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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 985665 )Jeudi de la 4ème semaine de Carême par ami de la Miséricorde (2025-04-02 21:24:50) 



Jean-Baptiste Wicar, La résurrection du fils de la veuve de Naïm, 1816, Palais des Beaux-Arts de Lille, France

Jeudi de la 4ème semaine de Carême
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 985666 )Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde (2025-04-02 21:26:46) 
[en réponse à 985665]



CHAPITRE IV (SUITE DU PRECEDENT).

« Après cet instant, dont la durée nous est inconnue, de libre et complète élection, le Dieu tout-puissant communiqua aux bons anges la claire vision de son essence, et condamna au feu éternel les mauvais, avec Lucifer, leur chef, auquel il dit :

Tu ne monteras pas mais tu descendras et tu seras traîné dans l’enfer (Is., XIV, 1). Aussitôt les bons anges, ayant Michel et Gabriel à leur tête, exécutèrent l’ordre de Dieu, et commandèrent à Lucifer et à ses partisans de sortir du ciel, où ils prétendaient rester. Malgré eux, il fallut obéir.

« Par ce qui précède, il est évident : 1° que Lucif er n’a pas péché en ambitionnant d’être égal à Dieu. Il était trop éclairé pour ignorer qu’il est impossible d’égaler Dieu, puisqu’il est impossible qu’il y ait deux infinis. De plus, il est impossible qu’une nature d’un ordre inférieur devienne une nature d’un ordre supérieur, attendu qu’il faudrait, pour cela, qu’elle s’anéantît. Il n’a pu avoir un pareil désir, attendu encore que toute créature désire, avant tout et invinciblement, sa conservation. Aussi le prophète Isaïe ne lui fait pas dire : Je serai égal, mais : Je serai semblable à Dieu.

« Il est évident, 2° que Lucifer a péché en désirant d’une manière coupable la ressemblance avec Dieu. Il ambitionna d’être le chef des anges, non seulement par l’excellence de sa nature, privilège dont il jouissait, mais en voulant être leur médiateur pour obtenir la béatitude surnaturelle : béatitude qu’il voulait acquérir lui-même par ses propres forces.

C’est ainsi qu’il désira l’union hypostatique, l’office de médiateur et la place réservée à l’humanité du Verbe, comme lui convenant mieux qu’à la nature humaine, à laquelle il savait que le Verbe devait s’unir. Vouloir s’en emparer était donc de sa part un acte de rapine. Aussi Notre-Seigneur Jésus-Christ l’appelle voleur. » (Jean., X).

Ruard, Molina et d’autres théologiens éminents professent la même doctrine d’une manière non moins absolue, absolute. Bien avant eux le célèbre Rupert avait exprimé le même sentiment. Sur ces paroles du Sauveur : Il fut homicide dès le commencement, et vous voulez accomplir les désirs de votre Père, il dit : « Le Fils de Dieu parle ici de sa mort. Ainsi, rien n’empêche d’entendre par cet homicide primitif l’antique haine de Satan contre le Verbe. Cette haine, antérieure à la naissance de l’homme, Satan brûle de la satisfaire. Pour en venir à bout, il emploie tous les moyens de faire mettre à mort ce même Verbe de Dieu, actuellement revêtu de la nature humaine.

« Cela est d’autant plus vrai, que Notre-Seigneur ajoute : Et il ne se tint pas dans la vérité ; ce qui eut lieu avant la création de l’homme : En effet, à l’instant même où, s’élevant contre le Fils, qui seul est l’image du Père, il dit dans son orgueil : Je serai semblable au Très-Haut, il devint homicide devant Dieu, sauf à le devenir devant les hommes, en faisant mourir par la main des Juifs l’objet éternel de sa haine...

Ces paroles, il ne se tint pas dans la vérité, signifient qu’il n’a pas continué d’aimer Celui qui est la vérité, le Fils de Dieu. En effet, demeurer dans la vérité est la même chose qu’aimer la vérité, et demeurer ou se tenir dans le Christ est la même chose qu’aimer le Christ. Satan est donc homicide dès le commencement, parce qu’il a toujours eu pour la vérité, qui est le Verbe, une haine indicible.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 985669 )Méditation avec Le Traité du Saint-Esprit de Mgr J.Joseph Gaume par ami de la Miséricorde (2025-04-02 21:53:15) 
[en réponse à 985666]



CHAPITRE IV (SUITE DU PRECEDENT).

Ce remarquable témoignage peut se résumer ainsi : avant sa chute, Lucifer connaissait les adorables personnes de la Sainte-Trinité, et il Les aimait. Trop grandes étaient ses lumières pour lui permettre d’être jaloux de Dieu, moins encore d’avoir la prétention de le devenir.

Alors il se tenait dans la vérité. Mais, quand il sut que le Verbe devait s’unir à la nature humaine, afin de la diviniser, et, en la divinisant, l’élever au-dessus des anges, au-dessus de lui-même, Lucifer : alors il ne se tint pas dans la vérité. L’orgueil entra en lui ; l’orgueil amena la révolte ; la révolte, la haine ; la haine, la chute.

D’ailleurs, pour peu qu’elle réfléchisse, la raison elle-même se persuade sans peine que l’épreuve des anges a dû consister dans la foi au mystère de l’Incarnation. D’abord, le péché des anges a été un péché d’envie : c’est un point incontestable de l’enseignement catholique :

Entre tous les Pères, écoutons seulement saint Cyprien, parlant de l’envie : « Qu’il est grand, frères bien-aimés, s’écrie-t-il, ce péché qui a fait tomber les anges ; qui a fasciné ces hautes intelligences, et renversé de leurs trônes ces puissances sublimes ; qui a trompé le trompeur lui-même !

C’est de là que l’envie est descendue sur la terre. C’est par elle que périt celui qui, prenant pour modèle le maître de la perdition, obéit à ses inspirations, comme il est écrit : C’est par la jalousie du démon que la mort est entrée dans le monde.»

Ensuite, la jalousie des anges n’a pu avoir que deux objets : Dieu ou l’homme. A l’égard de Dieu, vouloir être semblable à Dieu, égal à Dieu, considéré en lui-même, et abstraction faite du mystère de l’Incarnation, est un désir que l’ange n’a pu avoir :

« Ce désir, dit saint Thomas, est absurde et contre nature ; et l’ange le savait. » L’homme a donc été l’objet de la jalousie de Lucifer. « C’est par la jalousie qu’il eut contre l’homme, dit saint Irénée, que l’ange devint apostat et ennemi du genre humain. Mais, ainsi que nous l’avons vu, l’ange n’avait aucune raison d’envier la dignité naturelle de l’homme.

Cette dignité consiste dans la création à l’image et à la ressemblance de Dieu. Or, l’ange lui-même est fait à l’image de Dieu, et même d’une manière plus parfaite que l’homme (S. Aug., De Trinit., Lib. XII, cap. VII). Une seule chose élevait l’homme au-dessus de l’ange et pouvait exciter sa jalousie : c’est l’union hypostatique.

Si le dogme de l’Incarnation, considéré en lui-même, suffit pour expliquer la chute de Lucifer ; il l’explique mieux encore, envisagé dans ses relations et dans ses effets. D’une part, ce mystère est le fondement et la clef de tout le plan divin, aussi bien dans l’ordre de la nature que dans celui de la grâce. D’autre part, il exigeait des anges, pour être accepté, le plus grand acte d’abnégation : acte sublime en rapport avec la sublime récompense qui devait le couronner.

Descendue de Dieu, toute la création, matérielle, humaine et angélique, doit remonter à Dieu ; car le Seigneur a tout fait pour Lui et pour Lui seul. Mais une distance infinie sépare le créé de l’incréé. Pour la combler, un médiateur est nécessaire, et, puisqu’il est nécessaire, il se trouvera. Formant le point de jonction et comme la soudure du fini et de l’infini, ce médiateur sera le lien mystérieux qui unira toutes les créations entre elles et avec Dieu.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde