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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 979786 )De la férie par ami de la Miséricorde (2024-09-05 22:34:48) 



De la férie

Messe comme au dimanche précédent
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 979787 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-09-05 22:37:35) 
[en réponse à 979786]



CHAPITRE XV
De la langueur amoureuse du coeur blessé de dilection.


C'est chose assez connue que l'amour humain a la force non seulement de blesser le coeur, mais de rendre malade le corps jusqu'à la mort, d'autant que l'homme la passion et tempérament du corps a beaucoup de pouvoir d'incliner l'âme et la tirer après soi, aussi les affections de l'âme ont une grande force pour remuer les humeurs et changer les qualités du corps.

Mais, outre cela, l'amour quand il est véhément, porte si impétueusement l'âme en la chose aimée, et l'occupe si fortement, quelle manque à toutes ses autres opérations, tant sensitives qu'intellectuelles, si que pour nourrir cet amour et le seconder, il semble que l'âme abandonne tout autre soin, tout autre exercice, et soi-même encore.

Dont Platon a dit que l'amour était pauvre, déchiré, nu, déchaux (sans chaussure), chétif, sans maison, couchant dehors sur la dure ès portes, toujours indigent. Il est pauvre, parce qu'il fait quitter tout pour la chose aimée; il est sans maison, parce qu'il fait sortir l'âme de son domicile pour suivre toujours celui qui est aimé; il est chétif, pâle, maigre et défait, parce qu'il fait perdre le sommeil, le boire et le manger.

Il est nu et déchaux, parce qu'il fait quitter toutes autres affections pour prendre celle de la chose aimée; il couche dehors sur la dure, parce qu'il fait demeurer à découvert le coeur qui aime, lui faisant manifester ses passions par des soupirs, plaintes, louanges, soupçons, jalousies; il est tout étendu comme un gueux aux portes, parce qu'il fait que l'amant est perpétuellement attentif aux yeux et à la bouche de la personne qu'il aime, et toujours attaché à ses oreilles pour lui parler et mendier des faveurs, desquelles il n'est jamais rassasié :

or, les yeux, les oreilles et la bouche sont les portes de l'âme. Et enfin c'est sa vie que d'être toujours indigent; car si une fois il est rassasié, il n'est plus ardent, et par conséquent il n'est plus amour.

Certes, je sais bien, Théotime, que Platon parlait ainsi de l'amour abject, vil et chétif des mondains; mais néanmoins ces propriétés ne laissent pas de se trouver en lamour céleste et divin. Car voyez un peu ces premiers maîtres de la doctrine chrétienne, c'est-à-dire, ces premiers docteurs du saint amour évangélique, et oyez ce que disait l'un d'entreux qui avait le plus de travail :

Jusques à maintenant, dit-il, nous avons faim et soif, et sommes nus, et sommes souffletés, nous sommes vagabonds, et nous sommes rendus comme les balayures de ce monde, et comme la raclure ou pelure de tous. Comme s'il disait:

Nous sommes tellement abjects, que si le monde est un palais, nous en sommes estimés les balayures; si le monde est une pomme, nous en sommes la raclure.

Qui les avait réduits, je vous prie, à cet état, sinon l'amour ? Ce fut l'amour qui jeta saint François nu devant son évêque, et le fit mourir nu sur la terre; ce fut l'amour qui le fit mendiant toute sa vie;

ce fut l'amour qui envoya le grand saint François Xavier, pauvre, indigent, déchiré, çà et là parmi les Indes et entre les Japonais;

ce fut l'amour qui réduisit le grand cardinal saint Charles, archevêque de Milan, à cette extrême pauvreté parmi toutes les richesses que sa naissance et sa dignité lui donnaient; que comme dit cet éloquent orateur d'Italie, monseigneur Panigarole ( de l'ordre de Saint-François, depuis évêque d'Asti, prononça l'oraison funèbre de S. Charles à ses obsèques.), il était comme un chien en la maison de son maître, ne mangeant qu'un peu de pain, ne buvant qu'un peu d'eau et couchant sur un peu de paille.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde