CHAPITRE PREMIER.
De l'union de notre volonté avec la volonté divine qu'on appelle volonté de bon plaisir.
Vous n'avez oublié la bonté de votre âme,
Non pas même jetant les damnés dans la flamme
De l'enfer éternel, emmi votre fureur,
Vous n'avez su garder votre sainte douceur;
De répandre les traits de sa compassion
Emmi les justes coups de la punition.
3° Venons par après à nous-mêmes en particulier, et voyons une quantité de biens intérieurs et extérieurs, comme aussi un nombre très grand de peines intérieures et extérieures que la Providence divine nous a préparées selon sa très sainte justice et Miséricorde;
et comme ouvrant les bras de notre consentement, embrassons tout cela très amoureusement, acquiesçant à sa très sainte volonté, et chantant à Dieu, par manière d'un hymne d'éternel acquiescement :
Votre volonté soit faite en la terre comme au ciel. Oui, Seigneur, votre volonté soit faite en la terre, où nous n'avons point de plaisir sans mélange de quelque douleur, point de rose sans épines, point de jour sans la suite d'une nuit, point de printemps sans qu'il soit précédé de l'hiver, en la terre, Seigneur, où les consolations sont rares, et les travaux innombrables.
O Dieu! néanmoins que votre volonté soit faite, non seulement en l'exécution de vos commandements, conseils et inspirations qui doivent être pratiqués par nous, mais aussi en la souffrance des afflictions et peines qui doivent être reçues en nous, afin que votre volonté fasse par nous, pour nous, en nous et de nous, tout ce qu'il lui plaira.
CHAPITRE II
Que l'union de notre volonté au bon plaisir de Dieu se fait principalement ès tribulations.
Les peines, considérées en elles-mêmes, ne peuvent être aimées; mais regardées en leur origine, c'est-à-dire, en la providence et volonté divine qui les ordonnent, et sont infiniment aimables.
Voyez la verge de Moise en terre, c'est un serpent effroyable: voyez-la en la main de Moise, c'est une baguette de merveilles. Voyez les tribulations en elles-mêmes, elles sont affreuses: voyez-les en la volonté de Dieu, elles sont des amours et des délices.
Combien de fois nous est-il arrivé d'avoir à contre-coeur les remèdes et médicaments tandis que le médecin ou l'apothicaire les présentait, et que nous étant offerts par quelque main bien-aimée, l'amour surmontant l'horreur, nous les recevions avec joie!
Certes, ou l'amour ôte l'âpreté du travail, ou il rend le sentiment aimable. On dit qu'en Béotie il y a un fleuve dans lequel les poissons paraissent tout d'or :
mais ôtez-les de ces eaux qui sont le lieu de leur origine, ils ont la couleur naturelle des autres poissons. Les afflictions sont comme cela. Si nous les regardons hors de la volonté de Dieu, elles ont leur amertume naturelle; mais qui les considère en ce bon plaisir éternel, elles sont toutes d'or, aimables et précieuses plaies qu'il ne se peut dire.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde