Le Forum Catholique

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images/icones/macos.gif  ( 977793 )Réponse au professeur Andrea Grillo par Signo (2024-07-01 22:36:23) 

Au vu de la faiblesse et du caractère cacophonique des réponses exprimées aux positions avancées par le professeur Andrea Grillo dont son récent entretien, il m'a paru nécessaire de lui répondre point par point en se fondant non sur des arguments sentimentaux ou une théologie bancale mais sur les principes théologiques, ecclésiologiques et liturgiques traditionnels de l'Eglise.

A.G: Ceux que vous appelez "traditionalistes fidèles à Rome" sont en réalité des personnes qui, pour diverses raisons, sont en rupture avec Rome, et non dans une relation de fidélité. L'élément de contradiction ne concerne pas simplement une "forme rituelle", mais une manière de comprendre les relations à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église. Tout commence par le malentendu généré (en toute bonne foi, mais avec un jugement complètement erroné) par le MP Summorum Pontificum, qui avait introduit un "parallélisme rituel" (entre NO et VO) qui n'a aucun fondement systématique ni pratique : il n'est pas théologiquement fondé et génère des divisions plus grandes que celles qui existaient auparavant. L'idée de "fidélité à Rome" doit être remise en question : pour être fidèle à Rome, il faut acquérir un "langage rituel" selon ce que Rome a communément établi. On n'est pas fidèle si on a un pied dans deux chaussures. Avoir montré cette contradiction est le mérite de TC, qui rétablit l'unique "lex orandi" en vigueur pour toute l'Eglise catholique. Si quelqu'un me dit qu'il est fidèle à la fois à NO et à VO, je lui réponds qu'il n'a pas compris ce que signifie la tradition, dans laquelle se trouve un progrès légitime, insurpassable et irréversible.

Ici on voit que A.G. a une compréhension biaisée et déformée de la notion de fidélité, qu'il confond avec un mimétisme rituel. La petite phrase "selon ce que Rome a communément établi" est un condensé de toute l'ecclésiologie fausse et déséquilibrée qui a commencé à se répandre dans l'Eglise à partir de la Contre-Réforme puis du XIXe siècle, et dont Vatican II a (vainement, comme on le voit) tenté de nous sortir: une ecclésiologie ultramontaine qui voit dans Rome la source de toute la vie ecclésiale et qui fait de l'imitation servile de tout ce qui est romain la condition de la fidélité. Cette affirmation est en soi une négation de la légitimité des Eglises catholiques orientales, qui, rappelons-le, célèbrent selon des formes rituelles qui non seulement diffèrent fortement du rite romain, mais qui sont apparues et se sont développées pour la plupart d'une manière totalement indépendante de la tradition de Rome. Or, ces Eglises, si différentes qu'elles soient par leurs traditions liturgiques, n'en sont pas moins fidèles à l'Eglise de Rome, cette communion se fondant non sur une uniformité superficielle, mais sur l'unité et la communion dans la foi apostolique. Non, indépendamment même de la question de l'ancienne liturgie romaine, le missel de Paul VI n'est certainement pas "l'unique lex orandi" de l'Eglise catholique. Une diversité des usages liturgiques est possible et même souhaitable, même à l'intérieur de la tradition latine qui, rappelons-le, a toujours été diverse au moins jusqu'au XIXe siècle et la généralisation du rite romain. Andrea Grillo se montre ici très tridentin et ultramontain (à la façon XIXe!), et très en rupture avec les enseignements de Vatican II qui se sont efforcés de sortir l'Eglise romaine de sa propension à se penser comme l'unique mode possible d'expression de la foi catholique, pour la replacer dans la grande diversité catholique latine comme non-latine (grecque, copte, syriaque, arménienne). Par ailleurs, il suffit de connaître un minimum l'histoire longue de l'Eglise, de la liturgie, et même l'histoire tout court, pour savoir que sa dernière phrase sur le progrès "légitime, insurpassable, irréversible" est dépourvue de sens: aucune évolution de la liturgie ou de l'organisation ecclésiale quelle qu'elle soit n'est "irréversible" et encore moins "insurpassable", et la dernière réforme liturgique n'échappe bien évidemment pas à la règle générale. Il y a d'ailleurs quelque chose de profondément risible à voir ces gens s'imaginer que dans l'Eglise, rien n'est insurpassable ni irréversible... sauf "leur" réforme!

A.G:Que sont 18.000 personnes par rapport à la grande multitude de l'Église catholique ? Un peu plus qu'une secte qui vit l'infidélité comme un salut, souvent liée à des positions morales, politiques et coutumières tout à fait préoccupantes. Ce n'est pas en changeant les mots que les choses s'améliorent. On ne peut pas mettre sur le même plan la tradition et le traditionalisme. Le traditionalisme n'est pas "un mouvement parmi d'autres" (même s'il peut avoir des caractéristiques partiellement similaires à certains des mouvements les plus fondamentalistes, favorisés de manière inappropriée au cours des 40 dernières années), mais une forme de "négation du Concile Vatican II" qui ne peut qu'être fortement entravée au sein de l'expérience ecclésiale. L'Église n'est pas un "club de notaires ou d'avocats" qui cultivent leurs passions esthétiques ou planifient l'instrumentalisation de l'Église comme "le musée le plus célèbre".

Cette phrase est littéralement stupéfiante et ne peut que plonger n'importe quel catholique honnête, même indifférent à la question de la liturgie ancienne, dans la consternation. A.G démontre ici une désinvolture et surtout un mépris pour les fidèles inimaginable. Au delà de l'absurdité de la comparaison (la totalité des fidèles attachés à l'ancienne liturgie dans le monde... ne se réduit bien évidemment pas aux seuls pèlerins de Chartres!), on est en droit de poser la question: depuis quand le nombre fait-il la valeur dans l'Eglise? Depuis quand une communauté devraient être jugée digne de mépris par le seul fait qu'elle soit minoritaire? Le pape François s'est rendu en septembre dernier en Mongolie, un pays lointain dont les catholiques ne composent que 2% de la population, soit en tout et pour tout 62 000 fidèles. Si l'on applique le raisonnement de Grillo à cet exemple, mais que pèsent 62 000 personnes par rapport à la grande multitude de l'Eglise catholique? Pourquoi le pape a t'il pris la peine d'entreprendre un long et fatiguant voyage dans un pays aussi lointain pour une quantité de fidèles aussi dérisoire, dans un pays périphérique qui ne pèse à peu près rien dans le monde catholique? On voit à quels raisonnements absurdes conduit la désinvolture méprisante de M. Grillo qui semble avec cette phrase avoir oublié la plus élémentaire décence... d'autant plus que le pèlerinage de Chartres -et cela n'a pas échappé même aux médias les plus libéraux- est clairement l'un des événements les plus dynamiques et les plus prometteurs de la catholicité européenne... Le professeur ferait bien de laisser ses livres et ses idées rigides dans ses bibliothèques romaines et venir un peu à la rencontre de la jeunesse qui pèlerine chaque année sur les routes de Chartres... sans doute cela l'aiderait-il à réviser son jugement, et à s'apercevoir que la foule joyeuse des pèlerins n'pas grand chose, pour ne pas dire rien du tout, à voir avec un quelconque "club de notaires ou d'avocats qui cultivent leurs passions esthétiques"!

A.G. Nous sommes confrontés à une distorsion de la vision. La foi est confrontée, surtout dans le monde occidental, à une crise qui a commencé il y a plus d'un siècle et qui s'est accélérée de façon dramatique au cours des 50 dernières années. Mais la réponse à cette crise ne consiste pas à restaurer le mode de vie de la "société de l'honneur". Ce ne sont pas les "cape magne" ou les "langues mortes" qui donnent de la force à la foi. Elles ne font que renforcer les liens identitaires, les formes de fondamentalisme et d'intransigeance, qui ne sont plus celles d'il y a 100 ans, mais qui prennent des figures nouvelles, où la vie post-moderne se marie à une identité "catholique" qui n'a de catholique que l'étiquette idéalisée. Il ne s'agit pas d'un phénomène ecclésial ou spirituel, mais d'un phénomène de coutumes et de formes de vie, qui n'a pas grand-chose à voir avec la tradition authentique de l'Église catholique.

Voilà un passage qui mêle naïvement (ou habilement?) des demi-vérités à de complets contresens. Il est vrai que l'on peut reprocher à certaines communautés traditionalistes (je ne les citerai pas, mais tout le monde les reconnaîtra) de vivre dans une certaine forme d'autisme sociologique et à certains milieux cléricaux de se complaire dans un decorum (cappa magna, dentelles, mozettes et tutti quanti) qui d'ailleurs -et cela A. Grillo omet habilement de le préciser- n'est pas automatiquement lié à la pratique de l'ancienne liturgie (certaines communautés traditionalistes, et pas seulement les monastères, ne l'adoptent pas, alors que bien des clercs pratiquant exclusivement la messe de Paul VI en raffolent...). Ce reproche -tout comme celui sur le "fondamentalisme" ou "l'intransigeance"- est en réalité bien évidemment un prétexte, consistant à prendre la partie pour le tout, et à mettre indifféremment dans le même sac des communautés aux pratiques aussi différentes que la FSSPX, l'ICRSP, les Missionnaires de la Miséricorde et Fontgombault (Curieusement d'ailleurs, seules les communautés qui ne versent pas dans ces outrances, comme les prêtres diocésains, ou les MMD, font l'objet de vexations et de blocages, tandis que celles qui justement s'y livrent semblent bénéficier d'une étrange mansuétude de la part de Rome... on voudrait enfermer l'ancienne liturgie dans l'image caricaturale que certains en donnent que l'on ne s'y prendrait pas autrement). La bonne vieille maxime: "qui veut tuer son chien l'accuse d'avoir la rage" n'aura jamais trouvé de concrétisation plus spectaculaire!

A.G:Tout d'abord, la "pénurie de séminaristes" et la "fuite des jeunes" n'est pas seulement un fait négatif : c'est le signe d'une épreuve dont toute l'Eglise a besoin. Les solutions "faciles" (remplissons les séminaires traditionalistes de jeunes gens militarisés sur le modèle des presbytres du XVIIe ou XVIIIe siècle) ne sont que des maladresses, dont les coûts sont d'abord supportés par les intéressés. Elles ne génèrent pas une vie de foi, mais souvent un grand ressentiment et un endurcissement personnel. Je ne m'inquiète pas que le pape François ressente cela comme un danger. Je suis beaucoup plus préoccupé par le fait que ses prédécesseurs y voyaient un atout. La nostalgie n'est jamais un atout, même lorsqu'elle donne l'illusion que l'Église n'a rien à réformer, mais qu'elle trouve toutes les réponses dans le passé. Pour prier "una cum papa", on ne peut pas le faire en bavardant, mais en partageant avec l'Église et le pape d'abord l'unique ordo en vigueur. Sinon, on bavarde, mais on vit en contradiction avec la tradition.

Voilà que notre bon professeur condamne sans nuances le modèle du séminaire tridentin. Il n'a certes pas entièrement tort: ce modèle, très prisé dans la plupart des communautés traditionalistes (mais pas toutes!) a ses limites et devrait être questionné. On peut en effet s'interroger sur la pertinence de conditionner des jeunes de 19 ou 20 ans souvent immatures sur le plan humain et qui ne connaissent à peu près rien de la vie, dans un circuit de formation ecclésiastique qui les conduira à l'ordination et au ministère dans une société aussi chaotique sans avoir connu rien d'autre que l'ambiance feutrée et rangée d'un pensionnat de garçons bien léchés et ne sortant jamais de cadres bien établis. Cela ne concerne d'ailleurs pas que les communautés traditionalistes. Mais le modèle du séminaire tridentin, s'il est sans doute à adapter à certaines caractéristiques actuelles, a aussi ses forces qu'il serait certainement dommageable de jeter aux orties (en particulier, la séparation relative avec le monde qui permet au futur prêtre de se forger une solide vie intérieure). Et voilà que M. Grillo, après ces considérations, nous ressort son ecclésiologie aberrante -et, pour le coup, tridentine- selon laquelle on n'est pas vraiment en union avec le pape si on ne célèbre pas exactement selon le rite utilisé par le pape. Quel théologien ou liturgiste sérieux pourrait aujourd'hui défendre pareille ineptie?

A.G: Là encore, un malentendu assez lourd se manifeste sur la question. D'autre part, je reconnais que dans votre question résonne l'une des motivations les plus fortes (et les moins justifiables) qui a marqué la période (de Summorum Pontificum) à laquelle vous vous êtes attachés au point d'en faire presque votre étendard. Au cœur de ce document, en effet, il y avait un argument qui résonnait ainsi : "ce qui était sacré pour les générations passées ne peut qu'être sacré aussi pour les générations présentes". D'où vient ce principe ? Non pas de la théologie, mais d'une émotion nostalgique à l'égard du passé. Un tel principe tend à "fixer l'Église" sur son passé. Non pas sur le "depositum fidei", mais sur le revêtement qu'elle a pris à une période, comme s'il était définitif. Qu'il y ait eu, au cours de l'histoire, des formes rituelles reconnues dans leur "altérité" dépend de la tradition "spécifique" des lieux, ou des ordres religieux. Personne n'a jamais pu penser que, sur un plan universel, il était laissé à chacun le choix de rester dans une version du rite romain ou dans la version supplantée par une réforme générale. Et on ne peut pas utiliser "par la droite" les grandes idées pauliniennes d'une manière aussi éhontée : la liberté des charismes ne peut pas être pensée comme alimentant une "anarchie par le haut", comme l'a fait de manière irresponsable la mise en œuvre du MP Summorum Pontificum. Il aurait mieux valu travailler "sur une seule table", afin que chacun puisse contribuer à enrichir "la seule forme rituelle en vigueur". Le pari de l'amélioration mutuelle entre NO et VO était une stratégie et une théologie tout à fait inadéquates, alimentées par l'abstraction idéologique.

On arrive ici à ce qui est probablement le coeur du sujet: le statut de l'ancienne liturgie romaine dans l'Eglise d'aujourd'hui. La citation faite de Benoit XVI dans Summorum Pontificum est ici dénoncée comme relevant "non de la théologie, mais d'une émotion nostalgique à l'égard du passé". Ici A. Grillo montre qu'il n'a pas compris la pensée profonde de Benoit XVI (qui, ne l'oublions pas, est un des plus grands théologiens de l'histoire récente de l'Eglise et un grand connaisseur de la liturgie et de son histoire). Loin d'exprimer une quelconque nostalgie, cette phrase, surtout replacée dans le contexte de la vaste pensée du défunt pape, exprime un principe théologique absolument fondamental: celui de «l'ecclesia unitas», c'est à dire l'unité de l'Eglise, unité qui doit être vécue non seulement dans l'espace (entre tous les chrétiens d'aujourd'hui), mais aussi dans le temps (avec les chrétiens qui nous ont précédé). Contrairement à ce que pense M. Grillo, il ne s'agit évidemment pas ici d'être "fixiste" en matière liturgique: bien évidemment, les formes liturgiques évoluent à travers le temps. Mais ces formes ne sauraient être réduites à une succession de vêtements que l'on enlève à chaque époque, et que l'on jette pour en mettre de nouveaux. Ces formes sont davantage comparables à un organisme, un corps humain, qui naît, se développe, arrive à maturité, et qui donc "évolue" tout en restant toujours le même. On peut parler ici, non de "fixité", mais de "stabilité" des formes liturgiques qui expriment à travers le temps et l'histoire l'immutabilité de la vérité chrétienne. tel est le sens profond de cette affirmation de Benoit XVI: «Ce qui était sacré pour les générations passées ne peut qu'être sacré aussi pour les générations présentes». La liturgie évolue et se développe sans rupture et cette absence de rupture est le signe de l'unité -liturgique, théologique, doctrinale- de notre génération avec les chrétiens qui nous ont précédé. Cette réalité -qui est bien théologique et non sentimentale- est concrètement et quotidiennement vécue dans les différentes Eglises orientales pour la plupart restées fidèles à leurs traditions liturgiques.

Certes, A. Grillo a raison sur un point: la trouvaille juridique de Benoit XVI (un rite en deux formes), quoique témoignant d'une belle volonté de préserver l'unité, était bancale. Mais c'est précisément pour cela même que l'ancienne liturgie a toute sa légitimité. Car on se tromperait si l'on pensait que le missel de 1969 n'était qu'une édition supplémentaire du missel de S. Pie V, comme l'étaient les éditions de 1634, de 1920, de 1962 ou de 1965, n'introduisant que des modifications de détail. La réalité -et cela, aucun liturgiste sérieux et honnête ne peut le nier- est que ce que l'on appelle la "réforme liturgique" n'est en réalité pas une réforme d'une réalité rituelle qui aurait pour l'essentiel conservé son identité. En constatant la multiplication inédite des prières eucharistiques, les coupes sombres dans la ritualité et les prières, le changement complet de l'offertoire, la disparition de près de 70% des collectes, les bouleversements impressionnants du calendrier, et plus encore, la manière radicalement nouvelle dont ce missel a été mis en oeuvre avec la validation tacite des autorités ecclésiales (célébration face au peuple généralisée, disparition de la langue latine et du grégorien que Vatican II avait pourtant canonisé, etc), il faut se rendre à l'évidence: il s'agit d'une liturgie entièrement nouvelle. Ce que l'on nous a présenté comme une réforme est en réalité une refonte totale de la liturgie romaine, une refonte d'une radicalité telle qu'elle en ressort à peu près méconnaissable. Il s'agit bien d'une liturgie nouvelle qui du coup se distingue et vient comme se poser "à côté" de la liturgie ancienne issue, non d'une refonte totale, mais d'un développement organique s'étalant sur plus d'un millénaire. C'est la radicalité de cette refonte, le fait qu'elle débouche incontestablement sur une liturgie nouvelle distincte de la liturgie traditionnelle, qui automatiquement fonde la légitimité de celle-ci. Car l'Eglise, dans sa longue histoire, a toujours pris soin de conserver et de laisser vivre les liturgies pouvant revendiquer une grande antiquité; l'ancienneté d'une liturgie -que ce soit celle de S. Marc, de S. Jean-Chrysostome, de S. Jacques, etc- a toujours été un critère fondant la légitimité de son usage; c'est la raison pour laquelle S. Pie V, lorsqu'il prescrivit l'usage du rite romain et interdit les autres rites, prit soin de rappeler que n'étaient pas concernés par cette interdiction les rites ayant plus de 200 ans d'existence.
Or la liturgie romaine traditionnelle a bien plus que 200 ans: elle est le fruit d'une longue évolution s'étalant sur près de quinze siècles d'histoire. Dès lors, sa légitimité à exister et à continuer de nourrir aujourd'hui la foi vivante des fidèles se fonde naturellement.
images/icones/carnet.gif  ( 977794 )Merci pour votre texte... par Joseph Dastros (2024-07-02 01:36:46) 
[en réponse à 977793]

... méthodique et en allant sur le fond sans broder sur d'autres sujets. Je partage ce que je comprends être votre avis sur le CDHN de vendredi dernier, qui partait un peu dans tous les sens me semble-t-il.
images/icones/bravo.gif  ( 977797 )Merci pour votre bonne analyse de son discours par Hepzibah (2024-07-02 08:58:38) 
[en réponse à 977793]

Vos arguments sont très pertinents.
Savoir si cela fera réfléchir l'interessé. Hum...
images/icones/ancre2.gif  ( 977811 )Merci, j'ai fait suivre... par Paterculus (2024-07-02 17:24:48) 
[en réponse à 977793]

... à une amie qui me demandait mon avis sur cette position du "professeur" Grillo.
Votre dévoué Paterculus
images/icones/iphone.jpg  ( 981996 )Cette critique me semble pertinente par Signo (2024-11-28 19:40:34) 
[en réponse à 977793]

… et rejoint en plusieurs points celle que j’avais moi-même rédigée il y a quelque temps sur le forum.

Au final, on peut résumer le vice de la pensée (si on peut appeler ça une pensée !) de Grillo en trois points:

- une compréhension fausse de l’unité de l’Eglise dont il fait de l’uniformité liturgique la condition sine qua non, ce qui est une aberration indéfendable à tous points de vue (historique, ecclésiologique, etc);

- un refus total de considérer la double radicalité de la « réforme » liturgique (dans sa conception et plus encore dans sa mise en œuvre), radicalité incontestable qui est pourtant la clé de compréhension de l’apparition et des motivations du mouvement traditionnel et traditionaliste;

- des a priori grossiers sur les fidèles aujourd’hui attachés à l’ancienne liturgie romaine, révélant une vision du monde restée figée dans l’univers mental des années 1970, ignorant les évolutions profondes des aspirations de l’homme d’aujourd’hui, et en particulier de la jeunesse…

Je passe sur l’illusion consistant à vouloir, dans un monde post-moderne, fluide, liquéfié, mettre en œuvre une politique répressive d’une rigidité et d’un autoritarisme digne de l’Eglise pré conciliaire qu’ils fustigent par ailleurs, en voulant imposer d’en haut et de l’extérieur une « uniformité liturgique » à un mouvement qui n’est que l’expression et une réponse aux aspirations de l’homme d’aujourd’hui (et de toujours!), contrairement à la liturgie moderne qui n’est que l’expression de l’homme des années 1970… difficile de mieux nous démontrer que les néo-bugninistes qui règnent à Saint-Anselme et ailleurs, et dont Grillo est sans doute le meilleur représentant, mènent un combat d’arrière garde, et sont des hommes du passé… et donc dépassés!