CHAPITRE XIV (SUITE DU PRÉCÉDENT.)
Entre mille témoignages, nous nous contenterons de celui de Porphyre. Le prince de la théologie païenne s’exprime ainsi : « Toutes les âmes ont un esprit uni et attaché perpétuellement à elles. Tant qu’elles ne l’ont pas subjugué, elles sont elles-mêmes en beaucoup de choses subjuguées par lui. Lorsqu’il leur fait sentir son action, il les pousse à la colère, il enflamme leurs passions et les agite misérablement.
Ces esprits, ces démons pervers et malfaisants, sont invisibles et imperceptibles aux sens de l’homme, car ils n’ont pas revêtu un corps solide. Tous, d’ailleurs, n’ont pas la même forme, mais ils sont façonnés sur des types nombreux. Les formes qui distinguent chacun de ces esprits, tantôt apparaissent, tantôt restent cachées. Quelquefois ils en changent, et ce sont les plus méchants... leurs formes corporelles sont parfaitement désordonnées.
Dans le but d’assouvir ses passions, ce genre de démons habite plus volontiers et plus fréquemment les lieux voisins de la terre ; en sorte qu’il n’est pas un crime qu’il ne tente de commettre. Mélange de violence et de duplicité, ils ont des mouvements subtils et impétueux, comme s’ils s’élançaient d’une embuscade ; tantôt essayant la dissimulation, tantôt employant la violence. Ils, font ces choses et d’autres semblables, pour nous détourner de la vraie et saine notion des Dieux, et nous attirer à eux».
Entrant dans le détail de leurs pratiques, le philosophe païen continue et parle comme un Père de l’Église. «Ils se plaisent dans tout ce qui est désordonné et incohérent : ils jouissent de nos erreurs.
L’appât dont ils se servent pour attirer la foule, c’est d’enflammer les passions, tantôt par l’amour des plaisirs ; tantôt par l’amour des richesses, de la puissance, de la volupté ou de la vaine gloire. C’est ainsi qu’ils animent les séditions, les guerres et tout ce qui vient à leur suite.
« Ils sont les pères de la magie. Aussi ceux qui, par le secours des pratiques occultes, commettent de mauvaises actions les vénèrent, et surtout leur chef. Ils ont en abondance de vaines et fausses images des choses, et par là ils sont éminemment habiles à faire jouer des ressorts secrets, pour organiser des tromperies. C’est à eux qu’il faut attribuer la préparation des philtres amoureux.
C’est d’eux que vient l’intempérance de la volupté, la cupidité des richesses et de la gloire, et pardessus tout l’art de la fraude et de l’hypocrisie ; car le mensonge est leur élément » (Apud Euseb., Prae. Evang., lib. IV, c. XXII.)
Après avoir parlé des princes de la Cité du mal, Porphyre s’occupe de leur roi, qu’il nomme Sérapis ou Pluton. Ici, on croit lire non un philosophe païen, non un Père de l’Église, mais l’Évangile même, tant la tradition est précise sur ce point fondamental.
« Nous ne sommes pas téméraires en affirmant que les mauvais démons sont soumis à Sérapis. Notre opinion n’est pas fondée seulement sur les symboles et les attributs de ce dieu, mais encore sur ce fait que toutes les pratiques douées de la vertu d’appeler ou d’éloigner les mauvais esprits s’adressent à Pluton, ainsi que nous l’avons montré dans le premier livre.
Or, Sérapis est le même que Pluton (le roi des enfers) ; et ce qui prouve incontestablement qu’il est le chef des démons, c’est qu’il donne les signes mystérieux pour les éloigner et les mettre en fuite.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde