Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 989008 )Disparition de la clergie par Halbie (2025-06-18 22:29:05) 

Je parcourais Barbier de Montault et je me suis fait la réflexion que nos prêtres n'avaient plus la clergie (ni la calotte d'ailleurs). De quand date cette disparition ? Simple désuétude ?
images/icones/hein.gif  ( 989010 )Clergie ??? par Candidus (2025-06-18 23:44:18) 
[en réponse à 989008]

De quoi parlez-vous ? De la tonsure ?
images/icones/carnet.gif  ( 989011 )Oui par Halbie (2025-06-18 23:55:27) 
[en réponse à 989010]

Tout est dans le titre.
images/icones/carnet.gif  ( 989012 )Suppression par Paul VI par Candidus (2025-06-19 03:57:18) 
[en réponse à 989011]

Je pense que la suppression de la tonsure a coïncidé avec celle des ordres mineurs le 15 août 1972, mais cela faisait longtemps que beaucoup de prêtres avait cessé de la porter. Je me souviens d'un prêtre ordonné en 1936 qui ne l'avait portée que le jour de son entrée dans l'état clérical, sous prétexte que cela lui avait donné mal à la tête. Je me demande si Mgr Lefebvre l'a jamais portée ?

J'ai toujours regretté que les prêtres de la Tradition, à part ceux de Campos et les religieux, ne la portent pas. A notre époque de scandales sexuels, le port de la tonsure (à moins de souffrir de calvitie) pourrait constituer un frein qui empêche le prêtre de fréquenter certains lieux.

Je n'ai connu qu'un prêtre diocésain traditionaliste qui l'a portée fidèlement jusqu'à sa mort en 1995. Il m'arrivait de la lui rafraîchir en utilisant une pièce de 5 Frs des années 50, une craie rouge, et un rasoir électrique mono-tête.
images/icones/carnet.gif  ( 989013 )à nuancer par Réginald (2025-06-19 06:45:34) 
[en réponse à 989012]

Il est historiquement exact que, en France, la tonsure a disparu de la pratique courante du clergé bien avant le Concile, notamment dans le clergé urbain. Les photographies des années 1950 le confirment : très peu de prêtres français étaient encore tonsurés. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement de sécularisation débuté en France dès les années 30. En revanche, dans d’autres pays comme l’Italie, cette pratique a pu subsister plus longtemps, en lien avec une culture ecclésiale différente.

Suggérer que la tonsure, comme l’habit ecclésiastique, pourrait protéger des dérives morales ou des abus me semble pour le moins naïf. L’histoire, tant récente qu’ancienne, montre que des clercs parfaitement identifiables, par la soutane, la tonsure ou d'autres signes extérieurs, ont pu se livrer à des comportements gravement répréhensibles, y compris dans les milieux dits traditionnels. Le port d’un signe religieux n’est ni une garantie de vertu, ni un rempart contre le péché. Ce sont la vigilance éthique, la formation humaine et spirituelle, ainsi que des mécanismes de contrôle institutionnel rigoureux qui peuvent contribuer à prévenir les abus.
images/icones/1b.gif  ( 989015 )L'habit ne fait pas le moine ... par Meneau (2025-06-19 08:34:18) 
[en réponse à 989013]

... mais il y contribue.

Suggérer que la ceinture de sécurité pourrait protéger l'intégrité corporelle et la vie me semble pour le moins naïf. L’histoire, tant récente qu’ancienne, montre que des conducteurs ayant parfaitement bouclé leur ceinture sont pourtant morts au volant. Le port de la ceinture n'est pas une garantie de survie.

La tonsure et l'habit ecclésiastique sont des signes de renonciation au monde. Celui qui les porte volontairement en a forcément conscience.

Mais on ne peut qu'être d'accord avec vous pour dire que c'est très loin d'être suffisant et que la priorité est assurément à "la vigilance éthique, la formation humaine et spirituelle, ainsi que [à] des mécanismes de contrôle institutionnel rigoureux".

Cordialement
Meneau
images/icones/carnet.gif  ( 989017 )[réponse] par Réginald (2025-06-19 08:44:52) 
[en réponse à 989015]

Loin de moi l’idée de critiquer la soutane : j’y suis profondément attaché. Dans une société largement sécularisée, elle constitue un témoignage fort d’engagement et un outil d’apostolat efficace. Elle exprime avec clarté l’identité sacerdotale du prêtre, sa disponibilité permanente au service des fidèles, et rappelle qu’il est un homme séparé du monde et consacré à Dieu.

Cela dit, parmi les arguments avancés en faveur de la soutane, celui de la préservation morale du prêtre me semble l’un des plus faibles.
images/icones/carnet.gif  ( 989022 )J'avais déjà posé la question par Leopardi (2025-06-19 11:42:47) 
[en réponse à 989017]

sur ce forum.

Il est très étonnant que les instituts de la Tradition n'aient pas repris cet usage qui est au moins autant un témoignage que la soutane.

images/icones/carnet.gif  ( 989030 )éléments de réponse par Réginald (2025-06-19 13:33:11) 
[en réponse à 989022]

Quand vous avez posé la question, on ne vous a pas répondu parce qu’il s’agit ici d’un impensé. De fait, la raison pour laquelle les prêtres traditionalistes ne portent plus la tonsure visible, malgré leur attachement à la soutane et aux rites anciens, tient largement à l’influence du modèle d’Écône, reproduit dans l’ensemble des séminaires traditionalistes aussi bien à "droite" (sédévacantistes) qu’à "gauche" (FSSP, ICRSP). Dès sa fondation, Mgr Lefebvre n’a pas réintroduit le rasage du sommet du crâne, sans doute parce qu’il le jugeait devenu inutile, voire inadapté au contexte moderne. Fidèle aux orientations de Pie XII, dont il partageait l’esprit de réforme mesurée, il a conservé le rite symbolique de la tonsure, sans en maintenir la manifestation extérieure.
images/icones/hein.gif  ( 989034 )intéressant par Lycobates (2025-06-19 14:36:16) 
[en réponse à 989030]


Dès sa fondation, Mgr Lefebvre n’a pas réintroduit le rasage du sommet du crâne, sans doute parce qu’il le jugeait devenu inutile, voire inadapté au contexte moderne. Fidèle aux orientations de Pie XII, dont il partageait l’esprit de réforme mesurée, il a conservé le rite symbolique de la tonsure, sans en maintenir la manifestation extérieure.



Je ne m'étonne pas, ni de l' "esprit de réforme mesurée" (ahem) du Pape, ni du dévouement à cet égard de Mgr. Lefebvre, mais avez-vous une source pour appuyer l'un et l'autre ?
images/icones/carnet.gif  ( 989035 )[réponse] par Réginald (2025-06-19 15:04:51) 
[en réponse à 989034]

L’esprit de réforme mesurée que l’on associe à Pie XII se manifeste par plusieurs gestes concrets visant à simplifier certaines pratiques sans rompre avec la tradition. On le constate notamment dans la réduction du jeûne eucharistique (de vingt-quatre à trois heures), dans la réforme de la Semaine sainte (1951–1955), ainsi que dans des mesures plus symboliques, comme la modification de la tenue des cardinaux par le motu proprio Valde solliciti (1952), qui supprime plusieurs attributs de cour : la traîne de la soutane, l’usage de la soie remplacé par la laine, ou encore réduit de moitié la longueur de la cappa, tout cela étant fait « En raison des conditions particulières de notre temps, que les labeurs, les épreuves et les difficultés rendent chaque jour plus graves et plus pénibles… »

De son côté, Mgr Lefebvre a manifesté cet esprit dans le style liturgique qu’il a promu à Écône : une liturgie solennelle, profondément traditionnelle, mais débarrassée des ornementations superflues. Il a ainsi abandonné les souliers liturgiques (remplacés par de singulières chaussures blanches), le grémial, la préagustation à la messe pontificale, ainsi que le cérémonial d’habillage au trône. Il n’est pas impossible que son expérience missionnaire en Afrique ait influencé ces simplifications.
images/icones/idee.gif  ( 989040 )Merci, mais ... par Lycobates (2025-06-19 15:43:06) 
[en réponse à 989035]

Je connais bien les tristes exemples que vous citez du pape Pie XII, mais je m'attendais plutôt à un texte spécifique concernant la tonsure qui mettrait hors usage le canon à propos du CIC, ce qui n'est pas anodin.

Pour Mgr Lefebvre, effectivement ses simplifications indues s'expliquent sans doute par son passé broussard
(quoique, justement dans un contexte pareil, le grémial et la prégustation relèvent d'une utilité pratique bien certaine).
images/icones/carnet.gif  ( 989044 )[réponse] par Réginald (2025-06-19 15:46:58) 
[en réponse à 989040]

Non, il n'y a pas de texte concernant la tonsure. Il faut attendre Paul VI. Il semblerait que la tonsure se soit conservée en Italie assez longtemps : les photos des clercs sous Jean XXIII et Paul VI montrent qu'ils étaient encore tonsurés. Pour la France c'est une autre affaire.
images/icones/fleche2.gif  ( 989045 )mon avis par Lycobates (2025-06-19 16:58:47) 
[en réponse à 989044]

(si cela vous intéresse) sur Valde solliciti, dont on avait parlé en 2014, ICI.
images/icones/carnet.gif  ( 989037 )autre texte de Pie XII par Réginald (2025-06-19 15:27:21) 
[en réponse à 989034]

Voici un autre texte de Pie XII manifestant son désir de réforme modérée :

« Nous parlons de certains usages qui, s'ils avaient jadis un sens dans un autre contexte culturel, ne l'ont plus aujourd'hui, et dans lesquels une jeune fille vraiment bonne et courageuse ne trouverait qu'entraves pour sa vocation. [...] Pour revenir en un mot sur la question du vêtement : l'habit religieux doit toujours exprimer la consécration au Christ ; c'est cela que tous attendent et désirent. Pour le reste, que l'habit soit convenable et réponde aux exigences de l'hygiène. » (AUX SUPÉRIEURES GÉNÉRALES DES ORDRES ET INSTITUTS RELIGIEUX FÉMININS 15 septembre 1952).



Ce passage révèle l’équilibre recherché par Pie XII entre fidélité à la tradition et l'adaptation mesurée aux conditions concrètes du monde contemporain. Loin d’un immobilisme formel, il encourage les congrégations à opérer des ajustements raisonnables, dès lors que le signe visible de la consécration est préservé.
images/icones/carnet.gif  ( 989047 )Si ce que vous dites est vrai par Leopardi (2025-06-19 17:55:28) 
[en réponse à 989030]

cela ne m'étonnerait pas quand on connaît l'aversion de la FSSPX pour les barettes.

Pourtant, les instituts ED les ont remises au goût du jour. Cela aurait pu se faire aussi pour la tonsure.

Après tout, j'ai l'impression que chez les moines NOM la tonsure a aussi disparu (chez certains ordres en tous cas).
images/icones/1i.gif  ( 989024 )wiktionnaire : clergie... par Père M. Mallet (2025-06-19 11:55:06) 
[en réponse à 989010]

depuis des décennies que je suis prêtre, je n'ai aucun souvenir d'avoir entendu ou lu ce terme dans le sens de tonsure.
Wiki non plus : https://fr.wiktionary.org/wiki/clergie
images/icones/bravo.gif  ( 989025 )En effet par Sic transit (2025-06-19 12:20:58) 
[en réponse à 989024]

Ni le Centre national de recherches textuelles et lexicales

http://https://www.cnrtl.fr/definition/clergie


ni le Littré
https://www.littre.org/definition/clergie

ne connaissent ce sens !
images/icones/carnet.gif  ( 989029 )Je me suis contenté par Halbie (2025-06-19 12:58:30) 
[en réponse à 989024]

De reprendre la terminologie de Barbier de Montault. Ce n'était pas du snobisme !
images/icones/carnet.gif  ( 989032 )il s'agit d'un néologisme par Réginald (2025-06-19 14:04:22) 
[en réponse à 989029]

Dans son livre, Barbier de Montault déplore que le vocabulaire ecclésiastique emploie les mêmes mots pour désigner des réalités différentes, ou utilise des termes imprécis là où la pratique distingue pourtant des éléments bien définis, comme c’est le cas pour la tonsure, la clergie, la couronne ou la rasure. Il insiste sur la nécessité de clarifier ce lexique afin de restaurer la cohérence entre la terminologie et la réalité canonique ou liturgique. Dans cette optique, il distingue soigneusement plusieurs notions ( la tonsure, la clergie, la couronne ou la rasure) et définit ainsi la clergie : « Clergie exprimait proprement la rasure en rond faite au sommet de la tête. Le mot est fourni par la langue du Moyen Âge, et il traduit le terme italien chierica. Deux choses constituaient en effet la qualité cléricale extérieure : la coupe de cheveux (la clergie) et l’habit (la soutane ou l’habit canonial). »

Ainsi, la clergie désigne spécifiquement la tonsure circulaire visible.
images/icones/union-jack.png  ( 989016 )Pays anglosaxons par Eucher (2025-06-19 08:37:34) 
[en réponse à 989008]

Que je sache, elle est inconnue au Royaume-Uni et aux États-Unis.
-Eucher
images/icones/fleche2.gif  ( 989033 )tonsure et calotte par Lycobates (2025-06-19 14:31:49) 
[en réponse à 989008]

Je ne connaissais pas le mot "clergie", merci.

À mon avis, la disparition de la tonsure est une simple question de vanité masculine (en l'occurrence déplacée bien sûr).

De la tonsure on avait parlé, ICI.

Le clergé "sédévacantiste" que je connais, aussi les plus jeunes où cela s'aperçoit le plus, la portent encore aujourd'hui.

Pour la calotte (noire, pour un séculier) il faut aujourd'hui un indulte, mais je dois retrouver la référence.

Le monde hispanique d'antan :





images/icones/1a.gif  ( 989039 )Merci par Halbie (2025-06-19 15:40:44) 
[en réponse à 989033]

Pour ces précisions. Un indult pour la mettre ou pour s'en dispenser ?
images/icones/fleche2.gif  ( 989041 )pour la mettre par Lycobates (2025-06-19 15:45:44) 
[en réponse à 989039]

Le zucchetto étant un privilège prélatice.
images/icones/carnet.gif  ( 989043 )À partir de quel moment par Halbie (2025-06-19 15:46:37) 
[en réponse à 989041]

La calotte a cessé d'être la règle pour les prêtres ?