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source : le CNAL ... par Cristo (2025-06-16 09:24:09)
[en réponse à 988918]
un peu comme si on demandait à une association de végans de réaliser l'audit d'une charcuterie ...
Le rôle de Vichy passé sous silence
Religion, Carcassonne, Fanjeaux
Publié le 15/06/2025
La Dépêche du Midi
En 2022 des rapports de visite dans d’autres maisons dirigées par les dominicaines enseignantes de Fanjeaux ont été révélés.
En 2022, le Comité national d’action laïque (Cnal) publiait les résultats d’une enquête inédite avant qu’ils ne soient révélés par Charlie Hebdo. L’organisme avait demandé, aux inspections d’académie de chaque département, le dernier rapport de visite des établissements privés hors contrats implantés sur le territoire national. Environ 165 documents ont été obtenus sur 1 800 recensés.
Au total, 14 rapports de visites provenaient des écoles de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX). Mais si l’on décortique un peu plus ces documents, il se trouve que trois d’entre eux ont été réalisés dans les établissements des dominicaines enseignantes de Fanjeaux. Pour rappel, avant de formuler leurs vœux dans les différentes maisons ouvertes aux quatre coins de la France, en Suisse, en Allemagne ou aux États-Unis, ces religieuses en devenir réalisent leur formation à Fanjeaux dans l’Aude, première école créée par cette congrégation en rupture avec l’Église catholique depuis 1975.
Le contenu de ces rapports est édifiant. À Kernabat (Bretagne), un manuel d’histoire destiné à des élèves de 6e, raconte que "l’Apartheid (en Afrique du Sud) n’était pas la meilleure solution mais il a préservé le pays de la guerre civile et des massacres qui ont eu lieu ensuite" ; "La notion de ‘races’ (humaines) y est employée sans précaution", notent les inspecteurs dans leur rapport datant du 29 mai 2018.
Représentation du monde par "races" humaines
Saint-Macaire en Gironde, 15 décembre 2020. Un rapport de visite réalisé à l’établissement Cours Notre-Dame de Rosaire expose un enseignement totalement biaisé de l’Histoire : "Les valeurs de la République n’apparaissent pas dans les traces écrites des élèves du 1er degré. Le manuel d’histoire, support de cet enseignement, accorde une très faible place aux personnages qui ont façonné la République." En l’occurrence : "Le général de Gaulle n’est ainsi pas une figure historique à retenir dans ce manuel." Par contre, "le maréchal Bugeaud apparaît comme le personnage grâce à qui les Arabes ont pu apprendre à développer leur agriculture en Algérie ". Une personnalité aujourd’hui controversée notamment sur son extrême violence durant la colonisation.
Mais le pire reste que "le rôle du régime de Vichy dans l’extermination des juifs qui est mis sous silence, et ce génocide n’est d’ailleurs pas mentionné dans le traitement de la seconde guerre mondiale".
Dans un autre document datant du 11 janvier 2021, celui de l’école Cours l’Immaculée Conception à Domezain-Berraute, dans les Pyrénées-Atlantiques, les inspecteurs relatent l’absence de cours d’éducation civique et morale.
Ils constatent également que "le support de géographie porte une vision marquée par une représentation du monde par "races" humaines (noirs, blancs), qui pose un souci majeur de conception erronée scientifiquement et potentiellement raciste ou a minima racialiste".
https://www.ladepeche.fr/2025/06/15/le-role-de-vichy-passe-sous-silence-12763151.php

( 988925 )
L'article complet par Lutèce (2025-06-16 13:27:29)
[en réponse à 988918]
Ancienne élève de Fanjeaux et aujourd’hui prof, je suis intéressée par le sujet !
Voici le texte complet de l'article que je viens de dénicher. Apparemment les dominicaines ont publié un droit de réponse.
L'inquiétant système scolaire des dominicaines enseignantes de Fanjeaux
Durant plusieurs mois, les journalistes du groupe Dépêche du Midi ont mené une enquête révélant les dessous et la face sombre des catholiques traditionalistes implantés sur deux communes de l'Aude, Fanjeaux et Lagrasse. En exclusivité, L'Indépendant s'est procuré le dernier rapport de visite dans l'établissement scolaire hors contrat, le Cours la Clarté-Dieu, dirigé par les dominicaines enseignantes de Fanjeaux et maison mère de la congrégation en rupture avec l'Église. Proche de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, cette communauté instruit une certaine vision de la société aux jeunes filles qui sont scolarisées, avec de nombreux manquements au socle commun détérminé par l'Education nationale.
Près de la route départementale 623, un bâtiment aux murs clairs surplombe le paysage à quelques kilomètres de la commune de Fanjeaux, dans l'Aude. Il est souvent fermé, et seules quelques rares voitures empruntent le chemin du Cammazou, le lieu-dit, pour se garer sur le parking. Bienvenue chez les dominicaines enseignantes du Saint-Nom de Jésus, nom de leur ancienne congrégation toulousaine qu'elles ont quittée à la suite du concile Vatican II. En 1975, ces soeurs se sont installées sur le territoire, pour y enseigner leur vision de la société, aux relents misogynes et réactionnaires, à de jeunes filles souvent pensionnaires. Leur fief s'appelle le Cours La Clarté-Dieu situé à Fanjeaux, un établissement privé hors contrat revêtant la casquette de centre de formation de ces dominicaines enseignantes. Lorsqu'elles choisissent de porter l'habit, ces dernières réalisent leur noviciat - initiation à la vie religieuse - dans ces lieux coupés du monde extérieur auquel il ne faut pas se mélanger.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, c'est-à-dire l'enseignement scolaire, il convient d'évoquer la proximité entre cette congrégation et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), créée par Monseigneur Marcel Lefebvre, après sa rupture avec l'Église catholique. Sur le site internet de cette communauté catholique intégriste, aux discours antirépublicains et aux dérives sectaires selon le dernier rapport de 2024 de la mission interministérielle Miviludes, figurent les dominicaines enseignantes de Fanjeaux en tant que « communauté amie ». Une majorité des jeunes filles de la FSSPX sont inscrites dans les différentes maisons placées sous la tutelle de ces soeurs enseignantes. Vingt-deux sites ont été construits, majoritairement en France, mais également à l'étranger, avec un établissement en Suisse, trois aux États-Unis, de même qu'en Allemagne.
Les quatre qualités attendues des élèves
Mais alors, quel enseignement est proposé aux élèves de la grande section à la terminale ? L'Indépendant s'est procuré en exclusivité, au terme d'un long processus, un rapport de visite inopiné de cet établissement privé hors contrat réalisé par l'académie de Montpellier. Ce document, daté au 20 juin 2021, n'avait encore jamais été rendu public. Si les résultats au baccalauréat frôlent les 100 % de réussite, le rapport révèle de nombreux manquements au «socle commun de connaissances, de compétences et de culture » inscrit dans le code de l'Éducation. Cette description officielle doit être respectée par tous les établissements scolaires, y compris ceux hors contrat. Et doit être acquise par les élèves avant 16 ans.
Cela s'impose donc aux écoles des soeurs enseignantes de Fanjeaux qui, comme tous les autres établissements privés hors contrat, ne reçoivent aucune aide financière de la part de l'État et réalisent leur propre programme. D'emblée, dans ce rapport de visite, on constate qu'un seul cursus est possible pour les 177 élèves : un baccalauréat littéraire. «Le choix littéraire est censé conduire à une meilleure connaissance de la nature de la femme et à ce que sera son rôle de demain »,se défendent les dominicaines dans ce document obtenu par notre titre. Le rapport évoque également des activités de la « vie quotidienne » : cuisine et couture avec aussi la prise de responsabilité en organisant des activités. «Une organisation qui rejoint le but de l'établissement : former des femmes complètes, dans une identité catholique, qui sauront tenir leur place dans la société », expliquent les inspecteurs dans le document. Une vision rétrograde vis-à-vis des femmes, nous y reviendrons.
Plus surprenant encore sur le site internet de cette congrégation, on requiert quatre qualités de la part de leurs élèves : la docilité, la pureté, la simplicité et la foi. S'agissant de la première attente, le site internet complète : cela « c onsiste à se laisser activement et joyeusement former».
En réponse, les dominicaines enseignantes affirment que la docilité est «non seulement la qualité de l'élève, mais aussi du professeur, qui favorise l'ouverture, puisque l'enseignement est un échange ».De même pour la définition de la pureté : «La pureté est comme l'honnêteté, idéale de ce qui est sans souillure morale. C'est aussi une vertu chrétienne. Nous sommes dans un établissement catholique que les parents de nos élèves ont choisi aussi pour cette raison. C'est également une façon de préparer des citoyens honnêtes, capables d'assumer avec loyauté des responsabilités dans la société. »
Où est passée l'éducation physique et sportive ?
Dans la continuité de cette logique éducative, le rapport révèle qu' «un temps de 7 h45 à 8h15 est consacré à l'entretien des locaux par les élèves ». «Les cours se déroulent de 8 h20 à 11h20 puis de 14 heures à 16h45. À l'issue du déjeuner, pendant la pause, des sports sont inscrits dans l'emploi du temps qui correspond à l'EPS », précise le document. Reste que les activités sportives sont très limitées voire quasiment inexistantes. En effet, les inspecteurs ne constatent «pas ou peu de sport, uniquement des jeux de plein air [...] Pas de programmation d'activités physiques présente dans les documents enseignants ».
Sollicitées par notre titre, les dominicaines confient que «les élèves du secondaire ont des sports d'équipe au moins une demi-heure chaque jour, en plus de l'heure de cours d'EPS. Ceci est notifié dans le rapport, page 6: À l'issue du déjeuner, des sports d'équipe sont inscrits dans l'emploi du temps qui correspondent à l'EPS. Les notes, au baccalauréat, sont très bonnes et nos élèves sont en excellente santé. »
Aucune référence aux institutions de la République
Parmi les huit piliers du socle commun, est mise en exergue la formation de la personne et du citoyen. Un pilier essentiel. Dans l'une des classes, on retrouve des références à la commune, à la carte d'électeur, aux drapeaux européens et français. Mais pas à celles des institutions de la République... Seuls les rois de France ont droit de cité. En CM1 et CM2, «les élèves bénéficient de 20 minutes d'éducation morale et civique ». S'agissant du second degré, «il n'y a pas d'enseignement d'éducation morale et civique». C'est l'instruction religieuse qui occupe une place centrale dans l'emploi du temps, entre 3 et 4 heures. Dans une citation, le rapport d'inspection pointe le fait que « le premier devoir de l'école est de transmettre la vérité surnaturelle que Jésus Christ a révélée et qu'il a confiée à l'église ». Ce paragraphe se conclut par une simple phrase qui en dit long sur le système éducatif proposé par les dominicaines enseignantes de Fanjeaux : «Il est attendu des élèves qu'elles se conforment sans discussion au modèle de la future épouse et mère que promeut cet enseignement. »Autrement dit : les femmes n'ont pas le droit de s'émanciper à en croire les dominicaines enseignantes de Fanjeaux. Mais pour ces religieuses «dans toutes les classes, les Institutions de notre pays sont étudiées. Le manuel Nathan : Les Institutions de la France, régulièrement actualisé, est étudié de la Troisième à la Terminale. Des livrets d'EMC pour les cycles 3, 4 et 5 servent de support dans les classes précédentes ». À la suite de ce contrôle inopiné en 2021, les soeurs enseignantes confient donner des cours d'éducation civique et moral «notamment en 1ère et terminale où les élèves subissent une épreuve ponctuelle de 30 minutes (baccalauréat des lycées hors contrat) : les notes ont toujours été très bonnes».
Édition ancienne ou hors sujet
La place de la science, durant les heures de cours, est minime et l'apprentissage partiel. Les élèves ne reçoivent qu'un enseignement livresque avec peu de place faite à l'expérimentation. «Une approche essentiellement descriptive, type leçon de choses (plantes, organes des sens...) ». Au collège, de la 6e à la 3e, une seule heure de cours est consacrée aux sciences. Avec des leçons principalement descriptives. L'intérêt porté aux sciences est si faible que les manuels scolaires sont très anciens ou totalement hors sujet. C'est le cas pour celui des collégiennes en classe de 5e : l'édition date de 1975; en 4e c'est un livre grand public des éditions Belin «Roches et Paysages, reflets de l'histoire de la Terre ». Aucun chapitre n'est dédié aux questions de santé, de sexualité ou à l'évolution des êtres vivants. Les dominicaines enseignantes affirment qu'il «peut y avoir une différence entre le volume horaire de l'Éducation Nationale et le nôtre pour les cours de sciences, mais l'enseignement donné est pensé à l'échelle d'une scolarité, permettant aux élèves qui le veulent, chiffres à l'appui, d'avoir notamment accès aux métiers de la santé et autres carrières scientifiques. Nous avons en revanche davantage d'heures de français que dans l'Education Nationale. »
Quelle place pour la géographie et l'histoire ?
Là aussi, les dominicaines enseignent a minima ces deux matières. En classe de CM, seulement une heure de géographie et une heure d'histoire figurent à l'emploi du temps avec peu de traces de ces enseignements. «Aucune analyse n'apparaît dans les cahiers. Six chapitres sur la guerre de cent ans », note le rapport. Dans le second degré, l'apprentissage de ces matières est également partiel. «L'histoire-géographie fait l'objet d'un enseignement circonscrit à la transmission de contenus et d'informations », expliquent les inspecteurs dans le document.
Manquements persistants depuis plusieurs années
Malgré de nombreux manquements persistants au socle commun, l'établissement Cours la Clarté-Dieu continue d'être ouvert aux enfants dès la grande section. Dans leur conclusion, les inspecteurs ont relevé la nécessité de travailler certaines compétences. Notamment, que les élèves «construisent de façon autonome leur jugement et permettre l'argumentation et la confrontation des idées et des opinions, engageant une analyse critique de l'information ». Cela a-t-il été fait quatre ans plus tard ? «Un nouveau rapport, réalisé le 5avril 2025, est en cours d'écriture»,confie le rectorat de l'académie de Montpellier à L'Indépendant . Pour autant, certaines élèves, qui ont rompu avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X et les dominicaines enseignantes de Fanjeaux, confient, à la lecture du rapport, qu'il est dans la continuité des cours qu'elles ont connus... Près de vingt ans plus tard. De leur côté, les dominicaines soulignent avoir suivi « les préconisations qui sont développées dans le rapport».
Enquête réalisée par Léo Couffin