CHAPITRE X
SUITE DU PRÉCÉDENT.
Nécessaire au gouvernement du monde, cette communication incessante durera jusqu’au jugement dernier. Elle renferme ce que nous avons appelé la purification, l’illumination et le perfectionnement. En effet, la manifestation d’une vérité, à celui qui ne la connaît pas purifie son entendement, en dissipant les ténèbres de l’ignorance ; elle l’illumine, en faisant briller la lumière où régnait l’obscurité ; elle le perfectionne, en lui donnant une science certaine de la vérité. Telles sont les opérations des anges supérieurs, à l’égard des anges inférieurs qui, pour cela, sont dits purifiés, illuminés et perfectionnés. Pas une de ces mystérieuses opérations de la hiérarchie céleste, qui ne se retrouve dans la hiérarchie de l’Église militante.
Or, les communications angéliques se font par la parole ; car les anges, parfaites images du Verbe, ont un langage et se parlent entre eux. Que les anges parlent, saint Paul nous l’enseigne, lorsqu’il dit : Quand je parlerais les langues des hommes et des anges (I Cor., XIII, 1). Toutefois, gardons-nous d’imaginer que le langage angélique soit semblable au langage humain, et qu’il ait besoin de sons articulés où de signes extérieurs, véhicules de la pensée d’un ange à l’autre.
Ce langage est tout intérieur, tout spirituel, comme l’ange lui-même. Il consiste de la part de l’ange supérieur, dans la volonté de communiquer une vérité à l’ange inférieur ; et, de la part de celui-ci, dans la volonté de la recevoir. Ces deux opérations, ne rencontrant aucun obstacle, ni dans la nature des anges, ni dans leurs dispositions individuelles, sont infaillibles et instantanées.
C’est, de la première hiérarchie que la seconde et la troisième reçoivent, l’une immédiatement et l’autre médiatement, les illuminations divines. De là, relativement à leur dignité et à leurs fonctions, cette grande division des anges, en anges assistants et en anges exécutants, ou administrateurs.
Les premiers considèrent en Dieu même la raison des choses à faire, et les manifestent aux anges inférieurs, chargés de les exécuter. Telle est l’image sous laquelle l’Écriture sainte nous représente les anges de la première hiérarchie. Un de ces illustres princes de la cour du grand Roi, parlant à Tobie, lui dit : Je suis Raphaël, un des sept anges qui sommes assistants devant Dieu. Littéralement : Qui nous tenons debout devant Son trône.
Il faut dire que cette belle expression, être assistants au trône de Dieu, a plusieurs sens. Les anges assistent devant Dieu lorsqu’ils prennent Ses ordres ; lorsqu’ils lui offrent les prières, les aumônes, les bonnes œuvres, les vœux des mortels ; lorsqu’ils plaident, contre les démons, la cause des hommes au suprême tribunal ; lorsqu’ils plongent leurs regards dans les rayons de la face divine, pour en retirer les voluptés ineffables qui constituent leur félicité.
Dans ce dernier sens, tous les anges, nul exceptés sont assistants devant Dieu, car tous jouissent et jouissent continuellement de la vision béatifique, alors même qu’ils accomplissent leurs missions dans le gouvernement du monde. Néanmoins, dans le sens précis, l’expression assister devant Dieu désigne les anges de la première hiérarchie, et qui n’ont pas coutume d’être employés aux ministères extérieurs.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde