CHAPITRE X
SUITE DU PRÉCÉDENT.
Que les anges et les hommes forment des hiérarchies distinctes, la raison et la preuve en est dans la perfection relative des uns et des autres. Cette perfection est d’autant plus grande, que les êtres participent plus abondamment des perfections de Dieu.
Créature purement spirituelle, l’ange y participe plus que l’homme. En effet, l’ange reçoit les illuminations divines dans l’intelligible pureté de sa nature, tandis que l’homme les reçoit sous les images plus ou moins transparentes des choses sensibles, telles que la parole et les sacrements.
L’ange est donc une créature plus parfaite que l’homme, et doit par conséquent former une hiérarchie différente. De plus, comme il y a hiérarchie, c’est-à-dire ordre de subordination dans le monde angélique, il est évident que tous les anges ne reçoivent pas également les illuminations divines. Il y a donc des anges supérieurs aux autres. Leur supériorité a pour fondement la connaissance plus ou moins parfaite, plus ou moins universelle de la vérité.
1 On voit aussi par là que la centralisation dans un grand empire est contraire aux lois fondamentales de l’ordre ; et, comme conséquence inévitable, qu’elle doit produire le froissement, le malaise, la révolte et la ruine (V. le jacobinisme maçonnique centralisateur contraire donc aux "lois fondamentales de l’ordre").
« Cette connaissance, dit saint Thomas, marque trois degrés dans les anges ; car elle peut être envisagée sous un triple rapport.
« Premièrement, les anges peuvent voir la raison des choses en Dieu, principe premier et universel. Cette manière de connaître est le privilège des anges qui approchent le plus de Dieu, et qui, suivant le beau mot de Saint Denis, se tiennent dans son vestibule. Ces anges forment la première hiérarchie.
« Secondement, ils peuvent la voir dans les causes universelles créées, qu’on appelle les lois générales. Ces causes étant multiples, la connaissance est moins précise et moins claire. Cette manière de connaître est l’apanage de la seconde hiérarchie.
« Troisièmement, ils peuvent la voir dans son application aux êtres individuels, en tant qu’ils dépendent de leurs propres causes, ou des lois particulières qui les régissent. Ainsi connaissent les anges de la troisième hiérarchie. »
Il y a donc trois hiérarchies parmi les anges, et il n’y en a que trois : une quatrième ne trouverait pas sa place. En effet, ces trois hiérarchies ont leur raison d’être dans les trois manières possibles de voir la vérité en Dieu, dans les causes générales, dans les causes particulières ; c’est-à-dire, comme par le sublime aréopagite, dans la vie plus ou moins abondante dont jouissent les anges qui les composent.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde