Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=986816
images/icones/carnet.gif  ( 986816 )Messe traditionnelle à Argenteuil : plusieurs questions. par Pierre Doutreligne (2025-05-02 22:28:32) 

Je ne sais pas si certains ont déjà eu le temps de regarder la Messe célébrée par Dom Jean Pateau, T.R.P de l'Abbaye Notre-Dame de Fontgombault. dans la basilique d'Argenteuil.

https://www.youtube.com/watch?v=esCdnvIfS9U&ab_channel=ParoisseNotre-DamedesArm%C3%A9esVersailles

À son visionnage, plusieurs questions me viennent à l'esprit, sans absolument aucun esprit critique ni polémique :

- comment appelle-t-on une messe célébrée par un Père Abbé où il ne semble n'y a voir qu'un prêtre (assistant ?) revêtu de la chape, sans diacre, ni sous-diacre ? Comment nomme-t-on exactement ce ministre ? En l'espère l'Abbé de la Motte de NDA. Diacre ? Car on le voit offrir le calice avec le Père Abbé. Il me semble avoir déjà vu une messe "prélatice" célébrée par Mgr Rougé pour la messe de préparation du pèlerinage de Chartres mais il n'était assisté que d'un cérémoniaire.

- est-ce l'habitude dans ce type de messes de réciter les prières, le Gloria et le Credo à l'ambon et non à l'autel ?

- il me semble que le Père Abbé porte un manipule lorsqu'il célèbre dans son Abbaye, pourquoi pas ici ?

- je connaissais l'usage de Fontgombault voulant que la secrète ne le soit pas tant que ça mais j'ignorais qu'il pratiquait cette coutume à l'extérieur du monastère. cf messe de clôture du pèlerinage de NDC en 2016. Même remarque s'agissant du "Per ipsum". Cela arrive-t-il souvent ?

- le Gloria et le Credo sont chantés ensemble par l'assemblée et le célébrant par contre le prêtre commence le Canon sans attendre la fin du chant du Sanctus, n'est-ce pas quelque peu contradictoire ? On l'entend d'ailleurs demander à l'Abbé de la Motte s'il doit commencer.



images/icones/mitre4.png  ( 986845 )Autre question par Bibracte (2025-05-03 17:03:31) 
[en réponse à 986816]

Depuis quand un père abbé, qui n'est pas évêque, a-t-il le droit de pontifier hors de son abbaye (ou de ses "filles") ?
images/icones/1d.gif  ( 986855 )En posant la question par Nemo (2025-05-03 19:32:30) 
[en réponse à 986845]

En posant la question de cette manière vous donnez la réponse.
images/icones/fleche2.gif  ( 986865 )Autre question (2) par AVV-VVK (2025-05-03 22:12:52) 
[en réponse à 986845]

Depuis quand un abbé d' un ordre contemplatif "quitte-il" son abbaye ?
images/icones/1d.gif  ( 986856 )Quelle réponse attendez-vous ? par Nemo (2025-05-03 19:34:22) 
[en réponse à 986816]

En tant que cérémoniaire, la seule réponse que je peux vous donner est :
Bricolage.
images/icones/carnet.gif  ( 986859 )"Messe diaconale" par Candidus (2025-05-03 20:26:50) 
[en réponse à 986816]

Ce genre de messe avec l'assistance d'un diacre, ou d'un prêtre faisant fonction de diacre, est une innovation des années 60. Je ne sais pas si c'était prévu par le missel de 1965 mais son introduction a plus ou moins coïncidé avec la promulgation de ce missel. Cette forme liturgique était souvent pratiquée au Barroux, Dom Gérard Calvet l'appréciait beaucoup avant même sa rupture avec la FSSPX.

Concernant le doublement des prières à la messe chantée, je comprends que le cas du Sanctus soit particulier, selon que le prêtre suit l'ancien ou le nouvel usage, la longueur du Canon va varier considérablement. Dans le cadre de l'ancienne pratique (1962), il est tout de même dommage que les fidèles se trouvent placés devant le dilemme de chanter le Sanctus ou de suivre la prière du Canon.
images/icones/idee.gif  ( 986860 )Merci ! par Pierre Doutreligne (2025-05-03 21:07:44) 
[en réponse à 986859]

... de vos éclaircissements ! Et je rejoins votre dernière remarque.
images/icones/carnet.gif  ( 986862 )Excusez-moi par Nemo (2025-05-03 21:51:02) 
[en réponse à 986859]

Votre réponse introduit une confusion regrettable.
Je trouve dommage qu'on mette un message aussi affirmatif sans aucune référence car tout, absolument tout est faux.
La messe diaconale existe en France dans les rites gallicans depuis un temps immémorial et a été conservée par les ordres monastiques bien avant les excentricités de la deuxième moitié du 20e siècle.
Dans cette messe le diacre porte une étole diaconale et non une chape ni même une dalmatique.
Dom Gérard ne faisait que continuer une coutume immémoriale.
Je ne sais pas où vous trouvé un dilemne pour le fidèle de chanter le sanctus ou de suivre le canon.
Suivre le canon est une innovation que Dom Guéranger n'aurait pas imaginée : il refusait même que l'on traduise le canon en Français dans les missels des fidèles. La règle de l'arcane existait. Le canon est une prière sacerdotale qui a longtemps été protégée par la loi de l'arcane.
L'idée de faire participer les fidèles au texte du canon est totalement moderniste. C'est la raison pour laquelle on le récite à voix basse. Même le servant ne l'entend pas.
La messe à Argenteuil est un bricolage sans fondement liturgique.
Il s'agit de faire joli en mettant une mitre et un peu de flafla.
Je suis triste qu'un Père Abbé se livre à ce jeu, manifestement en demandant ce qu'il doit faire...
Un truc à prêter le flanc aux attaques modernistes, et de façon justifiée.
images/icones/carnet.gif  ( 986911 )Un sujet à approfondir par Leopardi (2025-05-04 19:54:32) 
[en réponse à 986862]

Vous soulevez un point que je serais heureux de voir approfondi ici car il m'intéresse et je pense pas seulement moi.

"la règle de l'arcane"

Quels sont les fondements, l'intérêt et le bien pour le fidèle, d'être privé de la compréhension du canon de la Messe.

Je pose la question sans sous-entendu car je n'ai pas d'avis mais je souhaiterais une réponse étayée.

Merci beaucoup pour qui veut s'y coller.

Leopardi
images/icones/hein.gif  ( 986934 )Une idée ? par Roger (2025-05-05 08:59:37) 
[en réponse à 986911]

Peut être s'agit il d'une conception hiérarchique de la vie chrétienne dans laquelle les moments les plus solennels sont cachés aux simples fidèles?

Pensons aux iconocostases en Orient par exemple ?
 ( 986936 )Apparemment personne ne veut s’y coller par Leopardi (2025-05-05 10:00:39) 
[en réponse à 986934]

Où sont passées nos grandes gueules?
images/icones/idee.gif  ( 986940 )"grandes gueules" le terme n'est pas flatteur mais bon par Luc Perrin (2025-05-05 10:45:44) 
[en réponse à 986936]

après Jérusalem-Bruxelles et quelques autres, on s'habitue.

J'avoue ne pas bien saisir votre question hic et nunc en mai 2025 puisque, ô surprise, depuis l'existence très répandue de missels entre les mains des fidèles, je comprends fort bien le déroulement du Canon.

La règle de l'arcane est donc obsolète de facto même avec un Canon récité à voix basse.

N'étant pas spécialiste des temps obscurs, avant l'époque moderne et contemporaine, j'avance l'hypothèse comme Roger que cela reflète, comme il le dit dans les liturgies orientales c'est très manifeste - dans le rite arménien on tire un rideau avant la consécration - la racine judaïque avec la liturgie du Temple. Il me semble que l'accès était déterminé par des étapes et que seuls les prêtres allaient à l'autel et au saint des saints. Hypothèse ...
Au Moyen Âge, les jubés séparaient très fortement le choeur et la nef, il en reste des traces dans des églises anglaises.

C'est juste une hypothèse de béotien "grande gueule" si vous voulez. Il vaut mieux l'ouvrir selon la Bible que de rester coi et faire le Nicodème n'est-ce pas ?

Sa valeur aujourd'hui me semble atténuée par l'ouverture à la vue du choeur et l'existence des missels mais demeure pas uniquement comme un vestige : la liturgie traditionnelle comporte plein de ces vestiges.
En effet comme pour les Orientaux, cela marque le temps le plus sacré de la liturgie eucharistique : pour cela je renvoie - cela fera plaisir à AVV-VVK - à Sacrosanctum concilium.

D'ailleurs dans les années 1950-début 1960, la distinction entre la "table de la Parole" et la "table du sacrifice" est générale et initialement, je pense que telle était la pensée dominante des Pères conciliaires en 1962-1963, il n'était pas question de toucher au Canon romain d'aucune manière ni dans le texte ni dans la langue latine ni dans la récitation mezza vocce. Elle n'est introduite que tardivement en 1967 après le passage au vernaculaire intégral.





images/icones/carnet.gif  ( 986947 )Dans ce sens par Roger (2025-05-05 13:56:51) 
[en réponse à 986940]

Quelques éléments d'analyse ici

ici
images/icones/1a.gif  ( 986948 )Expression un peu provocatrice par Leopardi (2025-05-05 14:37:26) 
[en réponse à 986947]

je vous l'accorde, je voulais dire les "grands pontes" en matière historico liturgique de ce forum.

Merci à Roger pour ce lien qui est un début de réponse.

Comme ce point me paraît capital par rapport à la question de la Messe à voix basse, il me semblait étonnant qu'il n'y ait aucune étude approfondie sur le sujet.

Est-ce que d'autres religions ou sectes pratiquent cet usage du silence, voire du secret de cerrtaines prières et comment cela est-il justifié?

J'avais entendu l'abbé Laguérie lors du premier Motu Proprio lors d'une interview dire que c'était super la Messe en latin parce-que les gens ne comprenaient pas et cela faisait du mystère.

J'ai trouvé cette explication un peu facile et bâclée.

Cela me rappelle le "tu comprendras quand tu seras grand" de nos parents ;-)
images/icones/carnet.gif  ( 986953 )Le temple de Jérusalem par Roger (2025-05-05 16:57:34) 
[en réponse à 986948]

Sans être un expert je pense que le saint des saints du temple de Jérusalem où le grand prêtre entrait seul et prononçait le nom divin a pu fournir un exemple digne d'être suivi.
images/icones/carnet.gif  ( 986954 )Merci par Leopardi (2025-05-05 17:07:46) 
[en réponse à 986953]

de ce commentaire plein de bon sens.

Par contre je note qu'il n'y a pas eu d'essai sur le sujet comme il y en a eu sur la messe orientée de Mgr Gamber.
images/icones/vatican.gif  ( 986957 )Canon à voix haute : janvier 1965 par Alexandre (2025-05-05 18:01:01) 
[en réponse à 986940]

Ce n'est pas en 1967 que l'on a commencé à dire le canon à voix haute : dès janvier 1965 (application d'Inter Œcumenici), entre la 3° et la 4° session du concile Vatican II, il était prévu, au moins pour les messes concélébrées, de chanter le canon. Des livrets notés furent imprimés par les éditeurs pontificaux.

(Pour les messes basses [ou plutôt lues], je ne sais pas si une telle faculté fut alors concédée. Il faudrait faire des recherches que l'éloignement de ma bibliothèque rendent incommodes...)
images/icones/carnet.gif  ( 986995 )je ne m'étais pas trompé : mai 1967 par Luc Perrin (2025-05-06 12:58:08) 
[en réponse à 986957]

ma mémoire n'est plus ce qu'elle était mais tout de même ...

La généralisation du Canon à voix haute date bien pour toutes les messes de l'Instruction de mai 1967 Tres abhinc annos en son numéro 10 :

10. Aux Messes avec assistance du peuple, même non concélébrées, le prêtre célébrant peut dire le Canon à voix haute, lorsque cela est opportun. Aux Messes chantées, il peut chanter ces parties du Canon que le Rite de concélébration de la Messe permet de chanter.

La modification de 1965 était très circonscrite en fait.
images/icones/1w.gif  ( 987027 )Merci par Alexandre (2025-05-06 22:23:18) 
[en réponse à 986995]

cette disposition de 1967 avait complètement déserté ma mémoire (si elle y a jamais été !).

Pour autant, je ne qualifierais pas de "circonscrite" le chant du canon à voix haute dès 1965, lors des concélébration : dans les villes, ou les communautés religieuses (à la Pierre-qui-Vire, une cinquantaine de prêtres, tout autant à En Calcat ; sans oublier les religieux actifs, les collèges...), on n'a pas dû se faire prier pour foncer dedans dès le début. L'exemple venait du Concile (notamment de la concélébration de Paul VI avec des curés de Rome faisant la couverture de la DC) et répondait aussi à la soif de nouveauté et encourageait... la flemme de célébrer privatim. On y est encore !
images/icones/carnet.gif  ( 986958 )Concernant la discipline de l’arcane par Signo (2025-05-05 18:37:31) 
[en réponse à 986911]

C’est un sujet complexe, et voici la compréhension que j’en ai (je m’appuie tout de même sur des éléments historiques et théologiques objectifs).

La vie chrétienne est fondée sur la notion d’initiation au mystère du Père. Le grand initiateur est le Christ, le Fils de Dieu. Le parcours de l’initiation chrétienne se déroule dans le cadre du catéchuménat avec ses scrutins et ses exorcismes (phase purgative) et culmine avec l’illumination baptismale qui inaugure pour le néophyte la vie nouvelle dont parle S. Paul. Par conséquent, le fidèle baptisé et confirmé est parfaitement initié aux saints mystères et peut assister à la liturgie eucharistique et communier. Ce qui n’est pas le cas des catéchumènes qui, dans l’Eglise antique, ne pouvaient assister qu’à la liturgie de la Parole et devaient quitter l’église avant l’offertoire. A priori donc, la discipline de l’arcane s’impose aux non baptisés seulement.

Cependant, cela signifie-t-il que le peuple chrétien doit nécessairement tout voir et tout entendre de la célébration du mystère eucharistique ? Non, et d’ailleurs la pratique liturgique universelle dans l’Eglise a répondu par cette question par la négative durant près de 1500 ans.

Pour comprendre le sens profond de cette « pédagogie du sacré et du mystère», il faut prendre en compte l’architecture sacrée et son évolution avec le passage du Temple de Jérusalem aux églises chrétiennes.

