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images/icones/marie.gif  ( 981717 )15/11 St Albert le Grand, évêque, confesseur et docteur par ami de la Miséricorde (2024-11-14 23:10:34) 



Vicente Salvador Gómez, Apparition de la Vierge à saint Albert le Grand, vers 1660, musée des Beaux-Arts de Valence (Espagne).

St Albert le Grand, évêque, confesseur et docteur

Biographie de Saint Albert le Grand

Marie et notre salut par Saint Albert le Grand

La Miséricorde par Saint Albert le Grand

1. La véritable Miséricorde consiste à donner, à pardonner, et à donner encore par surcroît.

2. Aussi longtemps qu'il a lui-même quelques biens, le vrai Miséricordieux procure aux indigents ce qui leur est nécessaire ; s'il ne le faisait pas, il n'aurait qu'une Miséricorde incomplète, au témoignage de saint Jean Chrysostome : « Sans doute, vous avez donné une fois, mais ce n'est pas l'aumône, cela ! Vous n'avez rien accompli, si vous ne donnez pas tant que vous avez. Les vierges folles, elles aussi, avec leurs lampes, avaient de l'huile, mais elles n'en avaient pas assez ». Job pratiquait bien cette Miséricorde : « Je n'ai pas refusé aux pauvres ce qu'ils demandaient, je n'ai point fait attendre les yeux de la veuve ; mon morceau de pain, je ne le mangeais pas seul, l'orphelin en avait sa part. La compassion a crû avec moi depuis mon enfance, et, avec moi, elle était sortie du sein de ma mère... Je ne laissais pas dehors l'étranger, ma porte était ouverte au voyageur » (Job, ch. 31, v. 16-19, 32).

Mais, dit saint Grégoire, celui qui donne son argent et qui ne pardonne pas, celui-là ne fait nullement Miséricorde. Aussi le vrai Miséricordieux, avant même qu'on l'en prie, pardonne toute injure, du fond du cœur et spontanément, sans vouloir se venger à l'avenir, directement ou par intermédiaire. Et il est même plus disposé à pardonner que l'offenseur à demander pardon, parce que le péché de celui-ci lui fait plus de peine que son propre chagrin provenant de l'injustice qu'il supporte. À Séméï qui lui jetait des pierres et qui le maudissait, David pardonna de grand cœur et sans en être prié, et il défendit aux ennemis de Séméï de le tuer, en disant : « Laissez-le, qu'il me maudisse, Dieu le lui a ordonné. Qui sait si le Seigneur ne regardera pas mon affliction et ne me rendra pas du bien pour la malédiction d'aujourd'hui ? (IIe liv. des Rois, ch. 16, v. 11 et 12). De la même manière, Joseph avait devancé la demande de ses frères, et en pleurant sur chacun d'eux, il leur avait pardonné (Gen., ch. 45, v. 15).

Même cela ne suffit pas à celui qui est vraiment Miséricordieux. Il faut encore qu'il obtienne de Dieu, par ses prières, le pardon en faveur de ceux qui le traitent avec injustice. Moïse demanda grâce pour les juifs qui avaient voulu le lapider : « Seigneur, suppliait-il, pardonnez-leur ce péché ; sinon, effacez-moi du livre que vous avez écrit » (Exode, ch. 32, v. 32). Étienne fit de même pour ceux qui le lapidaient (Actes, ch. 7, v. 60), et le Seigneur Jésus obtint à ses bourreaux grâce et pardon. Ils avaient dit l'un et l'autre : « Pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font » (Luc, ch. 23, v. 34). C'était excuser ceux qui les maltraitaient de la pire façon ; cela revenait à dire : ils n'ont pas conscience, ils ne savent pas ce qu'ils font, donc on ne doit pas leur en faire un crime, mais leur pardonner avec clémence.

3. Dieu en lui-même est souverainement Miséricordieux, et il aime sans mesure chez les autres la Miséricorde. Notre-Seigneur n'a-t-il pas dit : « Allez apprendre ce que signifie cette parole : Je veux la Miséricorde, et non le sacrifice » ? (Matt., ch. 9, v, 13). Cela doit nous exciter à aimer la Miséricorde véritable.

Autre chose encore nous conduit à la Miséricorde. Ce Dieu, dans son jugement, sera sans pitié pour les hommes impitoyables. L'apôtre saint Jacques nous l'affirme : « Le jugement sera sans Miséricorde pour celui qui n'aura pas fait Miséricorde » (ch. 2, v. 13). Les autres, au contraire, obtiendront du Seigneur Miséricorde avec abondance. Il est écrit : « Celui qui a compassion du pauvre prête à Dieu » (Prov., ch. 19, v. 17), il recevra donc, avec intérêt et grand bénéfice, tout ce qu'il aura donné aux indigents.

Que fait la Miséricorde ? Elle donne à chacun sa place selon ses mérites au regard de Dieu. « Toute Miséricorde, est-il dit dans le livre de l'Ecclésiastique (ch. 16, v. 14), vaudra à chacun une récompense d'après le mérite de ses oeuvres. »

4. On prouve que l'on est vraiment Miséricordieux, lorsqu'on se retranche tout ce que l'on peut se retirer, tout en gardant la vie sauve, et qu'on travaille continuellement, au-delà même de ses forces, afin de pouvoir subvenir davantage à ceux qui sont dans le besoin.

5. Une preuve que l'on n'est pas vraiment Miséricordieux, c'est lorsqu'on ne soulage pas, autant que l'on peut, la misère d'un chacun, et qu'on se contente de dire aux malheureux : « Allez en paix, chauffez-vous et rassasiez-vous », sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps. À quoi cela sert-il, en effet ? (Jacq., ch. 2, v. 16). Saint Jean Chrysostome dit à ce sujet : « Même si vous donniez de vos propres biens à vous, vous ne devriez pas en être si parcimonieux. Or, ce que vous donnez, ce sont les richesses du Bon Dieu : il vous les a confiées seulement ; pourquoi, dès lors, les gardez-vous d'une manière si tenace ? »

Il n'est pas non plus vraiment Miséricordieux, celui qui pardonne parce qu'il ne peut pas se venger, celui qui ne pardonne pas simplement par amour, mais parce qu'il sait bien que s'il ne pardonne pas le premier, Dieu ne lui pardonnera pas non plus : celui-là, enfin, qui prie pour ses ennemis, mais du bout des lèvres seulement, en se réjouissant, au fond, de leur malheur.

Source: livres-mystiques.com
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 981718 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-11-14 23:15:25) 
[en réponse à 981717]



CHAPITRE VII
De l'indifférence que nous devons pratiquer en ce qui regarde notre avancement ès vertus.

L'aiguillon de la chair, messager de Satan, piquait rudement le grand saint Paul pour le faire précipiter au péché. Le pauvre apôtre souffrait cela comme une injure honteuse et infâme, c'est pourquoi il l'appelait un soufflettement et bafouement, et priait Dieu qu'il lui plût de l'en délivrer;

mais Dieu lui répondît : O Paul, ma grâce te suffit, car ma force se perfectionne en l'infirmité; à quoi ce grand homme acquiesçant: Donc, dit-il, volontiers, je me glorifierai en mes infirmités, afin que la vertu de Jésus-Christ habite en moi.

Mais, remarquez, de grâce, que la rébellion sensuelle est en cet admirable vaisseau délection, lequel, recourant au remède de l'oraison, nous montre qu'il nous faut combattre par ce même moyen les tentations que nous sentons.

Remarquez encore que si notre Seigneur permet ces cruelles révoltes en l'homme, ce n'est pas toujours pour le punir de quelque péché, ains pour manifester la force et vertu de l'assistance et grâce divine, et remarquez enfla que non seulement sous ne devons pas nous inquiéter en nos tentations ni en nos infirmités;

mais nous devons nous glorifier d'être infirmes, afin que la vertu divine paraisse en nous, soutenant notre faiblesse contre l'effort de la suggestion et tentation; car le glorieux apôtre appelle ses infirmités les élans et rejetons d'impureté qu'il sentait, et dit qu'il se glorifiait en icelles, parce que si bien il les sentait par sa misère, néanmoins par la Miséricorde de Dieu il n'y consentait pas.

Certes, comme j'ai dit ci-dessus, l'Église condamna l'erreur de certains solitaires qui disaient qu'en ce monde nous pouvions être parfaitement exempts des passions dire, de convoitise, de crainte et autres semblables.

Dieu veut que nous ayons des ennemis, Dieu veut que nous les repoussions. Vivons donc courageusement entre l'une et l'autre volonté divine, souffrant avec patience d'être assaillis, et tâchant avec vaillance de faire tête et résistance aux assaillants.

CHAPITRE VIII
Comme nous devons unir notre volonté à celle de Dieu en la permission des péchés.


Dieu hait souverainement le péché, et néanmoins il le permet très sagement pour laisser agir la créature raisonnable selon la condition de la nature, et rendre les bons plus raisonnables, quand, pouvant violer la loi, ils ne violent plus.

Adorons donc et bénissons cette sainte permission. Mais puisque la Providence qui permet le péché le hait infiniment, détestons-le avec elle, haïssons-le, désirant de tout notre pouvoir que le péché permis ne soit point commis; et ensuite de ce désir, employons tous les remèdes qu'il nous sera possible pour empêcher la naissance, le progrès et le règne du péché, à l'imitation de notre Seigneur, qui ne cesse d'exhorter, promettre, menacer, défendre, commander et inspirer parmi nous, pour détourner notre volonté du péché, en tant qu'il se peut faire sans lui ôter sa liberté.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisseam
ami de la Miséricorde