Le Forum Catholique

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images/icones/tele.gif  ( 983696 )FRERES CONVERS - Les Gardiens de l'Office Divin - par Semper parati (2025-01-28 08:59:25) 

Avec un p'tit clin d’œil au Petit Placide :

Loin des écrans et des lumières de la ville, parfois dans le silence de la nuit, une simple cloche révèle qu'il existe une autre manière de vivre et d'être pourtant heureux.
La vie monastique se décline, à Fontgombault en deux états de vie complémentaires : les Pères de Chœur et les Frères Convers.
Toute vocation n'aboutit pas nécessairement à l'ordination sacerdotale : une consécration plus simple, comportant de larges moments de travail manuel, peut aussi être offerte à Dieu..."




Réalisation : Marc JEANSON - DCX-Films
Chef Opérateur : Thierry RODON
Durée : 16 mn
2025
images/icones/bible.gif  ( 983721 )Domestiques par Nemo (2025-01-28 17:44:52) 
[en réponse à 983696]

On trouvait chez les Mauristes des moines de choeur et des domestiques.
Chez les cisterciens les domestiques étaient appelés frères convers.

Il ne faut pas confondre prêtrise et moines de choeur. Autrefois dans une abbaye le statut par défaut nétait pas d'être prêtre, bien au contraire. On n'ordonnait prêtre que pour le strict besoin de l'abbaye, c'est à dire pour avoir la messe quotidienne. Ausii dans certaines grandes abbayes il pouvait n'y avoir qu'un ou deux prêtres, voire trois.

Ca qui distingue le moine de choeur du convers, c'est que le premier assure l'intégralité de l'office divin, de matines à complies. Les convers avaient souvent un office très simplifié comportant la récitation de nombreux Pater ou Ave. Souvent il résidait avec d'autres frères dans une ferme qui avait sa propre chapelle et venait à l'abbaye assister aux offices les dimanches et fêtes fériées.

Le prêtre était choisi parmi les moines de choeur.
images/icones/hein.gif  ( 983728 )Curieux qu'il y ait eu si peu d'ordinations à l'époque... par Joseph Dastros (2025-01-28 19:15:00) 
[en réponse à 983721]

... il y a avait si peu la conscience que plus de messes dites = plus de grâces ? Le sujet est un peu adjacent à celui de la concélébration dans les monastères finalement.
images/icones/iphone.jpg  ( 983763 )Sacerdoce et vie monastique par Signo (2025-01-29 22:22:30) 
[en réponse à 983728]

La sur-sacerdotalisation de la vie monastique est un phénomène tardif (médiéval).

Comme l’a rappelé Nemo dans les communautés monastiques des premiers siècles du monachisme, il y avait peu voire pas du tout de prêtres, et de toute façon la messe n’était pas célébrée tous les jours. Les communautés qui n’avaient pas de prêtre se rendaient à la paroisse la plus proche le dimanche pour assister à la messe avec les fidèles puis retournaient dans leur retraite. S’il n’y avait pas de paroisse à proximité, ils n’avaient pas de messe le dimanche, ce qui pouvait arriver sur des périodes assez longues. Certains moines n’assistaient à la messe qu’occasionnellement (à Pâques notamment).

Il me semble (mais il faudrait vérifier) que dans la Vie de Saint Benoît, Saint Grégoire raconte qu’une année Benoit qui vivait en ermite dans une solitude particulièrement radicale ne s’est même pas aperçu que c’était Pâques qu’il n’a donc pas fêté. Je ne crois d’ailleurs pas que S. Benoît ait été prêtre. Le monachisme ancien a longtemps entretenu une certaine distance avec la hiérarchie ecclésiastique, même s’il y a pu avoir dans certaines circonstances des contacts plus étroits.

Je suis attaché aux messes basses dites par chaque moine-prêtre dans les monastères car il s’agit toujours d’un grand moment de recueillement, ce qui ne m’empêche pas de considérer la conception quantitative des grâces liées à l’Eucharistie élaborée progressivement à partir du XIe siècle (plus il y a de messes, plus il y a de grâces, d’où la multiplication des messes… et des ordinations en série, parfois sans nécessité pastorale) comme contestable. Il me semble que les grâces liées à la célébration du Saint Sacrifice relèvent du surnaturel et du monde invisible situé en dehors des notions de quantité, d’espace, de temporalité. Du reste dans l’histoire cette conception a engendré de nombreux abus.

Par ailleurs s’il y a un terme à bannir de notre vocabulaire car impropre c’est bien celui de messe privée. Même célébrée par un prêtre seul la messe est toujours un acte de l’Eglise.

En même temps, je trouve qu’il n’est pas forcément indispensable non plus de chanter la messe tous les jours. Je connais un monastère traditionnel dans lequel la messe n’est chantée que les dimanches et fêtes et c’est très bien comme ça.

La disparition des convers (domestiques pieux non moines dans leur sens médiéval) a peu près à l’époque de Vatican II s’est voulu un retour au monachisme primitif qui ne connaissait que des moines. Si j’ai bien compris, les abbayes traditionnelles (Barroux-Fontgombault) ont suivi le mouvement mais maintenu une forme de distinction entre Frères et Pères (moines dans les deux cas) pour distinguer prêtres astreints au chœur et moines non prêtres plutôt centrés sur le travail et donc qui ne chantent que laudes, vêpres et complies. Mais du coup l’idée que seuls les prêtres et ceux aspirant à le devenir chantent l’intégralité de l’office s’est imposé, ce qui est effectivement contestable. Je suppose que tous les moines de chœur recevaient la tonsure monastique (couronne) et étaient donc clercs sans forcément être prêtres.

Ce reportage très intéressant montre la vie au sein de la Trappe de Bellefontaine en 1960. Les images de la messe correspondent à la messe dominicale (on entend le chant de Tierce avec le psaume 118). Les convers sont présents à la messe et au réfectoire avec les moines de chœur, ce qui j’imagine n’était le cas que le dimanche (?).

Dans ses écrits, Père Jérôme, figure spirituelle de la Trappe de Sept-Fons témoignait de la vie humble souvent édifiante de ces frères convers astreints aux tâches manuelles, qui sans être considérés comme moines, l’étaient de fait par leur profonde vie intérieure centrée sur la récitation quotidienne du Rosaire.
images/icones/neutre.gif  ( 983767 )Merci Signo par Bibracte (2025-01-30 09:33:41) 
[en réponse à 983763]

Pour ce reportage très intéressant.


En même temps, je trouve qu’il n’est pas forcément indispensable non plus de chanter la messe tous les jours. Je connais un monastère traditionnel dans lequel la messe n’est chantée que les dimanches et fêtes et c’est très bien comme ça.



Je ne suis pas convaincu : à partir du moment où le père abbé est prêtre et où le monastère est assez pourvu en moines sachant chanter la messe, pourquoi ne pas chanter la messe quotidienne ? Étrange d'avoir une vie liturgique où tout est chanté quotidiennement, sauf la messe qui est supposée être le sommet.
images/icones/hein.gif  ( 983781 )Pas sûr d’avoir compris par Nemo (2025-01-30 14:44:28) 
[en réponse à 983767]

Quand Signo dit que la messe n’est pas chantée tous les jours, veut-il dire qu’elle n’est pas dite du tout ou est remplacée pas une messe basse ?
Et si elle est remplacée par une messe basse, est-ce parce que la communauté n’a pas les moyens en nombre ou compétence pour chanter tous les jours ? Est-ce qu’elle chante recto tono tout u partie de l’office divin ?

En effet dans l’antiquité les Saints Mystères n’étaient pas célébrés en semaine mais on a évolué vers une messe quotidienne et ça me semble bon.

Toute messe dérive de la messe pontificale et c’est là que doit être l’objectif de toute assemblée, la messe solennelle tous les jours.
Je suis attristé qua d je vois des dominicaines nombreuses et compétentes psalmodier graduel et alleluia avec pour motif qu’elles ont des objectifs plus prioritaires, la formation des élèves.
Egalement quand je vois nombre de prêtres ordonnés assister à une messe chantée qui aurait pu être solennelle. La grand messe des paroisses de Paris fut solennelle tous les dimanches et fêtes autrefois.

Le fait que la messe soit solennelle n’est nullement lié à la solennité de la fête : une messe devrait être solennelle par défaut, dès qu’on a assez de ministres présents.
images/icones/iphone.jpg  ( 983785 )Précisions par Signo (2025-01-30 15:41:07) 
[en réponse à 983781]

Effectivement il y a des messes basses quotidiennes et la communauté n’est constituée que d’une poignée de moines, ce qui explique la particularité. C’est une fondation récente avec une approche de la vie monastique très axée sur l’ascèse et l’érémitisme, un peu dans la tradition des camaldules.

Seules les vigiles sont chantées recto tono, comme dans tous les monastères traditionnels il me semble. Tout le reste de l’office quotidien est chanté sur les tons prescrits par l’office monastique traditionnel.

Vous avez évidement raison en rappelant que toute messe devrait être chantée et si possible solennelle. C’est par ailleurs un principe auquel je suis attaché, la mentalité de messe basse ayant incontestablement conduit à un rétrécissement et un appauvrissement de la vie liturgique, et a paradoxalement influencé la création de la messe Paul VI sur certains points.

Ce que je voulais dire en disant qu’une messe conventuelle chantée quotidienne n’était pas indispensable (je n’en conteste pas le principe et d’ailleurs j’assiste toujours à la messe conventuelle quotidienne quand je séjourne en abbaye), c’est que la sur-sacerdotalisation de la vie monastique dont je parlais s’est également accompagnée d’une sur-liturgisation.

Je m’explique. Aujourd’hui il nous paraît évident qu’un monastère est par excellence un foyer de vie liturgique. Et de fait la liturgie a toujours eu un place centrale dans la tradition monastique, en Orient comme en Occident. Toutefois lorsqu’on étudie les origines du monachisme on s’aperçoit que cette centralité n’a pas toujours été évidente. Les premiers moines, notamment anachorètes ne suivaient pas à proprement parler un « office monastique » complexe semblable à celui que suivent les moines actuels. Leur spiritualité était essentiellement fondée sur l’ascèse, la solitude, et la prière des psaumes mais sous une forme très simple et très libre. A cette époque la liturgie au sens actuel du terme est essentiellement une réalité séculière, liée à la vie des Églises locales constituées autour de l’évêque et du presbyterium.
C’est l’essor du cénobitisme qui va accroître l’importance de la vie liturgique dans les milieux monastiques, d’abord en Orient avec le monachisme basilien et surtout en Occident avec la règle de Saint Benoît qui marque une réelle inflexion (positive à mon sens) sur ce point. A partir de cette inflexion la liturgie va prendre en Occident surtout une importance croissante, et même, à partir notamment de la grande aventure clunisienne, probablement excessive: l’excroissance de l’office liturgique tend à « écraser » tous les autres aspects de la vie monastique (notamment le travail manuel). D’où la réaction cistercienne qui constitue une première tentative de « simplification » de l’office pour rétablir une forme d’équilibre avec le travail et la vie contemplative et ascétique.
Une autre étape de cette sur-liturgisation a été la «restauration » du monachisme bénédictin par Dom Guéranger qui accorde à nouveau à la liturgie une place prépondérante. En réalité il est clair que le monachisme est vu à cette époque comme un conservatoire de l’esprit liturgique de l’Eglise antique. On est allé jusqu’à dire (mais je ne sais pas exactement de quand date l’expression) que les monastères étaient « propter chorum fundasti »,expression ambiguë qui revient clairement à donner à la liturgie une place essentielle dans le monachisme qu’elle n’a jamais eu, l’essence du moine étant la recherche de Dieu dans la solitude et non d’abord la vie liturgique, qui constitue plutôt l’essence de la vie canoniale, qui est tout autre chose.
En soi, la situation actuelle dans laquelle la vie liturgique intégrale (c’est à dire bien sûr la messe mais aussi l’intégralité de l’office) a déserté les cathédrales pour se réfugier dans les monastères est une anomalie et il me paraît important d’en avoir conscience.
images/icones/carnet.gif  ( 983771 )A propos de Vatican II par Roger (2025-01-30 10:46:50) 
[en réponse à 983763]

Le concile a voulu revenir aux origines

Pourtant en pratique il a lancé deux mouvements
- l'unification des deux catégories de moines
- l'aggravation de ce que signo appelle de façon très méprisante la sur sacerdotalisation puisque la plupart des moines sont désormais des prêtres. Aujourd'hui plus quen 1960.

Ce double mouvement a contribué à réserver les vocations monastiques aux intellectuels. Ce qui n'était pas le but recherché !
images/icones/iphone.jpg  ( 983783 )On peut y ajouter par Vincent F (2025-01-30 15:31:01) 
[en réponse à 983771]

La consécration épiscopale systématique pour les cardinaux.
images/icones/iphone.jpg  ( 983787 )Réponse par Signo (2025-01-30 18:08:12) 
[en réponse à 983771]

L’ancien modèle d’origine médiévale avec des laïcs convers distingués et séparés des moines de chœur, tel qu’on le voit par exemple dans le reportage sur Bellefontaine, ne me pose personnellement aucun problème. Néanmoins il me paraît logique d’avoir reconnu officiellement le caractère « monastique » de l’engagement des convers, conformément à l’esprit du monachisme originel.
Par ailleurs il faut aussi remarquer que l’apparition des frères convers a été historiquement lié à un besoin considérable de main d’œuvre pour le fonctionnement quotidien des domaines monastiques, main d’œuvre qui ne pouvait être assurée à 100%, même chez les cisterciens, par les moines de chœur du fait de l’importance du temps consacré à l’étude, à la vie liturgique et à la contemplation exigé par la vie monastique.
Or les progrès techniques (notamment agricoles) réalisés au cours du XXe siècle ne rendaient plus autant nécessaire qu’au Moyen Âge la présence d’une telle main d’œuvre pour les tâches agricoles et domestiques.

La sacerdotalisation des moines de chœur est un phénomène ancien et l’évolution que j’ai décrite ne concerne que les abbayes traditionnelles. Je ne sais pas ce qu’il en est des autres.

Enfin je ne répondrai rien à votre commentaire sur le soi-disant caractère « très méprisant » de mes propos, à part que cette manie de mettre de la polémique dans une discussion dans laquelle il n’y a strictement aucune raison d’en mettre, a quelque chose de fatiguant.
images/icones/fleche2.gif  ( 983729 )Sympathique et belle par AVV-VVK (2025-01-28 19:29:10) 
[en réponse à 983696]

Ils se regardent entre eux comme moines.
La vocation et la vie des frères laïcs ou coadjuteurs dans des instituts "actifs" sont aussi passionnantes pour en faire un vidéo.