tous ces articles qui sortent en même temps, un vrai tir de barrage, mes amis !
La bonne chose, c'est que Malik a assisté à la messe tradie. On lui pardonnera de n'avoir pas compris qu'il y avait eu 2 pèlerinages à Chartres.
"La foi au-dessus de tout" : ces cathos intégristes proches de l'extrême droite qui rêvent de "rechristianiser la France"
Leurs messes en latin auxquelles nous avons assisté à Clermont-Ferrand attirent des jeunes, des femmes voilées et des enfants, séduits par l’esprit communautaire. Au sein de la Fraternité Saint-Pie X, on place Dieu et le prêtre au-dessus de tout, et les idées s’inscrivent dans une extrême droite conservatrice qui rêve d’une France chrétienne.
Par Malik Kebour
Publié le 16 juin 2025
Il a beau embarrasser les évêques, crisper jusqu’au Vatican, le pèlerinage de milliers de traditionalistes jusqu’à Chartres, le week-end de Pentecôte, est un succès. Cet événement qui séduit de jeunes fidèles peut désarçonner le reste des catholiques de France. La messe en latin dite par un prêtre qui tourne le dos aux fidèles est l’un des particularismes d'une partie de cette frange radicale, brouillée avec Rome depuis le concile Vatican II et la modernisation de l’Église après 1965.
Aux racines de la Fraternité, en Auvergne
L’un des principaux contingents du pèlerinage est fourni par le courant lefebvriste de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) avec 5.000 membres. Une partie d’entre eux s’est donné rendez-vous au départ de Clermont-Ferrand qui accueille l’un des trois lieux de messe du Puy-de-Dôme dans la chapelle Notre-Dame de la Merci. Pour bâtir leur lieu de culte, ces religieux intégristes avaient dû convertir en 1990 un ancien cinéma porno, le Vox.
L’Auvergne tient une place à part dans l’histoire du mouvement créé en 1970 par Marcel Lefebvre, évêque de Tulle avant son divorce avec Rome. La Fraternité a posé ses fondations dans l’Allier, grâce à l’entregent du prêtre puydomois Paul Aulagnier, l’un des premiers membres. Cerveau et figure de la FSSPX à partir de 1971, c’est lui qui a tissé la toile à travers la France.
Le premier prieuré de ces traditionalistes voit le jour au sein du château du Pointet, à Broût-Vernet, près de Vichy. Dans cet édifice détonnant à la façade constellée de briques rouge, Notre-Dame du Pointet est aujourd’hui dirigée par l’abbé Paul Delagneau, dont les écrits traduisent la ligne radicale, farouchement opposée aux papes qu’il accuse d’avoir « participé à la ruine de l’Église ».
"Gardiennes de l’âme chrétienne"
Dans ce village de 1.200 habitants, la présence des religieux intégristes divise. Maire depuis 2020, Bernard Devoucoux n’a pas oublié l’arrivée des premiers fidèles dans les années 1980. « Ça avait créé des remous puisqu’ils avaient acheté aux Sœurs Notre-Dame de Moulins leur maison d’été. Elles pensaient avoir vendu à une œuvre pour personnes handicapées. Elles ont été surprises en découvrant leur identité. »
Goutte d’eau. Le mouvement revendique entre 150.000 et 200.000 fidèles, dont 35.000 en France. Des chiffres relativement faibles au regard de ce que représente la religion catholique avec 1,3 milliard de fidèles.
L’arrivée fortuite de la communauté laissera des traces et nourrira une méfiance qui s’est peu à peu dissipée. Des enfants du village sont en classe dans l’école mixte hors contrat des Dominicaines de Brignoles, en lien étroit avec la FSSPX. 180 élèves sont scolarisés dans l’établissement qui compte aussi un pensionnat féminin jusqu’à la terminale, « pour permettre aux jeunes filles qui leur sont confiées d’être gardiennes tout à la fois de la culture française et de l’âme chrétienne de notre pays », comme on peut le lire sur le site de la Fraternité. Les femmes sont reléguées à un rôle d’épouses dévouées.
Reconnue comme une "mouvance sectaire"
Rien d’étonnant tant ces religieux intégristes s’inscrivent dans une mouvance ultraconservatrice, anti-moderniste aux relents séparatistes, au point d’être qualifiés par la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) de « mouvance sectaire » depuis 2016. Une idéologie qui la rapproche de l’extrême droite, à l’instar du parti Civitas, avec lequel elle partage un rejet farouche du mariage pour tous et une opposition à l’homosexualité.
Les liens étaient apparus publiquement en novembre 2021, lorsque Civitas et la Fraternité Saint-Pie X avaient tenté d’organiser une grande messe en plein air sur la place de la Victoire, au pied de la cathédrale de Clermont. Ils s’étaient engagés main dans la main dans un bras de fer avec la préfecture qui avait interdit le rassemblement en plein Covid.
Accusé de véhiculer une idéologie antisémite, islamophobe et anti-LGBTQIA +, Civitas a été dissous en 2023. Son ex-porte-parole, François-Xavier Peron, proche de la FSSPX, revendique des liens de pensée et de personnes entre les deux mouvements. « Il y a en commun l’objectif de rechristianiser la France, la Fraternité a forcément une implication politique comme lorsqu’elle s’oppose à l’avortement. Vous prenez le catéchisme et vous avez le fond de la pensée. » Ce qui place, selon lui, le mouvement religieux clairement à l’extrême droite d’un point de vue sociétal.
"Ils placent la foi au-dessus de tout"
Les manifestations antivax ont été un terrain fertile à la séduction de nouveaux fidèles. Parmi eux, Pierre (le prénom a été modifié). Non pratiquant, il a entendu dans les rangs de la FSSPX une parole divine. « Ce qu’ils racontaient faisait sens pour lui, ils appliquent la Bible à la lettre, ça lui a plu et sa personnalité a progressivement changé », se remémore l’un de ses amis.
Noyau. Selon Society, Bruno Retailleau s’est entouré, au sein de son cabinet du ministère de l’Intérieur de catholiques qui « fréquentaient les églises intégristes de Vendée comme la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X ».
En se rapprochant de ses nouveaux frères, le néoconverti s’éloigne de ceux qui ne partagent pas sa religion. Aussi parce que rejoindre la Fraternité implique d’y consacrer le plus clair de son temps à travers les prières - plusieurs messes dans la semaine -, et les rassemblements réguliers. Un calendrier affiche les rendez-vous incontournables.
« Ça a été une lumière pour lui, il en parlait avec conviction. C’est communautaire. Ils restent entre eux, c’est leur pratique de la religion. Ils se fréquentent très souvent. »
L'ami d'un néoconverti
Rejoindre la FSSPX implique une forme de dévotion, « ici tout le monde est lié, impliqué, on se plaît à rester entre nous, on a peu besoin de l’extérieur », admet un fidèle à l’entrée de la chapelle clermontoise. Ce jeudi soir de juin, l’abbé Cartier porte la soutane et assure la messe devant une quinzaine de personnes, dont des jeunes et des enfants, des femmes couvertes d’un voile noir, selon le rite tridentin si cher à ce courant de l’Église catholique. Autrement dit, en latin.
Une forme de repli pour se consacrer à la religion
L’ami de Pierre garde en mémoire la ferveur du baptême dans une chapelle pleine. Elle l’est régulièrement tant l’assiduité à ces rendez-vous est exigée. « Pour eux, être absent est impensable, ils placent la foi au-dessus de tout, il faut se consacrer à la religion et constituer un noyau dur. »
Une forme de repli qui implique de limiter les contacts vers l’extérieur. On va à l’école catholique, jusqu’en terminale ou à l’université de la Fraternité, au catéchisme, en camp de vacances et même en maison de retraite. À la vie à la mort.
Silence. Ils ont beau prêcher la parole divine au sein de leur prieuré et leur chapelle, il arrive qu’ils perdent l’usage de la parole. Contacté, l’abbé Cartier, rencontré dans la chapelle de Clermont-Ferrand, a assuré poliment qu’il n’était pas habilité. Tous deux nous ont renvoyés à l’abbé Peignot, supérieur du district de France de Fraternité, qui nous a proposé de le recontacter en… septembre.
https://www.larep.fr/clermont-ferrand-63000/actualites/la-foi-au-dessus-de-tout-ces-cathos-integristes-proches-de-l-extreme-droite-qui-revent-de-rechristianiser-la-france_14703445/
Une très bonne nouvelle quand même au pays de Monsieur Wauquiez :
https://www.lamontagne.fr/puy-en-velay-43000/actualites/pourquoi-la-ville-du-puy-n-a-pas-pu-empecher-la-vente-de-cet-edifice-religieux-a-la-branche-traditionaliste_14644382/