du Moyen-Age.
En présence d'une image ou d'une figure de style, on doit se demander si elle est banale ou recherchée, expressive ou abusive.
Par exemple, le mot « refrigerium » n'implique pas toujours quelque chose de glacial; le mot « grex » n'évoque pas nécessairement des brebis.
12. c) On ne doit pas oublier que parfois l'unité sémantique (ce qui permet de saisir le sens) n'est pas le mot, mais la proposition complète. Il faut donc éviter d'obscurcir ou de gauchir le sens effectif du message par des traductions trop analytiques, qui donnent à chaque mot ou certains d'entre eux un relief exagéré.
Par exemple, l'accumulation des mots latins « ratam, rationabilem acceptabilemque » renforce le sens épiclétique de la prière. Mais, dans certaines langues, l'emploi de trois adjectifs peut aboutir à l'effet inverse et diminuer la force « oratoire » de cette invocation.
13. d) Beaucoup de mots ou d'expressions ne peuvent être compris correctement que s'ils sont replacés dans leur contexte historique, social et rituel.
Par exemple, dans les oraisons du Carême, le mot « ieiunium » n'évoque pas seulement la privation de nourriture, mais peut évoquer parfois toute la discipline du Carême, à la fois liturgique et ascétique.
B) Par rapport à ceux auxquels est adressée la communication
14. Une traduction a plus ou moins de valeur suivant l'usage auquel elle est destinée. Etant donné la nature des assemblées liturgiques auxquelles sont destinées les traductions, on tiendra compte des points suiviants:
15. 1) La langue employée sera usuelle, c'est à dire accessible à la majorité des fidèles parlant la même langue et se rassemblant habituellement pour le culte, y compris « les enfants et les gens simples » (PAUL VI, Discours cité). Il ne s'ensuit pas que cette langue doive être vulgaire, car elle doit toujours être « digne des réalités très hautes qu'elle exprimes (ibidem) et irréprochable au plan littéraire. D'autre part, l'emploi d'une langue usuelle ne supprime pas la nécessité d'assurer une catéchèse suffisante pour initier les fidèles au sens propre, biblique et chrétien, de certains mots ou de certaines phrases. On ne peut pourtant pas exiger habituellement des fidèles une culture littéraire spéciale pour que l'ensemble des textes liturgiques leur soit accessible. Il faut noter enfin que si la communication utilise souvent des textes de nature vraiment poétique, cela ne s'oppose nullement à l'emploi d'une langue usuelle.
16. 2) Pour que les auditeurs d'un texte en reçoivent le message dans le sens voulu par la liturgie, il faut encore veiller à certains points:
17. a) Lorsqu'on emploie des termes de la langue usuelle ayant une portée « religieuse », on vérifiera si leur usage correspond vraiment au sens chrétien visé, ou s'il peut s'y ajuster correctement. Ces termes peuvent, en effet, véhiculer un sens pré-chrétien, pseudo-chrétien, post-chrétien ou même anti-chrétien. On jugera donc si le mot ou l'expression est à même d'acquérir un sens chrétien exact, grâce à l'expérience du culte et à la foi de la communauté.
Exemple: En grec biblique, on a souvent évité le mot « hieros » (sacré), trop lié aux cultes païens, et on lui a préféré le mot plus rare « hagios » (saint).
Le sens biblique de « hesed — eleos — misericordia » n'est pas exactement rendu par les termes des langues modernes qui se réfèrent littéralement au latin « misericordia ».
En latin classique, le verbe « mereri » signifie « être digne de quelque chose », Mais la langue liturgique a fait évoluer le sens primitif du verbe. Si l'on n'y prête pas attention, la traduction pourrait être fausse, par exemple dans des phrases comme « quia quem meruisti portare » (antienne
Regina caeli).
18. b) Il arrive souvent qu'on ne trouve dans la langue usuelle aucun mot qui rejoigne exactement le sens biblique ou liturgique du terme à traduire (par exemple, la « justice » biblique), Il faut alors choisir le mot qui sera le plus susceptible, grâce à son usage répété sous divers contextes dans la catéchèse et la prière, d'être chargé du sens biblique et chrétien voulu par la liturgie.
C'est ainsi que les mots « doxa » en grec, ou « gloria » en latin, choisis pour traduire l'hébreu « kabôd », ont acquis un sens biblique qu'ile n'avaient pas à l'origine.
De même peut-il arriver que les langues modernes n'aient pas de termes capables de rendre la pleine signification liturgique d'un mot latin. Ainsi du mot « mysterium »: une traduction moderne serait inexacte, qui ne laisserait entendre, pour les fidèles moins avertis, que quelque chose de caché, sans évoquer la réalité surnaturelle qui est communiquée dans un signe sensible.
19. c) Dans la plupart des langues modernes qui sont devenues aujourd'hui moyen de communication liturgique, il sera nécessaire de façonner progressivement une langue biblique et liturgique adaptée. En général, on obtiendra un meilleur résultat en retenant des mots ordinaires et usuels qui se chargeront de sens chrétien, qu'en recourant à des mots rares et savants.
20. 3) La prière de l'Eglise est toujours celle d'un groupe particulier, rassemblé « hie et nunc ». C'est pourquoi il sera souvent insuffisant, dans la liturgie, d'avoir traduit avec une exactitude purement verbale et matérielle des textes formulés à une autre époque et dans une autre culture. La communauté rassemblée doit pouvoir faire, du texte traduit, sa prière vivante et actuelle, et chacun de ses membres doit pouvoir s'y retrouver et s'y exprimer.
21. C'est pourquoi, en traduisant les textes liturgiques, il est souvent nécessaire de faire de prudentes adaptations. Plusieurs cas doivent être distingués:
22. a) La traduction mot-à-mot du texte est souvent celle qui assure la meilleure communication. Par exemple, quand on traduit dans une langue romane: « Pleni sunt caeli et terra gloria tua ».
23. b) Parfois, au contraire, les images doivent être modifiées pour maintenir la vraie signification. Par exemple, « locus refrigerii » dans les pays nordiques.
24. c) Parfois, c'est la conception même des réalités exprimées qui est difficile à comprendre, soit parce qu'elle choque le sens chrétien actuel (ex. « terrena despicere », ou bien « ut inimicos sanctae Ecclesiae humiliare digneris »), soit parce qu'elle ne touche plus nos contemporains (par exemple, certaines expressions antiariennes), soit parce qu'elle ne se prête pas à la prière actuelle (par exemple, certaines allusions à des formes pénitentielles qui ne sont plus pratiquées). Dans ces cas, il ne suffit pas de supprimer ce qui ne va pas, il faut trouver comment exprimer en langage actuel des réalités évangéliques équivalentes.
Ces adaptations demandent une grande attention: car il ne suffit pas qu'elles répondent à la mentalité contemporaine et au goût esthétique, il faut qu'elle expriment une doctrine sûre et une spiritualité authentiquement chrétienne.
C) Par rapport au mode et à la forme de la communication
25. La manière de dire et de parler est partie intégrante de la communication orale. Lorsqu'on rédige un texte liturgique, la forme « oratoire » — ou, d'une manière improprement dite, mais plus usuelle, la forme « littéraire » — est de la plus grande importance. Plusieurs aspects méritent attention:
26. 1) Le genre littéraire de chaque texte dépend d'abord de la nature de l'acte rituel qui s'exprime en paroles. Une chose est acclamer, et autre chose supplier, proclamer ou méditer, lire au peuple ou chanter ensemble. A chaque action parlée convient sa manière de dire. D'autre part, une prière prendra une forme différente si elle doit être dite par un seul ou en commun, si elle est en prose ou de forme poétique, si elle est récitée ou chantée. Ces données influent non seulement sur la manière de parler, mais aussi sur la rédaction littéraire.
27. 2) Tout texte liturgique est un donné linguistique destiné à la célébration. Lorsqu'il est déjà écrit, comme c'est le cas habituel, il se présente aux traducteurs comme un donné littéraire. Il convient donc, pour chaque texte, de rechercher les éléments significatifs qui définissent son genre littéraire. Par exemple, dans les oraisons romaines, la structure formelle globale, le cursus, l'expression du respect, la concision, etc.
28. Parmi ces éléments, il importe de distinguer ceux qui sont essentiels au genre littéraire et ceux qui sont accessoires. Les premiers sont, autant que possible, à garder dans la traduction, soit tels quels, soit au prix d'équivalences. On peut ainsi respecter la structure générale des oraisons romaines: titulature divine, motivation de la demande, demande, conclusion. D'autres éléments devront être recréés selon le génie de chaque langue (cadence oratoire, harmonie du discours, etc.).
29. Il faut noter que lorsqu'une propriété est essentielle au genre littéraire (par exemple, l'intelligibilité à l’audition pour les prières présidentielles), elle l'emportera sur d'autres moins significatives (par exemple, une fidélité purement verbale).
II. QUELQUES CAS PARTICULIERS
30. Parmi les textes liturgiques, l'Ecriture Sainte a toujours occupé une place privilégiée, parce que Bslise teconnait dans les Livres saints la Parole de Dieu consignée par écrit (cf. Constitution Dei Verbum, n. 9).
Cette Parole de Dieu nous parvient historiquement sous des formes di-verses, c'est à dire dans des genres littéraires particuliers. Or, la révélation qui nous est ainsi communiquée ne peut être complètement détachée de la forme littéraire dans laquelle elle nous est transmise. C'est la raison pour laquelle, dans les traductions de la Bible destinées à la liturgie, les caractéristiques oratoires ou littéraires des divers genres représentés dans l'Ecriture doivent être respectées d'une manière toute spéciale. Cela vaut, en particulier, pour la traduction des psaumes et des cantiques bibliques.
31. Les traductions bibliques doivent, dans la liturgie romaine, « être conformes au texte liturgique latin» (Instruction du 26 septembre 1964, n. 40 a). Elles ne doivent être aucunement une paraphrase du texte biblique, même s'il est difficile à comprendre. Elles ne doivent pas davantage intégrer, avec ou sans parenthèses, des expressions ou des phrases explicatives: tout cela ressort à la catéchèse et à l'homélie.
32. Il ne faut pourtant pas exclure, en certains cas, « des traductions appropriées et exactes faites dans les diverses langues, de préférence à partir des textes originaux des Livres saints. S'il se trouve que, pour raison d'opportunité et avec l'approbation des autorités ecclésiastiques, ces traductions soient le fruit d'une collaboration avec des frères séparés, elles pourront être utilisées par tous les chrétiens» (Constitution Dei Verbum, n. 22). Il est bon que les traductions approuvées pour la liturgie soient aussi proches que possible des meilleures versions bibliques en usage dans la même langue.
33. Certaines formules euchologiques et sacramentelles, — par exemple, les prières consécratoires, les anaphores, les préfaces, les exorcismes, celles qui accompagnent une action, comme l'imposition des mains, les onctions, les signes de croix, etc., — doivent être traduites integre et fideliter, sans variantes, omissions ou insertions. Le texte, en effet, qu'il soit ancien ou de composition récente, a une élaboration théologique et conceptuelle bien précise, étudiée en chacun de ses mots. Si le texte est ancien, certains termes latins présentent des difficultés de vocabulaire ou d'interprétation, à cause de leur usage ou de leur sens très différent du terme correspondant dans les langues modernes: la traduction demandera alors des éclaircissements, et parfois quelques paraphrases, pour bien exprimer le vrai sens original qui est, — le cas n'est pas rare, — intraduisible mot à mot. Pour un texte moderne, cette difficulté sera beaucoup moins grande, puisqu'il utilise une terminologie et un langage plus proches des conceptions de l'homme d'aujourd'hui.
34. Les « orationes » (collecte, prière sur les offrandes, postcommunion, oraison sur le peuple) de l'ancien patrimoine romain, très concises et pleines d'idées, pourront être traduites plus librement: qu'on en conserve les idées, mais en amplifiant modérément, — si besoin est, — la formulation, pour mieux en « actualiser » le contenu à la célébration et aux exigences d'aujourd'hui. Qu'on évite, en tout cas, ce qui est superflu et toute forme ampoulée.
35. Les textes liturgiques dans lesquels l'expression orale revêt une importance spéciale doivent suivre les lois propres à leur mode d'expression et, s'il s'agit de textes écrits, à leur genre littéraire particulier. La chose importe surtout dans les acclamations, où l'action d'acclamer par la voix constitue un élément essentiel. Il serait insuffisant de ne traduire que les notions exprimées, si la forme verbale ne se prêtait pas phonétiquement et rythmiquement à la fonction de ces textes.
36. Les textes destinés, par nature, à être chantés demandent un soin particulier:
a) Que l'on conserve la forme de chant (antienne, antienne intercalée dans le psaume, refrain, etc.) propre à chaque action liturgique et à chacune de ses parties (cf. Instruction Musicam sacram, 5 mars 1967, nn. 6 et 9).
b) Pour les psaumes, tout en maintenant la division en versets, telle qu'elle est donnée dans le texte latin, on peut suivre une division en strophes, si cela convient au chant et à la récitation en commun. Cela vaut surtout si l'on utilise un texte traditionnel, connu des fidèles et peut-être commun aussi à d'autres Eglises.
c) Lorsqu'ils sont utilisés pour un chant, les textes des répons et des antiennes, même lorsqu'ils sont extraits de l'Ecriture sainte, deviennent une partie de la liturgie et entrent dans un nouveau genre littéraire. C'est pourquoi, en les traduisant, on peut leur donner une forme verbale qui, tout en en conservant pleinement le sens, soit adaptée au chant, s'harmonise avec le temps liturgique ou une fête spéciale, et soit facilement comprise des fidèles. Nombreux sont dans les anciens antiphonaires les exemples de ces adaptations qui ont légèrement retouché le texte original,
d) Si le contenu d'une antienne ou d'un psaume doit créer quelque difficulté, la Conférence épiscopale peut autoriser le choix d'un autre texte qui réponde aux mêmes exigences de la célébration liturgique et au sens propre à tel temps liturgique ou à telle fête.
e) En traduisant ces textes, on veillera à ce qu'ils soient utilisables aussi pour une récitation parlée, comme peut l'exiger parfois une forme spéciale de célébration.
37. Les hymnes liturgiques de forme poétique, à moins d'être rédigés dans un vrai genre poétique adapté au chant populaire, perdent leur fonction propre. Or, la plupart du temps, cette exigence chorale empêche d'en taire une traduction exacte. Les hymnes doivent donc le plus souvent faire l'objet d'une nouvelle élaboration, conforme aux lois musicales et chorales de la poésie populaire qui sont propres à chaque langue.
III. LES COMMISSIONS DE TRADUCTION
38. Pour traduire les textes liturgiques, on formera des groupes de travail comprenant des hommes compétents dans les diverses disciplines intéressées, à savoir: biblique, théologique, pastorale, et spécialement linguistique et littéraire, — tant dans la langue à traduire que dans celle où l'on traduit, — et enfin, s'il y a lieu, musicale.
Si plusieurs groupes travaillent sur des secteurs différents de la liturgie, une coordination entre eux s'impose.
39. Avant de promulguer les traductions, on les soumettra, s'il y a lieu, à la vérification de l'expérience dans des communautés diverses et choisies ou dans des régions différentes. La traduction provisoire doit être approuvée par la Commission liturgique de la Conférence épiscopale.
40. Entre les commissions chargées des traductions et l'autorité (comme la Conférence épiscopale) qui doit les approuver, régnera une vraie collaboration, en sorte que:
a) les mêmes experts soient normalement responsables de la traduction, du début à la fin du travail;
b) lorsque l'autorité demande de corriger un projet de texte qui lui est soumis, celui-ci soit renvoyé à la commission qui présentera à nouveau un texte amendé; ou alors qu'elle en charge une nouvelle commission, plus capable et scientifiquement de même compétence.
41. Pour les pays de même langue, une commission mixte devra être chargée de préparer un texte commun. Une telle élaboration présente de nombreux avantages. Elle permet d'abord d'obtenir le concours des experts les plus compétents. Elle fournit ensuite un moyen de communication privilégié entre les peuples de même langue. Elle facilite enfin la participation des fidèles.
Il est cependant légitime de distinguer entre les textes dits par un seul, qu'on écoute, et ceux qui doivent être dits ou chantés par tous. Il est clair que l'uniformité est plus nécessaire dans ces derniers que dans les autres.
42. Lorsqu'on doit préparer un texte commun pour plusieurs pays, ce texte doit en même temps répondre aux exigences et à la mentalité propre de chacune d'elles (cf. Lettre du Cardinal Lercaro, 16 octobre 1964).
C'est pourquoi:
1) Il convient que chaque Conférence épiscopale d'une même langue puisse examiner en temps opportun le projet de traduction ou le premier texte préparé.
2) Pour pourvoir entre temps aux besoins des prêtres et des fidèles, que le Secrétariat coordinateur de la Commission mixte prépare un texte provisoire qui, avec le consentement de l'autorité (cf. n. 39), pourra être publié et permis ad interim dans chaque pays. Il est bon que même ce texte provisoire soit, en tout et partout, identique: ainsi l'expérience sera vraiment fructueuse pour la rédaction du texte définitif.
3) Tous les pays intéressés recevront en même temps le texte définitif. Si une Conférence épiscopale veut y introduire quelques changements pour mieux répondre aux exigences locales, elle proposera ces changements à la Commission mixte qui devra tout d'abord donner son assentiment. Cela est nécessaire pour que la version officielle reste substantiellement une et inaltérée, sous la responsabilité de la Commission mixte.
4) Chaque pays peut publier les textes provisoires comme les textes définitifs approuvés par le Saint-Siège, mais il doit apporter sa quotepart à l'édition: paiement des frais, rétribution des experts et des évêques de la Commission mixte. Chaque Commission nationale se mettra d'accord à ce sujet avec le Secrétariat coordinateur de la Commission mixte.
5) Chaque édition devra indiquer clairement, en première page, l'origine du texte selon son caractère: « Texte provisoire préparé par la Commission mixte... » ou « Texte approuvé par la Commission mixte... et confirmé par le Consilium ad exsequendam Constitutionem de Sacra Liturgia ».
Si des variantes ont été faites au texte de la Commission mixte (cf. supra, paragraphe 3), on ajoutera: «… avec les adaptations autorisées par la Conférence épiscopale de... et par la Commission mixte.. ».
43. Pour une liturgie pleinement rénovée, on ne pourra pas se contenter de textes traduits à partir d'autres langues. De nouvelles créations seront nécessaires. Il reste que la traduction des textes émanant de la tradition de l'Eglise constitue une excellente discipline et une nécessaire école à la rédaction de textes nouveaux, en sorte que « les formules nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique » (Constitution sur la Liturgie, art. 23).