méfiance à nouveau : toujours cette manie de mettre du contemporain.
A noter : «les travaux sont concentrés sur le cœur» : Rodrigue, as-tu du choeur ?
Fermée depuis son incendie, la cathédrale de Nantes rouvrira le 29 septembre 2025
Par Laurène Trillard
Alors que la réouverture de la Notre-Dame de Paris occupe les esprits, un autre édifice religieux d’ampleur s’apprête à vivre un événement similaire. Incendiée en juillet 2020, la cathédrale de Nantes va rouvrir ses portes le 29 septembre 2025. «C'est le temps des travaux qui a nécessité cette date de la fin septembre 2025», a annoncé Valérie Gaudard, conservatrice régionale des monuments historiques des Pays de la Loire, lors d’un point presse sur l’avancée de la restauration. Initialement, fin 2024 avait été envisagée. Dans un an, les fidèles et le public pourront donc à nouveau découvrir cet édifice construit à partir de 1434, qui avait déjà gravement brûlé en 1972. Les visiteurs seront invités à entrer par les portes de côtés, car l’entrée principale sera encore en travaux. La Drac parle ainsi de «réouverture partielle» : «tous les espaces ne seront pas accessibles».
«La date n'a pas été choisie par hasard», a abondé mardi matin monseigneur Percerou, évêque de Nantes, qui depuis son arrivée en septembre 2020, n’a pas encore eu l’occasion de célébrer la messe à l’intérieur. La cathédrale avait en effet été incendiée par un bénévole rwandais en juillet de cette même année. «C'est le dimanche le plus près d'une fête importante, la Fête de la Dédicace. C’est un 30 septembre que la cathédrale a été ouverte pour le culte», a détaillé l’homme d’Église. Cette date revêt également un sens fort pour les catholiques car elle tombe à la fin d’une année jubilaire dédiée à l’espérance décrétée par le pape François. Elle coïncide également avec la disponibilité des services de l'État. «On souhaite que cette fête soit bien plus large que la communauté catholique, en accord avec M. le préfet. Côté diocèse on travaille à quelques surprises à destination du grand public», a précisé Mgr Laurent Percerou, impatient d’entendre à nouveau retentir les cloches.
Où en sont les travaux ?
«La cathédrale est la propriété de l'État», a rappelé le préfet de Loire-Atlantique, Fabrice Rigoulet-Roze. «La maîtrise d'ouvrage et l'ensemble des travaux de restauration sont financés par l'État : c'est un peu plus de 32 millions d'euros». Un chiffre qui a eu le temps d’augmenter, notamment en raison de l’inflation. Déjà 20 millions ont été engagés. Depuis quatre ans, des diagnostics, états des lieux et travaux de dépollution ont été menés. L’heure est maintenant à la restauration à proprement parler. Afin de rouvrir le plus vite possible, «les travaux sont concentrés sur le cœur et sur le transept sud, qui étaient très dégradés». L’un des trois départs de feu était localisé au niveau du placard électrique dans le transept sud. Démarrée en septembre 2023, cette phase de chantier qui repose sur des échafaudages hauts de 37 mètres devrait se terminer en septembre 2025. Elle inclut le changement de pierres, la reprise des joints de voûtements ou encore le traitement d’un vitrail encrassé.
D’autres opérations d’ampleur auront lieu en 2025. «On en a profité, au-delà de la dimension patrimoniale, pour pouvoir procéder à des travaux non pas de mise aux normes mais de rénovation globale en matière d'électricité, d'accessibilité», a ajouté le préfet. Aussi, «les travaux de concertation se poursuivent» pour certains éléments. Le «massif occidental», par exemple, qui correspond à la façade, sera rénové pendant plus de deux ans, à partir de 2025. Le grand orgue et la verrière ont disparu avec l’incendie. Des réflexions sont donc en cours pour décider de leur remplacement, avec certainement une touche de contemporain, la cathédrale nantaise Saint-Pierre et Saint-Paul ayant été la première à accueillir des vitraux contemporains dans les années 1960. Ces sujets seront examinés par la Commission Nationale du Patrimoine et de l’Architecture.
Déjà «vandalisée» dans le passé
Parmi les objets miraculeusement sauvés, se trouvent des fragments de vitraux datant du XVIe siècle, exposés également jadis sur la façade de la cathédrale. «C'était une commande d'Anne de Bretagne destinée à commémorer le transfert de la sépulture de sa mère Marguerite de Foix», a fait savoir Pauline Ducom, conservatrice régionale adjointe des monuments historiques à la Drac, lors de la visite de chantier. Le vitrail, qui avait déjà souffert après l’explosion de la poudrière du château en 1899, était incomplet. Il ne pourra pas retourner à sa place originelle mais des morceaux ont été ramassés et «l’atelier de restauration a réussi à faire des puzzles assez exceptionnels. Cela nous permet de voir que c’était un vitrail de très grande qualité».
Depuis sa construction et son achèvement total en 1891, la cathédrale a survécu à de nombreux événements. En 1793, elle avait déjà été victime du «vandalisme révolutionnaire», retrace la Drac. Après l’incendie du château au XIXe siècle, elle avait été touchée par les bombardements de la guerre en 1944. Lors de son incendie en 1972, les travaux de remise en état avaient duré 12 ans et la charpente d’origine avait été remplacée par du béton.
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