Le Forum Catholique
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( 982570 )
Les lumières de Notre Dame par Roger (2024-12-12 19:43:53)
N'avez vous pas été frappés, chers liseurs , par l'éclairage a giorno de Notre Dame de Paris ?
Est ce conforme à l'esprit du lieu comme à l'esprit de la liturgie ?
Surtout pendant l Avent ne faut il pas privilégier l'ombre sur la lumière ?

( 982576 )
Gothique et lumière sont difficilement opposables par Candidus (2024-12-12 20:57:05)
[en réponse à 982570]
Si vous priez mieux dans la pénombre, fréquentez les églises romanes.

( 982582 )
Le soir en décembre ? par Roger (2024-12-12 22:35:52)
[en réponse à 982576]
Pas besoin d'église romane pour être plonge dans l'ombre !

( 982586 )
Vous faites erreur par Nemo (2024-12-12 23:26:20)
[en réponse à 982576]
Les églises gothiques étaient très sombres, voyez Chartres, la Sainte-Chapelle.
Pourtant on aurait pu avoir des vitraux très clairs.
On ne voulait pas de lumière, on connaissait les chants de l’office et de la messe par coeur.
C’est au 17e siècle, quand on crée des nouveaux rites néo gallicans et de nouveaux plain chants pour les accompagner qu’on a besoin de livres individuels (une nouveauté due à l’imprimerie) et aussi de lumière pour pouvoir lire les nouvelles mélodies, qu’on remplace les vitraux des choeurs par des grisailles.

( 982621 )
Suger et Saint-Denis par Vox clamantis (2024-12-13 20:23:14)
[en réponse à 982586]
Les églises ont reçu plus de lumière aux XVIIe-XVIIIe siècles lors de la vague de vandalisme post tridentin, certes.
Néanmoins c'est un fait que les églises gothiques, pour des raisons tant techniques que philosophiques et théologiques, étaient plus claires que les églises romanes, il suffit d'aller à Saint-Denis pour le voir.
Elles étaient aussi plus claires qu'aujourd'hui parce qu'elles n'avaient pas plusieurs siècles de crasse sur les badigeons, et la pollution atmosphérique pour obscurcir les vitraux...
Chartres est un bon exemple d'eglise qu'on croyait sombre parce qu'elle était crasseuse (fumée des cierges et du calorifère) ; pour autant elle est aujourd'hui plus lumineuse qu'au Moyen Âge du fait du remplacement d'une partie des verrières du haut choeur par des grisailles à l'époque moderne. L'atmosphère lumineuse de la nef est plus conforme à ce que pouvait être celle du XIIIe siècle.

( 982623 )
Une remarque par Meneau (2024-12-13 21:29:37)
[en réponse à 982621]
Elles étaient aussi plus claires qu'aujourd'hui parce qu'elles n'avaient pas plusieurs siècles de crasse sur les badigeons, et la pollution atmosphérique pour obscurcir les vitraux...
La cathédrale Notre-Dame reconstruite aujourd'hui est évidemment beaucoup plus lumineuse que celle qu'ont pu voir les fidèles de l'époque de sa construction : la première n'a que 5 ans d'âge sans utilisation de moult cierges et bougies, alors que la seconde était déjà ternie avant d'être finie.
Cordialement
Meneau

( 982628 )
Deux sujets différents par Nemo (2024-12-13 22:34:52)
[en réponse à 982623]
Il y a d’une part la lumière projetée par les vitraux et d’autre part la couleur des enduits.
A part les cisterciens qui avaient des grisailles géométriques et volontairement non figuratives (on pale de grisaille ce qui n’est pas synonyme de recherche de la lumière) les autres édifices avaient des vitraux volontairement sombres.
Et pour ce qui est des revêtements intérieurs, les enduits et les fresques majoritaires n’étaient pas clairs. Pas plus que les nombreuses tentures.
Il faut avoir l’habitude de passer moult soirées dans les catacombes parisiennes, ce qui est mon cas, pour savoir combien l’oeil s’habitue vite à l’éclairage de quelques bougies, et comment cette atmosphère très particulière est propice à la méditation ou aux banquets !

( 982631 )
Mouais les catas par Ptitlu (2024-12-13 23:11:54)
[en réponse à 982628]
Propices à la méditation ?
Ça fait un moment que vous n'y êtes pas allé alors. Quelques décennies...

( 982633 )
Les ktas par Nemo (2024-12-13 23:20:34)
[en réponse à 982631]
J’y descends plusieurs fois par semaine. J’ai un anniversaire demain soir et une autre soirée dimanche. Ca fait longtemps que je les fréquente et tout le monde m’y connaît donc je crois avoir une certaine expérience de cet environnement si spécial.

( 982635 )
Vous êtes allé à Chartres depuis quinze ans ? par Vox clamantis (2024-12-14 07:49:04)
[en réponse à 982628]
Les enduits clairs sont ceux du moyen âge, nettoyés et complétés là où c'était nécessaire - en tous cas la couleur n'a pas été modifiée. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ce n'est pas sombre.
Et la crasse était largement due au calorifère du XIXe siècle.
La crasse a une incidence majeure sur la perception que nous avons de nos églises...
Par ailleurs, les vitraux du XIVe siècle peuvent être très lumineux, soit que les parties figuratives soient disposées en litre avec des grisailles géométriques au-dessus et au-dessous, soit que les parties figuratives elles-mêmes soient faites en grisaille et jaune d'argent. Saint-Urbain de Troyes est conçue pour la lumière, les murs sont réduits au minimum et les vitraux en litre laissent entrer la lumière.
Quant à écrire qu'il n'y a pas de recherche de lumière dans l'architecture gothique, c'est vraiment ignorer la pensée neo-platonicienne de Suger pourtant si importante dans la genèse du gothique. L'action de Suger se résume ainsi : Dieu étant lumière, il faut faire entrer la lumière dans l'église.

( 982762 )
[réponse] par Regnum Galliae (2024-12-19 10:01:55)
[en réponse à 982635]
Pourriez-vous s'il-vous-plaît expliquer en quoi le fait de faire entrer la lumière dans une cathédrale, symbolisant je suppose la grâce de Dieu inondant nos âmes, serait révélateur d'une pensée néo-platonicienne ?
Je note que dans la Notre-Dame restaurée, la lumière ne vient plus de l'extérieur mais de l'intérieur. Je doute que la pierre ait jamais été aussi blanche. Serait-ce une symbolique voulue ?

( 982641 )
La question n'est pas là par Roger (2024-12-14 10:40:33)
[en réponse à 982570]
Je signalais simplement que la cérémonie du samedi soir avait lieu à la nuit tombée et que l'éclairage artificiel créait une impression de lumière estivale à midi !
Vu l'heure n'aurait il pas été plus adapté de se limiter à un éclairage minimal - comme pour les messes "rorate " ?

( 982643 )
[réponse] par Meneau (2024-12-14 12:02:27)
[en réponse à 982641]
Vous parlez de l'éclairage intérieur ou de l'éclairage extérieur ?
Pour ce qui est de l'éclairage extérieur, je ne suis plus en région parisienne depuis longtemps, mais il me semble qu'il y a toujours eu une mise en valeur lumineuse de la cathédrale.
Cordialement
Meneau

( 982645 )
A l'intérieur... par Roger (2024-12-14 13:29:13)
[en réponse à 982643]
Tout est dans le titre

( 982647 )
Jeunot, vous êtes ! par Glycéra (2024-12-14 14:25:50)
[en réponse à 982643]
Toujours ? en extérieur ? ===> 1954 !!
Il me souvient qu'on m'en parlait comme d'une nouveauté dans mes promenades à Paris vers 1960 ...
Hommage aux créateurs des lumières de Notre-Dame de Paris Auteur/autrice de la publication :mbogdan Publication publiée :9 mai 2019 Post category:Architecture intérieure / Conception / Eclairage intérieur / Lieux de culte Commentaires de la publication :0 commentaire Étiquettes : Armand Zadikian, Jacques Darmon, Ledo, Louis Clair, Lux 302, Lux la revue francophone de l'éclairage, Notre Dame de Paris, Roger Narboni, Targetti © Concepto © Concepto Au Moyen Âge, on appelait « lampiers » les lustres circulaires, de large diamètre, comptant de nombreux godets à huile ou des chandelles, apportant une faible et polluante lumière à l’intérieur des cathédrales. Avec leur double vocation, religieuse en plus d’éclairer, ces lustres n’étaient allumés qu’à l’occasion de fêtes ou solennités. Depuis 1904, l’électricité a heureusement innervé la cathédrale. Quant à l’éclairage extérieur, il n’était bien sûr question, pendant des siècles, que de la lumière Divine, la première mise en lumière extérieure de Notre-Dame de Paris remontant à 19541.
lu
ici

( 982757 )
Selon Claudel par Roger (2024-12-18 21:52:04)
[en réponse à 982570]
"Quand on entre à Notre-Dame, par exemple par une après-midi d’hiver, c’est comme si on plongeait soudain dans un bain de ténèbres bienfaisantes. Quelle satisfaction de reprendre contact avec notre néant originel ! L’obscurité où nous disparaissons nous rend moins loin de l’Invisible"

( 982759 )
Je note par Lycobates (2024-12-18 22:03:30)
[en réponse à 982757]
que Claudel utilise après-midi au féminin.
Qu'en dit Huysmans ?

( 982760 )
Huysmans par Luc de Montalte (2024-12-18 22:49:52)
[en réponse à 982759]
... utilise aussi le féminin qui est le plus usuel d'après Littré même si les deux genres sont acceptables. Par exemple, dans En Route (merci google books pour avoir trouvé le passage !) :
Mais le monastère était, en quelque sorte, la vraie plage et le haut plateau de l'âme. L'atmosphère y était balsamique; les forces revenaient, l'appétit perdu de Dieu se ranimait; c'était la santé succédantaux malaises, le régime fortifiant et soutenu substitué à la langueur, aux exercices restreints des villes.
Cette conviction qu'aucune duperie ne lui serait à Paris possible, l'atterra. Il vagabonda de la cellule à la chapelle, de la chapelle dans les bois, attendant avec impatience l'heure du dîner, pour pouvoir parler à quel- qu'un, car, dans son désarroi, un nouveau besoin venait de naître. Il avait, depuis plus de huit jours, étiré des après-midi entières sans desserrer les dents; il n'en souffrait pas, était même satisfait de ce silence, mais de- puis qu'il était talonné par cette idée d'un départ, il ne pouvait plus se taire, pensait dans les allées, tout haut, pour alléger cette sensation de cœur gros qui l'étouffait.
M. Bruno était trop sagace pour ne point deviner le malaise de son compagnon, devenu tour à tour taci- turne et bavard pendant le repas.

( 982761 )
wiki... par Père M. Mallet (2024-12-18 23:26:27)
[en réponse à 982759]
Notes :
La huitième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1932-1935) est la seule édition qui donne ce mot uniquement au masculin. La quatrième édition (1762) le donne uniquement au féminin, la septième édition (1878) le donne au masculin mais remarque plusieurs le font féminin, la huitième édition (1932-1935) le donne seulement au masculin, mais la neuvième édition (1992-) le donne aux deux genres.
Le genre masculin est le plus courant[1]. Cependant, le genre féminin se rencontre aussi en France et dans le parler populaire canadien. Son utilisation est également relativement fréquente en Belgique et en Suisse.
C’était une froide après-midi de novembre. Je venais justement d’expédier un dîner plus solide qu’à l’ordinaire […] — (Edgar Allan Poe, L’Ange du bizarre, dans Histoires grotesques et sérieuses, traduction de Charles Baudelaire)
[…] et les libations en l’honneur du brave Coignet furent multipliées pendant toute l’après-midi. Le soir, on mangea la soupe à la jacobine; […] — (Anonyme, Notice, sur Les Cahiers de Capitaine Coignet, dans Les Veillées populaires, no 2, le 23 novembre 1899, page 2, Paris : Librairie Hachette)
L’abbé Plomb est privé de sa gouvernante qui s’absente, cette après-midi, et il prend son repas, chez nous […] — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
Traditionnellement, lorsque le premier élément est un adverbe ou une préposition, c’est le second élément (nom) qui donne le genre du nom composé : un midi, un après-midi ; un match, un avant-match ; une guerre, une après-guerre[2]. L’utilisation du féminin peut s’expliquer par la liaison phonétique avec la voyelle initiale du mot après et la consonne finale du mot précédent : « Bon‿après-midi ! » et « Cet‿après-midi », par exemple, étant quasi-homophones avec « Bonne‿après-midi ! » et « Cette‿après-midi ».
https://fr.wiktionary.org/wiki/après-midi