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Sommes-nous à la veille d'un schisme ? Faut-il le redouter ? par Candidus (2025-05-02 17:11:46)
Le cardinal Müller a tenu des propos alarmistes sur ce sujet le 28 avril dans le quotidien italien La Stampa. Il a notamment déclaré : "Le problème n'est pas entre les conservateurs et les libéraux mais entre l'orthodoxie et l'hérésie [...] Je prie que le Saint Esprit illumine les cardinaux, parce qu'un pape hérétique qui s'adapte chaque jour à l'humeur des médias, serait une catastrophe."
Étrangement le Cardinal Müller n'a pas abordé la question de la légitimité dont jouirait ce "pape hérétique", ou plutôt ce cardinal hérétique "élu pape," mais cette hypothèse semble hanter de plus en plus de clercs et de fidèles.
Comment les cardinaux conservateurs, comment les communautés et fidèles de la Tradition devraient-ils réagir si l'hérétique envisagé par le Cardinal Müller était élu pape ? Disons par exemple, si le Cardinal luxembourgeois Jean-Claude Hollerich devenait François II ?
Avec François, la question du pape hérétique se posait au sujet d'un pape déjà élu et reconnu quasi universellement au moment de son élection, puis qui n'a cessé de tenir des propos matériellement hérétiques par la suite. Ce cas de figure est loin de faire l'unanimité parmi les théologiens et donne lieu depuis toujours à des spéculations sans fins. La situation actuelle serait différente, nous envisageons un cardinal qui, avant même d'être élu, se serait distingué par des propos clairement hérétiques, comme c'est le cas du Cardinal Hollerich. Cet individu est-il "papabile", matière à devenir pape ?
Quelque chose me fait penser que tous ces cardinaux conservateurs qui pendant 12 ans ont rongé leurs freins et n'ont pas cessé d'avaler les couleuvres bergogliennes, ne sont pas prêts à remettre le couvert. D'autant plus qu'un François bis serait bien plus redoutable que le premier, parce qu'il s'appuierait sur la dynamique du magistère de son prédécesseur pour aller encore plus loin dans la logique hétérodoxe.
Que se passerait-il si un groupe d'une quinzaine de cardinaux refusait de reconnaître la légitimité de l'élu pour cause d'hérésie ? Quelle proportion du clergé mondial les rejoindrait ? Je verrais bien certains épiscopats les rejoindre quasi unanimement, tel l'épiscopat polonais, une partie non négligeable de l'épiscopat états-unien, celui du Kazastan bien sûr, des épiscopats d'Afrique Noire. Ce sont les Églises les moins fécondes, celles des papyboomers, celles en train de subir un grand effondrement biologique, qui seraient sans doute les défenseurs les plus virulents d'un François bis.
Et dernier point, un tel scénario ne serait-il pas, finalement, le meilleur des scénarii ? Lorsqu'un membre est gangréné au delà de tout espoir de guérison, la meilleure des thérapie n'est-elle pas l'amputation ? D'autant plus que nous savons que dans la réalité, le schisme existe déjà depuis longtemps ; l'unité actuelle de l'Eglise n'est qu'une fiction, nous vivons dans une Église Potemkine. Ce moment de vérité est-il à redouter ?

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Je ne pense pas… par Signo (2025-05-02 22:18:44)
[en réponse à 986802]
… que le conclave élira un progressiste affiché et radical.
Il me semble (mais je peux me tromper) qu’il y a une quasi unanimité d’ambiance, même dans les milieux plutôt progressistes, pour reconnaître le caractère clivant du pontificat qui vient de s’achever et la nécessité d’un apaisement.
Heureusement les réactions d’épiscopats entiers à Fiducia Supplicans ont fait prendre conscience à beaucoup que l’unité de l’Eglise est bien plus fragile qu’elle n’y parait.
Et elle est fragile -et là je vous rejoins- parce qu’il ne s’agit plus que d’une unité de façade. La division entre les catholiques disons « orthodoxes » et les vrais progressistes est telle que l’on est confronté à la situation de deux camps qui ne se parlent plus et ne se comprennent plus.
Le schisme est à éviter à tout prix. Ce serait un désastre irréparable, et si Rome n’est pas dans le « camp » orthodoxe, alors là… on bascule dans un univers parallèle.
Il faut cohabiter sous la même tente avec les progressistes en jouant la modération en attendant que ledit progressisme s’éteigne faute de capacité de renouvellement (ce qui peut prendre un bon demi-siècle, plusieurs décennies en tout cas).
Pour le conclave qui s’ouvre mercredi je crois plutôt à l’élection d’un modéré.

( 986823 )
Écoutez le professeur de Mattei... par Pétrarque (2025-05-02 23:27:11)
[en réponse à 986815]
...dans le dernier Club des Hommes en noir.
L'intégralité de l'émission n'est accessible qu'en rejoignant la chaîne YouTube, mais cela vaut le coup.
Roberto de Mattei explique très bien les enjeux du conclave et ce qui peut (et risque, directement ou indirectement, d') en sortir.