Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 985462 )En regardant une conférence d' un responsable par AVV-VVK (2025-03-26 19:34:58) 

de la SJMV à Ars-sur-Formans je me demandais soudainement selon quel rite le saint curé d' Ars célébrait la Messe: le rite Romain ou le rite Lyonnais ? La question ne m' abandonnait plus et faisait disparaître mon intérêt pour cet institut.
images/icones/fleche2.gif  ( 985463 )Le rite lyonnais jusqu'en 1822... par Pétrarque (2025-03-26 20:19:09) 
[en réponse à 985462]

...puisqu'Ars se trouvait dans le territoire de l'ancien diocèse de Belley, intégré au diocèse de Lyon depuis le Concordat.

Quand le diocèse de Belley a été rétabli par Pie VII en 1822, le missel romain y a remplacé le missel lyonnais, et le saint curé d'Ars a célébré le romain jusqu'à sa mort.
images/icones/fleur.gif  ( 985464 )Merci par AVV-VVK (2025-03-26 20:32:59) 
[en réponse à 985463]

Tout est dans le titre.
images/icones/fleche2.gif  ( 985466 )Liturgie lyonnaise de l'époque uniquement par Alexandre (2025-03-26 21:49:38) 
[en réponse à 985463]

D'après l'universitaire Vincent Petit (Eglise et Nation - la question liturgique en France au XIX° siècle), le diocèse de Belley n'adopta la liturgie romaine qu'en 1864-66, soit 5 à 7 ans après la mort du curé d'Ars. Le même auteur signale que la liturgie de ce diocèse, restauré en 1823, était celle de Lyon.

(Pour ce qui est de ladite liturgie lyonnaise, je n'y connais pas grand'chose, mais il me semble qu'à l'époque de l'abbé Vianney, elle était dans un statut détérioré et ne fut restaurée dans sa pureté qu'au début du XX° siècle.)

De plus, non, avant le Concordat de 1801, Ars ne faisait pas partie du diocèse de Belley (tout petit jusque là), mais au diocèse de Lyon (archiprêtré des Dombes).
C'est en application du concordat de 1822 qu'il fut incorporé au diocèse de Belley, rétabli dans de nouvelles limites territoriales : celles du département de l'Ain.
images/icones/fleche2.gif  ( 985485 )Vous avez raison Alexandre par Pétrarque (2025-03-27 08:16:31) 
[en réponse à 985466]

Excusez-moi, j'ai écrit de mémoire.

Faut jamais faire ça...
images/icones/carnet.gif  ( 985489 )Ordonné à Grenoble par Roger (2025-03-27 09:07:47) 
[en réponse à 985466]

Je crois que le futur saint curé fut ordonné à Grenoble car à l'époque la Restauration persécutait le cardinal archevêque de Lyon qui était exilé à Rome !
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 985557 )Oui par Alexandre (2025-03-28 12:23:25) 
[en réponse à 985489]

par Mgr Claude Simon, dans la chapelle du Grand Séminaire de l'époque, actuellement Conservatoire. La chapelle est devenue un auditorium...

Y a aussi été ordonné prêtre en 1834 par Mgr Philibert de Bruillard (l'évêque qui reconnut les apparitions de la Salette, si je ne m'abuse) un certain Pierre-Julien Eymard, prêtre du diocèse de ,Grenoble, puis mariste, et enfin fondateur des Pères du Saint-Sacrement, canonisé en décembre 1962.

A la Séparation, l'autel a été récupéré par le diocèse puis installé à la Visitation de Vif (Isère). Après la fermeture du monastère de la Visitation, après 2000, l’autel a été transporté à la cathédrale Notre-Dame de Grenoble. Il se trouve actuellement dans la chapelle du Sacré-Cœur.
images/icones/carnet.gif  ( 985491 )Bréviaire par Halbie (2025-03-27 09:12:20) 
[en réponse à 985466]

Et son bréviaire était un de ces bréviaires gallicans que critiquait Dom Guéranger ?
images/icones/livre.gif  ( 985554 )Lettre d'un contemporain par Alexandre (2025-03-28 12:10:23) 
[en réponse à 985491]

Le livre de Vincent Petit, auquel j'ai renvoyé pour les dates du retour au rite romain (Avignon n'a pas eu besoin !), cite une lettre d'un prêtre contemporain au sujet de l'abbé Vianney :

[La liturgie romaine] participe d’un modèle social à tel point que ses partisans les plus intransigeants se verront dans l’obligation de préciser la situation du plus emblématique des leurs, l’abbé Jean-Marie Vianney, prêtre du diocèse de Belley, diocèse tardivement rallié à l’unité en 1864 : « Le saint prêtre avait sur ces questions vitales tous les sentiments qu’on pouvait lui désirer, et que si des circonstances, qui ne dépendaient pas de sa volonté, l’ont fait vivre et mourir dans des formes gallicanes, son âme appartenait, sur ce point comme sur tous les autres, à la grande unité catholique. Son bréviaire romain même était acheté. » (Archives secrètes vaticanes, archives de la nonciature de Paris, 253, lettre de l’abbé Cabanet, curé de Salavre, au nonce, 13 mars 1865)


images/icones/carnet.gif  ( 985594 )Je n'ai pas compris par Halbie (2025-03-30 13:19:25) 
[en réponse à 985554]

Il récitait les deux bréviaires en parallèle (l'un par obligation, l'autre par choix) ?
images/icones/1a.gif  ( 985595 )Ça me paraît clair par Alexandre (2025-03-30 13:27:14) 
[en réponse à 985594]

L'abbé Vianney, "mort dans les formes gallicanes", suivant ce contemporain, avait acheté, simplement acheté un bréviaire romain, sans doute parce que la décision épiscopale de 1864-66 était déjà en gestation.

Bon dimanche !
images/icones/carnet.gif  ( 985606 )Merci par Halbie (2025-03-30 23:12:24) 
[en réponse à 985595]

À vous aussi !
images/icones/info2.gif  ( 985605 )missel parisien-lyonnais adopté dans les années 1770 par Luc Perrin (2025-03-30 22:21:10) 
[en réponse à 985466]

Le rit lyonnais qui semble d'époque médiévale avec influences byzantines pour les messes pontificales a été réformé fortement à la fin du XVIIIe par un archevêque gallican qui, pour plaire au roi (?), a introduit moult dispositions du rit néo-gallican parisien en gardant quelques éléments du rit lyonnais ancien.

Il y eut une bataille épique entre M. de Lyon et son chapitre cathédral très attaché au rit traditionnel lyonnais.

C'est ce rit parisien-lyonnais qui fut abandonné dans les années 1870 au profit du romain.
Le véritable rit lyonnais revient par étapes à l'extrême fin du XIXe et était totalement restauré en ... 1956.

En 1965, l'archevêque d'alors décida de le sacrifier au profit du monstre bugniniste en gestation.

Un prêtre lyonnais devenu professeur à la Faculté de Théologie catholique de l'université de Strasbourg a célébré sa vie durant le rit lyonnais traditionnel.
images/icones/carnet.gif  ( 985607 )Influences byzantines par Halbie (2025-03-30 23:13:29) 
[en réponse à 985605]

Pourriez-vous en dire plus ?
images/icones/fleche2.gif  ( 985614 )je ne suis pas spécialiste mais j'ai lu par Luc Perrin (2025-03-31 11:20:19) 
[en réponse à 985607]

que le rit lyonnais authentique pour la messe pontificale comporte une pléthore de ministres.

Ceci viendrait du rôle de Lyon comme cité de commerce au Moyen Age et la présence de marchands venus d'Orient en général et de l'empire byzantin en particulier.

Maintenant le détail de l'incorporation de ces éléments m'est inconnu.

Pour le reste, il semble que le rit lyonnais soit très proche du rit romain dans une forme un peu simplifiée, archaïque, telle que cela se trouve dans d'autres rits latins anciens locaux ou liés à des ordres religieux.
Je n'ai hélas pas eu la chance de le voir célébré, c'est donc sous réserve que mes lectures aient été pertinentes.
images/icones/mitre4.png  ( 985619 )Messe pontificale en rite lyonnais par Bibracte (2025-03-31 14:36:25) 
[en réponse à 985614]

Il faut normalement 36 officiants : sept acolytes, sept sous-diacres, sept diacres, six prêtres en chasuble, l'archevêque avec ses deux assistants, et six porte-insignes (croix de procession, crosse, livre, bougeoir, mitre, manipule).
images/icones/carnet.gif  ( 985608 )Et qui était par Eucher (2025-03-31 00:15:16) 
[en réponse à 985605]

ce résistant à la faculté ?
Ses messes étaient-elles fréquentées ? Qui les servait (suivez mon regard)?
Il mérite sa place au banc d'honneur, en tout cas.
-Eucher.
images/icones/fleche3.gif  ( 985609 )L'abbé Henri Chirat (1904-2003) par Pétrarque (2025-03-31 07:02:05) 
[en réponse à 985605]

Intellectuel brillant et savant reconnu.

Après avoir été un progressiste convaincu dans les années 1950, il revint à la Tradition après Vatican II et se rapprocha des positions de Mgr Lefebvre.

Il a célébré la messe au prieuré FSSPX de Lyon à la fin des années 1980, avant de passer au sédévacantisme. Je l'ai connu.

Grâce au prieur FSSPX de l'époque, il s'est réconcilié avec l'Église avant de mourir.
images/icones/bravo.gif  ( 985613 )oui c'est lui en effet par Luc Perrin (2025-03-31 11:10:00) 
[en réponse à 985609]

ma mémoire des noms n'est plus ce qu'elle était ...

Un faire-part de décès avait été envoyé à la Faculté et il y était souligné que le Pr. Chirat avait célébré en rit lyonnais sa vie durant.
images/icones/iphone.jpg  ( 985616 )Restauration du rite lyonnais par Nemo (2025-03-31 11:58:50) 
[en réponse à 985605]

Mgr de Montazet, de triste mémoire, avait voulu dans sa jeunesse rejoindre le chapitre des chanoines comtes de Lyon mais avait été écarté par manque de quartiers de noblesse. Il faut dire qu’à cette époque, aucune famille de Lyon ne pouvait prétendre à ces dignités, tous venaient de l’extérieur.
Il se vengea en étant nommé archevêque.
Dès lors il voulut imposer le rite parisien et réussit par la force. Le missale lugdunense de Montazet est un missale parisiense dont le calendrier est lyonnais.
Il y eût deux grandes restaurations. La première donna naissance au 19e au missale romano lugdunense qui ne restaurait que l’ordo missae et la semaine sainte lyonnais.
Mais la seconde restauration de 1956 n’acheva pas la restitution : le missel de 1956 s’intitule :
MISSALE ROMANUM in quo antiqui ritus lugdunenses servantur…
Il s’agit juste de mettre le missel en conformité avec les éditions romaines.
Au niveau du chant, très peu de différences par rapport au romain : on a juste un propre diocésain.