Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=979821
images/icones/hein.gif  ( 979821 )Peut-on interpréter dans un sens catholique ces paroles ? par Candidus (2024-09-06 22:56:56) 

"L'Église Catholique est au service du bien commun et souhaite renforcer la coopération avec les institutions publiques et les autres acteurs de la société civile, mais elle s'interdit le prosélytisme et respecte toujours LA FOI de chaque personne." (François, le 4 septembre 2024 au Palais Présidentiel de Jakarta)

Respectez les individus dans l'erreur, évidemment, respecter leurs erreurs, jamais.

Le statut de dhimmi fait partie de la foi musulmane, doit-on le respecter ?

Le mariage d'hommes mûrs avec des fillettes a été pratiqué par "le Beau Modèle", il est donc légitimé par la foi musulmane, doit-on le respecter pour autant ?

Les sacrifices humains ont été pratiqués par de multiples religions à travers l'histoire, étaient-ils respectables ? S'ils venaient à l'esprit de quelque indigène, en toute bonne foi, de les restaurer, devrait-on le tolérer ?

Ces paroles de François ne constituent-elles pas le développement logique de la doctrine sur la liberté religieuse proclamée par Vatican II ?

Quel sens cela a-t-il de prétendre qu'il n'existe pas de véritable contradiction entre Dignitatis Humanae et l'enseignement traditionnel de l'Église, si le Pasteur Suprême dont la fonction est d'interpréter la Tradition (donc Vatican II), dispense cette interprétation hétérodoxe qu'il attribue clairement à Vatican II ?

Lorsque François affirme que "le pluralisme et la diversité des religions, des couleurs, du sexe, de la race et de la langue sont une sage volonté divine", et qu'il attribue cet enseignement à Vatican II, qui sommes-nous pour imposer notre exégèse de Vatican II à l'encontre de celle du pape ?
images/icones/c_nul.gif  ( 979822 )François dit n'importe quoi... par vistemboir2 (2024-09-06 23:05:55) 
[en réponse à 979821]

Ce ne sont pas les paroles d'un catholique...




images/icones/hein.gif  ( 979823 )Surtout, quelle importance ? par Ptitlu (2024-09-07 00:56:32) 
[en réponse à 979822]

C'est un discours politique, dans un pays essentiellement musulman qui plus est.

Il n'est pas monté en chaire prononcer un dogme ?

Bon, bref...(Poubelles de l'Histoire)
images/icones/2a.gif  ( 979827 )Nous avons besoin d'un pape catholique... par vistemboir2 (2024-09-07 12:25:30) 
[en réponse à 979823]

et non d'un nième politicien immigrationniste...
images/icones/1f.gif  ( 979828 )Il n'y a que sur le FC qu'on parle du Pape... par Métronome (2024-09-07 13:12:02) 
[en réponse à 979821]

Vous en entendez parler ailleurs?

Pas beaucoup.

Et je pense que c'est mieux ainsi.
images/icones/idee.gif  ( 979835 )deux parties de phrase qui sont désarticulées par Luc Perrin (2024-09-07 14:15:42) 
[en réponse à 979821]

La première partie est catholique, traditionnelle, c'est le b-a-ba on retrouve dans Pacem in terris (1963), le "bien commun" Doctrine sociale de l'Église, rapport aux pouvoirs publics et acteurs sociaux que du classique.

On est sur le plan des réalités terrestres, de l'autonomie des réalités terrestres comme on disait pendant longtemps. Ce n'est pas matière de foi ni de salut de l'âme, juste du mieux vivre si c'est possible. En soutenant le Forum de Davos comme le fait le Pontife et les Jeux satanympiques ou l'OMS-Bill Gates et Big Pharma, ce n'est pas très cohérent mais passons.

Là où on ne comprend plus rien c'est la seconde partie introduite par le "mais".
"mais elle s'interdit le prosélytisme et respecte toujours LA FOI de chaque personne."

Quel rapport avec le bien commun matériel ? Aucun.

Outre que la notion de "prosélytisme" est certes très répandue dans la bureaucratie interreligieuse mais quand je lis la Bible qui fait obligation de proclamer la Parole et ce dès Isaïe, j'ai du mal à comprendre.
Quant au respect de la foi de chaque personne, c'est encore une de ces expressions néo-modernistes, néo-libérales qui ne veut rigoureusement rien dire et que Rome n'applique d'ailleurs pas.

Le pape François pourfend à qui mieux mieux XYZ, les antivax respectueux de l'humanité et de l'éthique médicale, les "rigides", les ... où est le "respect de la foi de chaque personne" ? Pschitt oublié.

En résumé, le Pontife nous a cousu un patchwork verbal : les Quakers en font de très beau en tissu avec des morceaux pris de ci de là, je recommande. Pour un pape le patchwork ne me paraît pas un bon modèle pour une parole publique. Si je puis me permettre un conseil littéraire aux petites mains qui rédigent les discours du Saint-Père.

images/icones/fleche2.gif  ( 979845 )« Prosélytisme » par Luc de Montalte (2024-09-07 21:34:41) 
[en réponse à 979821]

On trouve le même genre de phrases contre le prosélytisme, entendu comme une sorte de conversion par la violence ou la manipulation je suppose, chez Benoît XVI. Par exemple, cette homélie que le pape François cite régulièrement :


https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/homilies/2007/documents/hf_ben-xvi_hom_20070513_conference-brazil.html

A vous aussi, qui représentez l'Eglise qui est en Amérique latine, j'ai la joie de remettre aujourd'hui idéalement mon Encyclique Deus caritas est, par laquelle j'ai voulu indiquer à tous ce qui est essentiel dans le message chrétien. L'Eglise se sent disciple et missionnaire de cet Amour: missionnaire uniquement en tant que disciple, c'est-à-dire capable de se laisser toujours attirer avec un émerveillement renouvelé par Dieu qui nous a aimés et nous aime le premier (cf. 1 Jn 4, 10). L'Eglise ne fait pas de prosélytisme. Elle se développe plutôt par "attraction": comme le Christ "attire chacun à lui" par la force de son amour, qui a culminé dans le sacrifice de la Croix, de même, l'Eglise accomplit sa mission dans la mesure où, associée au Christ, elle accomplit chacune de ses œuvres en conformité spirituelle et concrète avec la charité de son Seigneur.



Quant au respect des fausses religions, on est dans la droite lignée des Assises et Cie malheureusement me semble-t-il. Nihil novi…
images/icones/carnet.gif  ( 979849 )Sens français par Roger (2024-09-08 11:11:55) 
[en réponse à 979845]

Si j'en crois le dictionnaire de l'académie française ce mot a toujours eu un sens péjoratif en français !

Bon cela ne nous interdit pas d'évangéliser par la parole et par l'exemple.
images/icones/bravo.gif  ( 979851 )bon réflexe de voir d'où vient le mot mais par Luc Perrin (2024-09-08 12:50:42) 
[en réponse à 979849]

voici ce qu'en dit le LITTRÉ (dictionnaire du XIXe siècle édité par un libre penseur franc-maçon) :

"« prosélytisme », définition dans le dictionnaire Littré
prosélytisme
Fac-simile de l'édition originale du Littré (BNF)

Page complète du fac-simile

prosélytisme
(pro-zé-li-ti-sm') s. m.

Zèle de faire des prosélytes.
"Cet esprit de prosélytisme que les Juifs ont pris des Égyptiens, et qui d'eux est passé, comme une maladie épidémique et populaire, aux mahométans et aux chrétiens", Montesquieu, Lett. pers. 85.
"C'est cette rage de prosélytisme, cette fureur d'amener les autres à boire de son vin, qui conduisit le jésuite Castel et le jésuite Routh auprès du célèbre Montesquieu, lorsqu'il se mourait", Voltaire, Dict. phil. Fanatisme.

Il se dit le plus souvent en mauvaise part.

ÉTYMOLOGIE

Prosélyte. On a attribué prosélytisme à Mirabeau ; mais il est plus ancien, puisqu'il se trouve dans les Lettres persanes."

Intéressant car le mot a été forgé par les ennemis de la foi chrétienne (toutes Eglises confondues) Montesquieu, Voltaire et compagnie les philosophes des Lumières.
Pour mémoire "fanatisme" pour les Philosophes et Voltaire était un label appliqué à l'Église catholique et romaine principalement pour éviter les foudres de la police du roi Louis XV en la nommant ouvertement.

Bref l'emploi du mot est des plus suspects quand il n'est pas expliqué clairement car "fureur d'amener les autres à boire de son vin" ... difficile à distinguer de ce que Benoît XVI dit de l'évangélisation ... sauf à être muet comme une carpe et inerte.

On se rappelle que le néo-modernisme néo-libéralisme "catholique" des années de plomb, que révère le présent Pontife romain et qui ont aussi déteint sur Joseph Ratzinger futur Benoît XVI, années 1950 à début 1990, prétendait avec Henri Guillemin entre autres se passer de toute évangélisation active : silence total.

Une charge contre l'emploi du mot "évangélisation" a été fait récemment par l'actuel archevêque d'Alger, un parangon de néo-modernisme et néo-libéralisme "catholique", Mgr Jean-Paul Vesco.

Le mot est aussi douteux que son origine, à mon humble avis.

images/icones/carnet.gif  ( 979852 )Il reste que ... par Meneau (2024-09-08 13:03:28) 
[en réponse à 979851]

"respecter la foi de chaque personne" mériterait quelques éclaircissements. Un catholique peut respecter le libre-arbitre d'un enfant de Dieu et ne pas vouloir à tout prix aller contre sa raison. Mais il ne peut respecter en tant que telle la foi d'un musulman (par exemple) même s'il doit respecter le musulman lui-même.

Bref, encore une déclaration pour le moins ambigüe du pape.

Cordialement
Meneau
images/icones/1f.gif  ( 979854 )Toujours ... par Lycobates (2024-09-08 14:23:15) 
[en réponse à 979852]

la même confusion entre sujet et objet (dans le sens moral et philosophique), entre naturel et surnaturel (comme le souligne régulièrement, et avec raison, J.P. Parfu), confusion emblématique de l'esprit libéral et moderniste (qui est, en philosophie, toujours un moniste réducteur).

Nulla da fare, disent nos amis italiens.
images/icones/fleche2.gif  ( 979857 )Le terme προσηλυτισμός est certes grec par Lycobates (2024-09-08 17:11:32) 
[en réponse à 979851]

mais il n'est pas antique : ni grec ancien, ni médiéval (byzantin).

Selon la littérature récente qui repose sur le recueil de Stephanos Koumanoudis (soit dit en passant aussi traducteur de Voltaire), complété et édité par son fils, et qui répertorie les nouveaux mots grecs forgés par des savants depuis 1453 à ses jours, paru en 1900 chez Sakellariou à Athènes sous le titre Συναγωγὴ νέων λέξεων ὑπὸ τῶν λογίων πλασθεισῶν ἀπὸ τῆς ῾Αλώσεως μέχρι τῶν καθ’ἡμᾶς χρόνων (voir tome II, p. 855), ce terme apparaît en grec moderne pour la première fois en 1837 (le verbe προσηλυτίζω en 1855), et il dérive de l'anglais proselytism (qui a donné aussi proselytise). Le nom apparaît en anglais depuis 1649, le verbe depuis 1670.

Le terme προσήλυτος en revanche est déjà hellénistique (il désigne une personne venue d'ailleurs, un étranger, éventuellement, dans Actes 6,5, quelqu'un ayant embrassé le judaïsme ou le christianisme).
Dans le Deuteronome 10,19 on lit chez les Septante : ἀγαπήσετε τὸν προσήλυτον, προσήλυτοι γὰρ ἦτε ἐν γῇ Αἰγύπτῳ.
images/icones/hein.gif  ( 979859 )Comme clericalisme ? par Roger (2024-09-08 18:40:09) 
[en réponse à 979857]

Francois aime employer des mots qui sont étrangers au lexique ecclésiastique.

D'ailleurs l'Eglise n'a jamais promu le clericalisme (expression plus ou moins maçonnique ? ) ni le prosélytisme (expression issue des Lumières merci aux savants liseurs qui nous l'ont expliqué).



Mais l'Église annonce l'Évangile aux Nations par la parole et par l'exemple.

D'ailleurs le Concile Vatican II l a rappelé fortement !
images/icones/barbu2.gif  ( 979868 )un trait du néo-modernisme est un jeu malsain avec les mots par Luc Perrin (2024-09-08 23:28:29) 
[en réponse à 979859]

On observe cela beaucoup dans la foulée de Vatican II, le post-Concile.

Le jargon clérical ou ecclésiastique, vieux comme l'Église et certes évolutif, est chamboulé dans les années de plomb. Non pas tant par ajout de termes, il y en a comme auparavant, mais plus par détournement de sens, redéfinition explicite ou de facto.

La tactique dite du "voleur chinois" : on déplace un objet une fois, deux fois ... jusqu'au moment où le voleur va le subtiliser vraiment. Le propriétaire aura perdu l'objet de vue et ne s'apercevra pas avant longtemps de la disparition.

On a vu cela avec "célébration", terme ancien mais vague, qui se substitue à celui plus précis de Messe.
Ministre et ministère(s), termes ô combien ancrés dans la Tradition la plus respectable, mais que nos néo-modernistes emploient en substitution de "sacerdoce" très souvent bien trop catholique/oriental, tandis que ministre est grand ouvert à une compréhension protestante très différente.

Depuis son élection en 2013, le Pontife régnant a ainsi "rechapé" des mots/expressions connues comme des vieux pneus remis à neuf mais il change la gomme dudit pneu au point qu'il est parfois difficile de reconnaître l'objet/le mot.
- "cléricalisme" est un terme lié à la lutte entre Républicains laïques et "cléricaux", défenseurs de l'Église catholique dans son intégrité territoriale (ses États) et dans ses droits revendiqués/acquis au sein des États, sa place dans les sociétés catholiques.
François en a fait un sobriquet pour stigmatiser ceux qui au sein de l'Église ont à coeur la défense du sacerdoce justement, en soi une vertu, défense qui a pu hélas aller à des excès coupables, des complicités directes et indirectes avec des clercs criminels.
D'un terme à connotation hostile venu des anticléricaux, "le cléricalisme, voilà l'ennemi" (Gambetta 1877), il a fait un mot ad intra.
nb. on notera l'ironie du nouveau sens au vu de la litanie de hiérarques coupables de toutes les turpitudes qui ont émergé au fil du pontificat.
- "semi-pélagien" appliqué étrangement aux traditionalistes, sorte d'inversion accusatoire
- "rigide" appliqué à tous ceux qui regardent encore les Dix Commandements, la Tradition et la Bible, le droit canonique comme des boussoles autrement plus solides que les grains de sable des "pastorales" changeantes avec le vent et les saisons.

images/icones/1v.gif  ( 979873 )au fond la seule chose qui compte ici par jejomau (2024-09-09 09:35:39) 
[en réponse à 979868]

c'est de savoir si François veut dire qu'il faut mettre un stop à l'évangélisation et aux vocations quand il utilise le mot "prosélytisme"

Soyons clair !
images/icones/heho.gif  ( 979879 )Le plus bizarre par Roger (2024-09-09 14:46:58) 
[en réponse à 979873]

Est que le prosélytisme caractérise fortement les musulmans et les évangéliques ...et pas vraiment les Catholiques !

Au passage je signale cette analyse

https://www.diakonos.be/carnets-de-voyage-en-avant-toute-pour-le-dialogue-mais-les-missions-et-lecole-ny-trouvent-pas-leur-compte/
images/icones/carnet.gif  ( 979880 )Bon lien par Roger (2024-09-09 14:55:30) 
[en réponse à 979879]

https://www.diakonos.be/carnets-de-voyage-en-avant-toute-pour-le-dialogue-mais-les-missions-et-lecole-ny-trouvent-pas-leur-compte/
images/icones/bravo.gif  ( 979909 )bien sûr Jejomau et Roger par Luc Perrin (2024-09-10 20:25:00) 
[en réponse à 979880]

L'un et l'autre posez les bonnes questions.

Il est clair, Roger le note, que sur le plan d'un "prosélytisme" intense certains groupes musulmans, notamment financés par les monarchies du Golfe et ce sur la planète (je l'ai observé nettement en Afrique de l'Ouest et centrale), et d'autre part les néo-évangéliques sont en tête ; le catholicisme, hélas, n'est pas même sur le podium pas même admis après les qualifications.
Pour prendre une métaphore "sportive".

Et en effet le Pontife romain est-il en accord avec son archevêque (dominicain certes mais quand même) d'Alger Mgr Vesco qui veut en finir avec l'évangélisation, lui emploie un terme clair et ancré dans la Bible, donc en finir avec Notre Seigneur Jésus Christ qui fait de l'évangélisation la condition sine qua non de la foi ?

Qu'on ne vienne pas exciper de Vatican II pour abriter une telle abomination puisque le dernier Concile fait sans cesse appel à l'évangélisation active dans tous ses textes ou presque.
On sait ce qui est promis dans la Sainte Écriture à ceux et celles qui font de Dieu une moquerie et par le Christ en personne ... aux tièdes.

Le futur cardinal Alfrink, Père conciliaire éminent dans les leaders de la Majorité, avait choisi comme devise épiscopale, lui et bien d'autres : evangelizare divitias Christi. Un prosélyte rigide sûrement pour la Curie actuelle ...

images/icones/hein.gif  ( 979912 )Merci cher Luc par Roger (2024-09-10 21:31:04) 
[en réponse à 979909]

Pour votre commentaire

Comment comprendre une telle évolution ?

Un certain modèle commun aux Juifs et aux protestants historiques selon lequel on hérite de la religion paternelle ?

On serait alors aux antipodes de Vatican II !
images/icones/coeurbrise.gif  ( 979928 )comment comprendre une telle évolution.. par jejomau (2024-09-10 23:39:16) 
[en réponse à 979912]

Dante place ceux qui trahissent dans le dernier cercle en enfer, près de Lucifer. Cet endroit est totalement gelé... Comme leur coeur ?