CHAPITRE III
DOGME QUI A DONNÉ LIEU A LA DIVISION DU MONDE SURNATUREL.
Décrété de toute éternité, le dogme de l’Incarnation du Verbe fut, à son heure, proposé à l’adoration des anges. Les uns acceptèrent humblement la supériorité qu’Il créait en faveur de l’homme ; les autres, révoltés de la préférence donnée à la nature humaine, protestèrent contre le divin conseil. Telle est la pensée d’un grand nombre de docteurs illustres.
A tous égards, elle mérite l’attention du théologien et du philosophe. Le premier y trouve la solution des plus hautes questions de la science divine. Au second, elle explique et elle explique seule le caractère intime de la lutte éternelle du bien et du mal. Trois propositions incontestables nous semblent, d’ailleurs, en démontrer la justesse. Le mystère de l’Incarnation fut l’épreuve des anges : si 1°, ils ont eu connaissance de ce mystère ; si 2°, ce mystère était de nature à blesser leur orgueil et à exciter leur jalousie ; si 3°, le Verbe Incarné es t l’unique objet de la haine de Satan et de ses anges.
Écoutons les docteurs établissant cette triple vérité. Dès le commencement de leur existence, dit saint Thomas, tous les anges connurent de quelque manière le mystère du règne de Dieu accompli par le Christ, mais surtout à partir du moment où ils furent béatifiés par la vision du Verbe : vision que n’eurent jamais des démons, car elle fut la récompense de la foi des bons anges. »
Que tous les anges, sans exception, aient eu dès le premier instant de leur création une certaine connaissance du Verbe éternel, la raison s’élève jusqu’à le comprendre. Le Verbe est le soleil de vérité qui éclaire toute intelligence sortant de la nuit du néant : il n’y en a pas d’autre.
Miroirs d’une rare perfection, les anges ne purent pas ne point réfléchir quelques rayons de ce divin soleil, dont ils étaient les images les plus parfaites. Mais, bien qu’ils eussent la conscience d’eux-mêmes et des vérités dont ils étaient en possession, ces rayons étaient encore voilés, et ils devaient l’être.
Créés dans l’état de grâce, les anges ne jouirent pas, dès l’origine, de la vision béatifique. Ils ne connurent donc qu’imparfaitement le règne de Dieu par le Verbe. Que ce Verbe adorable, par qui tout a été fait, serait le trait d’union entre le fini et l’infini, entre le Créateur et la création tout entière, et qu’ainsi Il établirait glorieusement le règne de Dieu sur l’universalité de ses œuvres : telles furent les connaissances rudimentaires des esprits angéliques. C’était en germe le mystère de l’Incarnation ou de l’union hypostatique du Verbe avec la créature, mais rien de plus.
Expliquant les paroles du maître Les anges, dit un savant disciple de saint Thomas, ont une double connaissance du Verbe, une connaissance naturelle, et une connaissance surnaturelle.
« Une connaissance naturelle, par laquelle ils connaissent le Verbe dans Son image, resplendissant dans leur propre nature. Cette première connaissance, éclairée de la lumière de la grâce et rapportée à la gloire de Dieu et du Verbe, constituait la béatitude naturelle dans laquelle ils furent créés. Toutefois, ils n’étaient pas encore parfaitement heureux, puisqu’ils étaient capables d’une plus grande perfection, et qu’ils pouvaient la perdre, ce qui, en effet, eut lieu pour un grand nombre.
« Une connaissance surnaturelle ou gratuite, en vertu de laquelle les anges connaissent le Verbe par essence et non par image. Celle-là ne leur fut pas donnée au premier instant de leur création, mais au second, après une libre élection de leur part.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde