Le Forum Catholique

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images/icones/croix.gif  ( 980861 )Jacques FESCH : repenti mais pas réhabilité par Cristo (2024-10-15 16:06:24) 

dommage ... même si j'aime bien la réponse sobrement argumentée du Président de la République d'alors, René COTY.


La Cour de cassation rejette la réhabilitation de Jacques Fesch, condamné à mort en 1957
Cette décision historique, annoncée mardi, est définitive et ne pourra pas faire l'objet d'un appel. Elle marque le point final d'une bataille judiciaire portée depuis trente ans par Gérard Fesch, le fils du condamné.

Article rédigé par Clara Lainé
France Télévisions
Publié le 15/10/2024

Le dernier acte du dossier judiciaire Fesch est scellé. La Cour de cassation a refusé, mardi 15 octobre, le "rétablissement de l'honneur" de Jacques Fesch, guillotiné en 1957 pour le meurtre d'un policier. Cette décision, à portée essentiellement symbolique, est définitive et ne pourra pas faire l'objet d'un appel.

La plus haute juridiction judiciaire avait examiné le 6 juin cette demande inédite portée par le fils de Jacques Fesch, Gérard, aujourd'hui âgé de 69 ans. "Obtenir sa réhabilitation, ce n'est pas effacer ce qu'il a fait, avait-il expliqué pour justifier sa démarche. C'est retenir que tout le monde peut se repentir et se racheter", que "la deuxième chance existe, même si malheureusement lui ne l'a pas eue". Depuis trente ans, Gérard Fesch se bat pour rétablir l'honneur de son père, qui avait fait acte de rédemption au cours de sa détention.

Lors de l'audience, filmée pour les archives historiques, Gérard Fesch avait pris place à côté de sa femme et de sa petite-fille pour écouter son avocat défendre le "droit au pardon" et "une décision symbolique contre la peine de mort". Mais le repentir d'un homme et l'emprunt d'un chemin spirituel suffisent-ils à justifier une réhabilitation, un pardon social ? La Cour de cassation a décidé de répondre par la négative à cette question.

Un rêve qui tourne au cauchemar

Le destin de Jacques Fesch, issu d'une famille aisée, prend une trajectoire tragique le 25 février 1954. Le jeune homme âgé de 23 ans braque un agent de change au cœur du 1er arrondissement de Paris. Avec cet argent, il compte réaliser son rêve : acheter un bateau pour faire le tour du monde. Lors du vol, il frappe violemment l'agent à coups de crosse et attire l'attention de passants qui donnent l'alerte. Dans sa fuite, il sort son revolver, tire et blesse plusieurs personnes. Surtout, il tue un policier, Jean-Baptiste Vergne, 35 ans. Le défunt, veuf depuis peu, laisse derrière lui une fille de 4 ans. Jacques Fesch est arrêté dans la foulée et passe trois années en prison.

Au cours de sa détention, il se plonge dans l'écriture et entretient de nombreuses correspondances, notamment avec un moine. Ses textes, publiés après sa mort, connaîtront un grand succès. Décrit lors de son procès comme "vantard et paresseux", Jacques Fesch, qui avait volé son beau-père et acheté une voiture de sport avec l'argent que lui avait prêté sa mère pour fonder une entreprise, écrit avoir "brutalement" découvert la foi chrétienne à cette période.

Cette conversion au christianisme se heurte au verdict de la cour d'assises : Jacques Fesch est condamné à mort. Il formule une demande de grâce auprès de René Coty, le président de la République de l'époque, qui la lui refuse. "Demandez-lui, je vous prie, d'accepter le sacrifice de sa vie pour la paix de l'Etat", avait répondu le chef de l'Etat à l'avocat du détenu. Jacques Fesch est exécuté à la prison de la Santé le 1er octobre 1957. Si l'homme est guillotiné, son histoire ne s'arrête pas là : il fait l'objet d'un procès en béatification, toujours en cours, et une école porte désormais son nom à Lion-sur-Mer, dans le Calvados.

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/justice-proces/la-cour-de-cassation-rejette-la-rehabilitation-de-jacques-fesch-condamne-a-mort-en-1957_6837506.html
images/icones/livre.gif  ( 980878 )"Dans 5 heures, je verrai Jésus !" par Glycéra (2024-10-15 19:18:19) 
[en réponse à 980861]



Livre des écrits de Jacques Fesch,
Il avait 27 ans.

https://editionsdujubile.com/books/3598125

Glycéra

qui remercie le Père Molinié de sa présentation et de ses trouvailles dans les textes de Jacques Fesch.
images/icones/livre.gif  ( 980900 )La démarche du fils de Jacques Fesch par Anne Charlotte Lundi (2024-10-16 11:12:36) 
[en réponse à 980861]

Gérard Fesch :
"Après un procès retentissant, bâclé, une feuille de délibération " tronquée ", Jacques Fesch est condamné à mort. Mais si je suis un fils d'assassin, je suis aussi un fils de saint : en prison dans l'attente de son exécution, la conversion au catholicisme de mon père a ému toute l'administration pénitentiaire, une partie de la société et du pouvoir publique.

Considéré comme un exemple de rédemption par la foi, Jacques Fesch est désormais en instance de béatification. J'ai entrepris la démarche peu banale de recouvrer le nom de ce père meurtrier ce qui, fait rarissime (et exploit juridique), m'a été accordé. En décembre 2016, avec le grand avocat pénaliste Eric Dupond-Moretti, je me lance vers un nouvel exploit du droit : que la justice réhabilite mon père. Pour que l'histoire retienne aussi l'autre face du condamné, celle du repenti."

Riche en rebondissements ce récit se lit comme une quête d'amour et d'identité, mais aussi un véritable polar.

Sur Livres en Famille



images/icones/carnet.gif  ( 980901 )Je ne comprends pas cette démarche par Candidus (2024-10-16 11:42:15) 
[en réponse à 980861]

On réhabilite un innocent, une victime d'erreur judiciaire ; l'Église a réhabilité Jeanne d'Arc ; mais cela ne peut pas s'appliquer à Jacques Fesch qui était coupable ; repenti, parce que coupable. L'un ne peut pas exister sans l'autre.

Ce qui fait la grandeur de cet homme, c'est d'avoir accepté sa culpabilité et assumé les conséquences de ses actes en offrant sa vie en réparation de celles-ci.

Je trouve que vouloir nier cette culpabilité - car c'est le sens d'une demande de réhabilitation -, aboutit, paradoxalement, à nier son repentir et à rendre illisible sa conversion.

Et en plus de cela, choisir Dupond-Moretti pour conduire cette procédure, n'envoie pas exactement le bon message.
images/icones/bravo.gif  ( 980902 )Effectivement par Lycobates (2024-10-16 12:12:17) 
[en réponse à 980901]

Entièrement d'accord avec vous !

Il faut se garder de tomber dans le sentimentalisme, vrai fléau de notre époque.

Le repentir ne saurait annuller la culpabilité, ni préserver l'intéressé d'une punition adéquate et juste (excellente réaction du président Coty), au contraire, le vrai repentir assume et accepte l'une et l'autre.
images/icones/hein.gif  ( 980903 )Quid de ce procès en béatification ? par Regnum Galliae (2024-10-16 12:24:25) 
[en réponse à 980901]

Jacques Fesch est-il déjà vénérable ?
Le repentir est chose excellente mais il ne faudrait pas suggérer qu'il est bon de péché pourvu que l'on se repente. La sainteté reconnue du bon larron suffit pour tous les repentis. Sinon, autant canoniser Gilles de Rais, mort dans des sentiments de repentir touchants.
Accessoirement, sait-on ce qu'est devenue cette petite fille de 4 ans, devenue orpheline à la suite de ce meurtre ?
images/icones/carnet.gif  ( 980905 )En droit réhabilitation ne signifie pas acquittement par Vox clamantis (2024-10-16 13:00:22) 
[en réponse à 980901]

Me Parfu pourra corriger si j'écris des âneries mais il me semble que la réhabilitation peut être demandée par tout délinquant ayant purge sa peine et prouvé sa bonne conduite pendant plusieurs années. Il s'agit de faire reconnaître par la justice qu'on est redevenu un citoyen honorable et qu'on a payé sa dette à la société.

Jacques Fesch a purgé sa peine (puisqu'il a ete exécuté !) mais la nature de sa peine empêche évidemment de prouver sa bonne conduite pendant plusieurs années après l'achèvement de celle-ci. Comme c'est dû à la nature même de cette peine, la question juridique posée à la cour de cassation était de savoir si les années de bonne conduite post-execution de la peine s'appliquaient aussi dans le cas de la peine de mort, alors qu'elle les rend impossibles.
images/icones/find.gif  ( 980952 )Différentes notions juridiques par Jean-Paul PARFU (2024-10-17 13:18:34) 
[en réponse à 980905]

Être acquitté, c'est être reconnu non coupable d'un crime par une Cour d'assises. En matière correctionnelle ou contraventionelle, la personne est dite "relaxée".

Une personne reconnue coupable et définitivement condamnée peut bénéficier d'une "libération conditionnelle" une fois effectuée au moins la moitié de sa peine.

Il existe aussi des remises de peines. Elles étaient où sont encore dans certains cas automatiques.


Il existe enfin en droit français "La Cour de révision et de réexamen près la Cour de cassation". Un procès devant cette cour, s'il est jugé recevable, vise à réhabiliter la personne morte ou toujours vivante et à effacer sa condamnation qui était devenue définitive.

Ste Jeanne d'Arc a bénéficié d'un procès en réhabilitation.
images/icones/nounours.gif  ( 980953 )Deux autres notions par Jean-Paul PARFU (2024-10-17 13:31:34) 
[en réponse à 980952]

Il existe aussi le droit de grâce du Président de la République et l'amnistie.

Le droit de grâce avait du sens lorsqu'existait encore la peine de mort. Si le condamné à mort était gràcié, il n'était pas exécuté mais effectuait une peine.

L'amnistie découle d'une loi et vise à effacer des infractions constatées et parfois déjà sanctionnées. Certaines infractions sont alors automatiquement effacées et ne seront pas poursuivies ou exécutées, d'autres ne sont qu'amnistiables, c'est-à-dire effacées si exécutées et d'autres enfin sont tout simplement exclues de l'amnistie.
images/icones/bravo.gif  ( 980910 )Idem par Luc de Montalte (2024-10-16 16:15:34) 
[en réponse à 980901]

Surtout quand on essaye de nous vendre cela comme un argument contre la peine de mort, alors que c'est bien elle qui a permis son repentir. Baudelaire l'avait bien résumé :



La peine de mort est le résultat d’une idée mystique, totalement incomprise aujourd’hui. La peine de mort n’a pas pour but de sauver la société, matériellement du moins. Elle a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable. Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu’il y ait assentiment et joie, de la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le paradis.



En outre, toute cette agitation pour un criminel est choquante. La fille de sa victime, laissée orpheline à 2 ans, reste silencieuse, elle.
images/icones/carnet.gif  ( 981019 )"spiritualité préconciliaire, marqué(e) par un certain dolorisme" par Cristo (2024-10-19 00:12:21) 
[en réponse à 980861]


texte intéressant :

https://www.lavie.fr/christianisme/eglise/jean-duchesne-pour-jacques-fesch-nul-nest-jamais-perdu-aux-yeux-de-dieu-96554.php
images/icones/fleche2.gif  ( 981031 )Avec de telles vues, le "bon" larron ne serait jamais monté ! par Glycéra (2024-10-19 11:32:00) 
[en réponse à 981019]


J'ai lu.

L'analyse tente l'objectivité, je la ressens comme détachée, volontairement de ton bien laïc. Donc assez creux pour un catholique.

Que la fille de Jacques Fesch n'ait pas été visiblement une sainte change-t-il la donne ? Depuis quand la république demande-t-elle un miracle de conversion ?

"Nul n'a la tâche de sonder les reins ni les coeurs !"
dit le Seigneur.

Dieu sait, Dieu fait, et ce n'est pas la (petite) cervelle humaine qui pèse, trie, garde ou jette. Même pas les actes, encore moins les gens.
Même un verdict, faux ou juste, au tribunal humain n'est que hommerie avec ses risques. Dieu fera le tri.