Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=988995
images/icones/vatican.gif  ( 988995 )Nouvelles de Rome (2) par Roger (2025-06-18 11:58:19) 

Toujours le même ami m'a présenté les perspectives du nouveau pontificat.

L'essentiel serait lié à la personnalité du pape Léon : un homme calme , équilibré, respectueux de ses interlocuteurs et non tortueux. Mais ce n'est pas seulement la personnalité mais aussi des méthodes de travail sereines fondées sur l'analyse des dossiers et l'écoute des hommes.

Bref l'exacte antithèse de son prédécesseur que plus personne ne pouvait supporter à Rome sauf un petit cercle d'opportunistes.

Cela dit Léon est ouvertement dans le refus des méthodes de son prédécesseur mais est il en opposition à ses idées ? Pas forcément. S'il ne veut pas choquer inutilement en multipliant les gestes outranciers de nature à ridiculiser la papauté (sujet sensible en Italie où le décorum est apprécié ) il ne faut pas voir en lui un crypto tradi.

Même s'il ressemble un peu à Benoît xvi par sa délicatesse , il serait surtout un héritier de Jean Paul II soucieux de mêler le neuf et le vieux.par exemple il devrait continuer à fémininiser et internationaliste la curie .

En revanche point d'attachement maniaque à Vatican II. Le souci d'unité et de vérité le conduirait à appréhender la totalité du magistère (et de la patrologie) sans se limiter ux années 60 . Il est très attaché aux pères de l'Église par exemple et au latin.

Prions pour lui !

Je vous laisse partager vos propres informations et analyses.
images/icones/iphone.jpg  ( 989004 )Effectivement par Signo (2025-06-18 19:31:24) 
[en réponse à 988995]

N’oublions pas toutefois que lors de sa première allocution aux cardinaux Léon XIV leur a demandé de « renouveler leur adhésion à Vatican II ». La vraie question n’est pas de savoir s’il sera un pape conciliaire ou non (François et Benoît XVI l’étaient chacun à sa manière), mais quelle lecture il fera de Vatican II.

Ce pape, qui pour l’instant correspond presque parfaitement à mes attentes, présentent toutefois certaines caractéristiques qui, positives en elles-mêmes, suscitent dans mon esprit par rapport à la délicate question du statut de la liturgie traditionnelle dans l’Eglise d’aujourd’hui, une petite pointe d’inquiétude.

Ces caractéristiques sont une certaine rigueur intellectuelle (canoniste) et un attachement à la grande Tradition, notamment la tradition patristique.
Cela abouti à deux conclusions:
- une forme liturgique précédent une réforme n’a pas lieu d’être puisque remplacée par la nouvelle;
- la liturgie s’organise autour de l’évêque et se doit donc de suivre la vie diocésaine (en termes de calendrier notamment).

Or il me semble que c’est là que le bât blesse. Car si l’on croise droit canon et ecclésiologie patristique, on abouti au modèle d’une Eglise catholique comme communion d’Eglises locales avec chacune sa vie liturgique propre. Problème: avec une liturgie traditionnelle insérée mais non intégrée dans la vie des diocèses (calendrier différent, pour beaucoup pas de concélébration à la messe chrismale, usage d’un Rituel voire d’un Pontifical différent), on a une galaxie traditionnelle qui ne trouve pas sa place dans le modèle ecclésial. Or je ne pense pas que nous reviendrons au cadre de Summorum Pontificum qui, il faut bien l’avouer, était sur le plan du droit un peu bancal. Plutôt que d’opter pour une libéralisation massive Léon XIV va donc remettre probablement cette question entre les mains des évêques, ce qui n’est peut-être pas la solution la plus favorable pour le rite traditionnel, comme chacun sait.

Il résulte de tout cela le fait que si l’on veut que les formes liturgiques précédentes puissent persister intégralement (tout le calendrier, le missel mais aussi le Bréviaire, le Rituel et le Pontifical), il faut que le monde traditionnel fonctionne comme une Eglise autonome. D’où la solution de l’Ordinariat, sur le modèle de celui créé par Benoît XVI pour accueillir les anciens anglicans. Ordinariat qui certes devra avoir un forme suffisamment souple pour respecter la diversité légitime du monde traditionnel, et ne pas se couper de la vie des diocèses.

Cette solution permettrait de régler le problème ecclésial qui est celui posé par la liturgie traditionnelle aujourd’hui.
images/icones/fleche2.gif  ( 989009 )Attendons de voir par Chris (2025-06-18 22:41:50) 
[en réponse à 989004]

J'aimerai tant qu'il reparle du motu proprio de Benoît XVI publié en juillet 2007
Car le Pape François l'avait scandaleusement envoyé aux orties
Est ce dans ses priorités
A voir dans le temps
La solution de l'ordinariat proposé par le Père de Blignieres: curieusement plus personne n'en parle
Quelqu'un a t'il du nouveau ?
images/icones/bulle.gif  ( 989019 )Ordinariat... par Eucher (2025-06-19 08:59:40) 
[en réponse à 989004]

C'est une solution séduisante pour qui veut assister à la messe qui lui plaît, à terme.
Il s'agit surtout de se garantir un épiscopat, ce qui éviterait l'ingrate tâche semi-annuelle d'avoir à dégoter un évêque pour les ordinations et les confirmations tradies. C'est une des grandes différences entre FSSPX et ED.
Il y a peu d'évêques qui brillent lors des cérémonies ; en général on assiste à un travail d'équipe de séminaristes pour guider un prélat qui fait figure de sourd-muet incapable, sauf exception (je songe à Mgr Bruskewitz, émérite de Lincoln aux É.-U.). Et il arrive aussi que tel évêque profite de l'occasion pour faire la leçon aux tradis, ce qui passe mal. Un ordinariat garantirait un évêque compétent et protègerait notre petite tribu tradie des sévices diocésains, aussi.

Mais son inconvénient est de faire de la liturgie traditionnelle de Rome une sorte de réserve d'Indiens, alors que cette liturgie est le patrimoine de tout Catholique romain. C'est pourquoi Benoît XVI a préféré respecter le droit de tout prêtre avec un « groupe stable » (qui dans la pratique pouvait se limiter au seul servant de messe...) à cette expression liturgique.

Mais à long terme je ne vois guère d'autre solution que de tourner la page sur les inventions du XXe siècle et un retour au patrimoine liturgique pour tout le rit romain. Ce que l'existence d'un ordinariat pourrait retarder.
images/icones/1e.gif  ( 989021 )Mon projet en 7 points (si j'étais pape) par Leopardi (2025-06-19 11:41:03) 
[en réponse à 989019]

Vous dites:


Mais son inconvénient est de faire de la liturgie traditionnelle de Rome une sorte de réserve d'Indiens, alors que cette liturgie est le patrimoine de tout Catholique romain.



Cela a toujours été mon Credo. La Messe traditionnelle est un trésor qu'on a pas le droit de garder pour soi.

Nous devrions considérer toujours comme objectif qu'elle devienne LA Messe de l'Eglise et pour cela la faire connaître dans les paroisses.

Nous devons certes la protéger à court terme par des outils législatifs mais surtout pas l'enfermer.

C'est dans ce sens que le cardinal De Hoyos avait souhaité "qu'il y ait en permanence une messe VOM dans chaque paroisse à côté du NOM"

Même si c'était un voeux pieux, l'idée était bien celle-là. Visibilité du VOM par tous et normalisation du rite. Dans l'interview de JP Meaugendre, celui-ci disait que les évêques ne connaissent pas le monde Tradi quand ils en parlent et légifèrent et qu'ils ne le recontrent jamais.

C'est la même chose pour la Messe VOM elle-même. Combien de fidèles NOM pensent encore qu'elle est interdite voire qu'elle n'existe plus?

A ceux qui diront que le VOM ne pourra pas être restauré universellement, je vous rejoins mais le processus serait le suivant (si j'étais pape):

1- Libéralisation (Motu proprio)
2- Normalisation (une messe dans chaque paroisse où c'est possible)
3- Visibilité et accoutumance des fidèles NOM (cf point 2)
4- Formation des séminaristes au VOM (la formation au NOM prend 5 minutes de toutes façons)
5- Mise à jour ORGANIQUE du VOM avec comme point de départ Sacrosantum Concilium (ce qui clouerait le bec aux idéologues de Vatican II)
6- Remplacement du VOM par le NOM comme rite romain universel, le NOM devenant un rite marginal.
7- Disparition biologique du NOM faute de paroissiens.
images/icones/1b.gif  ( 989042 )Une coquille ! par Sic transit (2025-06-19 15:46:37) 
[en réponse à 989021]


6- Remplacement du VOM par le NOM comme rite romain universel,



Je pense que vous vouliez dire l'inverse !
images/icones/1d.gif  ( 989048 )Exact par Leopardi (2025-06-19 18:00:43) 
[en réponse à 989042]

En fait, j'ai écrit cela en 1965!
images/icones/vatican.gif  ( 989020 )Selon mon interlocuteur par Roger (2025-06-19 09:00:14) 
[en réponse à 989004]

Le problème majeur posé par le défunt Pontife n'aurait pas ete lié à la liturgie traditionnelle. Désolé de vous décevoir. En fait ce dont auraient souffert de nombreux prêtres et évêques cela aurait ete : primo l'abandon de la morale conjugale (sauf pour l'avortement) que Jean Paul II avait placée au centre de son magistère. secundo un gouvernement autoritaire et brouillon (gros choc en Italie à propos des créations de cardinaux...étonnantes). Et tertio un mépris profond pour le clergé.

Le nouveau pape serait d'abord préoccupé par le retour à la doctrine Jean Paul II en morale et à un gouvernement paisible et raisonnable. Ainsi qu'à une vraie estime pour les prêtres.

Toutefois les options de François auraient bénéficié de vrais soutiens parmi les progressistes (même s'ils n'appréciaient pas forcément tout ce que disait François).

Le recentrage risque d'être long et progressif car Léon voudrait éviter de choquer et de provoquer une fracture à sa gauche.

Et son souci d'écoute et de dialogue va aussi le conduire à continuer sur la voie synodale (sans doute sans exubérance).

Nous verrons bien.

Et prions pour le pape.