Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=988237
images/icones/carnet.gif  ( 988237 )La loi est passée - Que fera le prêtre par Anne Charlotte Lundi (2025-05-27 20:14:56) 

s'il est appelé par la famille, au chevet du mourant qui demande le suicide ? Il ne pourra pas le dissuader sous peine d'amende et d'emprisonnement.

Et les obsèques ? religieuses ou pas ? Si la famille est contre cette euthanasie sans pouvoir agir ...?


images/icones/1n.gif  ( 988239 )quel châtiment ? par jejomau (2025-05-27 20:36:39) 
[en réponse à 988237]

L'islamisation du pays. Et nous avons déjà été prévenu :

l’islamisme n’est pas seulement une révolution d’arabes qui s’ennuient sous la tente, et auxquels un chef habile a imprimé une surexcitation qui les pousse tout à coup à la conquête des villes les plus luxueuses de l’Orient. Non ; mais Dieu a laissé prévaloir pour un temps l’antique ennemi de l’homme, et lui a permis de choisir un organe duquel il séduira les peuples, en même temps qu’il les asservira par le glaive. De là, Mahomet, l’homme de Satan, et le Coran, son évangile. Or, quel est le crime qui a poussé ainsi à bout la justice de Dieu, et l’a portée à abandonner ces peuples à un esclavage dont nous ne prévoyons pas encore la fin ? L’hérésie est ce crime odieux, qui rend inutile la venue du Fils de Dieu en ce monde, qui proteste contre le Verbe de Dieu, qui foule aux pieds l’enseignement infaillible de l’Eglise.

Dom Guéranger


Et comme le disait Léopold Senghor (à qui l'on prête ces mots):"pour être colonisé, il faut être colonisable", dites-vous simplement que, pour le paraphraser, pour être islamisé, il faut être islamisable... c'est-à-dire : avoir rejeté Dieu..
images/icones/barbu2.gif  ( 988256 )pas seulement le prêtre, toute personne par Luc Perrin (2025-05-27 23:17:31) 
[en réponse à 988237]

qui tente de dissuader par la raison une personne entrant dans les catégories de cette loi de mort abominable est passible de prison et d'amende 3000 €.

305 députés de tous les bords mais massivement de "gauche" et des groupes qui soutiennent le président, aussi des minorités non négligeables au RN et chez LR et autres groupes comme LIOT.
Le rapporteur exultait de tant de docilité dans la malfaisance.

Il n'y a pratiquement aucun garde-fou : il faudra donc sans doute mettre par écrit vos volontés en la matière et instruire très précisément "la personne de confiance" dans les formulaires d'hospitalisation.

Au Canada, les mineurs peuvent décider tout seuls ...

Là encore la plandémie et le covidisme ont accoutumé les peuples à une absence d'éthique ; il va de soi que la sécularisation profonde de l'Occident est la cause profonde de ce que Jean Paul II avait nommé "la culture de mort".
images/icones/5b.gif  ( 988266 )Réaction molle par Adso (2025-05-28 09:24:57) 
[en réponse à 988237]

Suis je le seul à trouver que la réactions des évêques (sauf quelques exceptions, loués soient ils) est plus que molle ???

"Vive inquiétude" ou "atteinte à la fraternité" ... C'est mou...
images/icones/1y2.gif  ( 988268 )Rien d'étonnant par Le Cap (2025-05-28 09:29:39) 
[en réponse à 988266]

Cela fait plus de 50 ans qu'ils sont à la traîne derrière les sujets de société, sauf pour faire le fameux barrage "à l'estrême droate". De plus, ils se sont eux-mêmes interdits toute possibilité d'engagement fort avec leur rapport Sauvé. Crosses et mitres liées.
 ( 988326 )Pareil qu’en 1974 sur la loi Veil par Capucin (2025-05-29 20:15:09) 
[en réponse à 988266]

Nous savons aujourd’hui que si la CEF s’était massivement mobilisée contre l’inique loi Veil votée en 1974, elle ne serait pas passée. La responsabilité devant Dieu et l’Histoire des évêques de France est terrible même si la loi serait peut-être passée ultérieurement.
L’exécutif était resté coi de l’inaudibilité de l’église sensée être « enseignante »…
N’oubliez jamais, enfin, que les évêques désignés par le Saint Père font l’objet d’une validation par le ministre de l’Interieur via les instances de Matignon. Les profils les plus consensuels vis à vis du pouvoir sont naturellement ceux qui sont sélectionnés.
Sachez cela et vous ne vous étonnerez plus. Il n’y a rien à attendre d’eux.
images/icones/1i.gif  ( 988273 )Communiqué de la C.E.F. Pour du mou c'est du mou par Anne Charlotte Lundi (2025-05-28 10:35:47) 
[en réponse à 988237]

Ils saluent... suivront avec attention...

Allez allez, : On monte au créneau, on dénonce, on rappelle les vérités de foi, on excommunie...


images/icones/barbu2.gif  ( 988276 )ces éveques ne méritent pas notre respect par jejomau (2025-05-28 11:09:37) 
[en réponse à 988273]

Tout est dit
images/icones/1g.gif  ( 988277 )Le Christ avait tout prévu par Regnum Galliae (2025-05-28 11:17:10) 
[en réponse à 988273]

"Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel s'affadit, avec quoi le salera-t-on? Il n'est plus bon qu'à être jeté dehors, et foulé aux pieds par les hommes." Mt 5, 13
images/icones/neutre.gif  ( 988281 )C'est normal par Justin Petipeu (2025-05-28 11:29:30) 
[en réponse à 988273]

Après tout, depuis des années, ils appellent entre les lignes, voire même au marqueur épais, à voter pour ce centre mou, franc-mac et mondialiste à tous les deuxièmes tours d'élections diverses et variées. Ils ont leur part de responsabilité dans cette barbarie qui se drape de grands mots en costard trois pièces.
images/icones/carnet.gif  ( 988289 )« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. » par Johanis (2025-05-28 13:52:59) 
[en réponse à 988273]

Tout est dans le titre :
« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »
images/icones/carnet.gif  ( 988290 )les évêques réaffirment leur détermination par Donapaleu (2025-05-28 14:13:06) 
[en réponse à 988273]

à porter la voix d’une société juste et fraternelle, qui protège les plus vulnérables (bla, bla...) ; et redisent leur plein soutien à la loi Claeys-Leonetti de 2016 actuellement en vigueur mais encore très largement inappliquée, avec plus de 20% des départements français dépourvus de soins palliatifs
Rappelons quand même que cette loi, permet déjà l'euthanasie (hypocrite) en autorisant la sédation profonde jusqu'au décès avec arrêt de l'hydratation et de l'alimentation. Avec la bénédiction de nos évêques… s'ils l'ont oublié, la congrégation pour la doctrine de la foi a rappelé en 2007 l'obligation morale du maintien de l'hydratation et de l'alimentation (sauf raison médicale particulière).
images/icones/2a.gif  ( 988292 )heureux encore que nos évêques ne votent pas au Parlement par jejomau (2025-05-28 15:08:14) 
[en réponse à 988290]

Le résultat actuel est été amplifié
images/icones/bravo.gif  ( 988335 )les héritiers des monstres de l'hitlérisme par Cristo (2025-05-29 23:21:02) 
[en réponse à 988237]

très bonne mise en perspective ici :



Euthanasie : quand l’Allemagne nazie pratiquait la « mort miséricordieuse »

Il y a 80 ans, la victoire alliée contre les nazis mettait fin aux différents programmes d’euthanasie mis en place par le IIIe Reich, au nom d’une vision eugéniste de l’homme qui continue de nous interpeller.
Pierre Jova
Publié le 23/05/2025

Le 8 mai 1945, une bataille souterraine s’est achevée. Elle opposait des médecins nazis à une foule d’innocents jugés « indignes de vivre » et promis à l’euthanasie, faisant 200 000 victimes depuis le début de la Seconde Guerre mondiale. Une élimination dont les racines idéologiques précèdent l’avènement d’Adolf Hitler en 1933.

« La fin du XIXe siècle en Occident se caractérise par la diffusion du darwinisme social et de l’eugénisme, en union très harmonique avec le racisme », explique l’historien Johann Chapoutot, spécialiste du nazisme et auteur du récent les Irresponsables. Qui a porté Hitler au pouvoir ? (Gallimard). « Le darwinisme social transpose à la culture les catégories naturelles de la survie des espèces, permettant de justifier la domination des possédants. L’eugénisme fournit quant à lui les pratiques médicales pour “améliorer la race” – blanche – par la croissance des ”meilleurs” et l’entrave des “faibles”. »

Portées notamment par l’anthropologue français Georges Vacher de Lapouge, auteur de l’Aryen, son rôle social (1899), ces idées sortent renforcées de la Première Guerre mondiale. « Les tenants de l’eugénisme s’alarment de cette hécatombe des “meilleurs”, de la prolifération des “ratés” et de la submersion migratoire des populations “inférieures”. Selon eux, les “meilleurs” doivent réagir par des politiques contraignantes envers les “faibles”. »

Une revendication ancienne
En Allemagne, l’eugénisme rencontre la revendication déjà ancienne du « droit à la mort », réclamé en 1895 par le psychologue Adolf Jost pour les malades incurables. Elle fait l’objet d’une proposition de loi soumise au Parlement de Saxe par le darwiniste social Roland Gerkan, qui souhaite inclure les personnes âgées. Le débat devient public avec la Libéralisation de la destruction de vies qui ne valent pas d’être vécues (1920), publié par le professeur de droit Karl Binding et le psychiatre Alfred Hoche. « Il ne faut pas comprendre par là un véritable droit à la mort ; il s’agit de la revendication à être délivré d’une vie insupportable », précise Binding, assurant qu’il « existe des êtres humains vivants pour qui la mort est une délivrance, comme elle l’est d’ailleurs pour la société et l’État, ainsi libérés d’une charge inutile ».

Le juriste dresse deux catégories de candidats : les malades héréditaires ou blessés graves demandant à mourir, et les malades psychiques incapables de donner leur consentement, que Hoche qualifie de « morts mentaux », coûtant cher à la société : « Il est facile d’estimer le capital énorme qui est soustrait à la richesse nationale sous forme de vivres, vêtements et chauffage, à cette fin improductive. »

Le fascicule de Binding et Hoche, réédité en 1922, est un succès populaire. Hitler le dévore dans la prison où il croupit après son putsch raté de Munich. « Nimbés de leur crédibilité scientifique, ces grands mandarins viennent légitimer la formulation d’impératifs politiques, souligne Johann Chapoutot. Les nazis ne feront que reprendre des arguments qui leur préexistent. » Ceux-ci sont assez répandus en Allemagne pour qu’un prêtre catholique, Joseph Mayer, consacre une thèse à la stérilisation des malades mentaux, en 1927… « La spécificité nazie, c’est la radicalisation de ces idées : vous devez être leistungsfähig (“performant, productif”) pour rendre à l’État ce que vous avez reçu. Si vous ne l’êtes pas, vous perdez le droit de vivre, même si vous êtes de “bonne race”. Le droit à la vie n’est pas absolu, mais relatif à la capacité productive. »

Trois ans après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, un curieux problème de mathématiques apparaît dans les manuels scolaires : « La construction d’un asile d’aliénés a coûté 6 millions de Reichsmarks. Combien de pavillons à 15 000 Reichsmarks chacun aurait-on pu construire pour cette somme ? » En 1938, le mensuel nazi Neues Volk (« peuple nouveau ») publie une affiche montrant un homme difforme, avec ce slogan explicite : « 60 000 Reichsmarks, c’est ce que coûte ce malade héréditaire à la communauté nationale pour le restant de ces jours. Compatriote, c’est aussi ton argent. » L’année suivante, un couple de paysans de la région de Leipzig supplient Hitler de faire mourir leur fils Gerhard, né aveugle et handicapé. Le Führer dépêche un de ses médecins personnels, Karl Brandt, faisant du bébé la première victime de l’euthanasie de masse.

L’Aktion T4
En août 1939, Hitler forme un comité de médecins pour secrètement recenser les enfants allemands de zéro à 3 ans malformés ou handicapés, et interrompre leur vie. Un autre programme clandestin est imaginé pour les adultes placés en hospice pour cause de schizophrénie, épilepsie, démence sénile… C’est l’Aktion T4 : ainsi nommée car sa direction s’installe au n° 4 de la Tiergartenstrasse, à Berlin. Le responsable de sa mise en œuvre est le médecin SS Werner Heyde, ex-élève d’Alfred Hoche. Les victimes seront tuées par injection, puis, pour plus d’efficacité, par gazage au monoxyde de carbone.

Le déclencheur de cette décision, c’est la guerre, et donc la nécessité de libérer des lits pour les soldats blessés. Dans un ordre écrit et antidaté le 1er septembre 1939, jour de l’invasion de la Pologne, Hitler autorise les médecins choisis pour l’Aktion T4 à « accorder une mort miséricordieuse (Gnadentod) aux malades (…) jugés incurables, selon une appréciation aussi rigoureuse que possible ». Un terme choisi avec soin, démontre Johann Chapoutot : « Il révèle la volonté de détourner les idées morales, chrétiennes et kantiennes, d’amour et de compassion, au profit de l’eugénisme. Pour désarmer les opposants à cette politique d’assassinat, on retourne leurs arguments contre eux. On leur assure que, précisément, tuer le malade est un acte d’amour envers lui, délivré de sa souffrance, et envers ses proches et la communauté, délivrés d’un fardeau. C’est une prise de judo sémantique : le vrai compassionnel, c’est celui qui tue. »

Une perversion mise en scène dans le film Ich klage an (« j’accuse »), projeté au cinéma en août 1941, qui dépeint le procès d’un mari ayant héroïquement « délivré » son épouse souffrant d’une sclérose en plaques. Ce bijou de propagande enregistre plus de 18 millions d’entrées. « Ce film est une de mes expériences d’archives les plus singulières, confie Johann Chapoutot. J’ai un souvenir très net du malaise qui m’habitait après l’avoir visionné : il se révèle redoutablement efficace et convaincant. »

Malgré ce matraquage, les « instituts » où sont assassinés les malades soulèvent la suspicion, puis l’effroi des populations avoisinantes. Plusieurs pasteurs luthériens et évêques catholiques protestent, comme Clemens August von Galen, évêque de Münster, qui dénonce l’Aktion T4 dans un célèbre sermon, le 3 août 1941 : « Si l’on établit et applique le principe qu’il est permis de tuer les “improductifs” parmi nos semblables, alors malheur à nous tous lorsque nous vieillirons et que nos facultés diminueront ! » Cette fronde chrétienne contraint Hitler à stopper l’Aktion T4, après 70 000 morts. L’euthanasie se poursuit cependant sur les enfants, les prisonniers de camps de concentration (l’Aktion 14f13), des patients psychiatriques et des soldats revenus hystériques du front. Plus de 130 000 personnes supplémentaires sont tuées jusqu’en 1945.

Des échos troublants
Quatre-vingts ans plus tard, ce souvenir empêche l’Allemagne de dépénaliser l’euthanasie. Le suicide assisté a bien été autorisé par la Cour constitutionnelle de Karlsruhe en 2020, mais il ne fait pas encore l’objet d’une loi. Le Danemark et la Suède, qui ont procédé à des stérilisations de handicapés et de marginaux jusque dans les années 1970, s’y refusent également. Au contraire, ce passé est absent du débat français sur l’euthanasie, au point de justifier, pour ses partisans, l’effacement du terme. « C’est un mot souillé par l’histoire », répète le député Olivier Falorni, instigateur de la loi actuellement discutée à l’Assemblée nationale, qui lui substitue le vocable « aide active à mourir ».

Le texte qu’il propose diffère évidemment des intentions du IIIe Reich, mais la controverse présente des échos troublants : le changement des mots pour adoucir la réalité de l’acte, la compassion instrumentalisée, la dignité humaine devenant subjective, l’angoisse budgétaire… En avril 2025, le député écologiste Sébastien Peytavie, seul membre de l’Assemblée en fauteuil roulant, a été menacé de « la prochaine Aktion T4 » sur un forum néonazi : comme si l’impensé historique remontait malgré tout à la surface.

« Si on veut essayer de penser les liens entre le nazisme et la modernité contemporaine, il faut bien voir que les raisonnements des nazis ne sont pas exotiques, estime Johann Chapoutot. Ils obéissaient à des logiques qui leur préexistaient et qui leur ont survécu : ce sont celles de l’Occident capitaliste qui considère froidement les êtres et les espaces comme des sources d’énergie à capter. Nous sommes toujours plongés dans les “eaux glacées du calcul égoïste” que dénonçait Marx. Nous assistons même au retour en force d’un social-darwinisme archétypal, promu par les maîtres du monde : Elon Musk qui veut repeupler la Terre, Donald Trump qui vante ses “bons gènes”, Peter Thiel qui se rêve en homme immortel… » Avec l’euthanasie, nos parlementaires ne légifèrent pas pour la prochaine élection, mais pour la prochaine génération.

https://www.lavie.fr/idees/histoire/euthanasie-quand-lallemagne-nazie-pratiquait-la-mort-misericordieuse-99283.php
images/icones/fleche2.gif  ( 988374 )Etienne-Emile BEAULIEU était pour par Cristo (2025-05-31 13:07:33) 
[en réponse à 988335]

comment est-ce possible en étant d'origine juive et en ayant connu les affres du nazisme ? Mystère.

Le père de la pilule abortive est décédé hier et on est pris de vertiges en pensant à son passage devant son Créateur :


Mort du professeur Étienne-Émile Baulieu, inventeur de la pilule abortive
La Croix (avec AFP)
Publié le 30 mai 2025

Médecin et chercheur internationalement reconnu, inventeur de la pilule abortive, Étienne-Émile Baulieu est mort vendredi 30 mai, à l’âge de 98 ans. Résistant, expatrié aux États-Unis puis défenseur du droit à l’avortement, le nonagénaire français menait aussi de nombreuses recherches sur le vieillissement.

Le professeur Étienne-Émile Baulieu, inventeur de la pilule abortive, est décédé vendredi 30 mai à l’âge de 98 ans, à son domicile à Paris, a annoncé sa femme. Ce médecin et chercheur a placé les questions de société au cœur de ses recherches qui lui ont valu une reconnaissance mondiale.

« J’ai toujours essayé de combiner la science et le progrès, les applications utiles au bien-être de l’Homme », déclarait celui qui se disait « libre chercheur ». Le nonagénaire, encore pensionnaire d’un bureau à l’unité Inserm du CHU du Kremlin-Bicêtre, affirmait en mars 2023 qu’il s’ennuierait « s’il ne travaillait plus ». Proche d’Andy Warhol, il se disait « fasciné par les artistes, qui prétendent accéder à l’âme humaine, ce qui restera à jamais hors de portée des scientifiques ».


De Strasbourg aux États-Unis
Fils d’un néphrologue qui meurt alors qu’il n’a que 3 ans, Étienne-Émile Baulieu est né le 12 décembre 1926 à Strasbourg, sous le patronyme d’Étienne Blum. Entouré de deux sœurs, il est élevé par sa mère, ancienne avocate et féministe convaincue.

En Sicile, les hôpitaux désormais obligés de recruter des médecins pratiquant l’avortement
Réfugié à Grenoble pendant la Seconde Guerre mondiale, il prend le nom d’Émile Baulieu, puis d’Étienne-Émile Baulieu, et s’engage dans la Résistance au sein des Francs-tireurs et partisans, à l’âge de 15 ans. Au sortir de la guerre, il entame un double cursus universitaire en sciences et en médecine et se spécialise dans l’étude des hormones stéroïdes.

Invité à travailler aux États-Unis, il est remarqué par Gregory Pincus, l’inventeur de la pilule contraceptive, qui le convainc de travailler sur les hormones sexuelles. Étienne-Émile Baulieu deviendra un expert en la matière, n’hésitant pas à médiatiser ses découvertes et à user de son entregent pour obtenir des fonds, suscitant quelques jalousies dans le milieu feutré des laboratoires.

La découverte d’une « anti-hormone »
De retour en France, le médecin découvre une « anti-hormone » qui s’oppose à l’action de la progestérone, essentielle à l’implantation de l’œuf dans l’utérus. La molécule RU-486, mise au point en 1982 par le laboratoire Roussel-Uclaf avec lequel il s’est associé, est une alternative médicamenteuse à l’avortement chirurgical, sûre et peu onéreuse. Rapidement accusé d’avoir inventé une « pilule de la mort », il se bat pour la commercialisation de sa découverte.

L’Église catholique, notamment, s’oppose fermement à la pilule abortive, considérant l’avortement comme incompatible avec le respect du caractère sacré de la vie et jugeant que la pilule pourrait encourager l’avortement comme méthode contraceptive.

Avortement aux États-Unis : et maintenant ?
En 1988, le ministre de la santé Claude Evin ordonne finalement au laboratoire Roussel-Uclaf de commercialiser la pilule, arguant qu’elle est la « propriété morale des femmes ». Dans les années qui suivent, Étienne-Émile Baulieu tente de convaincre d’autres gouvernements d’autoriser la distribution de la RU-486 et s’est, ensuite, régulièrement prononcé en faveur du droit à avorter.

Des recherches sur le vieillissement
Le médecin-chercheur avait parallèlement repris ses travaux sur la DHEA, une hormone naturelle, dont il pensait qu’elle pouvait retarder le vieillissement. Il en avait décrit la sécrétion par les glandes surrénales en 1963. Fortement médiatisées, ses recherches ont montré des effets limités (raffermissement de la peau, baisse des dépressions, amélioration de la libido).

Dépendance, moins de seniors en perte d’autonomie
Étienne-Émile Baulieu avait fait du grand âge son nouveau cheval de bataille. Toujours actif bien après l’heure de la retraite, il avait créé en 2008 l’Institut Baulieu destiné à financer des recherches en vue de retarder le moment de la dépendance. En 2010, à 83 ans, il publiait encore des travaux réalisés avec son équipe sur une protéine pouvant jouer un rôle dans la lutte contre la maladie d’Alzheimer.


https://www.la-croix.com/sante/mort-du-professeur-etienne-emile-baulieu-inventeur-de-la-pilule-abortive-20250530
images/icones/info3.gif  ( 988376 )l'ex-jésuite Jean-Louis Schlegel pour sauf pour lui par Cristo (2025-05-31 13:44:16) 
[en réponse à 988237]

un peu jésuitique tout ça ... et vas-y que je t'égratigne l'Eglise au passage




Tribune
Jean-Louis Schlegel : « Catholique, je suis pour la proposition de loi sur la fin de vie »

Jean-Louis Schlegel
Philosophe, sociologue des religions
Publié le 23 mai 2025

Quelle place tiennent les cultes dans les débats sur la fin de vie ? Jean-Louis Schlegelne comprend pas le discours de l’Église catholique.

Jean-Louis Schlegel s’interroge sur la place des cultes dans les débats relatifs à la proposition de loi sur la fin de vie, qui se déroulent à l’Assemblée nationale. Défendant, en tant que catholique, une position pro-fin de vie, il partage son incompréhension face au discours de l’Église catholique, qu’il juge suranné.

La légitimité de la parole des religions en matière politique, a fortiori sur des sujets qui engagent directement les convictions et la responsabilité de tous, donc le bien commun, n’est pas en cause. Dans la discussion publique, la démocratie peut, et même doit, apprendre des traditions religieuses, de leur sagesse et de leur éthique, plus encore dans une société où l’utilité et la technique règnent en maîtres.

Je suis néanmoins surpris que la Conférence des responsables de culte en France (CRCF) intervienne, à propos de la fin de vie, de manière aussi rugueuse dans le débat en cours à l’Assemblée nationale. Alors que les « camps » en présence revendiquent à première vue les mêmes mots (dignité, fraternité…) pour qualifier des attitudes très opposées sur la fin de vie désirable, je ne suis pas sûr que la tribune de la CRCF quant aux « dangers d’une rupture anthropologique » soit pertinente, sur la forme et le fond.


Disons-le d’emblée sans fard : il est étrange de voir repris, dès son titre, cette expression phare, qui a fait flop en 2012-2013, lors de la loi sur le mariage pour tous. L’apocalypse promise par une telle rupture n’a pas eu lieu… tout simplement parce que la rupture anthropologique s’est produite bien avant, dans les années 1960, avec la mise en vente libre de la pilule contraceptive, qui a bouleversé le régime des relations hommes-femmes et ébranlé le modèle familial reçu.

Or l’Église catholique, pour ne parler que d’elle, n’a jamais varié : elle est restée dans le déni de cette rupture, pour engager, lors de chaque loi sociétale, des combats perdus. Le « lien social » ne s’est pas écroulé. Ce qui s’est ainsi considérablement défait, en revanche, c’est l’Église catholique, sa crédibilité et la réception de son discours.

