CHAPITRE XI
Princes et gouverneurs de la grande Cité du bien, à laquelle se rapporte tout le système de la création, les anges, dans l’ordre matériel, président au mouvement des astres, à la conservation des éléments et à l’accomplissement de tous les phénomènes naturels qui nous réjouissent ou qui nous effrayent. Entre eux est partagée l’administration de ce vaste empire.
Les uns ont soin des corps célestes, les autres, de la terre et de ses éléments ; les autres, de ses productions, les arbres, les plantes, les fleurs et les fruits. Aux autres est confié le gouvernement des vents, des mers, des fleuves, des fontaines ; aux autres, la conservation des animaux. Pas une créature visible, si grande ou si petite qu’elle soit, qui n’ait une puissance angélique chargée de veiller sur elle
L’homme animal, nous le savons, animalis homo, nie cette action angélique ; mais sa négation ne prouve qu’une chose, c’est qu’il est animal. Pour l’homme qui a l’intelligence, cette action est évidente. Partout où la nature matérielle laisse apercevoir de l’ordre, de l’harmonie, du mouvement, un but, là, on reconnaît aussitôt une pensée, une intelligence, une cause motrice et directrice. Or, rien dans la nature matérielle ne se fait sans ordre, sans harmonie, sans mouvement, sans but.
Quel est le principe de toutes ces choses ? Il n’est pas, il ne peut pas être dans la matière, inerte et aveugle de sa nature. A coup sûr, le vent ne sait ni où ni quand il doit souffler ; ni avec quelle violence ; ni quelles tempêtes il doit soulever ; ni quels nuages il doit amonceler. La pluie, la neige, la foudre elle-même savent-elles où elles doivent se former, où elles doivent tomber ; la direction qu’elles doivent tenir, le but qu’elles doivent atteindre ; le jour et l’heure où elles doivent accomplir leur mission ? Il en est de même des autres créatures matérielles, si improprement décorées du nom d’agents.
Où donc est le principe de l’ordre, de l’harmonie et du mouvement ? A moins d’admettre des effets sans cause, il faut nécessairement le chercher en dehors de la création matérielle, dans une nature intelligente, essentiellement active, supérieure et étrangère à la matière. C’est là, en effet, et là seulement, que le place la vraie philosophie.
En parlant du Créateur, principe de tout mouvement et de toute harmonie, le prophète nous dit : Les créatures font Sa parole, c’est-àdire exécutent Ses volontés, faciunt Verbum ejus. Mais comment la parole créatrice est-elle mise en contact universel et permanent avec le monde inférieur, jusqu’au dernier des êtres dont il se compose ? De la même manière que la parole d’un monarque avec les parties les plus éloignées et les plus obscures de son empire, par des intermédiaires.
Les intermédiaires de Dieu sont les esprits célestes : qui facit angelos suos spiritus. Cette vérité est de foi universelle. Sous tous les climats, à toutes les époques, le paganisme lui-même la proclame, et la théologie catholique la manifeste dans toute sa splendeur. Savoir que toutes les parties de l’univers vivent sous la direction des anges : quelle source inépuisable de lumières et d’admiration pour l’esprit, de respect et d’adoration pour le cœur !
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde