( 985791 )Etonnant par Le Cap (2025-04-07 14:15:02)
[en réponse à 985790]
Très belle liturgie. Je n'ai pas le temps le temps d'écouter le sermon dont je ne doute pas qu'il fut remarquable eu égard à la qualité de Son Eminence. Mais orgue pleins jeux durant le Carême, très étonnant et chants vraiment très laids…
Qu'est-ce qui a prévalu à ce choix programmatique? Interprétation grégorienne propre…
Très décevant sur ces aspects-là.
( 985792 )Les couts et les gouleurs par Adso (2025-04-07 14:50:17)
[en réponse à 985791]
vous n'aimez pas le programme musical ??? Certes il peut y avoir quelques voix dissonantes, mais c'est beau...
On ne peut pas dire que ce soit partout de cette qualité !
( 985794 )Ne vous méprenez pas! par Le Cap (2025-04-07 15:45:47)
[en réponse à 985792]
Je ne suis absolument pas hostile à la polyphonie mais ça sent là le sur-jeu, la prouesse, l'art pour l'art et non plus l'art au service de la liturgie. Et honnêtement, il y a des pièces bien plus belles que celles-ci. Sans doute une prouesse d'exécution mais un résultat très décevant.
Quant au grégorien, mauvaise interprétation. Et les grandes orgues en Carême, vous trouvez cela normal?
( 985796 )Le Carême n'interdit pas les grandes orgues. par Archange (2025-04-07 17:17:36)
[en réponse à 985794]
Il est juste interdit à l'orgue de jouer tout seul. Il ne peut qu'accompagner le chant.
Par contre je vous propose de vous présenter à la tribune dimanche prochain pour faire par de vos observations au Maître de Chapelle ainsi qu'à l'organiste.
( 985793 )OPA de la schola par Pierre Doutreligne (2025-04-07 15:08:24)
[en réponse à 985791]
À Saint-Eugène, la messe dominicale obéit à une loi non écrite, mais scrupuleusement appliquée : le maître de chœur se fait plaisir, et l’assemblée se tait.
Une fois encore à l'occasion de la messe pontificale célébrée par le Cardinal Müller (de nouveau peu à l'aise dans le rite ancien - oups la génuflexion avant l'élévation et le Confiteor des fidèles), la (très) talentueuse schola Sainte Cécile a monopolisé la liturgie pour livrer un fastueux récital polyphonique, construit autour du propre oublié d’un obscur chanoine du XVIIIe siècle — mais dont les subtilités font visiblement les délices du jubé.
Le chant des fidèles ? Il n’est plus qu’un souvenir, rangé au rayon des pieuses intentions. À force d’être relégués au rôle de spectateurs émerveillés, les fidèles ne chantent plus… et ne savent plus chanter.
J’ai habité à 300 mètres pendant des années : je n’allais plus qu’à la messe basse de 19h, seul moment où la liturgie n’était pas accaparée par l’ego d’un chef de chœur en quête de chef-d’œuvre.
( 985795 )J'espère que vous serez invité à candidater par Adso (2025-04-07 16:57:16)
[en réponse à 985793]
à son remplacement, s'il devait advenir ?!
"seul moment où la liturgie n’était pas accaparée par l’ego d’un chef de chœur en quête de chef-d’œuvre."
En tous cas, en plein carême, quelle charité !
( 985808 )Confiteor des fidèles par Leopardi (2025-04-07 21:24:14)
[en réponse à 985793]
Il a été supprimé dans le rite de 1962, le seul permis par Rome. Le réciter est donc un abus.
Pour les reste, je vous suis à 100%.
Cela a eu pour effet collatéral de faire fuir le peu de familles avec petits enfants présentes avant l'arrivée de cette schola, les babillements n'étant pas tolérés.
( 985811 )Mauvaise foi par Luc de Montalte (2025-04-07 21:50:22)
[en réponse à 985808]
C'est surtout l'horaire de cette messe qui la rend peu commode pour les familles. Ce n'est pas ma paroisse mais chaque fois que je m'y rends l'église est pleine, la liturgie est toujours soignée et la chorale a répété ; le propre est entièrement chanté et nombreuses sont les pièces supplémentaires faciles à chanter pour les fidèles. Ces reproches sont totalement injustes et sans fondement.
( 985812 )Addendum par Luc de Montalte (2025-04-07 21:54:30)
[en réponse à 985811]
Et quant aux "babillements" je ne vois pas d'où ça sort.
( 985816 )Ca sort, ça sort par Leopardi (2025-04-07 22:37:27)
[en réponse à 985812]
Si vous n'en n'avez pas le souvenir, cela prouve que le ménage a été fait bien avant votre arrivée.
Il y a eu dans le temps quelques familles, on leur a vite fait comprendre que leur place n'était plus ici.
Heureusement il y a à présent St Roch.
( 985819 )Vous êtes ridicule par Luc de Montalte (2025-04-07 22:55:25)
[en réponse à 985816]
Il y a des enfants et des familles sur la vidéo de la messe et on entend les "babillements" qui vous manquent tant. Vous racontez n'importe quoi.
Et à saint Nicolas aussi on voit plus de familles à 9h qu'à 10h30 ou pire 12h30. Tout naturellement.
( 985820 )Je sais ce que je dis par Leopardi (2025-04-07 23:35:59)
[en réponse à 985819]
Et ne comparez pas un événement grand public comme la venue d'un cardinal avec une quelconque messe de dimanche.
( 985821 )Sur ce, bonne nuit par Leopardi (2025-04-07 23:37:32)
[en réponse à 985820]
Sur ce, bonne nuit
( 985879 )C'est-à-dire ? par Luc de Montalte (2025-04-09 20:18:41)
[en réponse à 985820]
Il est normal que la musique soit plus soignée pour un tel événement. Je ne comprends pas ce qui vous manque ; les cantiques modernes médiocres type Emmanuel et cie ? Chaque fois que j'y vais, c'est du grégorien à 95% comme partout.
( 985926 )Cqfd par Luc de Montalte (2025-04-11 13:14:43)
[en réponse à 985879]
L'absence de réponse est ici éloquente. Plus facile de calomnier décidément.
( 985932 )Vous avez la réponse par MG (2025-04-11 16:52:19)
[en réponse à 985879]
L'Art, dans la célébration cultuelle n'est jamais nécessaire. Une messe dite dans une cabane en planches a autant d'efficacité rédemptrice que célébrée dans la cathédrale de Chartres. Mais si l'art intervient, ce ne peut être que pour introduire dans la cérémonie un principe de qualité par où s'exprime l'Amour. Point essentiel qu'on ne soulignera jamais assez :
La qualité dans l'œuvre d'art est l'expression de la Caritas.
Et je crois que nous sommes tous d'accord.
( 985947 )Absolument par Luc de Montalte (2025-04-11 22:19:48)
[en réponse à 985932]
En effet, j'ai lu votre message comportant ce long texte de Joseph Samson ce matin en allant au travail ; il n'y a rien à y ajouter.
( 985822 )Ad nauseam… par Archange (2025-04-08 08:24:52)
[en réponse à 985816]
Votre mauvaise fois pour dénigrer le travail fait à saint Eugène est tout à votre honneur.
L’horaire est déjà un frein, mais aussi le coût de l’immobilier dans le quartier. Il y a très peu de vrai paroissien à saint Eugène.
Pour les familles le fait de se loger à l’extérieur de Paris ou dans des arrondissements éloignés font que s’ils veulent déjeuner (surtout avec des enfants en bas âge) à une heure catholique Saint-Eugène n’est pas la paroisse la plus adaptée.
J’ai retrouvé ce phénomène à New-York à la paroisse des SS Innocents, où vu l’horaire de la messe et le coût du logement à Manhattan il n’y avait presque pas de famille.
Mais venez à saint Eugène et vous verrez que la tendance commence à s’inverser, maintenant il y a des poussettes qui commencent à gêner le passage.
Arrêtez de ne nous rebattre les oreilles avec saint Roch… avant il y avait St Germain l’Auxerrois et bien avant Sainte-Odile…
Si vous n’aimez pas Saint-Eugène n’en dégoûtez pas les autres, je pourrai exactement faire pareil avec les autres paroisses en pointant du doigt tout ce qui ne me plaît pas.
( 985823 )Merci par Adso (2025-04-08 08:28:23)
[en réponse à 985811]
C’est vrai, c’est l’essentiel !
« la liturgie est toujours soignée et la chorale a répété »
Voyez qu’on peut être d’accord sur qq chose ;)
Bonne fin de carême
( 985815 )"le seul permis par Rome" par Vassilissa (2025-04-07 22:23:55)
[en réponse à 985808]
!!! On s'en fiche !
Et il est plus agréable et surtout plus propice à la prière d'entendre de la belle musique sacrée plutôt que des bavardages d'enfants mal élevés.
( 985817 )CQFD par Leopardi (2025-04-07 22:41:54)
[en réponse à 985815]
Votre réponse donne raison à Pierre Doutreligne.
St Eugène est devenue une salle de concert comme une autre.
La liturgie n'y est plus qu'un outil au service du decorum.
Quant aux enfants mal élevés, je suppose que vous parlez des vôtres?
( 985882 )Une "salle de concert" ? par Luc de Montalte (2025-04-09 20:48:32)
[en réponse à 985817]
La musique sacrée est faite pour être jouée dans un cadre sacré.
( 985813 )Les fidèles... par Luc de Montalte (2025-04-07 22:04:01)
[en réponse à 985793]
... sont si peu encouragés à chanter à saint Eugène que les partitions leur sont fournies sur les feuilles de messe. Vérifiez vous-même, elles sont en ligne. Votre message est faux.
( 985818 )Hum! par Leopardi (2025-04-07 22:45:06)
[en réponse à 985813]
Quand j'entends la chorale répondre à pleine voix et en polyphonie "et cum spiritu tuo" au "Dominus vobiscum", je crois qu'on n'est pas dans le message subliminal. Le prêtre ne s'adresse pas à l'assemblée mais à la chorale.
Les fidèles sont là pour chauffer l'église.
( 985830 )Décidement Leopardi .. par Pierre Doutreligne (2025-04-08 11:14:12)
[en réponse à 985818]
Vous parlez d'or. C'est agréable de voir que d'autres personnes font très exactement le même constat que moi.
Je le redis : ayant été paroissien territorial de Saint-Eugène pendant de longues années, j’ai évidemment profité de ce vivier historique de la Tradition à Paris - messe en rite ancien depuis 1985 si je ne me trompe pas. Les prêtres y sont de grande qualité, disponibles, généreux de leur temps — notamment pour le catéchisme des enfants du quartier, y compris ceux issus de milieux plus « éloignés ». C’est un beau témoignage.
Cela dit, force est de constater — et ce depuis bien longtemps — que la Schola Sainte Cécile, aussi remarquable soit-elle sur le plan musical, occupe une place de plus en plus hégémonique dans la vie liturgique de la paroisse. Son excellence technique n’est pas en cause ; ce qui interroge, c’est cette manière d’imposer un style, une esthétique, une vision, à l’ensemble de la communauté. Les fidèles se retrouvent cantonnés au rôle de simples auditeurs — même les répons, travaillés au cordeau, deviennent imprononçables pour l’assemblée.
Ajoutons à cela une ambiance de plus en plus « baroque » — dans tous les sens du terme — qui semble séduire une jeunesse tirée à quatre épingles, costume trois pièces ultra-cintré, plus en quête d’un salon XVIIIe que d’un lieu de prière. Mais bon… je ne sonde ni les cœurs ni les reins, et le Bon Dieu passe parfois par des chemins inattendus.
Simplement, pour ma part, j’ai longtemps espéré voir naître à Saint-Eugène une véritable messe dominicale paroissiale : avec un propre simple, des cantiques populaires, une liturgie accessible, où l’on chante vraiment ensemble. Cela n’exclurait évidemment pas qu’une autre messe, plus musicale, permette à la Schola de déployer tout son talent — pour ceux qui y trouvent leur nourriture spirituelle et culturelle. Mais aujourd’hui, ce juste équilibre semble durablement rompu.
( 985833 )Soyez par Adso (2025-04-08 13:05:10)
[en réponse à 985830]
Force de proposition, comme on dit maintenant !
( 985878 )Mais alors? par Leopardi (2025-04-09 20:03:39)
[en réponse à 985830]
Vous avez connu notre inénarrable ancien maître de chapelle JPS (paix à son âme)?
C'est sûr qu'à l'époque les chants étaient moins tirés au cordeau mais l'ambiance était plus cordiale.
( 985824 )En résumé, un débat stérile comme le FC par Adso (2025-04-08 08:32:08)
[en réponse à 985793]
Les affectionnes… cela manquait …
Merci pour ce moment Valérie !
( 985894 )Et en plus c'est contagieux par Ptitlu (2025-04-10 10:38:36)
[en réponse à 985793]
Certains chefs de chœur formés à St Eugène ne peuvent pas s'empêcher de faire de même...excluant complètement les fidèles, alors qu'une chorale n'est jamais indispensable (comme me l'avait expliqué un abbé qui a dissous la sienne devenue un terrarium. Les fidèles chantaient du coup).
( 985895 )Un terrarium ? par Roger (2025-04-10 10:55:23)
[en réponse à 985894]
Définition svp?
( 985897 )Et ce n’est même pas par Archange (2025-04-10 11:38:29)
[en réponse à 985894]
De la bonne imitation….
( 985898 )Insupportable par Luc de Montalte (2025-04-10 12:31:45)
[en réponse à 985894]
Ce mépris typiquement jacobin pour la musique et les musiciens. Normalement quand on a la chance d'avoir une chorale qui peut chanter plus que le grégorien, on se réjouit. Mais non au pays des coupeurs de tête il faut que M. Duchmoll puisse chanter à tue-tête ses cantiques composés avec les pieds. Ce serait dommage de profiter de l'immense patrimoine musical catholique, contentons-nous de chants de veillée scouts (au mieux).
( 985902 )ben non par Adso (2025-04-10 15:13:52)
[en réponse à 985898]
Le souci c'est que justement, en certains lieux (à 33 lieues ? ), sous couvert de grandiloquence on a " occulté l'immense patrimoine musical catholique, " et on se contente de chants de veillée scouts (au mieux)."
Ptit lu a compris la problématique de travers, même si l'excès est mauvais des deux côtés (Il existe un juste milieux entre des tropes de 25 minutes (J'exagère exprès) et des chants chachas piqués à Marie de Bonaventure (avis perso !)
Personnellement j'aime, et visiblement comme vous, le travail fait à St Eugène, même si on peut estimer que c'est parfois "too much" (ceux qui n'aiment pas ont qu'à aller ailleurs, Archange a raison), mais Imitation n'est pas gage de qualité, c'est cela qu'il faut comprendre, NSJC ayant donné des talents d'argent à certains, et à d'autres, des talents de cuivre (je suis sympa)...
On peut aussi très bien priver les fidèles de chants avec du tradichacha...
Bref, j'aime bien Cesar Franch, j'aime bien Vivaldi, mais quite à priver les fidèles de chants, je prefère pas de chorale que des chants scouts, je pense tout comme vous...
Et c'est vrai que trouver un juste milieu, n'est pas donné à tout le monde
( 985908 )Pas d’accord par Luc de Montalte (2025-04-10 19:21:08)
[en réponse à 985902]
Je ne vois que des raisons pécuniaires qui empêchent d’avoir une musique de qualité professionnelle à chaque office, je ne vois pas en quoi ce serait un « excès » que d’avoir des chantres professionnels à la messe. C’est au contraire un progrès, nous sommes en pleine régression. Quand on lit ce qui faisait par exemple à la Cour d’un Philippe le Bon au XVe siècle, les mesquineries qu’on peut lire sur ce fil sont à pleurer. Les pays germaniques ont plus de respect pour leur patrimoine musical.
On sait, grâce à un document prévisionnel établi en 1445 par les gens de finances du duc, que l’entretien de cette chapelle représentait annuellement une dépense de 10 000 francs. Philippe le Bon veilla soigneusement à en maintenir élevée la qualité musicale. Ses clercs et chapelains, dont le nombre, de 1430 à 1467, oscilla entre quinze et vingt, étaient tous unis par des liens étroits aux grands centres liturgiques et musicaux du temps : la chapelle pontificale, la cathédrale Notre-Dame de Paris, la Sainte-Chapelle du Palais de cette même ville, la cathédrale Notre-Dame de Cambrai — certains avaient eu aussi des contacts avec les chapelles de grands seigneurs anglais, comme celle de William de La Pole, comte de Suffolk. Le duc de Bourgogne contrôlait le recrutement de ses chantres et on le voit, à différentes reprises, faire lui-même passer des auditions : ainsi, entre le mois de décembre 1446 et le mois de mars 1447, il fit venir devant lui pour les « oir chanter et essayer », afin de les « retenir en [sa] chapelle », un chapelain du duc de Savoie, un chapelain de l’évêque de Liège, un chapelain de Cambrai ainsi que maître Jean Pullois, maître des enfants de chœur de la collégiale Notre-Dame d’Anvers. Aucun de ces professionnels ne fut toutefois jugé digne d’entrer au service du duc Philippe.
In : Bertrand Schnerb, La piété et les dévotions de Philippe le Bon, duc de Bourgogne (1419-1467), Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres Année 2005 149-4 pp. 1319-1344
( 985904 )Joseph Samson avait prévu ce débat sur le FC : il nous répond. par MG (2025-04-10 17:24:15)
[en réponse à 985894]
CONFERENCE DE JOSEPH SAMSON 1888-1957 Maître de Chapelle de la Cathédrale de Dijon prononcée une semaine avant sa mort le 2 juillet 1957, à l'occasion du Congrès International de Musique Sacrée à Versailles
Ce texte est un très rare exemple de ce que l'on pourrait appeler de la "spiritualité musicale". Car cet exceptionnel plaidoyer pour la qualité de l'art puise ses sources dans l'enseignement de l'Église, dans l'Écriture Sainte, et s'inscrit dans une indubitable visée métaphysique. Face à la menace de la médiocrité qui, déjà à son époque, plane sur l'Art Sacré, Joseph Samson répond par des arguments procédant d'une logique imparable.
Ce texte est donc à lire, à relire, à diffuser et à faire connaître non seulement auprès de tous ceux qui aiment la Musique Sacrée et qui œuvrent pour elle, mais aussi - pourquoi pas - auprès de ceux qui n'y travaillent pas vraiment...
Extrait d’une lettre préalable de Joseph Samson au Secrétaire du Congrès
"Je suis un vieil homme et j'ai des choses importantes à dire à mes amis, à mes frères, à mes confrères, avant d'accomplir le voyage pour lequel je suis désigné et auquel vous savez que je pense obstinément.
Le sujet que je propose est un sujet de vieil homme qui ne sépare pas son métier de sa prière. Ce que j'ai envie de dire à Versailles, c'est MON TESTAMENT : le testament d'un homme qui a beaucoup péché, mais qui n'a jamais vu son métier que comme un moyen de salut...
... Je ne fais pas le malin ; je ne dis pas que je suis plus malin que les autres. Je dis que j'ai fait des expériences et que le récit de ces expériences peut inciter des ouvriers plus jeunes que moi (ecclésiastiques ou laïcs) à regarder un peu dans la direction que j'indiquerai."
PROPOSITIONS SUR LA QUALITE transcription d'un enregistrement sur disque Studio SM 33-53
On lit, dans la vie du Père Lebbe, la petite histoire que voici : sœur Gamay, assistant aux cérémonies religieuses de son couvent, ne chantait jamais. Mais entre les offices, elle entrait à la chapelle, et on l'entendait chanter. Et si on lui demandait pourquoi elle chantait quand le monastère n'était pas là, elle répondait : "C'est pour faire rire le Bon Dieu".
"Faire rire le Bon Dieu" : sommes-nous sûrs, chers Messieurs, d'avoir toujours poursuivi un idéal aussi relevé ? Pas besoin de se poser la question ni de s'inquiéter : Dieu est sourd ! Si Dieu n'était pas sourd, comment s'expliquerait-on que Lui, Dieu, puisse assister à une grand-messe chez nous chaque dimanche ? (rires et applaudissements) ...
Si le chœur, quel qu'il soit, n'introduit pas à l'office plus de vie spirituelle, que le chœur se taise. Si le chant du chœur n'est pas pour les fidèles une nourriture, du pain... que le chœur sorte. Si le chant des fidèles n'apporte pas à l'office plus de vie spirituelle, que les fidèles se taisent.
Tout chant dont la valeur expressive n'égale pas celle du silence est à proscrire.
L'Art, dans la célébration cultuelle n'est jamais nécessaire. Une messe dite dans une cabane en planches a autant d'efficacité rédemptrice que célébrée dans la cathédrale de Chartres. Mais si l'art intervient, ce ne peut être que pour introduire dans la cérémonie un principe de qualité par où s'exprime l'Amour. Point essentiel qu'on ne soulignera jamais assez :
La qualité dans l'œuvre d'art est l'expression de la Caritas.
Je dis, je redis parce que c'est très important : la qualité réelle n'est pas le signe d'une recherche extérieure et vaine, d'ordre tout esthétique, mais une recherche essentielle, d'ordre spirituel.
"Ce sont bien des valeurs spirituelles qui sont en cause dans les problèmes de l'art" [Régamey, "Les Principes", p. 47], et en particulier dans les problèmes de l'Art Sacré. J'ai dit à l'instant : l'art n'est jamais nécessaire dans la célébration cultuelle. L'art, dirai-je maintenant, dans la célébration cultuelle comme dans la vie, est TOUJOURS nécessaire. Pourquoi ? Parce qu'il est l'introducteur de la qualité. Et le fruit de cette introduction, que ces quelques lignes à moi adressées le 12 avril dernier, le traduisent. Elles sont encore toutes fraîches : "Il m'est bien difficile de vous dire, Monsieur, ce que représentent pour moi les chants de la maîtrise le dimanche"... C'est une protestante, une grande intellectuelle protestante de Dijon... "Lorsque j'ai passé ma semaine à des luttes inimaginables, qui compliquent mon métier, en ce moment surtout, et me font désespérer de l'humanité. Les chants de la maîtrise me paraissent très exactement ce qui rachète le monde de ses erreurs, ce qui remet toute chose à sa place." Maintenant nous pouvons parler. Je vous ai lu quelques textes qui orientent mon dire.
*****
SOL est SOL. Et pour que Sol produise l'effet de Sol, il faut que SOL soit SOL. Pour que SOL soit SOL, il ne suffit pas que le musicien ait écrit Sol sur la portée, que le chanteur ait lu ou prononcé Sol. Il faut que dans la bouche du chanteur, Sol soit avec Do dans le rapport Sol-Do. Sol ne produira l'effet de Sol que si le rapport est respecté. La justesse et l'exactitude rythmique sont des conditions sine qua non de la justice musicale. Demander la qualité, c'est avant toute chose demander cette justesse, cette exactitude, cette justice.
Parce que je me pose en défenseur de Sol... je sais bien ce qui va arriver dans certains esprits, mais ce qui va arriver ne devrait pas arriver... Parce que je me pose en défenseur de Sol, en défenseur de cette justice que je viens de dire, certains se croiront autorisés - ils n'y sont pas autorisés comme la suite le démontrera - à me traiter d'esthète ou d'aristocrate... (vous entendez dans le silence la vibration de ces deux mots : quel menace que ce bonhomme-là sur l'estrade...) "Les musiciens sont les défenseurs de l'art et du beau. Nécessairement ils sont des aristocrates" écrivait un jour quelqu'un. Si les musiciens sont forcément des aristocrates parce qu'ils exercent une spécialité, il est clair que les théologiens et les exégètes sont aussi des aristocrates... et on en dirait autant de qui ? Des contemplatifs.
Au chapitre 50 de l'Ecclésiastique, apparaît un certain bonhomme qui s'appelle Simon, fils d'Onias. Il nous est présenté dans toute la majesté de son office liturgique, au milieu du peuple rassemblé :
"Il est comme l'étoile du matin qui étincelle à travers le nuage... comme la lune au jour de son plein... comme l'arc en ciel... comme la fleur des roses... comme les lys... comme le parfum sur le feu... comme un vase d'or orné de toutes sortes de pierres précieuses... comme l'olivier... comme le cyprès... Les prêtres l'entourent comme des troncs de palmiers, tous les fils d'Aaron sont revêtus de leurs magnifiques ornements, les fils d'Aaron poussent des cris, ils sonnent de leur trompette de métal battu, ils font entendre d'éclatantes clameurs... Tout le peuple à la fois s'empresse et tombe la face contre terre pour adorer le Seigneur... et les chantres, en déployant leurs voix, le louent ; le vaste temple retentit de doux accords ; et le peuple supplie le Seigneur Très-Haut, se tenant en prière devant le miséricordieux... Puis le grand-prêtre descend, et élève la main sur toute l'assemblée des enfants d'Israël pour donner de ses lèvres la bénédiction du Seigneur... Et le peuple se prosterne de nouveau pour recevoir la bénédiction de la part du Très-Haut."
(Ecclésiastique [Siracide], chap. 50)
Je vous demande si nous venons ou non d'assister à une cérémonie de caractère aristocratique. Ce personnage qui nous est présenté, ce Simon, ce fils d'Onias, du fait qu'il peut être comparé à l'étoile, à la lune, au soleil, à l'arc en ciel, au lys... n'est-il pas véritablement un être à part ? N'apparaît-il pas proprement comme aristocrate, au sens étymologique du mot qui est : "un chef qui excelle" ? Et la cérémonie qui nous est en même temps décrite, cérémonie où les chantres déploient leurs voix, où les instruments font entendre d'éclatantes clameurs, où les fils d'Aaron sont revêtus des plus riches ornements, où le peuple nous est présenté tombant la face contre terre, bouleversé par tout ce déploiement, que nous révèle-t-elle ?
Je le demande : de quoi s'agit-il ? Il y a un chœur : il chante ; il y a des instruments : ils jouent. Il y a des aristocrates de notre corporation et de la corporation sacerdotale. C'est l'Écriture qui déploie devant nous cette fresque magnifique. Devons-nous la croire ou ne pas la croire ? Devons-nous suivre ou devons-nous ne pas suivre l'exemple qu'elle nous dispense ? Qu'elle nous dispense mainte et mainte fois ?
Quand le livre des Chroniques nous dit que "les chantres, chefs de famille des Lévites, étaient exempts d'autres fonctions, pour qu'ils puissent être à leur œuvre jour et nuit" [Chroniques, livre 1 chap. IX v. 33], alors avons-nous ou n'avons-nous pas le droit de conclure qu'un exemple de sain aristocratisme nous est par eux donné ?
Nous refusons ABSOLUMENT toute compromission avec l'esthétisme. Mais l'aristocratisme, tel qu'il s'offre à nous dans cette Écriture que je viens de citer, est à notre égard un exemple que nous avons le devoir de suivre. Je dis que nous refusons l'esthétisme, mais non seulement nous acceptons, mais nous croyons un devoir d'accepter l'aristocratisme et de nous comporter en conséquence. Dans le sens que je viens d'indiquer, nous sommes et nous VOULONS être des aristocrates, c'est-à-dire, encore un coup, des chefs qui excellent.
*****
Aristocrates dans le sens proposé, nous voulons des chants de qualité, des chants qui EXCELLENT. Et quand nous lisons l'éloge et la proposition de chants simples qui seront exécutés presque sans répétitions (il y a de quoi hausser les épaules !) et qui, on le reconnaît, ne sont pas des chefs-d’œuvre, mais offrent cet avantage et cette supériorité que l'on dit incontestable : "la facilité"... Que voulez-vous... NON ! Nous ne pouvons pas prendre de telles propositions au sérieux ! Et alors se lève devant nous, s'impose à nous un modèle qui vient de loin, un modèle que nous ne pouvons pas récuser...
Oui, il faut avouer. Il faut avouer que Luther et Calvin restent à ces égards exemplaires...
Luther, grand poète, dont le lyrisme est tel que sa chaleur transperce les traditions. Traducteur des Psaumes, traducteur-recréateur, chez qui aucune fissure ne laisse fuir la vie. Grand poète, ai-je dit, et bon juge de musique, intime collaborateur de son ami Walther, un des maître musicien du temps ; tous les deux, Luther et Walther, poursuivis par l'idée de faire de chaque psaume-choral un chef d'œuvre... et qui y réussissent !
Calvin : il suffit de nommer les collaborateurs dont il est entouré : Théodore de Bèze et Marot, Goudimel et Claude le Jeune. Luther et Calvin, ce ne sont pas là des hommes qui auraient tendance à minimiser le goût et la puissance de l'expression populaire. Ces hommes-là ont confiance en ce qu'ils visent : estime pour ceux qu'ils veulent faire chanter, pour ceux qu'ils veulent entendre chanter : les habitants de la nef, ceux que nous appelons le peuple.
Ils pensent grand. Ils veulent magnifique. Il faut le dire en ces jours que nous vivons, il faut le dire bien haut : c'est leur passion de l'action pastorale qui les pousse en cette direction. Et je répète que cette direction est "GRAND", "MAGNIFIQUE".
Il suffit d'entendre presque au hasard tel ou tel des chorals qu'ils nous ont légués pour se rendre compte que leur passion de magnificence a exigé ET TROUVÉ satisfaction. Or, que voyons-nous AUTOUR DE NOUS ? Nous voyons certains des nôtres s'appliquer à minimiser l'objectif poursuivi. Je le disais à l'instant : la grande vertu d'un chant pour eux EST D'ETRE SIMPLE. Il sera exécuté sans être appris. SONGEZ DONC ! Plus de répétitions le soir à huit heures et demie ! Et qu'il y ait par-ci par-là quelques bavures, que l'on crie un peu, ce n'est pas, nous dit-on, un motif suffisant pour les exclure. Comment ne pas songer aux avantages du nylon sur la laine et la soie ! Il se lave vite, il sèche dans la nuit, il n'a pas besoin de se repasser ! ...(rires et applaudissements)...
Si vous croyez que je ne suis pas content de vous voir applaudir ce que je viens de dire, vous avez tort... Je suis ravi de vous voir applaudir quand je viens de dire ce que j'ai dit...
Ayons le courage d'avouer encore une fois : le sens pastoral (nous avons le droit, nous aussi, d'en ressentir quelques aspirations !) se révolte à lire de pareilles propositions ! On ne dit pas "ces chants sont beaux" ; on dit "ils sont faciles". Que cette facilité inclue la niaiserie ou maladresse, qu'importe ! Ils sont faciles !
Tagore dit "Le succès facile est la maigre pitance miséricordieusement allouée à la médiocrité" ... Oui, oui ! Applaudissez ! Vous avez raison une fois de plus... Ils sont faciles, vous dis-je ! Que l'exécution soit médiocre, pas d'importance ! Cependant, tous ceux qui réfléchissent un peu pensent avec moi qu'une note porte en soi une vertu spécifique. Elle la porte dans son être. Si elle n'a ni sa hauteur, ni sa durée, cette note n'a point d'être. SOL est SOL. Si Sol n'est pas Sol, il n'a point d'être, il n'agira pas. S'il n'agit pas, que vient-il faire chez le pasteur ? Dira-t-on que ma revendication est une revendication d'artiste ?
On ne m'empêchera pas de répéter une fois de plus ce refrain : "Notre époque a ceci de particulier qu'elle s'applique à suivre des gens qui ne savent pas marcher." (1)
J'ose le dire... j'ose le redire : ces hérétiques que j'ai nommés savaient ce qu'ils voulaient, savaient le but qu'ils se proposaient, savaient les moyens à employer pour l'atteindre, et parmi eux, ils croyaient au premier chef à l'efficacité de la musique. Une nef qui chante ! Ils savaient ce que ça veut dire. Ils savaient jusqu'où ça porte. Ils savaient à quel point cela est capable de toucher les âmes. Mais ATTENTION ! Une nef qui chante de GRANDS TEXTES, sur des musiques GRANDES ! Il ne s'agissait pas pour eux de rechercher l'avantage de textes simples, ils voulaient agir. Ils voulaient faire agir les notes, les lignes, les mots. Ils voulaient exalter leur peuple, ils voulaient convertir, c'est-à-dire retourner les foules, ils voulaient faire flamber les âmes.
Or, on ne met pas le feu dans les âmes avec de la musiquette et des vers de mirliton, cela ne peut se faire qu'avec de la musique et de la poésie. Avant que Nietzsche l'ait prononcé, ils avaient senti son douloureux appel vriller leur poitrine : "il faudrait, allait-il écrire dans Zarathoustra au chapitre "Des prêtres", il faudrait qu'ils me chantassent d'autres cantiques pour que je crusse en leur Sauveur."
A cet appel, ils ont par anticipation répondu à leur manière. Et nous allons, pendant qu'ils répondent encore à leur manière, nous allons, nous, offrir des facilités ?
*****
Changeons de film.
Un prêtre dit la Messe. Le soin qu'il apporte au moindre geste, à l'énonciation claire des paroles, conditionne la qualité de ma prière. J'ai bien dit : sa prière fait ma prière... Témoignage... Contagion...
J'assiste à la messe au monastère de V... J'y communie. A la fin de la messe, je reste un instant à la chapelle. La prière que j'y fais s'appelle "action de grâces". En fait, je ne prie pas, si prier c'est prononcer des paroles nécessairement... Je regarde. Je regarde l'autel qui est beau... Regarder est presque un geste passif : je me laisse faire par ce qui est devant moi... Ce qui m'a frappé le plus, pendant ce quart d'heure, c'est cette petite religieuse qui est venue : avec un soin infini qui rejoint l'Amour, elle a éteint les cierges un par un. Ce soin, cet Amour, on projeté en moi une lumière, un appétit...Voilà les motifs, les thèmes, je peux dire les thèmes d'oraison de mon action de grâces : cette lumière, cette appétit, ce soin. "Deprecatio illorum in operatione artis" ["leur prière a trait aux travaux de leur métier", Ecclésiastique [Siracide] 38,34]. Soin, Qualité, Amour : trois mots qui signifient la même chose. Nous y revenons dans un instant.
Mais avant, il y a un sombre pendant. C'est cette envie de ficher le camp, cette TERRIBLE envie de ficher le camp qui nous vient de la médiocrité. Il faut avouer, il faut reconnaitre... nous sommes en train de faire un examen de conscience...
Une revue d'art organise une espèce de questionnaire-concours destiné aux architectes. Il s'agit de savoir quelle place, dans une église, on réserverait au chœur de chant. La revue, je ne sais pas pourquoi, me communiqua les réponses et me demanda de les apostiller. L'un des architecte - ÉCOUTEZ ! - proposait de CACHER SOIGNEUSEMENT les chanteurs parce que, disait-il, ils se tiennent toujours mal ! Je notais en marge : "Si la mauvaise tenue de vos chanteurs est irréductible, fichez-les à la porte !".
Ces chanteurs dont la tenue est si mauvaise qu'elle devient un principe architectural ... mais c'est vrai ce que je vous dis ! Ces chanteurs dont la tenue est si mauvaise qu'elle devient un principe architectural, pense-t-on que ces chanteurs-là chantent bien ? Chantent-ils avec foi ? Croient-ils qu'ils parlent à Dieu de la part des hommes, et aux hommes de la part de Dieu ?
Mais je vous l'ai dit tout à l'heure : Dieu est sourd ! Si Dieu n'était pas sourd, comment pourrait-il supporter cela ? Comment pourrait-il écouter ce que nous lui présentons sous le nom de "chant" ? Il est heureux que Dieu soit sourd ! Cela lui évite d'avoir, à notre égard, de trop mauvais sentiments ! Mais nous, nous qui ne sommes pas sourds... cette envie de ficher le camp : je me cramponne aux barreaux de ma chaise, et je me dis "Tu resteras... tu resteras... Tu es bien obligé de rester, aujourd'hui c'est dimanche" ... je suis ravi que vous applaudissiez ; je me rends compte que mes sentiments rencontrent vos sentiments...
Telle est, ce dimanche, Messieurs, Mesdames, la qualité de ma prière. Ainsi s'exprime la réponse donnée par moi au témoignage qui m'est offert. On me rendra cette justice que je ne parle pas en esthète. Je parle en pauvre vieux fidèle qui demande à la prière du chœur de l'aider à formuler sa propre prière.
Si le chant n'est pas là pour me faire prier, que les chantres se taisent ! Si le chant n'est pas là pour apaiser mon tumulte intérieur, que les chantres s'en aillent ! Si le chant n'a pas la valeur du silence qu'il a rompu, qu'on me restitue le silence !
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Oui, l'œuvre d'art n'agit que par sa qualité. C'est par là, par sa qualité, qu'elle s'inscrit dans l'ordre de la Charité. Par-là, elle égale le don de Charité que fait la Petite Sœur des Pauvres. La bonne soupe de la Petite Sœur des Pauvres et la Nature Morte de Cézanne partent du cœur et vont au cœur. On ne dira jamais assez que derrière la ressource temporelle, la bonne soupe recèle une signification qui est "AMOUR". Et que derrière ses qualités picturales, la nature morte de Cézanne, elle aussi, nous offre à partager don d'Amour.
Ce qui donne son sens à la bonne soupe, c'est ce qui donne son sens à la bonne peinture.
"Ainsi, écrit saint François de Sales dans la Vie dévote, entre les serviteurs de Dieu, les uns s'appliquent à servir les malades, les autres à soulager les pauvres, les autres à apprendre la doctrine chrétienne aux petits enfants, les autres à ramasser les âmes perdues ou égarées, les autres enfin à parer les églises et à orner les autels..." [cité par Cingria, p.18]. S'il avait été choriste, il aurait ajouté le chant.
"Pour l'artiste, comme pour les autres hommes, écrit Paul Claudel dans "Contact et Circonstances" [ p. 27], il n'y a qu'une chose nécessaire, qui est d'aimer Dieu et de le servir Lui seul. Tout art qui veut échapper à la mort doit revenir à ses fondations. Mais ces fondations ne sont pas en bas, elles sont en haut."
De toute chose, est-il conseillé à sainte Thérèse [d'Avila] quand elle a vingt ans, de toute chose extrayez de l'amour [traduction Auclair, p. 70].
Quel conseil plus valable pour un artiste : de toute chose extrayez de l'Amour ? Et quelle autre expression de l'Amour, dans son œuvre, que la Qualité ?
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Loin de nous certes, la pensée d'accuser qui que ce soit d'avoir le culte de la laideur. Mais une phrase comme la suivante, comment ne nous laisserait-elle pas perplexe : "Pie X, écrit quelqu'un, n'aurait pas accepté que, faute de beauté, on empêchât le peuple de manifester sa prière." [Musique et liturgie, n° 32, mars-avril 1953, p. 19].
Si je comprends bien ce texte, la beauté est une sorte d'ingrédient ou d'accessoire que l'on ajoute comme une épice ou une cravate... Ingrédient qui peut figurer parmi les produits qu'on appelle "produits de beauté"... qui n'est donc pas nécessaire. Si on en a pas, on s'en passe. Mais comme l'œuvre d'art, elle, n'a pas d'autre but que d'introduire au culte ce produit sous la forme que j'ai dite, et qui est "Qualité", il n'y a pas à hésiter : ou la musique et sa présentation seront de qualité, ou l'on devra se passer de musique.
Pie X n'aurait peut-être pas accepté que, faute de beauté, on empêchât le peuple de prier, mais personne parmi vous n'ignore ce texte extrait de son Motu Proprio : "La Musique Sacrée doit être un art véritable, sans quoi il est impossible qu'elle ait sur les âmes cette efficacité qu'elle entend obtenir en admettant l'art des sons au service de la liturgie".
Pie X prononce "qualité", on lui répond "facilité". Eh bien nous ne sommes PAS D'ACCORD. Nous sommes d'accord avec lui, mais pas avec eux. ... (applaudissements)... Ainsi entendu, la facilité est un PÉCHÉ. S'agit-il, oui ou non, d'un culte en esprit et en vérité ? Ni l'esprit ni la vérité ne tolèrent l'équivoque. SOL EST SOL ! Si la musique est, elle est bonne. Si elle n'est pas bonne, elle n'est pas.
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Pour la troisième fois, je redis : on ne doit jamais oublier, lorsqu'on parle d'art et spécialement d'art sacré, que des valeurs spirituelles sont en cause.
La thèse que je défends n'est pas une thèse de spécialiste, c'est la thèse d'un grand chef de l'Église, que dis-je, c'est la thèse de tous les grands chefs de l'Église, c'est la thèse de l'Église. Dans un enseignement constant, ces chefs posent en principe que la musique est nécessaire pour que le service de Dieu soit accompli. Nous les croyons ! Et nous nous avançons prêts à servir. Mais comment pourrions-nous supposer qu'ils envisagent ce service autrement que sous le signe de la qualité ? De cette qualité qui est le témoignage de l'Amour, le témoignage de cet Amour en quoi nous voyons le fondement du Temple ecclésial, cette charité dont il nous est assuré qu'elle ne passera jamais.
Musicien, quand je chanterai les chants des Anges, "si je n'ai point cette qualité qui est charité, je suis un airain qui résonne, une cymbale qui retentit" (cf. 1 Cor. 23, 2).
Joseph Samson
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(1) : cette citation est absente de l'enregistrement, mais est rapportée dans une autre version écrite de la même conférence. Chose possible, l'enregistrement laissant entendre des traces de montage sonore.
( 985905 )Très interessant par Adso (2025-04-10 18:00:14)
[en réponse à 985904]
merci beaucoup !
( 985871 )Et sur le fond? par Roger (2025-04-09 19:23:24)
[en réponse à 985789]
La présence à Paris de ce cardinal a t elle un sens precis?
L'archevêché était il représenté ? J'ai l'impression que non mais je nrn suis pas certain.
( 985872 )Et la conférence sur Nicée ? par Roger (2025-04-09 19:26:15)
[en réponse à 985871]
Prévue samedi soir ?
Message de la paroisse :
Pour ce Carême 2025, nous accueillerons avec joie le cardinal Gerhard Müller, qui nous rendra visite le week-end de la Passion.
C’est une très grande joie pour nous !
Samedi 5 avril : 20h00 à l’église, conférence sur le Concile de Nicée et son actualité au XXIème siècle.
1700 ans après le Concile de Nicée, quels sont les enseignements dont nous pouvons nous nourrir pour traverser l’époque actuelel ? Nous verrons, grâce à l’enseignement du cardinal Müller, l’actualité d’un Concile qui a pourtant plus d’un millénaire.
Il célébrera le dimanche 6 avril à 11h00, la messe de la Passion (messe pontificale
( 985887 )Disponible en vidéo par Luc de Montalte (2025-04-09 22:05:32)
[en réponse à 985872]
( 985893 )Merci beaucoup cher Luc et... par Roger (2025-04-10 10:25:04)
[en réponse à 985887]
...cette conférence est elle intéressante ?
( 985896 )Pas encore écoutée par Luc de Montalte (2025-04-10 11:32:52)
[en réponse à 985893]
Désolé ! Mais probablement vu l'orateur et le sujet !