Le Forum Catholique

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images/icones/heho.gif  ( 982004 )Le rapport malsain des responsables d'Eglise au pouvoir par Ptitlu (2024-11-28 23:46:13) 

Golias (28/11) soulève une autre vraie question - qui ne concerne pas seulement les évêques diocesains.

"C’est ce que toutes mes années dans l’Eglise m’a
fait comprendre : ce qui motive un évêque n’a rien
à voir avec Dieu, avec la fraternité ou l’intelligence
de la foi. Ce qui excite un évêque, c’est le pouvoir.
Presqu’au sens érotique du terme. Comprenez bien :
vous n’êtes pas bon à grand-chose, vous entrez au
séminaire, vous obtenez des bonnes notes. On vous
envoie à 25 ans à Rome. Vous savez alors que vous
allez devenir quelqu’un d’important dans la société.
Et tout le monde se fiche de vos compétences réelles :
vous êtes l’homme de Dieu. L’homme qui parle à la
place de Dieu. Quand on ne possède aucun talent pour
rien, c’est inespéré ! Et tout le monde est à genoux
devant vous. Vous parlez bien, vous êtes un prophète,
vous bégayez, vous êtes Moïse.
L’Eglise catholique est fondamentalement un monde de
clercs piédestalisés et devenus accros aux hommages
qu’on leur rend. Ce sont des junkies du pouvoir, et
quand bien même ce pouvoir n’en est plus vraiment
un car désormais tout le monde se fiche des évêques,
on ne sait même plus qui ils sont, ni comment ils
s’appellent. Interrogez votre coiffeuse, elle sait tout
mais connait-elle le nom de l’évêque local ? Sait-elle
ce qu’est un diocèse ? Dans les années 80, Lustiger,
Decourtray passaient dans des émissions politiques à
forte audience. Aujourd’hui, le moindre évêque qui
parle fait chuter l’audience. Raison pour laquelle on
n’en voit plus aucun à la télé.

[...] Aujourd’hui, comme hier, l’opacité
règne. Un évêque fait ce qu’il veut dans son diocèse. Il
n’existe aucun contre pouvoir. Il n’est même pas tenu
de convoquer le collège des consulteurs s’il veut bâtir un bâtiment délirant qui ruinera les finances. C’est
ce qu’ont fait Scherrer à Laval et Le Saux au Mans
s’agissant de la rénovation fort onéreuse de leurs
maisons diocésaines : ils n’ont consulté personne.
Donc sur la question des abus, il y a du mieux certes,
maintenant l’épiscope local est tenu de faire un
signalement au procureur de la République. Mais si
vous pensez que l’omerta, la couverture, l’exfiltration
n’existent plus, vous vous trompez. Les tribunaux
ecclésiastiques, c’est de la blague absolue. Les victimes
jurent sur la Bible mais le prêtre qui les a violées en
est dispensé. Le procès fini, les victimes se retrouvent
seules, si elles espèrent un soutien, un réconfort, un
suivi quelconque, qu’elles se rassurent : elles n’auront
rien. C’est efficace, à sa façon, beaucoup de gens qui
pourraient signaler des faits qu’elles ont pu subir ne le
font pas. Simplement parce qu’elles savent qu’elles ne
comptent pas et qu’elles collectionneront de nouvelles
humiliations. Il faut une sacrée détermination et avoir
fait le deuil de toute confiance à accorder en l’Eglise
pour mener jusqu’au bout une plainte canonique. Mais
à part cela : tout est grâce !".


Il n'y a du reste pas que les évêques. Combien de responsables de "communautés nouvelles ", et même d'apostolats traditionnels vont dans les plus grandes dérives cléricales "car au XIXe siècle ça marchait". Non, ça ne marchait pas, et couplé à l'incompétence voire à un certain cléricalisme ça créait des drames alors et maintenant....
images/icones/iphone.jpg  ( 982013 )La soif de pouvoir ne date pas d’hier par Adso (2024-11-29 06:52:30) 
[en réponse à 982004]

Dans les siècles précédents aussi, c’était une réalité ! Peut être est ce simplement plus visible, etalé et etalable…
images/icones/hein.gif  ( 982020 )Qui écrit par Alexandre (2024-11-29 09:13:32) 
[en réponse à 982004]

Pouvez-vous nous dire de qui est ce texte ?

De plus, ces cathos de gauche n'auront sans doute pas la lucidité (ou pire, l'honnêteté) de le dire, mais ces critiques s'appliquent en premier chef à l'évêque de... Rome.

Synodalité sur les lèvres et autoritarisme dans les actes !
images/icones/3b.gif  ( 982025 ) Cela fait penser au PCF par Roger (2024-11-29 11:04:26) 
[en réponse à 982004]

C'est bizarre mais cette description correspond exactement à la politique des cadres du PCF et de la CGT - faire monter des médiocres disciplinés et totalement soumis au système.

C'est le contraire des trotskistes qui voulaient former une élite de pervers déterminés et courageux.

On voit bien la culture du rédacteur de Golias.

Évidemment quand on voit Mgr Rey et Mgr Aillet on est à 100 000 lieux de ce portrait à charge. Sans Parler de Mgr Lustiger Ravel de Germay ou Aupetit
images/icones/4b.gif  ( 982029 )quand les poncifs, la bêtise et l'idéologie se marient par Luc Perrin (2024-11-29 13:49:40) 
[en réponse à 982004]

cela donne ce texte. Et votre conclusion Ptilu est assez affligeante pour quelqu'un qui fréquente le F.C. et dispose d'informations d'un autre niveau que "Rires et Chansons".

L'évêque omnipotent avide d'hommages de courtisans et adulatrices, c'est amusant au mieux : visiblement Golias ne fréquente pas beaucoup d'évêques.

"Quelqu'un d'important dans la société" ? Ah bon dans la France de 2024 quasiment totalement sécularisée, un évêque catholique serait un "homme important" : c'est une blague. Le même A. pourtant se contredit, la coiffeuse du coin n'a aucune idée du nom de l'Ordinaire du lieu.
En politique et pour une influence dans la société, les évêques de France avaient encore un certain poids, au moins un droit à la parole, dans les années 1980. Ils ont eu une micro influence dans le débat sur l'horrible euthanasie il y a déjà quelque temps. Aujourd'hui le CRIF a sûrement plus d'influence que la C.E.F. et toutes les directions d'Églises protestantes réunies. Le christianisme en général ne pèse plus rien. On peut dire que la philosophie néo-libérale et néo-moderniste radicale de Golias - cette tendance en général - a puissamment contribué à la désacralisation donc à l'insignifiance des "autorités religieuses" qui n'ont plus d'autorité.

La polysynodie les innombrables instances consultatives qui pèsent d'un poids très lourd paralysent pratiquement les évêques qui sont le plus souvent des souverains nominaux avec en plus au-dessus d'eux le poids de la bureaucratie CEF et l'interventionnisme romain sous le pontificat bergoglien qui bat des records que saint Pie X n'avait pas atteint.Et sécularisation et "Renouveau" obligent, une réelle pauvreté de moyens qui limite plus encore leurs éventuelles initiatives : les prélats de 2024 n'ont pas même les marges de manoeuvre que leurs prédécesseurs des années de plomb 1960-1980 avaient encore de par le patrimoine immobilier hérité de la générosité des fidèles d'antan.


Sur le fond, la philosophie qui sous-tend le texte est à la fois, un truisme - le pouvoir même modeste tend à corrompre et cela vaut pour tout groupement humain depuis Adam et Éve - et une sottise : même avec les grandes règles de la Réformation énoncées par Luther, qui paraît être le saint de vitrail de l'A., les communautés protestantes ont mis des "autorités" partout et à tous les niveaux.
L'idéal anarchique, ni Dieu ni maître, qui imprègne ce texte est une utopie jamais expérimentée sur terre. Le dogme de l'Incarnation, et pas mal de théologie de l'Église en prime, échappent à l'A. : ben oui le Dieu biblique s'exprime le plus souvent via des hommes, prophètes ou pas, des créatures comme l'âne de Balaam.

C'est le propre du Dieu biblique de se manifester très rarement directement mais indirectement.

Mais bon Golias, la Bible, la foi cela fait trois. Et avec le bon sens qui leur manque souvent quatre.

ps. je n'ai pas épilogué sur l'idée - fondée sur quoi ? - qu'un clerc serait un carriériste dès le séminaire et que sa foi personnelle, son engagement maintes fois testé dans sa formation et ensuite serait un masque. C'est injurieux et particulièrement idiot quand on sait que plusieurs ont sacrifié des carrières dans la société autrement plus lucratives, dotées de pouvoir et d'honneur, sans compter une vie personnelle affective et familiale. La méchanceté gratuite en somme.
N'étant pas tendre en général avec N.N.S.S. les évêques, les éminences rouges et MM. les curés et supérieurs à tout niveau - les supérieures aussi -, je me permets de rappeler que le dévouement, le don de soi ne sont pas que des formules creuses comme l'insinue l'A.
On en trouve plus de manifestations dans la hiérarchie religieuse en général que dans bien des autorités civiles, politiques et autres dans tous les domaines.