Le Forum Catholique
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( 982446 )
De l'entrée dans Notre Dame par Adso (2024-12-10 11:43:17)
Si beaucoup ont été émus devant le geste de Mgr de Paris, frappant avec sa crosse connectée sur le portail de Notre Dame, je me demande quelle était la nécessité de fabriquer une sorte de rite étrange de "réconciliation"
Quel en était le sens ??? Cele ressemblait à une opération commerciale...
Notre Dame n'est certainement pas la première cathédrale reconstruite, rendue au culte après une longue période de désacralisation (plus ou moins). Il existe donc bien quelque chose dans la liturgie...
Qu'est ce qui était mis en oeuvre, et pourquoi toujours inventer ... ?

( 982458 )
Autres cathédrales partiellement reconstruites par Alexandre (2024-12-10 15:13:06)
[en réponse à 982446]
Autres exemples de cathédrales partiellement reconstruites :
- après la Première Guerre Mondiale : Reims, Soissons (et Noyon, qui, canoniquement, n'est plus cathédrale depuis 1801),
- après la Seconde : Rouen (réouverte en 1956, il me semble),
- après un incendie : Nantes (1972).
Il faudrait voir dans les archives quel rituel a été suivi.
A Rouen, un nouveau maître-autel, où l'on ne peut célébrer que tourné vers l'orient, a été alors consacré .

( 982460 )
Noyon ne serait plus... par Père M. Mallet (2024-12-10 15:24:56)
[en réponse à 982458]
...canoniquement cathédrale depuis 1801 ?...
C'est possible, après tout, je ne connais pas trop le droit canonique de cette époque-là, mais je peux vous certifier que l’Évêque de Beauvais, Noyon et Senlis, et tout son état-major, est absolument convaincu que Noyon et Senlis sont purement et simplement des cathédrales.

( 982469 )
Habitude ancienne... par Alexandre (2024-12-10 17:51:47)
[en réponse à 982460]
C’est une façon de parler qui correspond à un passé en l’occurrence révolu. Combien d’« abbatiales » non plus ni abbé, ni même de moines ? Combien de « collégiales » n’ont pas entendu l’office de chanoines depuis des siècles ?
La cathédrale est l’église qui renferme la cathèdre, c’est-à-dire le siège épiscopal. Il n’y a donc qu’une cathédrale par diocèse. Au XIX° et XX° siècles, après la suppression de nombreux diocèses, les évêques ayant sur le territoire de leur diocèse une ou plusieurs anciennes cités épiscopales ont demandé au Saint-Siège que leur soit attribué le titre de ces diocèses supprimés. Cela leur a été accordé, avec la mention expresse que par cette concession, les anciens diocèses n’étaient pas rétablis (1).
En 2009, le Saint-Siège a demandé aux archevêques et évêques qui portaient le titre de diocèses supprimés s’ils voulaient bien s’en défaire afin de les attribuer à des évêques sans diocèses (curie romaine, nonces, auxiliaires…). En France, seul un a accepté : l’archevêque d’Avignon, Mgr Jean-Pierre Cattenoz, a renoncé aux sièges d’Apt, Carprentras, Cavaillon, Orange et Vaison qui sont devenus sièges « titulaires » (anciennement « in partibus infidelium »).
Depuis la Séparation, deux sièges épiscopaux ont été transférés :
- en 1933, Aire a été transféré à Dax sous le titre « Aire et Dax »,
- en 1957, Fréjus a été transféré à Fréjus, sous le titre « Fréjus-Toulon »
Les bulles précisaient que les anciennes cathédrales d’Aire et de Fréjus devenaient co-cathédrales. Il y a plus de dix ans, j’ai demandé à la Signature apostolique, si ma mémoire est bonne, si les cathédrales des diocèses supprimés en 1801 et non rétablis en 1822 étaient des co-cathédrales, mais je n’ai reçu aucune réponse…
Un cas particulier : en 1966, l’archidiocèse de Chambéry et les diocèse de Maurienne et Tarentaise ont été unis æque principaliter, c’est-à-dire que tout en étant maintenus, les deux derniers diocèses avaient dorénavant pour titulaire l’archevêque de Chambéry. Comme me l’a confirmé verbalement le titulaire actuel, Mgr Thibault Verny, l’archevêque reçoit de Rome une bulle pour chacun des trois diocèses qu’il doit présenter à chaque prise de possession canonique.
(1) Je regarderai demain si j’ai copie de la traduction de la bulle ou du décret concernant le diocèse de Beauvais (1851).

( 982471 )
Transfert par Roger (2024-12-10 18:53:44)
[en réponse à 982469]
Très intéressant. Merci beaucoup mais
N'y a til pas eu au moins un autre transfert : de Sens vers Auxerre ?

( 982474 )
Distinction par Alexandre (2024-12-10 19:41:57)
[en réponse à 982471]
En 1973, Mgr René Stourm, archevêque de Sens, a déménagé sa résidence et la curie diocésaine dans la ville d'Auxerre, plus centrale. Pour autant, le siège archiépiscopal demeure à Sens. (Depuis 1823, les archevêques de Sens ont l'autorisation de porter le titre du diocèse supprimé d'Auxerre.)
Il y a au moins trois autres cas, en France :
- les évêques de Saint-Claude ont quitté la ville épiscopale en 1930, je crois, d'abord pour Lons-le-Saunier, puis pour Poligny ;
- en 1948, Mgr Henri Brault a quitté Saint-Dié, sa ville épiscopale, pour la préfecture du département, Épinal ;
- tout récemment, Mgr Jacques Habert a quitté Bayeux pour Caen.
Dans ces trois cas, le siège épiscopal n'a pas non plus bougé.

( 982485 )
Merci par Roger (2024-12-10 21:03:02)
[en réponse à 982474]
Beaucoup pour ces précisions

( 982533 )
Traduction du bref du Pape Pie IX par Alexandre (2024-12-11 23:16:51)
[en réponse à 982460]
Traduction du bref du Pape Pie IX
qui autorise l'évêque de Beauvais et ses successeurs
à joindre à leur titre épiscopal
ceux des évêchés supprimés de Noyon et Senlis
[Diocèse de] Beauvais
Pour l’union des titres des Églises supprimées de Noyon et de Senlis.
Si, par l’effet du malheur des temps et des vicissitudes humaines, il a fallu quelquefois que, suivant l’urgente nécessité des circonstances, quelques évêchés fussent supprimés en vertu de l’autorité apostolique, il a paru souvent digne et convenable de faire survivre du moins la mémoire de celles de ces Églises épiscopales qui ont eu plus d’éclat dans les fastes de l’Église. De ce nombre sont certainement deux anciennes Églises épiscopales de France, aujourd’hui supprimées, l’une, celle de Noyon et l’autre, celle de Senlis. On sait en effet que presque dès les premiers temps de la religion chrétienne, elles ont été illustres, qu’elles ont rendu d’éminents services non seulement dans les choses ecclésiastiques, mais encore dans les choses civiles, que plus d’un de leurs prélats a mérité les honneurs de la canonisation et d’un culte public.
C’est pourquoi Joseph Armand Gignoux, évêque actuel de l’Église épiscopale de Beauvais au diocèse de laquelle ont été réunis presqu’en totalité les territoires des anciens diocèses de Noyon et de Senlis, a adressé à notre Très-Saint Père Pie IX, par l’ordre de la divine providence souverain pontife, une supplique efficacement appuyée par le gouvernement français, à l’effet d’obtenir ce qui a été autrefois accordé dans des cas semblables, que l’Église de Beauvais et son Évêque puissent licitement à l’avenir prendre les dénominations et titres de Noyon et de Senlis, afin que les noms et la mémoire desdites Églises ne tombent jamais dans l’oubli.
Toutes choses étant ainsi, le Très-Saint Père, voulant accueillir favorablement la pieuse demande dudit Évêque de Beauvais en même temps que les recommandations dudit gouvernement français, et après avoir mûrement délibéré sur tout ce qui devait être examiné, a acquiescé avec une grande bienveillance et a ordonné que les dénominations et titres des Évêchés supprimés de Noyon et Senlis seraient unis à perpétuité à l’Église cathédrale de Beauvais et à son Évêque.
En conséquence, Sa Sainteté a prescrit, pour en perpétuer le souvenir, que le présent décret fût donné pour valoir comme si des lettres apostoliques avaient été expédiées à cet effet sous le plomb en forme de Bref ; nonobstant toutes choses à ce contraires ; il a voulu en conséquence que le décret lui-même fût conservé avec soin, suivant l’usage, parmi les actes de cette Sacrée Congrégation préposée aux affaires consistoriales.
Donné ce jour, 12 avril, l’année de la Rédemption 1851.
Source : manuscrit conservé aux Archives nationales transcrit par mes soins.
Ce Bref a été reçu par décret de Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, en date du 13 janvier 1852 (Bulletin des lois, n° 478, p. 45 [décret n° 3518])

( 982561 )
Merci !... par Père M. Mallet (2024-12-12 16:32:50)
[en réponse à 982533]
J'ai transmis à des personnes susceptibles d'être intéressées.

( 982500 )
Et la liturgie applicable par Adso (2024-12-11 10:02:33)
[en réponse à 982446]
Au cas semblables à ND ???
Je recentre, le sujet s’éloignait !

( 982532 )
Patience par Alexandre (2024-12-11 23:00:31)
[en réponse à 982500]
La prochaine fois que j'irai aux Archives de l'Eglise de France, à Issy-les-Moulineaux, je regarderai dans le bulletin du diocèse de Rouen la relation de la cérémonie de réouverture de la cathédrale Notre-Dame, en 1956, je crois.

( 982555 )
Consécration cathédrale de Gap par Adso (2024-12-12 14:30:53)
[en réponse à 982446]