Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=981968
images/icones/4a.gif  ( 981968 )groupe Bayard (La Croix, Le Pélerin, etc) : pas de virage à droite ! par Cristo (2024-11-27 22:24:47) 


ça pétoche ferme ... et ça riposte ferme.
Un autre article sur le sujet précise, citant un journaliste-maison : « On ne veut pas de l'extrême droite à Bayard ».
Qu'aurait pensé le chevalier sans peur et sans reproche de tant de bravitude ?
On rappelle qu'il s'agit d'un groupe de presse estampillé catholique. Alors, apprendre que ce petit monde est défrisé par l'arrivée d'un cadre parce qu'il serait proche d'un homme d'affaire opposé à l'avortement ... Comment vous dire, les gars ? On vous le souhaite très fort, votre destin à la JDD, pour vous remettre les idées à l'endroit. Et tant pis pour vos pudeurs de gazelle !
La grève ? Bah, au JDD aussi, ça a commencé comme ça : je vous raconte comment ça a fini ? ...



Inquiétude au sein du groupe Bayard : “On ne veut pas d’un destin à la ‘JDD’”

La nomination à la direction d’un proche du milliardaire ultra conservateur Pierre-Édouard Stérin et la décision de s’allier à Vincent Bolloré dans le rachat d’une école de journalisme ne passent pas. Plusieurs actions syndicales sont prévues.

Les salariés de Bayard envisagent diverses actions pour réclamer le départ d’Alban du Rostu, nommé numéro 2 du groupe, et le retrait de l’entreprise du capital de l’ESJ Paris.

Par Richard Sénéjoux

Publié le 27 novembre 2024


« On ne veut pas d’un destin à la JDD, et on se battra. » L’inquiétude et la colère ne redescendent pas chez les salariés du groupe de presse catholique Bayard (La Croix, Le Pèlerin, Notre temps, et des titres jeunesse comme Okapi ou Astrapi). Ils ont appris en début de semaine la nomination d’Alban du Rostu au poste de numéro deux du groupe, ex-bras droit du milliardaire catholique conservateur Pierre-Édouard Stérin, que beaucoup comparent à Vincent Bolloré. Une décision prise sans aucune concertation par le nouveau patron de Bayard, François Morinière, aux commandes depuis le 1ᵉ novembre seulement.

Son choix a déclenché une forte mobilisation au sein de l’entreprise, d’habitude plutôt sage. « Une assemblée générale s’est tenue hier : il y avait quatre-vingts personnes dans la salle, bondée, et près de quatre cents personnes en ligne, du jamais-vu, raconte un journaliste, quinze ans de maison. Personne ne veut voir infléchir notre ligne éditoriale, qui a toujours été portée sur l’ouverture d’esprit. » Propriété de la congrégation des Assomptionnistes, des catholiques modérés, le groupe Bayard a toujours défendu des valeurs de tolérance et d’humanisme, loin des tendances les plus réactionnaires.

Le profil d’Alban du Rostu (ici sur CNews, le 16 décembre 2023) inquiète les salariés en raison de ses liens avec Pierre-Édouard Stérin, anti-IVG et adepte de la théorie du “grand remplacement”.

Le pedigree d’Alban du Rostu a de quoi inquiéter. Jusqu’à l’été 2024, il dirigeait le Fonds du bien commun, une organisation philanthropique financée par Pierre-Édouard Stérin, adepte de la théorie raciste du « grand remplacement » et qui ne cache pas ses positions anti-IVG. Même s’il dément toute participation, Alban du Rostu aurait également joué un rôle dans la mise sur pied du projet « Périclès » porté par le même Stérin – une plateforme dotée de 150 millions d’euros sur dix ans, qui a pour but de former une nouvelle élite politique reposant sur l’union de la droite et de l’extrême droite. L’acronyme annonce la couleur : « Patriotes, enracinés, résistants, identitaires, chrétiens, libéraux, européens, souverainistes. » Par ailleurs, Pierre-Édouard Stérin ne cache plus son ambition d’investir dans les médias : il a été longtemps en négociation pour racheter l’hebdomadaire Marianne, mais a finalement dû renoncer suite à la fronde de la rédaction.

Un autre événement, concomitant à la nomination d’Alban du Rostu, suscite beaucoup d’interrogations au sein de Bayard : l’entrée du groupe dans le nouveau tour de table pour racheter l’ESJ Paris, une école de journalisme (non reconnue par la profession) en proie à des difficultés financières, aux côtés de plusieurs milliardaires propriétaires de médias, comme Rodolphe Saadé (BFM, RMC, La Tribune dimanche, La Provence…), la famille Dassault (Le Figaro), Bernard Arnault (Les Échos, Le Parisien, Paris Match) ou l’inévitable Vincent Bolloré (Canal+, C8, CNews, Europe 1, JDD…). Beaucoup voient l’ombre de l’industriel breton ultra conservateur dans la reprise de cet établissement, qui se présente comme la plus vieille école de journalisme de France. Mais ce qui ne passe pas chez salariés de Bayard, c’est le profil de celui qui va la piloter, Vianney d’Alançon, un homme d’affaires proche de la droite radicale qui s’est spécialisé dans la création de parcs d’attractions à « vocation historique », façon Puy du Fou – il en a déjà créé deux, en Auvergne et en Provence.

Vianney d'Alançon, entrepreneur proche de la droite radicale, est le nouveau président de l’ESJ Paris. Il a créé Rocher Mistral, sorte de Puy du Fou provençal, dans les Bouches-du-Rhône.

Du côté de la direction du groupe Bayard, qui préfère « privilégier la communication auprès des salariés pour l’instant », il semble qu’on veuille jouer l’apaisement. « François Morinière a rencontré toutes les entités ce mercredi pour demander de ne pas faire de procès d’intention à Alban du Rostu et de le juger sur pièces, confie ce même journaliste. Sur l’ESJ Paris, il a dit que notre participation était très réduite et qu’au moindre problème, on reprendrait nos billes. Bref, il nous prend un peu pour des imbéciles. On a reçu des messages d’effroi de certains anciens, comme l’ex-directeur de la rédaction du Pèlerin, René Pujol. Notre seul actif, c’est le lien de confiance qui nous unit avec nos lecteurs et nos auteurs. Ces deux événements sont vraiment susceptibles de l’altérer. »


Débrayage ce jeudi, grève en décembre ?

Certains voient dans ces décisions une lutte entre anciens et modernes au sein des Assomptionnistes, la nouvelle génération affichant des aspirations plus identitaires. François Morinière est d’ailleurs lui-même président du fonds de dotation de la Nuit du bien commun depuis 2023, un événement de charité imaginé par Pierre-Édouard Stérin. Les difficultés financières actuelles du groupe pourraient aussi le fragiliser, même si en l’état ses statuts n’en permettent pas la cession, totale ou partielle.

Pour réclamer le départ d’Alban du Rostu et le retrait du capital de l’ESJ Paris, les salariés réfléchissent à diverses actions. Une première pourrait se dérouler dès ce soir au Salon du livre de Montreuil, où Bayard Jeunesse et Milan Presse sont très présents. Un débrayage d’une heure est aussi prévu demain à 14 heures au siège du groupe, à Montrouge. « D’autres formes de mobilisation vous seront alors proposées pour le jeudi 5 décembre », écrit l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC-CSN, CGT, SNJ) dans un mail interne, que Télérama a pu consulter. Autrement dit, la grève.

https://www.telerama.fr/debats-reportages/inquietude-au-sein-du-groupe-bayard-on-ne-veut-pas-d-un-destin-a-la-jdd-7023204.php


Le cocasse de l'affaire, c'est que La Croix a récemment quasiment théorisé le virage à droite des Catholiques (et donc la nécessité de s'y adapter sauf à mourir).
Pour rappel :
https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=981339


https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=980743


https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=981170
images/icones/1i.gif  ( 981977 )La presse du groupe Bayard va-t-elle redevenir lisible ?... par vistemboir2 (2024-11-28 09:17:11) 
[en réponse à 981968]

Jusqu'à maintenant, elle n'est guère plus catholique que Libé ou Le Monde, avec des journaleux tout aussi conformes à la doxa ambiante...


images/icones/1n.gif  ( 981978 )Souvenir 1974, une jeune secrétaire parle de la "cellule" (communiste) par Glycéra (2024-11-28 10:42:02) 
[en réponse à 981968]


J'ai rencontré cette jeune secrétaire embauchée depuis 2 ans à "La Croix" lors d'une réunion paroissiale, où elle posait la question : - Que dois-je faire ?

Elle venait d'apprendre qu'une "cellule" s'ouvrait parmi les membres du personnel du journal, et restait indécise sur son devoir : agir, rester, partir, le dire, se taire ?

Elle nous disait n'avoir aucune aide ailleurs, car La Croix était le premier quotidien où cela se faisait.

Je ne l'ai plus rencontré, donc ne pourrait donner plus de détails.
Glycéra
images/icones/1b.gif  ( 981981 )Comme dit François par Roger (2024-11-28 13:12:04) 
[en réponse à 981968]

Il faut abattre les murs et construire des ponts !
Avec l'extrême-droite...pourquoi pas?
images/icones/1d.gif  ( 981984 )Et La Croix qui lance l'opération "Faut qu'on dialogue" ! par Gaspard (2024-11-28 14:33:37) 
[en réponse à 981968]

Et c'est évidemment France infos qui fait la promo du nouveau produit de La Croix et de Brut, appellation exacte "Faut qu'on parle".

L'emballage c'est je cite :

une opération pour favoriser le dialogue entre Français d’opinions divergentes



Bon, Brut est d'après Le Monde cité par wikipedia :

« se voulant progressiste » (écologie, féminisme, lutte contre l’homophobie ou accueil des migrants)


ça tombe bien, c'est comme La Croix.

Donc si on comprend bien, après l'élection de Trump les deux rédactions ont décidé d'aller rééduquer le public : Viens là, "Faut qu'on parle", impératif de rigueur.

Patatras, la direction de Bayard leur propose un autre type de dialogue ! Carrément en embauchant un catholique, ami d'un autre catholique qui serait quant à lui carrément opposé à l'avortement !

Panique à La Croix ! Ce simple recrutement met en péril les petits fours à Radio France, au Monde, à Libé, Télérama et autres, tous ces médias où l'on peut passer tranquillement si l'on est bien woke comme il faut, c'est à dire entre autres anti-catho !

émission de France Infos avec La Croix pour présenter "Faut qu'on parle"
images/icones/carnet.gif  ( 981985 )Un problème structurel des medias chrétiens de gauche par Roger (2024-11-28 14:49:55) 
[en réponse à 981968]

Comme il n'existe quasiment plus de jeunes cathos de gauche ils ont ont le choix entre recruter des journalistes de gauche athées (voire anticlericaux) ou des journalistes catholiques mais alors de droite.

En général ils préfèrent la première option. Mais pas toujours. Ce qui crée des tensions lorsque les convictions du recruté se dévoilent...
images/icones/radioactif.gif  ( 982003 )Pourquoi des médias de gauche ? par Ptitlu (2024-11-28 23:40:24) 
[en réponse à 981985]

La référence va en hérisser certains ici. Golias 28/11, interview du rédacteur du trombinoscope des évêques à venir.

"maintenant,
on voit des gens à la tête de services diocésains qui
sont choisis non en fonction de leurs compétences,
mais de leurs revenus et de l’argent qu’ils donnent
au denier.

On a déjà une Eglise diocésaine très bourgeoise
et conservatrice. Elle deviendra vite encore
plus bourgeoise et conservatrice. Et l’évêque qui
souhaitera promouvoir une Eglise de pauvres pour
les pauvres sera désavoué aussitôt par les chrétiens
les plus nantis de son diocèse qui pourront s’inviter
maintenant librement aux soupers de Monseigneur
dont ils paieront les couverts et les plats
".

En réalité ceux qui affirment vouloir une église pauvre pour les pauvres, que Golias encense - ce sont les seuls à trouver du bon à Wintzer ou Cador, comme une boussole qui indique le sud, ne sont pas plus ouverts que les chrétiens bourgeois-conservateurs (qui sont surtout bourgeois d'ailleurs) et les tradis qu'ils vouent aux gémonies.

Pis, ils font partie du problème plus que de la solution :

• une église pauvre est d'autant plus fragile face aux grossiums et aux achats d'indulgence
• l'église "pauvre pour les pauvres" autoproclamée elle aussi a bénéficié de gros sponsors. Et on peut difficilement qualifier les diocèses allemands ou certains oligarques de pauvres.
• ensuite elle est dans une logique d'exclusion aussi des "opposants" réels ou inventés, ce qui est assez dingue pour une oeuvre qui se veut ouverte et solidaire.


En réalité les uns comme les autres ne parlent qu'à leur clientèle. Quand on passe les noms des annuaires diocesains à la moulinette de l'IA (y compris les zélateurs de l'Eglise pauvre pour les pauvres) on retrouve tout le temps les mêmes noms et les mêmes milieux (coucou Mgr de Coutances).

Et des qu'on s'amuse à faire les arbres de relation c'est encore plus flagrant. Golias met en avant Mgr Gscwindt (Pamiers). Sauf que Évry - donc Mgr Dubost, les scouts de France qui prennent un obus au paragraphe suivant puisque tous les évêques en viendraient, et il est Assomptionniste donc la Croix etc Et soit dit au passage, même si Mgr Eychenne y est beaucoup, Pamiers n'est pas un diocèse d'une santé morale éclatante.

Pendant que les uns et les autres tournent en vase clos, dans des chambres d'échos, 98% des français passent à l'as.

Dont quoique on en dise 90% sont culturellement des chrétiens, avec des noms chrétiens, attachés à leur église - elle ne sert peut être qu'une fois par an, mais bien des communes se saignent pour les maintenir en état.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 982146 )Bon ça y est c'est fini la Croix reste à gauche par Ptitlu (2024-12-02 23:46:56) 
[en réponse à 981968]

Ils se sont (évidemment) aplatis.

La fenêtre d'Overton s'est refermée
images/icones/1g.gif  ( 982149 )Y a t'il des groupes de presse Catholiques par Adso (2024-12-03 09:32:04) 
[en réponse à 982146]

Fleurus, autrefois Catholique, a viré depuis longtemps, mais je découvre
qu'ils publient un magazine pour adolescentes : "Sorcières" !