Une Église dépassée
Les cinq points mis en avant dans la tribune de la CRCF consistent presque exclusivement en dénonciations dures du pire, présent et à venir, si le projet de loi (avant la discussion à l’Assemblée) est adopté. Les rédacteurs de la tribune s’épargnent ce faisant tout retour sur ce qu’il y a de juste et d’admissible dans ce projet de loi.

Celui-ci n’est en effet pas dû seulement à une « culture de la mort », mais à des raisons sociologiques graves et sérieuses : l’allongement considérable de la vie avec sa conséquence inéluctable, une fin de vie souvent plus difficile, plus douloureuse, plus solitaire, perçue comme « indigne » par beaucoup ; des maladies séniles redoutées ; une « médecine ultra-performante, capable de faire mourir quasiment sans souffrir », mais aussi de prolonger fortement la vie des malades et des éprouvés de tous âges (ou de différer considérablement le moment de leur mort) ; la volonté partagée d’autodétermination responsable en tous domaines du début à la fin de la vie.

De plus en plus de contemporains voient et vivent cela avec leurs proches et leurs amis. Beaucoup sont loin, et ne peuvent visiter ou aider… Bien entendu, le recul de la foi en une « autre vie » joue aussi son rôle, avec le sentiment de l’inutilité de rester plus longtemps en vie quand rien ne va plus dans le corps mortel.

La CRCF se dispense donc de légitimer ses avertissements – une « autodispense » mal accueillie par des citoyens qui ne sont pas nécessairement des laïcards bornés. Ils rappellent l’objection déjà avancée contre l’Église lors de précédentes batailles législatives sur les sujets sociétaux : de quel droit, devenue très minoritaire, et aussi dévaluée par l’écart entre le dire et le faire (cf. les abus…), peut-elle prétendre imposer sa loi contre une opinion qui va dans l’autre sens ?

Ces lois laissent une totale liberté aux croyants pour vivre leur foi et défendre leurs options éthiques : de quel droit dénient-ils aux autres la possibilité de vivre selon leurs convictions, a fortiori si ces derniers sont majoritaires ? Comment rester insensible à ces protestations démocratiques ?

L’ultime liberté : pour quoi ?
Pour toutes ces raisons, je dis en tout cas personnellement « oui » à la future nouvelle loi, en espérant qu’elle mettra fin à un débat épuisant pour tous et ne confirmera pas, à travers ses dérives, ceux qui craignent l’apocalypse. Mais pour ma part, je ne suis pas intéressé, je le dis franchement, par l’« ultime liberté », par l’autodétermination responsable que cette loi m’accordera pour choisir le moment de ma mort et la façon de mourir.

Si je ne me reconnais pas, ni dans le ton ni sur le fond, dans le combat que l’Église mène, avec les autres religions, contre le projet de loi en cours de discussion, je doute que la liberté « ultime », absolue, de choisir l’heure de sa mort, ainsi que le mode opératoire de cette aide, réponde aux questions multiples nées de la diversité et de la singularité des fins de vie aujourd’hui.

Pour moi, c’est le mot « accompagnement » qui définit le mieux ce que je souhaite quand l’heure viendra. Être accompagné par des soignants attentionnés et des proches aimants, qui me diront des paroles de consolation et me tiendront la main « fraternellement », tel est mon espoir. Ce n’est pas la garantie, mais la promesse ou la chance de vivre ce que signifie en réalité le mot « eu-thanasie » : une « mort heureuse » (1) ou un mourir heureux.

C’est aussi, selon moi, le comportement le plus « digne » dans une société qui se veut activement fraternelle et solidaire et ne résout pas les problèmes du vivre et du mourir en les supprimant grâce à la technique. La loi Claeys-Leonetti de 2016, qui insiste sur les soins palliatifs et permet, à la toute fin, la sédation profonde, me semble à la hauteur de ces principes. Interprétée avec ouverture et clairvoyance, elle permet la fin des souffrances et de l’acharnement thérapeutique dans le respect de la liberté du malade qui se sait « condamné ». Et elle convient très bien au catholique que je suis et reste.

[1] Hans Küng, La Mort heureuse, Seuil, 2015. J’ai traduit ce livre très personnel du théologien contestataire (et contesté), où il défend avec des arguments impressionnants, y compris chrétiens, le « droit, le moment venu, de décider quand et comment je vais mourir ». C’était son choix, il insistait sur ce point. Je ne le suis pas.


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