Dans le Temple, (et d’une manière générale dans tous les temples du paganisme antique), le peuple ne rentrait jamais dans l’édifice, mais restait a l'exterieur. Ce dernier était compose de deux parties : le Lieu Saint, et le Saint des saints. Seuls les prêtres et les lévites pouvaient pénétrer dans le Lieu Saint pour effectuer les sacrifices. Et seul le Grand Prêtre, une fois l’an seulement (Yom Kippour de mémoire), pénétrait seul dans le Saint des saints, une corde attachée au pied pour que l’on puisse l’extraire du sanctuaire à distance en cas de malaise ou de mort sans entrer dans le Sanctuaire sacro-saint.

La Nouvelle Alliance inaugurée par le Christ va provoquer une évolution décisive de cette disposition cultuelle. Par sa Passion, le Christ, agissant comme le grand-prêtre de la nouvelle alliance, est entré dans le Saint des Saints céleste (dont le Saint des saints de la Jérusalem terrestre n’était qu’une préfiguration), c’est-à-dire in sinu Patris, dans le sein du Père, comme on le lit dans le chapitre 9 de la lettre aux Hébreux. Il y est entré, précédant et entrainant derrière lui toute l’humanité rachetée, d’où la fameuse expression de la sequela Christi, la suite du Christ. Des lors, le peuple nouveau, devenu peuple de prêtres, peuple sacerdotal (1 Pierre 2), a désormais accès au Lieu Saint, qui correspond désormais a la nef de nos églises… mais pas encore au Saint des saints dans lequel le Christ est entré. En effet, l’Incarnation, la Passion et la Résurrection du Christ, ainsi que la Pentecôte qui en est le fruit, ne constituent pas l’aboutissement de l’histoire du Salut. Comme le dit très bien Ratzinger dans L’Esprit de la Liturgie, cette histoire se déroule selon trois périodes majeures : l’ombre, l’image, la réalité.
L’ombre, c’est-à-dire l’Ancien testament, et toutes les préfigurations (types) dont il est composé (sacrifices matériels, ritualité hébraïque) ; l’image, c’est-à-dire l’âge intermédiaire inauguré par le Fils « Image du Dieu invisible » (Colossiens 1), dans lequel nous sommes ; enfin la réalité, l’accomplissement de toutes choses avec la Parousie à la fin des temps, dont le livre de l’Apocalypse constitue la vision prophétique.

Il s’ensuit donc de cette vision d’un accomplissement progressif du Salut dans l’histoire, que l’âge dans lequel l’Eglise chemine n’est pas encore celui de l’accomplissement final de toutes choses. Il s’agit d’un âge transitoire, dans lequel le mystère du Royaume eschatologique nous est déjà donné, mais de manière voilée : à travers le jeu du voilement-dévoilement du symbolisme liturgique, et à travers le voile des espèces eucharistiques. C’est le sens de ce que dit l’Apôtre en 1 Cor. 13 : « Nous voyons actuellement de manière confuse, comme dans un miroir ; ce jour-là, nous verrons face à face. Actuellement, ma connaissance est partielle ; ce jour-là, je connaîtrai parfaitement, comme j’ai été connu ». Comme le peuple hébreu après le passage de la mer Rouge cheminait dans le désert vers la Terre promise, l’Eglise est dans cette période intermédiaire dans laquelle, sauvée dans les eaux du baptême, elle chemine à travers les vicissitudes de l’histoire humaine vers le Royaume de Dieu.
D’où le fait que le sanctuaire des Eglises, où se tient l’autel et où est offert le sacrifice eucharistique, et qui est l'équivalent du Saint des saints puisque c'est là que se tient la Présence divine, soit encore un espace sacré dont l’accès est soumis à certaines restrictions précises, réservé aux ministres de l’Eglise (clercs ou assimilés, en particulier les ministres ordonnés, associés par leur ordination au sacerdoce du Christ Grand-Prêtre de l'Alliance nouvelle) ; d’où l’utilisation durant près de mille ans, même en Occident, d’un voile pour dissimuler les moments les plus importants de la liturgie eucharistique ; d’où le Canon récité à voix basse dans les liturgies occidentales et la présence de l’iconostase dans les liturgies orientales ; d’où la persistance de toutes les marques de sacré dans la liturgie chrétienne, persistance donc d’une forme résiduelle de l’arcane même pour les fidèles pleinement initiés aux mystères, manifestant le non accomplissement final de la Rédemption et l’attente de la Parousie.

Il s’avère donc que Nemo a entièrement raison. La discipline de l’arcane, soit qu’elle s’applique aux non-baptisés, soit que, résiduelle, elle subsiste pour les baptisés, est un élément fondamental de compréhension du sens profond de la liturgie chrétienne. Les évolutions architecturales de la Renaissance et de l’âge baroque, puis la diffusion de la « messe face au peuple », enfin la pratique obscène de la messe télévisée, ont contribué à un oubli complet de cette notion pourtant fondamentale et structurante. Il en résulte inévitablement un christianisme profondément anémié et appauvri, en comparaison de ce qu’il était dans les premiers siècles.

Pour ceux qui veulent qpprofondir ce sujet, outre le célèbre ouvrage de Ratzinger déjà cité, je ne peux que vous suggérer la lecture de l'ouvrage remarquable Le baldaquin et ses rideaux. Apercu liturgique et theologie d'un rite millenaire, de l'abbé Olivier Rioult (personnage sulfureux et contestable à plus d'un titre, mais à la doctrine solide).
images/icones/carnet.gif  ( 986961 )Merci pour cet exposé par Leopardi (2025-05-05 19:20:37) 
[en réponse à 986958]

très instructif.

Dans ce cas, c'est à se demander comment on en est venu à autoriser le canon à voix haute; perte du sens du sacré? développement des Missels des fidèles qui de ce fait "déflorait" le canon?

J'ajoute ma pierre à ce sujet.

Dans Luc 8,10, on lit "Il vous a été donné de connaître les mystères du royaume de Dieu; mais pour les autres, cela leur est dit en paraboles, afin qu'en voyant ils ne voient point, et qu'en entendant ils ne comprennent point."

Est-ce que cela procède du même esprit?

Le but de la manoeuvre?
images/icones/carnet.gif  ( 986962 )Encore plus étrange ce passage de Marc par Leopardi (2025-05-05 19:24:39) 
[en réponse à 986961]

le passage de Marc 4, 10-12


Il leur dit: C'est à vous qu'a été donné le mystère du royaume de Dieu; mais pour ceux qui sont dehors tout se passe en paraboles,

12 afin qu'en voyant ils voient et n'aperçoivent point, et qu'en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu'ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.



Ca n'est pas très évangélisateur comme démarche?
images/icones/iphone.jpg  ( 986963 )Pire encore par Signo (2025-05-05 20:01:44) 
[en réponse à 986962]

Dans ce passage de Mysterion, le théologien Louis Bouyer ose écrire:

«Dans ces conditions, il faut accepter, peut-être même avec plus de rigueur qu'il n'y mettait lui-même, l'observation de Jeremias que Jésus, à côté de son enseignement exotérique, destiné à la foule, avait eu également un enseignement ésotérique, réservé aux Douze et peut-être quelques autres disciples de confiance. Le quatrième évangile fait la plus grande part à ce dernier, et les synoptiques au premier. Encore les synoptiques montrent-ils qu'ils connaissent l'existence du second, non seulement Matthieu et Luc quand ils citent la grande berakah sur la connaissance mutuelle du Père et du Fils que nous avons commentée (et qu'on a pu appeler un aérolithe johannique), mais Marc avec eux, nous l'avons vu à propos des paraboles et de leur interprétation, affirme explicitement l'existence et la distinction de ces deux sortes d'enseignement de la part de Jésus.»

Louis Bouyer, Mysterion, éditions du Cerf, 2017.

images/icones/fleche3.gif  ( 986969 )"Je n'ai jamais rien enseigné en secret" par Père M. Mallet (2025-05-05 20:45:48) 
[en réponse à 986963]

...a affirmé Jésus lors de son procès.

Bien sûr, Jésus ressuscité a donné aux Apôtres des quantités d'instructions sur la manière de conférer les sacrements, mais cela ne constitue pas un enseignement ésotérique.

images/icones/iphone.jpg  ( 986972 )Le christianisme est ésotérique dans son essence même… par Signo (2025-05-05 21:04:16) 
[en réponse à 986969]

… à condition de bien comprendre ce que l’on entend par « ésotérique » et de revenir à la racine étymologique du terme.

L’adjectif « ésotérique » vient (vous me corrigerez sans doute) du grec « esôterikos » qui signifie « à l’intérieur », « qui a la caractéristique d’être plus à l’intérieur ».

Il ne s’agit donc pas d’un ésotérisme au sens des hérésies gnostiques des premiers siècles, ou au sens des bizarreries kabbalistiques ou pseudo-divinatoires que l’on désigne aujourd’hui sous ce terme.

La révélation christique n’est en définitive qu’une intériorisation de l’ancienne religion juive: substitution du sacrifice extérieur par le sacrifice spirituel, corporel et intérieur, substitution qu’annonçaient déjà bien des passages de l’Ancien Testament, comme le psaume 50, mais aussi d’autres passages que l’on retrouve dans le propre de la messe des confesseurs: « la loi de Dieu est dans son cœur », ou bien le livre de Jérémie 31, 33: « Je mettrai ma Loi au plus profond d’eux-mêmes ; je l’inscrirai sur leur cœur. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. ». Évidemment cette dimension ésotérique fondamentale culmine avec la promesse du Seigneur à la Samaritaine sur ceux qui adoreront le Père « en esprit et en vérité », par opposition à l’adoration purement extérieure au Temple ou sur la montagne sacrée des Samaritains.
images/icones/livre.gif  ( 986973 )Le canon est prononcé à voix basse par Jean-Paul PARFU (2025-05-05 21:26:46) 
[en réponse à 986972]

Par révérence envers le plus grand des mystères et pour signifier la différence entre le prêtre et les fidèles.

Toute interprétation gnostique et occultiste du christianisme est fausse !

"Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants." St Matthieu 11-25

Ce qui signifie que c'est d'abord l'orgueil qui aveugle.
images/icones/iphone.jpg  ( 986978 )Je suis d’accord… par Signo (2025-05-05 22:15:46) 
[en réponse à 986973]

… mais je ne vois pas le rapport avec mon message précédent.

Il n’y a pas de « secret » dans le christianisme, en revanche il y a bien un mystère.
images/icones/pelerouin1.gif  ( 986979 )Le mystère chrétien par Jean-Paul PARFU (2025-05-05 22:25:43) 
[en réponse à 986978]

C'est le surnaturel : la Trinité, l'Incarnation, la Rédemption !

Il ne fait pas du christianisme "une religion à mystères". Les mystères d'Éleusis faisaient partie d'un culte à mystères, de nature ésotérique. Ce n'est pas le cas du christianisme au sens commun du mot ésotérique. Il ne faut pas créer la confusion. C'est comme cela que naissent les hérésies !
images/icones/carnet.gif  ( 986966 )L'interprétation traditionnelle des Pères de l'Eglise par Meneau (2025-05-05 20:25:40) 
[en réponse à 986962]

c'est que pour connaître ce qu'il y a derrière les paraboles, il faut être docile à la parole de Dieu et à la grâce. A ceux qui ne le sont pass'applique la prophétie "voyant, ils ne voient point, entendant, ils ne comprennent point". Ils se rendent eux-même indignes de la conversion.

Cordialement
Meneau
images/icones/pelerouin1.gif  ( 986968 )Question de traduction, probablement... par Père M. Mallet (2025-05-05 20:42:39) 
[en réponse à 986962]

Ce "de peur que" est une des traductions possibles d'une expression latine (et probablement grecque aussi) qui signifie aussi : "de telle sorte que... ne... pas...".
"de peur que" introduit une volonté de ne pas aboutir, à mon avis absente de la pensée de Jésus.

Abbé Michel Mallet (également traducteur)

images/icones/carnet.gif  ( 986976 )Oui mais par Leopardi (2025-05-05 21:59:03) 
[en réponse à 986968]

"de telle sorte que" n'est pas plus éclairant

"de telle sorte qu'ils ne se convertissent", la conversion est-elle un sujet d'inquiétude ou de joie?

Comment peut-on dire, comme je l'ai lu dans ce fil "de peur qu'ils ne se convertissent sans en être dignes"?

La conversion ne devrait-elle pas rendre la dignité?

Bizarre...
images/icones/livre.gif  ( 986980 )Non ! par Jean-Paul PARFU (2025-05-05 22:33:36) 
[en réponse à 986976]

C'est l'ennemi, le diable, qui ne veut pas qu'ils se convertissent. C'est celui qui sème l'ivraie dans le champ du maître !

Ne pas considérer les Evangiles à partir de traductions ou de commentaires douteux !

Et il faut toujours replacer un paragraphe dans sa continuité et sa cohérence avec les autres évangiles !
images/icones/carnet.gif  ( 986982 )[réponse] par Meneau (2025-05-06 00:12:03) 
[en réponse à 986976]


Comment peut-on dire, comme je l'ai lu dans ce fil "de peur qu'ils ne se convertissent sans en être dignes"?



Si c'est à mon post que vous faites référence, effectivement j'aurais dû formuler autrement : ils se rendent indignes de la grâce qui leur est proposée, au sens où ils la refusent.

J'ajoute au post de JPP que l'Eglise souhaite qu'on lise la Bible toujours à la lumière de la Tradition : mise en relation avec les autres Evangiles, mais aussi interprétations des Pères de l'Eglise (pour cela voir par exemple la Catena aurea de St Thomas qui est une compilation des commentaires des Pères sur les Evangiles), et commentaires autorisés des traductions autorisées.

Autrement dit, chacun n'interprète pas les Saintes Ecritures à sa guise à partir de n'importe quelle édition / traduction.


" Et lorsqu'il fut seul, ses disciples l'interrogèrent, et il leur répondit : Pour vous, il vous est donné, " etc. — S. chrys. C'est-à-dire, vous qui êtes dignes d'apprendre tout ce qui doit faire la matière de la prédication, vous allez connaître le sens caché de cette parabole. Pour les autres, au contraire, je me suis servi du langage parabolique, parce que leur mauvaise volonté les rend indignes de tout autre mode d'enseignement. Rebelles à la loi qui leur a été donnée, ils ne méritent pas de comprendre l'enseignement de la loi nouvelle ; ils restent étrangers à l'un et à l'autre. Il oppose l'obéissance des disciples au crime de ces hommes, qui les a rendus indignes de recevoir la céleste doctrine. Il achève enfin de confondre leur malice par le témoignage du prophète, qui les a condamnés si longtemps à l'avance. " De sorte que voyant, ils voient et ne voient point, et qu'en entendant, ils ne comprennent point, " paroles qui reviennent à celles-ci : " Voici l'accomplissement de cette prophétie. " —théophyl. Dieu les a créés avec la faculté de voir, c'est-à-dire de comprendre ce qui est bien ; et cependant ils ne voient point, ils font tous leurs efforts pour persuader aux autres et se persuader à eux-mêmes qu'ils ne voient point, de peur d'être contraints de se convertir, et de travailler à se corriger , comme s'ils étaient jaloux de leur propre salut. " De peur que se convertissant, ils n'obtiennent le pardon de leurs péchés. " — S. chrys. Ils voient donc, et ne voient point ; ils entendent et ne comprennent point. C'est à la grâce de Dieu qu'ils doivent de voir et d'entendre ; mais ce qu'ils voient ils ne le comprennent point, parce qu'ils repoussent cette grâce, ils ferment leurs yeux, ils feignent de ne point voir, ils résistent à la parole sainte ; ainsi, bien loin que le spectacle qu'ils ont sous les yeux et la prédication qu'ils entendent leur obtienne le changement de leur vie coupable, ils n'en deviennent au contraire que plus mauvais. — théophyl. Ou bien ces paroles signifient que pour les autres, le Sauveur les enseignait au moyen de paraboles, afin que voyant ils ne vissent point, et qu'entendant ils ne comprissent point. Car Dieu accorde la lumière et l'intelligence à ceux qui les demandent, mais il laisse les autres dans leur aveuglement, pour ne pas avoir à châtier plus rigoureusement des hommes qui, comprenant leurs devoirs, ont refusé de les accomplir : " De peur qu’ils ne se convertissent, et que je leur pardonne leurs péchés. " — S. AUG. (quest. sur l'Evang.) (Quest. 14 sur St. Matth.) Ou bien ce sont leurs péchés qui les ont privés du don de l'intelligence ; et cependant dans un dessein de miséricorde, Dieu leur avait donné la grâce de les connaître, et d'en obtenir le pardon par une conversion sincère.

S. jér. Les paroles et les actions du Sauveur, tout est parabole pour ceux qui sont en dehors de lui ; ils ne reconnaissent sa divinité, ni dans les prodiges qu'il opère, ni dans les mystères qu'il enseigne ; aussi ils ne méritent point d'obtenir la rémission de leurs péchés. — S. chrys. Il ne leur parlait, il est vrai, qu'en paraboles, mais il ne cessait de leur faire entendre sa parole, pour nous montrer qu'il ne refuse pas d'exposer les secrets de sa doctrine à ceux qui font quelques pas vers le bien, quand même ils ne seraient pas encore établis dans le bien. Quiconque apportera à l'étude de sa doctrine un grand respect et un cœur droit, obtiendra d'en pénétrer toute la profondeur. Mais celui qui nourrit des dispositions contraires, ne méritera ni de comprendre, ni même d'entendre les vérités accessibles au plus grand nombre.

Catena aurea, Mc 4

Cordialement
Meneau
images/icones/bible.gif  ( 986971 )Ce texte doit être compris par Jean-Paul PARFU (2025-05-05 20:51:24) 
[en réponse à 986962]

Comme suit :

"Et pour eux s'accomplit cette prophétie d'Esaïe: Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point. 15 Car le coeur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, Qu'ils ne comprennent de leur coeur, Qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.…"

St Matthieu 13-14 et s.
images/icones/iphone.jpg  ( 986965 )Réponse par Signo (2025-05-05 20:25:25) 
[en réponse à 986961]

Toute la pédagogie traditionnelle, qui était celle de l’Eglise ancienne, reposait sur les notions de progressivité et d’initiation.

On ne sert pas un steak de bœuf à un nourrisson, mais du lait (la comparaison est de S. Paul lui-même), on n’envoie pas un enfant de six ans directement au baccalauréat. De même on ne donne pas les sacrements à quelqu’un qui n’a pas été initié, c’est à dire préparé. C’est du bon sens. C’est aussi le sens de la Septuagésime comme étape intermédiaire pour se préparer aux austérités du Carême, du dimanche de la Passion pour monter progressivement vers la Semaine sainte, des jeûnes des vigiles pour se préparer aux grandes fêtes, de la confession et du jeûne avant la communion, etc.

La question du Canon à haute voix est complexe. Je suis loin d’être un spécialiste de la question. Il me semble que dans les premiers siècles le Canon était dit à mi-voix, de manière à ce que seuls les ministres entourant le célébrant ne l’entendent. Mais de toute façon un voile entourant l’autel-baldaquin ou fermant le sanctuaire dissimulait le rite de consécration et il n’y avait pas d’élévation à ce moment là de la liturgie jusqu’au XIIIe siècle. C’était une logique complètement différente, fondée sur le respect du mystère bien plus que sur la visibilité et le spectacle, notions qu’il n’apparaissent qu’à la fin du Moyen-Âge.

Les Anciens avaient su méditer ce passage de Jean 9, et en traduire la profonde leçon dans leur mystagogie liturgique :

« Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure.

images/icones/fleche2.gif  ( 986994 )"le but de la manoeuvre" est simple par Luc Perrin (2025-05-06 12:46:13) 
[en réponse à 986961]

c'est en cohérence avec le désir d'une compréhension humaine, trop humaine, intellectuelle mais sèche.

Les néo-liturges usent beaucoup du mot "mystagogie" qui est très approprié mais la première partie "mystère" est de facto évacuée au profit de la seconde "pédagogie" au sens du pédagogisme laïque le plus plat.
Cela donne ensuite la "messe qui prend son temps", les projets répétés de "missa simplex" des Allemands.

D'abord on veut "voir" et cela commence avec les églises jésuites du XVIe siècle, pourquoi pas. Mais on célèbre face au peuple pour mieux voir, Monsieur + de la vision. Et on veut entendre à haute voix et entendre dans la langue vulgaire pour comprendre davantage. Mais ça ne suffit pas aux pédagogistes néo-liturgiques : et on agite les mains, et on a des animateurs-trices moulin-à-vent, et on a des commentaires musicaux des lectures et on a de nouvelles ministresses non ordonnées qui viennent résumer avant la lecture en français ce qui va être lu en français, et on distribue des feuilles en français pour lire ce qu'on entend déjà, et on met des panneaux avec des dessins naïfs des enfants du catéchisme ...

Bref le fidèle est un âne ou une ânesse et il faut tout lui expliquer par le menu avec force d'outils pédagogiques.
Il lui faut "participer activement" ... mais pas intérieurement ce que nos ancêtres avaient toujours fait très bien.

Cette petite "manoeuvre" s'inscrit donc dans la grande stratégie de la néo-liturgie pédagogique, horizontale, affadie, dont le Mystère est sinon entièrement absent du moins bien caché, ô ironie finale.

En d'autres termes, une sécularisation de la liturgie qui n'est plus une pleine et riche "mystagogie".
images/icones/iphone.jpg  ( 987000 )Un dénominateur commun par Vincent F (2025-05-06 15:01:42) 
[en réponse à 986994]

Les jésuites peut-être ? Néos ou pas.
images/icones/info2.gif  ( 987054 )non pas vraiment par Luc Perrin (2025-05-07 13:58:54) 
[en réponse à 987000]

L'ordre n'est pas moteur dans cette évolution : que ce soit avant Arrupe ou depuis chez les néo-jésuites. On en trouve bien sûr mais les néo-liturges qui tournent au pédagogisme ouvriériste se trouvent partout : tant dans les ordres (dominicains, Bugnini est lazariste, franciscains, bénédictins ...) que dans le clergé séculier (Mgr Johannes Wganer est un prêtre diocésain, passé par une responsabilité à l'Action catholique avant son activité à l'Institut liturgique de Trèves si important pour ce tournant).

Le P. Jungmann sj au sein du Consilium n'est pas le plus maniaque, loin de là.

Malgré mon admiration pour le très regretté Clément XIV, je me défends de mettre les fils perdus de saint Ignace à toutes les sauces.
images/icones/carnet.gif  ( 987057 )Qu’y a-t-il à admirer par Halbie (2025-05-07 14:56:04) 
[en réponse à 987054]

Dans ce coup de force philosophique et janséniste ?
images/icones/carnet.gif  ( 987058 )Temple de Salomon par Signo (2025-05-07 15:05:37) 
[en réponse à 986958]

Un aperçu ici pour illustrer mon propos.

Sur ces illustrations on distingue très bien le lieu Saint (réservé aux prêtres, préfiguration de la nef de l’église chrétienne, ou se tient désormais le « peuple sacerdotal » des baptisés), du Saint des saints (ou se tient, une fois par an seulement, le grand-prêtre uniquement, et qui a pour équivalence dans l’église chrétienne le sanctuaire ou se tiennent le célébrant agissant alter Christi capitis autour de l’autel et de la Présence divine, l’Eucharistie).

L’interdiction faite aux non-clercs d’entrer dans le sanctuaire exprime l’idée de l’attente de la plénitude du Royaume qui ne sera réalisée qu’à la Parousie, à la fin des temps. On voit l’importance fondamentale de l’eschatologie dans la théologie de la liturgie, qui sous-tend l’idée d’un inachèvement; réalité totalement oubliée aujourd'hui. Quand, juste avant de mourir sur la croix, le Christ affirme que « tout est accompli », il évoque un accomplissement en puissance, non encore en acte. C’est la Parousie avec le retour du Christ dans la gloire à la fin des temps qui accomplira totalement dans l’histoire le mystère du Salut et de l'universel mouvement de retour au Père (cf. Hebreux 9) qui fut déjà accompli dans le Ciel à travers la réalisation du Mystère pascal.