CHAPITRE IX
LES PRINCES DE LA CITÉ DU BIEN.
L’observation la plus savante des lois divines proclame cet axiome : qu’il n’y a pas de saut dans la nature, ni de rupture dans la chaîne des êtres (Natura non facit saltus. Linné). En même temps elle démontre que, de cette chaîne magnifique, l’homme ne peut pas être le dernier anneau. Dieu est l’océan de la vie.
Il la répand sous toutes les formes : végétative, animale, intellectuelle. Selon qu’elle est plus ou moins abondante, la vie marque le degré hiérarchique des êtres.
Or, elle est plus abondante à mesure que l’être se rapproche plus de Dieu. Ainsi, pour ramener à Lui, par des degrés insensibles, toute la création descendue de Lui, le Tout-Puissant, dont la sagesse infinie s’est jouée dans la formation de l’univers, a tiré du néant plusieurs espèces de créatures.
Les unes visibles et purement matérielles, telles que la terre, l’eau, les plantes ; d’autres, tout à la fois visibles et invisibles, matérielles et immatérielles, les hommes ; d’autres enfin, invisibles et immatérielles, les anges. Non moins que les autres ces derniers sont donc une nécessité de la création.
Écoutons le plus grand des philosophes : « Supposé, dit saint Thomas, le décret de la création, l’existence de certaines créatures incorporelles est une nécessité. En effet, le but principal de la création, c’est le bien.
Le bien ou la perfection consiste dans la ressemblance de l’être créé avec le Créateur, de l’effet avec la cause. La ressemblance de l’effet avec la cause est parfaite, lorsque l’effet imite la cause selon qu’elle le produit.
Or, Dieu produit la créature par intellect et par volonté. La perfection de l’univers exige donc qu’il y ait des créatures intellectuelles et incorporelles.» Ainsi, qu’il y ait des anges et que les anges soient des êtres personnels, et non des mythes ou des allégories, c’est une vérité enseignée par la révélation, confirmée par la raison, attestée par la foi du genre humain.
Nature des anges. Nous venons de l’indiquer, les anges sont incorporels, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas de corps avec lesquels ils soient naturellement unis. « La raison en est qu’étant des êtres complètement intellectuels et subsistant par eux-mêmes, formae subsistentes, comme parle saint Thomas, ils n’ont pas besoin de corps pour être parfaits.
Si l’âme humaine est unie à un corps, c’est qu’elle n’a pas la plénitude de la science et qu’elle est obligée de l’acquérir par le moyen des choses sensibles. Quant aux anges, étant parfaitement intellectuels par leur nature, ils n’ont rien à apprendre des créatures matérielles, et le corps leur est inutile. »
Il résulte de là que les anges ne peuvent, comme les âmes humaines, être unis essentiellement à des corps et devenir une même personne avec eux.
Ils sont, par conséquent, incapables d’exercer aucun acte de la vie sensible ou végétative, comme voir corporellement, entendre, manger et autres semblables. De l’air ou d’une autre matière déjà existante, ils peuvent cependant se former des corps et leur donner une figure et une forme accidentelle. L’archange Raphaël disait à Tobie : Lorsque j’étais avec vous par la volonté de Dieu, je paraissais manger et boire ; mais je fais usage d’aliments invisibles (Tob., XII).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde