Le Forum Catholique

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images/icones/salutscout.gif  ( 941948 )Riaumont dans la tourmente médiatique par Cristo (2022-03-03 11:52:36) 

avez-vous noté comme moi que le qualificatif "intégriste" refleurit ces temps-ci journalistiquement parlant ?
Non, je ne parle pas des procès des tueries du Bataclan ou de Saint-Etienne du Rouvray.




La parole retrouvée des enfants martyrs de la communauté intégriste de Riaumont à Liévin
Mercredi 2 mars 2022 à 11:59 - Par Pascale Thiebold, France Bleu Nord
Liévin
Après deux ans d'enquête, la journaliste Ixchel Delaporte publie ce mercredi un livre sur la communauté catholique intégriste de Riaumont, à Liévin dans le Pas-de-Calais. On y découvre des maltraitances généralisées et les agressions sexuelles subies par les enfants placés pendant de longues années


Cette communauté a été ouverte en 1960. L'école n'a été fermée qu'en 2019 malgré de nombreux signalements, malgré le suicide d'un jeune pensionnaire en 2001. Pourquoi a t-il fallu attendre aussi longtemps pour mettre un terme à ces violences généralisées ? Ces enfants n'existaient pas pour la société ?

Ixchel Delaporte : C'est le propos même du livre. J'essaie de démontrer à travers les archives et les documents officiels à quel point il y a eu une omerta et un laisser-faire autour de ces enfants. De 1960 à 1982, c'était essentiellement des enfants de DDASS, placés par des juges pour enfants et donc c'est l'Etat qui a payé. Il y a eu suffisamment d'alertes pour qu'on se dise que ces institutions publiques savaient ce qu'il se passait à l'intérieur de cet internat.

Pourquoi, dans ces conditions, avoir laissé faire ?

Parce que c'est pratique d'avoir un pensionnat qui accepte des fratries, un prix de journée très faible, qui les garde autant de temps que nécessaire. On manquait de foyers à l'époque pour placer des enfants qui étaient en situation de délinquance. C'était la fin des mines, les familles étaient en voie de destructuration donc cet internat est très bien tombé. Et puis, les notables de Liévin, de Lens ou encore d'Arras s'achetaient une charité à bon compte en finançant l'oeuvre du père Revet, le fondateur.

Le père Revet est aujourd'hui décédé. C'est lui a qui a instauré cette éducation par la violence ?

Officiellement, c'était la pédagogie scoute. En réalité, c'était des coups de ceinturons, de coups de martinets, des enfermements dans les douches. Les enfants qui fuguaient étaient ensuite rasés pour qu'ils ne recommencent pas. C'était la loi de la jungle entre les enfants. Le but, c'était de les mater et d'en faire des petits "soldats du Christ". Il y avait une dimension religieuse et idéologique très forte. Il y avait aussi des abus sexuels. (NDLR : 11 religieux ont été mis en examen pour viols, violences et agressions sexuelles sur mineurs.)


Vous avez rencontré plusieurs de ces enfants devenus aujourd'hui des adultes. Ils sont brisés à vie ?

Complètement. On ne peut pas sortir indemnes d'une telle éducation même si certains en ont gardé un bon souvenir. Pour la majorité, ca a été très compliqué de se reconstruire après. Tous expliquent qu'il est difficile de sortir de Riaumont parce qu'on leur a appris que l'extérieur était mauvais et qu'ils ne connaissent pas les codes de la société. C'est un système sectaire.

Le parquet de Béthune a ouvert quatre instructions entre 2014 et 2017. Où en est-on aujourd'hui ?

L'enquête est terminée et le dossier est sur le bureau de la juge d'instruction de Béthune. Les victimes attendent et espèrent qu'un procès aura lieu. Mais aujourd'hui, il y a encore des plaintes. Bruno qui témoigne a porté plainte en novembre même si les faits sont prescrits. Ils ont besoin d'être reconnus comme victimes.

"Les enfants martyrs de Riaumont : enquête sur un pensionnat intégriste" aux Editions le Rouergue.



https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/la-parole-retrouvee-des-enfants-martyrs-de-la-communaute-integriste-de-riaumont-a-lievin-1646218764




"Les enfants martyrs de Riaumont" : un livre révèle les abus en toute impunité du pensionnat catholique intégriste de Liévin
Publié le 02/03/2022 à 17h34 • Mis à jour le 02/03/2022 à 19h07
Écrit par Yacha Hajzler

Dans un livre-enquête, la journaliste Ixchel Delaporte retrace l'histoire d'un pensionnat catholique qui a perpétré maltraitances et abus sexuels pendant près des décennies. Mais à Liévin, pendant longtemps, personne n'a voulu regarder en face les "enfants martyrs de Riaumont."

Ce 18 février, 11 personnes étaient mises en examen par le parquet de Béthune, accusées de "viols", "agressions sexuelles" ou "maltraitances", sur des enfants de moins de 15 ans. Tous travaillaient dans un pensionnat catholique traditionnaliste, la communauté de la Sainte-Croix de Riaumont, qui entretient historiquement des liens étroits avec l'extrême-droite française.

Fondée en 1960 par Albert Revet, l'institution se consacre au "redressement" et à la rééducation d’enfants pauvres, venus surtout des corons du Nord. Le scandale n'éclate qu'en 2018, alors que la presse révèle les enquêtes en cours : plus de 50 ans d'abus continus, et d'impunité. Les premiers témoignages de sévices à l'encontre du père Revet précèdent même l'ouverture du pensionnat. "Albert Revet était un pédo-criminel, et quand on crée un lieu fermé où des enfants sont livrés à eux-mêmes, on a un lieu idéal pour abuser de ces enfants. On ne peut pas affirmer que c'était prévu, mais la réalité est qu'il a pu faire ce qu'il a voulu."

"Des sévices, on en a tous subis" : à Riaumont, le règne de la violence

Ixchel Delaporte est journaliste et autrice, elle publie ce 2 mars un livre : "Les enfants martyrs de Riaumont : enquête sur un pensionnat intégriste". L'ouvrage est issu de sa rencontre avec Bruno Raout, ancienne victime, qui a subi dans ce pensionnat des abus graves, et répétés. C'est en 2019, et Ixchel Delaporte écrit un autre livre sur Vincent Lambert, devenu malgré lui le visage du combat pour le droit à mourir dans la dignité. Elle découvre alors que Vincent Lambert a été abusé enfant, par le même homme que Bruno Raout, le père Philippe Peignot. En remontant la piste du prêtre pédophile, elle trouve donc sur sa route le pensionnat de Riaumont.

Une seule personne a déjà témoigné à visage découvert, c'est Bruno Raout. Au-delà de l'agression sexuelle qui lui a été infligée, il raconte un quotidien fait de souffrances.


"Des sévices ici, on en a tous subi, confie-t-il dans les premières pages du livre, alors qu'il revient sur le lieu de ses souffrances. J’ai été battu, frappé au visage.Tout était fait à la vue de tous. Lorsqu’on dérogeait à leurs règles, que l’on essayait de prendre la fuite, tout type de punition était attribué, comme être enfermé nu dans les douches, nous raser le crâne et laisser des cheveux représentant une croix. L’épuisement était permanent, quand on devait faire des travaux à la chapelle jusqu’à 4 heures du matin".

Ixchel Delaporte dénonce aujourd'hui des maltraitances organisées en un véritable système. "Les témoignages des anciens sont très durs. Au fur et à mesure des interviews, on voit revenir certains mots, certaines manières de procéder récurrentes dans les violences physiques et les violences sexuelles. Même cette éducation "à la dure", dans un mode idéologique et patriotique, plus proche de la légion étrangère que du scoutisme, c'est très frappant. La deuxième chose qui est très frappante, c'est l'abandon collectif de ces enfants par les pouvoirs publics. Il y a eu des alertes."

Autour de Riaumont, les jeux de pouvoir des élites locales

En préambule du livre, une lettre écrite dans une calligraphie enfantine, assez concise. Première phrase : "Chère maman, juste en revenant à Riaumont, à peine rentré, on me frappe avec une lanière de cuir de martinet". En plus de leurs parents, les enfants tentent d'alerter les forces de l'ordre qui les récupèrent en pleine fugue, leurs instituteurs, ou la DDASS.

Mais Albert Revet est une personnalité respectée à Liévin, avec des alliés puissants. "Dans un article de Nord Matin, quotidien régional de gauche distribué dans le bassin minier, on constate le haut niveau d’influence et la force de frappe de l’abbé Revet localement. Sur une grande photo, on reconnaît au centre le maire socialiste de Liévin Henri Darras, le sous-préfet Souvraz à sa droite et le père Revet à sa gauche. Le sous-préfet se félicite de l’obtention d’une "substantielle subvention" pour le Foyer, donnée par le conseil général" retrace Ixchel Delaporte dans son livre.

Bruno Raout en parle lui aussi, avec une très légitime amertume : "Si vous saviez le nombre de familles d’aristocrates et de riches entrepreneurs de la région que j’ai vues passer tous les dimanches à la messe à Liévin. Nous les enfants pauvres du Nord, nous étions une jolie petite vitrine charitable, nous étions leurs pauvres. Ils se sont servis de nous pour faire prospérer leurs intérêts."

Le nom d'André Dupon a notamment émergé de ces témoignages. Dans les années 70, il est chef de la chorale à Riaumont. Aujourd'hui, il est connu à Lille comme le directeur de vitamine T, une association d'insertion sociale et professionnelle. Il nie catégoriquement les accusations portées à son encontre, et dit avoir été "sous l'emprise du modèle éducatif" du pensionnat intégriste.

"Ils salissent la mémoire de votre enfance" : ceux qui parlent mis au ban

L'impunité autour du pensionnat catholique de Riaumont n'est pas sans faire écho au rapport de la commission indépendante contre les abus sexuels dans l'Eglise, dit "rapport Sauvé", paru en octobre 2021. Dans le document, les membres de la commission d'enquête reviennent en détails sur l'omerta autour de ces graves violences, et fustigent une institution qui "a très longtemps entendu d’abord se protéger (...) et a manifesté une indifférence complète et même cruelle à l’égard des personnes ayant subi des agressions". L'influence qu'exerce l'Eglise sur les cours de Justice, et sur l'opinion populaire, est clairement établie.


Des marqueurs que l'on retrouve dans le récit des victimes qui ont accepté de témoigner : chez les anciens de Riaumont, ils sont considérés comme des "traîtres". Parmi leurs ex-camarades, certains se sentent en effet redevables pour l'éducation reçue au pensionnat. Voici ce que poste le prêtre Hervé Tambourin, dans un groupe Facebook privé : "Il est inévitable que certains aient plus ou moins bien ou mal vécu les contraintes de Riaumont à leur époque, mais un regard objectif remarquera le taux extraordinairement élevé de retours positifs surtout pour une maison telle que la nôtre. (...) Reste ceux qui en souffrent, [ils] ont droit à notre bienveillance même s’ils accusent et salissent la mémoire de votre enfance."

Certaines victimes entendues par les enquêteurs ont reconnu des violences et agressions sexuelles, mais ont refusé de déposer plainte, de peur de se couper de leur entourage. Les mis en examen, eux, exercent toujours, en attendant que Justice soit rendue. En décembre 2021, le parquet de Lille a reçu une nouvelle plainte, et d'autres devraient suivre.


"Le nombre de mis en examen est faible par rapport au nombre d'abus qu'il y a eu en réalité, ça c'est une évidence". Ixchel Delaporte espère que son livre pourra contribuer à une libération de la parole, et à une prise de conscience des institutions judiciaires. Le dossier d'enquête est arrivé dans les bureaux du parquet de Béthune.

Les enfants martyrs de Riaumont : enquête sur un pensionnat intégriste, éditions Rouergue, 22€.


https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/pas-calais/lievin/les-enfants-martyrs-de-riaumont-un-livre-revele-les-abus-en-toute-impunite-du-pensionnat-catholique-integriste-de-lievin-2481088.html
images/icones/ancre2.gif  ( 941996 )Depuis le temps que l'enquête est en cours... par Paterculus (2022-03-04 01:04:57) 
[en réponse à 941948]

... il semble bien que le dossier de la justice soit à peu près vide.
En tout cas, il n'y a pas que des témoignages à charge.
Beaucoup d'anciens ont témoigné de leur gratitude envers les religieux.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/FleurDeLys.png  ( 984119 )Nous portons plainte pour diffamations par Riaumont (2025-02-12 10:12:30) 
[en réponse à 941948]

Des centaines d'anciens nous ont contacté depuis, pour dire qu'ils en avaient marre de ce que déversent les média (déjà plus de 200 articles recensés depuis 2019 !), et qu'une poignée de mécontents prétende parler au nom de tous, en salissant la mémoire de leur jeunesse.

Le lynchage médiatique contre Riaumont devenant délirant, on a dû déposer Plainte pour DIFFAMATION avec constitution de partie civile devant le tribunal de Béthune.
images/icones/fleche2.gif  ( 984420 )Le site de Riaumont est inaccessible par Mary-Kate (2025-02-20 17:23:13) 
[en réponse à 984119]

aujourd'hui.

Maintenance ou attaque ?
images/icones/3b.gif  ( 985147 )Cette défense est un naufrage par Ptitlu (2025-03-13 05:26:16) 
[en réponse à 984119]

Jugement ce 11 mars d'un ex prieur de Riaumont pour 2000 (!) fichiers illicites sur son PC. Même un c'est un délit...

En plus du fait qu'un ecclésiastique n'a pas à détenir de tels fichiers sous aucun prétexte (et mériterait franchement une peine canonique forte. Dans le temps on envoyait dans une Trappe).

Mais de pénitence il n'est point question.

Le prévenu a contesté que la majorité de ces images mettaient en scène des mineurs, jeunes garçons ou adolescents. Il a aussi contesté le nombre de fichiers illicites retrouvés sur ses ordinateurs, environ 2.000 selon les enquêteurs. Et pour justifier ses visites sur des sites pornographiques, il a assuré à la barre qu’elles s’inscrivaient dans le cadre d’une « étude anthropologique, sociétale, éducative », pour mieux comprendre la jeunesse d’aujourd’hui.

On retrouve la citation dans d'autres titres de presse, et on doit certainement pouvoir vérifier avec les minutes du procès. Tout est écrit.

Comment illustrer avec brio l'adage pénaliste "le pire ennemi du client, c'est le client", ruiner totalement la défense de la communauté (pas étonnant que le site et les témoignages favorables soient hors ligne) , et mettre victimes comme opinion hors d'eux par un déni pareil, mode d'emploi.

2000 fichiers et pas un mot de contrition, désolé, je n'ai pas les mots.

C'est vraiment reconnaître à la barre que Riaumont doit être fermé.

On s'en fiche qu'ils soient ou non pedopornographiques, la raison, le quoi ou qu'est ce : c'est 2000 fois une raison de renvoyer quelqu'un du sacerdoce pour incompatibilité majeure.

On ne peut pas donner de leçons de morale qu'aux modernos sans balayer devant notre porte, ce n'est pas possible.

Au risque de me répéter : vous n'avez pas idée comment les gens sont hors d'eux en entendant un déni pareil...ou ses nombreuses déclinaisons.

Il y a encore trois affaires à juger, pour des faits bien plus graves, mais on a déjà la mesure du problème : un déni MAOUSSE.

Aux avocats de Riaumont : faites taire vos clients, sinon ils vont prendre le quantum maximal.

images/icones/3b.gif  ( 985148 )Je plussoie... par Joseph Dastros (2025-03-13 09:12:36) 
[en réponse à 985147]

Tout est dans le titre
images/icones/hein.gif  ( 985149 )Mon Dieu ! par Roger (2025-03-13 09:33:35) 
[en réponse à 985147]

Sur le fond vous avez parfaitement raison...mais je le demande comment vous trouvez le temps ( et l'idée) de collecter des informations aussi nombreuses et précises sur de tels sujets ...
images/icones/hein.gif  ( 985167 )Ne devrions-nous pas attendre ... par Paterculus (2025-03-13 17:10:13) 
[en réponse à 985147]

... les suite de leur plainte ?
VdP
images/icones/carnet.gif  ( 985222 )Bien d'accord avec vous... par Chataigne (2025-03-15 16:23:38) 
[en réponse à 984119]

... et je me souviens avoir vu brièvement un extrait de ces accusations mensongères qui m'a révélé l'intention mauvaise des ces "témoignages de violence/maltraitance":
Une séquence montrait des garçons se roulant par terre avec "violence", alors qu'il s'agissait... d'un Grand-Jeu Scout !!
Il faut n'avoir jamais fait de Scoutisme pour ne pas savoir que les "prises de foulard" dans un grand-jeu entrainent les enfants (surtout les garçons) à se laisser tomber pour que l'adversaire ne puisse prendre le foulard coincé dans votre dos par le ceinturon !...
images/icones/1f.gif  ( 985239 )Il faut arrêter de se justifier bêtement par Nemo (2025-03-15 23:16:14) 
[en réponse à 985222]

Bien sûr que Riaumont a sauvé des enfants, que ces derniers peuvent en témoigner.
Mais il y a eu au moins un prédateur dans la communauté. Et la communauté aura eu le tort de ne pas s’en apercevoir, c’est indéniable. Amasser de bons témoignages n’y changera rien. Il faut que la communauté exprime clairement son horreur devant ce qui s’est passé. Et qu’elle fasse profil bas.
images/icones/carnet.gif  ( 985326 )Documentaire par Twinckel (2025-03-19 16:12:49) 
[en réponse à 941948]

Sur la question ici

(Peut-être a-t-il déjà été partagé ici ?)

Il ne serait pas étonnant que beaucoup de choses soient vraies, voire même tout. Aucune communauté n'est à l'abri, on dirait.

images/icones/tele.gif  ( 985333 )sous le coup d'une plainte en diffamation par Riaumont (2025-03-19 19:12:33) 
[en réponse à 985326]

Ce que ne vous disent pas les média c'est que les réalisateurs de ce docu-fiction d'Arte sont aussi mis en examen pour plainte en diffamation avec constitution de partie civile devant le tribunal de Béthune.

images/icones/3b.gif  ( 985339 )Malhonnêteté totale de votre vidéo par Gereo (2025-03-20 04:18:11) 
[en réponse à 985333]

À plusieurs reprises vous convoquez un court extrait du témoignage d'un ancien pensionnaire "Jean" (Soren), tel qu'il apparaît dans le livre d'Ixchel Delaporte, pour faire ainsi valoir qu'il s'est contredit ensuite dans le documentaire d'Arte. Vous citez ce passage :

"L'école et les scouts, ce sont deux choses différentes. Les scouts, c'est parmi les meilleurs souvenirs de Riaumont... Que c'était chouette"

J'ai eu la curiosité tout de même d'aller voir en quoi l'école et les scouts c'était différent pour lui.

Voici en réalité ce qui précède et que tout un chacun peut lire sur Google Books (je souligne les passages qui montrent à quel point Riaumont c'était chouette pour l'auteur du témoignage) :

En 2015, Soren est convoqué par le tribunal de Béthune avec son avocate. Il est entendu par le juge d'instruction. Débordés par l'ampleur de l'affaire, les magistrats de Béthune décident de transférer le dossier au groupe central des mineurs victimes, en charge de la pédocriminalité, situé à Nanterre. C'est là que tout commence pour Soren, avec une capitaine aguerrie qui lance des auditions sur plus de 200 anciens pensionnaires à travers la France et le monde. Cela dure un an et demi, jusqu’en 2017. « J'ai passé des heures avec la capitaine. À un moment donné, elle a ouvert un book photo et j'ai découvert le mensonge de mon cerveau, le niveau des agressions que j'avais subies. C'est comme si vous preniez des coups de poignard. Votre cerveau explose : ça fait trente ans que vous vous mentez pour vous cacher des trucs à vous-même. » À partir de détails comme le plan du Village, les lieux des agressions, il reconstitue le puzzle. « Avec elle, poursuit-il, je redécouvre tout. Je cible cinq adultes qui m'ont agressé sexuellement. Mais nous n'avons pu aboutir sur les plaintes nominatives que pour quatre d'entre eux. Sur ces quatre, deux sont des religieux et deux des laïcs. Aujourd’hui, deux ont avoué les faits, dont un a été écroué pour des abus sexuels perpétrés à Vannes pendant trente ans. Il sera jugé dans un second temps dans mon affaire. Le deuxième qui a avoué vit toujours à Riaumont. Deux autres, l’un prêtre défroqué et l’autre toujours abbé, continuent à nier les faits. Mais pour moi, c’est un immense soulagement d'être enfin reconnu comme victime par la justice. »

L'abbé M. s'occupait de l'infirmerie en tant que laïc à Riaumont.
Comme il est devenu prêtre après avoir quitté l'institution, cela a rendu les recherches difficiles. Finalement, les policiers retrouvent sa trace et perquisitionnent son domicile. Là, ils découvrent l'ampleur des abus qu'il a commis sur des enfants. « Je m'en veux beaucoup de ne pas avoir parlé plus tôt parce que j'aurais peut-être pu éviter des violences contre des enfants et il y en a un paquet. Je connais des gens, même si je me suis beaucoup éloigné de ce milieu, dont les enfants allaient au catéchisme avec lui. » Je l'interroge sur les circonstances des viols. « Je ne peux pas compter le nombre de fois où j'ai été violé. Le fait est que j'ai été violé par quatre personnes sur cinq. Il y en a où c'étaient des viols pas violents, c'est débile de parler comme ça mais il y en a d’autres... quand vous avez les mains attachées dans le dos, une ceinture autour du cou et les pieds enchaînés à un tuyau, c’est autre chose. I] m'a fallu entre trois et quatre ans pour arriver à en parler sans m'effondrer. Je peux en parler aujourd’hui, ça fait quelques années que je me prépare et que j'ai réussi à le cracher. Je n'ai plus de honte. » Je retrouve des références du prêtre défroqué dans des échanges entre anciens sur le groupe secret Facebook de 2018 aujourd’hui fermé. L'un des anciens dit : « Le frère P., j'ai gardé ses cinq doigts sur la fesse gauche pendant deux mois, tout ça pour avoir dit guenon. » Puis un autre, très réservé sur son passage à Riaumont : « Bah Riaumont en soi c'est du lourd... Rétrospectivement, vous y mettriez vos enfants vous ? Moi je préférerais me couper une couille. » Il raconte ensuite qu'il a été auditionné par la police judiciaire et que « le seul moment désagréable » c'est quand il a vu la photo du frère P. « En résumé le frère P. est une grosse daube qu'il me plairait assez de voir devant un tribunal. Le frère J.-B. est un bon gros déséquilibré. Le père Argouarc’h au top. Son seul tort est d’avoir laissé un connard comme le frère P. gérer des gamins. » J'en déduis qu'il a été probablement abusé par cet homme. J'essaie de le contacter mais il ne me répondra pas.

Parler de Riaumont, c’est parler aussi de la brutalité et de la violence qui règnent dans un établissement coupé du monde. Au point de s'y habituer comme une normalité. Des exemples, il y en a tellement. Lors des dépositions, Soren a signalé certaines cicatrices, comme ce coup de hachette qu'il s’est pris à côté de l'œil. « J'ai même été recousu par M. », l'infirmier qui le violait. Son frère a eu le pouce écrasé par un pavé, recousu des deux côtés. « Quand je repense à des situations, j'ai l'impression d’avoir fait la guerre. Et je suis là. Je prends des médocs et je suis suivi par un psychiatre. Je suis à fleur de peau mais j'ai le recul pour savoir ce qui est vrai. » En ce qui concerne les scouts et par souci de justesse, Soren fait le tri dans ses souvenirs : « L'école et les scouts, ce sont deux choses différentes. Les scouts, c’est parmi les meilleurs souvenirs de Riaumont. C'était dur mais c'était enrichissant, fort en émotions, en grands jeux fous avec les gros moyens. À mon époque, on était 130 gamins et il y avait trois patrouilles de l'extérieur qui n’étaient pas de Riaumont. Mon frère a très bien vécu son scoutisme et avec le recul, aujourd’hui on ferait sans doute autrement, mais que c'était chouette ! »

Magnifique exemple de citation tronquée mensongère. Avec ce genre de procédé, votre prétendu debunkage du documentaire d'Arte tombe totalement à l'eau. Merci de nous l'avoir servi pour nous éclairer.
images/icones/neutre.gif  ( 985340 )Vous voulez parler de par Meneau (2025-03-20 08:32:51) 
[en réponse à 985339]

cette personne ?
https://youtu.be/40sqNaOO5lA?t=656

Cordialement
Meneau
images/icones/bravo.gif  ( 985343 )Oui par Gereo (2025-03-20 09:57:51) 
[en réponse à 985340]

C'est de lui que je parle. Sous le pseudonyme "Jean" dans le documentaire d'Arte, Soren - son vrai prénom - dans le livre. Comme je l'ai indiqué dans mon précédent post. J'ai trouvé d'ailleurs facilement son identité complète sur twitter avec la citation tronquée du livre.
images/icones/salutscout.gif  ( 985369 )ne tirez pas sur les ambulances par Riaumont (2025-03-22 11:13:40) 
[en réponse à 985339]

On ne peut reprocher à un documentaire de 35 minutes (= bit.ly/filmriaumont) de ne pas reproduire intégralement les 900 mots du texte que vous citez.

Pour ceux qui veulent se faire une idée des mensonges, calomnies et "fake news" contenus dans ces 900 mots, en voici un commentaire exhaustif. Evidemment, c'est plus long...

Par ailleurs on trouve déjà de multiples pages sur le site de Riaumont.net.
images/icones/fleche2.gif  ( 985370 )Merci pour cette documentation par Luc de Montalte (2025-03-22 13:14:11) 
[en réponse à 985369]

On trouve aussi une lettre intitulée « Le Père Alain s’explique » sur le site de Riaumont, mais elle n’est pas accessible librement. Autant je me souviens que le reportage mélangeait un peu tout et n'importe quoi (le côté à charge et idéologique était très visible même si mon visionnage remonte), autant cette affaire-là mérite soit que l’intéressé s’explique plus clairement s’il est innocent (mais il semble avoir reconnu ?) soit que Riaumont condamne clairement, non ?