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images/icones/marie.gif  ( 983885 )02/02 Purification de la T. Sainte Vierge (Présentation du Seigneur) par ami de la Miséricorde (2025-02-02 06:45:01) 



Purification de la T. Ste Vierge (Présentation du Seigneur)

On ne fait rien cette année du 4ème Dimanche après l’Épiphanie

La Présentation de Jésus au Temple et la Purification
de la Très Sainte Vierge de Saint Bernard de Clairvaux 2ème sermon


1. Grâces soient rendues à notre Rédempteur qui nous a si généreusement prévenus des douceurs de ses bénédictions, qui a multiplié nos motifs de joie dans les mystères de son enfance. Il y a quelques jours à peine, nous célébrions sa Nativité, sa Circoncision et son Epiphanie, et aujourd'hui se lève encore un jour de fête pour nous, celui de sa Présentation au temple.

En effet, c'est aujourd'hui qu'on offre au Créateur le fruit sublime de la terre, aujourd'hui que, par les mains d'une Vierge, est présentée à Dieu, dans son temple, une hostie de propitiation, une victime agréable; 'aujourd'hui qu'elle est portée par ses parents, et attendue par des vieillards.

Aujourd'hui, en effet, Marie et Joseph viennent offrir un sacrifice de louanges, un vrai sacrifice matinal; Siméon et Anne le reçoivent. Voilà les quatre personnes qui ont fait la procession qui est aujourd'hui rappelée à notre souvenir, comme un jour de fête, sous les quatre vents du ciel. Comme nous devons, nous aussi, faire aujourd'hui cette procession avec un appareil de fête inaccoutumé a dans nos autres solennités; il ne me semble pas hors de propos de vous faire remarquer en quel ordre et de quelle manière elle se passe. Nous avançons deux à deux, tenant à la main un cierge allumé, mais allumé à un feu consacré d'abord à l'Eglise par la bénédiction du prêtre, non à un feu ordinaire.

De plus, dans cette procession, les derniers sont les premiers, et les premiers sont les derniers, et, en parcourant les voies du Seigneur, nous célébrons dans nos chants la grandeur de sa gloire.

2. Ce n'est pas sans raison que nous nous avançons deux à deux. Nous voyons, en effet, dans l'Évangile (Luc. X, 1) que c'est ainsi que le Sauveur envoya ses disciples pour nous faire estimer la charité fraternelle et la vie commune. Celui qui voudrait marcher seul à son rang dans cette procession, en troublerait l'ordre, se nuirait à lui-même dans sa solitude, et gênerait en même temps les autres, ceux qui se mettent ainsi à l'écart sont des hommes charnels qui n'ont point l'esprit de Dieu (Jud. 19), et qui n'ont aucun souci de conserver l'unité d'un même esprit par le lien de la paix (Ephes. IV, 3). Mais, s'il n'est pas bon que l'homme soit seul, il ne faut pas non plus qu'il se présente à Dieu les mains vides. (Exod. XXIII, 15), car si on reproche

a Ces paroles ont trait à une objection que Abélard faisait à saint Bernard dans sa lettre V, où il disait : « Vous avez supprimé chez vous, à peu prés toute la pompe des processions. »

à ceux mêmes qui n'ont point trouvé de maître pour les employer (Matt. XX, 6), de demeurer à ne rien faire, à combien plus forte raison ceux qui sont loués mériteront-ils d'être blâmés s'ils ne font rien? «La foi sans les œuvres n'est-elle pas une foi morte (Jacob. II, 26) ? »

Nous devons donc accomplir les œuvres que nous avons à faire, avec ferveur, et dans tous les désirs de notre âme, si nous voulons avoir des lampes ardentes dans nos mains, autrement craignons, si nous sommes tièdes, de causer des nausées à Celui qui s'exprime ainsi dans son Evangile :

« Je suis venu apporter le feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu'il s'allume (Luc. XII, 49) ? » Il est bien certainement lui-même le feu béni, le feu sacré que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde, et qui est l'objet de nos bénédictions dans nos Eglises, selon ce mot du Psalmiste : »

Bénissez le Seigneur dans vos églises, c'est-à-dire dans vos assemblées, (Psal. LVIII, 27). » Notre ennemi a aussi, car c'est un pervers imitateur des œuvres de Dieu, notre ennemi, dis-je, a aussi son feu à lui, c'est le feu de la concupiscence de la chair, le feu de l'envie et de l'ambition, ce feu que le Sauveur n'est certes pas venu allumer, mais éteindre sur la terre.

Si jamais quelqu'un ose se servir de ce feu étranger dans le sacrifice qu'il offre à Dieu, il périra dans son iniquité, eût-il Aaron même pour auteur de sa race.

3. Mais c'est peu de ce que nous avons dit de la vie commune, de la charité fraternelle, des bonnes œuvres, et de la sainte ferveur, la vertu de l'humilité est plus grande encore, et nous est bien nécessaire aussi pour que nous nous prévenions les uns les autres par des témoignages de déférence et d'honneur (Rom. XII, 10), et que chacun de nous donne le pas sur lui non-seulement à ceux qui sont placés avant lui, mais à ceux qui sont plus jeunes que lui, car c'est en cela que consiste la perfection de l'humilité et la plénitude de la justice.

Puis, comme Dieu aime celui qui donne le cœur gai (II Cor. IX, 7), et que le fruit de la charité est la joie dans le Saint-Esprit, chantons, comme il est dit, dans les voies du Seigneur, et célébrons la grandeur de sa gloire ; faisons entendre au Seigneur un cantique nouveau, parce qu'il a fait des merveilles.

Dans tout cela, s'il s'en trouve par hasard un seul quine veuille point avancer, et qui ne cherche point à marcher de vertu en vertu, il faut qu'il sache, quel qu'il soit, qu'il est en station, non en procession; que dis-je, il recule au lieu de stationner, car dans le chemin de la vie, ne point avancer c'est reculer, puisque rien n'y demeure constamment dans le même état. Or, votre avancement à vous, mes frères, consiste, comme je vous l'ai dit bien souvent, à être convaincus que nous n'avons point encore atteint le but, à marcher sans cesse en avant, à tendre constamment vers quelque chose de mieux, et à mettre toujours nos imperfections sous les yeux de la Miséricorde divine.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 983886 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2025-02-02 06:47:38) 
[en réponse à 983885]



CHAPITRE VIII.
Comme la charité comprend toutes les vertus.


Josué, par son commandement et bon ordre, employant la valeur de ses troupes, faisait des merveilles; mais Samson par sa propre force, sans employer aucune autre, faisait des miracles. Josué avait les forces de plusieurs soldats sous soi; mais Samson les avait en soi, et pouvait lui seul autant que Josué et plusieurs soldats avec lui eussent pu tous ensemble.

L'amour céleste excelle en l'une et l'autre façon, car trouvant des vertus en une âme (et pour lordinaire au moins y trouve-t-il la foi, l'espérance et la pénitence), il les anime, il leur commande, il les emploie heureusement au service de Dieu; et pour le reste des vertus qu'il ne trouve pas, il fait lui-même leurs fonctions, ayant autant et plus de force lui seul qu'elles ne sauraient avoir toutes ensemble.

Certes le grand Apôtre ne dit pas seulement que la charité nous donne la patience, bénignité, constance, simplicité; mais il dit qu'elle-même elle est patiente, bénigne, constante; et c'est le propre des suprêmes vertus entre les anges et les hommes de pouvoir, non seulement ordonner aux inférieures qu'elles opèrent, mais aussi de pouvoir elles-mêmes faire ce qu'elles commandent aux autres.

L'évêque donne les charges de toutes les fonctions ecclésiastiques, d'ouvrir l'église, d'y lire, exorciser, éclairer, prêcher, baptiser, sacrifier, communier, absoudre; et lui-même aussi peut faire et fait tout cela, ayant en soi une vertu éminente qui comprend toutes les autres inférieures.

Ainsi saint Thomas, en considération de ce que saint Paul assure que la charité est patiente, bénigne et forte : La charité, dit-il, fait et accomplit les oeuvres de toutes les vertus. Et saint Ambroise, écrivant à Démétrius, appelle la patience et les autres vertus membres de la charité ; et le grand saint Augustin dit que l'amour de Dieu comprend toutes les vertus, et fait toutes leurs opérations en nous.

Voici ses paroles: « Ce qu'on dit que la vertu est divisée en quatre (il entend les quatre vertus cardinales), on le dit, ce me semble, à raison des diverses affections qui proviennent de l'amour: de manière que je ne ferai nul doute de définir ces quatre vertus, en sorte que la tempérance soit l'amour qui se donne tout entier à Dieu; la force, un amour qui supporte volontiers toutes choses pour Dieu; la justice, une force servant Dieu seul, et pour cela commandant droitement à tout ce qui est sujet à l'homme; la prudence, un amour qui choisit ce qui lui est profitable pour » s'unir avec Dieu, et rejette ce qui lui est nuisible. »

Celui donc qui a la charité, a son esprit revêtu d'une belle robe nuptiale, laquelle, comme celle de Joseph, est parsemée de toute la variété des vertus ; ou plutôt il a une perfection qui contient la vertu de toutes les perfections, ou la perfection de toutes les vertus:

et par ainsi la charité est patiente, bénigne; elle n'est point envieuse, mais bonteuse; elle ne fait point de légéretés, ains elle est prudente; elle ne s'enfle point d'orgueil, ains elle est humble ; elle n'est point ambitieuse ou dédaigneuse, ains aimable et affable; elle n'est point pointilleuse à vouloir ce qui lui appartient,
ains franche et condescendante; elle ne s'irrite point, ains est paisible; elle ne pense aucun mal, ains est débonnaire; elle ne se réjouit point sur le suai, ains se réjouit avec la vérité et en la vérité; elle souffre tout, elle croit aisément fout ce qu'on lui dit de bien, sans aucune opiniâtreté, contention ni défiance; elle espère tout bien du prochain, sans jamais perdre courage de lui procurer son salut; elle soutient tout, attendant sans inquiétude ce qui lui est promis.

Et pour conclusion, la charité est le fin or et enflammé que notre Seigneur conseillait à l'évêque de Laodicée d'acheter, lequel contient le prix de toutes choses, qui peut tout et qui fait tout.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde