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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 979464 )29/08 Décollation de St Jean-Baptiste, Ste Sabine, martyre par ami de la Miséricorde (2024-08-28 22:55:19) 



Décollation de St Jean-Baptiste

un sermon de Saint Augustin pour la Décollation de Saint Jean Baptiste

1. Quand on eut fini de célébrer la naissance d'Hérode, la fille d'Hérodiade dansa au milieu de la salle du festin, et sa danse plut au roi. Toutefois, le jour où était né ce misérable lui procura moins de joie qu'à Jean-Baptiste, bien que celui-ci y ait perdu la vie; car il y a plus d'avantage à prendre en Dieu une nouvelle naissance, qu'à venir au monde pour appartenir au diable.

Ce jour fut donc, à bien dire, celui de la naissance, non pas de l'impie Hérode, mais du Prophète ; et c'est chose facile à comprendre : en effet, le jour où il a souffert le martyre, Jean est entré en possession de la bienheureuse éternité, tandis qu'Hérode est tombé sous les coups de la mort le jour où il est né. N'est-ce pas un triste et lamentable jour, celui où un homme, après avoir ouvert, pour la première fois, les yeux à la lumière, se trouve amené, non pas à recueillir la flatteuse réputation que procure une vie de miséricorde et de mansuétude, mais à se déshonorer par une vilaine et cruelle action?

Jean avait été jeté en prison comme coupable d'avoir proféré une réprimande imméritée ; car, pour ceux qui vivent mal, les préceptes de la justice sont insupportables : personne ne lui reprochant plus dès lors son inqualifiable désordre, le roi Hérode s'abandonnait à la joie.

Après la condamnation du Prophète, qui avait osé signaler l'odieuse conduite du tétrarque, qui est-ce qui se serait senti le courage de reprendre ou d'avertir librement cet orgueilleux ? Des peines sévères ne menaçaient-elles pas d'avance l'homme assez indépendant pour protester ? D'ailleurs, les rois coupables ne trouvent-ils pas des flatteurs qui approuvent même leurs crimes et leurs hontes?

2. Mais c'en est assez. Voici venu le jour de la naissance du roi ; il nage dans la joie on le complimente sur la prolongation de son existence, sur le nombre croissant de ses années. Pourrait-il ne pas recevoir avec plaisir de si flatteuses paroles ? Aveugle perspicacité des hommes !

Ils se complaisent dans le présent ou dans le bonheur, et il ne savent prévoir ni l'avenir, ni les retours de la fortune ! Bientôt, l'intérieur de la demeure royale se revêt de splendides et luxueux ornements: sous ces lambris dorés se prépare un sanglant festin. Des festons de verdure contournent les portes, les murs se tapissent de fleurs ; partout, dans ces appartements néfastes et bientôt remplis d'horreur, on aperçoit des couronnes:

on s'y croirait sous l'épaisse feuillée d'un bois. Tous les charmes du printemps, amenés par l'art, semblent s'y rencontrer pour tromper le regard et y représenter la nature dans ce qu'elle a de plus gracieux. Mais si quelqu'un y trouva du plaisir, ce fut, non pas Hérode, mais Jean-Baptiste : si le parfum des fleurs vint flatter quelqu'un, ce fut, non pas le roi, mais le martyr. A voir le tyran de la nation juive étaler, dans une salle de festin, tant de richesse et de faste, on eût dit qu'il voulait fêter aussi joyeusement ses convives, que s'il leur sacrifiait dans un repas tous ses revenus et sa fortune.

Des meubles en grand nombre et d'un luxe inouï éblouissent les yeux : de tous côtés, des vases d'un travail étonnant et d'une valeur sans égale, pour montrer, non-seulement la magnificence d'Hérode, mais aussi son opulence, pour rassasier la vue de ses amis et de ses clients par la beauté et la diversité des ornements, en même temps que des mets recherchés satisferont leur appétit ainsi se réalisera le véritable idéal d'un festin, puisque, d'une part, la table ne laissera rien désirer à l'estomac, et que, de l'autre, des prodiges de luxe ne laisseront rien désirer aux yeux.

Les invités arrivent donc plus tôt que d'habitude, ils se pressent sous les portiques; ce ne sont que des cris de joie, carie diable aiguise leur appétit, et il a soif du sang humain. Tout le monde s'assied, on étend les riches tapis de pourpre sur les lits brodés, les ministres se hâtent d'apporter les mets, les tables en sont chargées, et bien que rien ne manque dans cette profusion, le pauvre Hérode trouve encore ce festin incomplet ; car sa cruauté n'a point là de quoi manger, ou, plutôt, de quoi dévorer. LIRE



Mémoire de Ste Sabine, martyre

Biographie de Sainte Sabine de Rome

Basilique Sainte Sabine à Rome
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 979466 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-08-28 22:57:37) 
[en réponse à 979464]



CHAPITRE XI
Suite du discours des divers degrés de la sainte quiétude et d'une excellente abnégation de soi-même qu'on y pratique quelquefois.


O vrai Dieu ! que c'est une bonne façon de se tenir en la présence de Dieu, d'être et de vouloir toujours et à jamais être en son bon plaisir! Car ainsi, comme je pense, en toutes occurences, oui, même en dormant profondément, nous sommes encore plus profondément en la très sainte présence de Dieu.

Oui, certes, Théotime, car si nous l'aimons, nous nous endormons non seulement à sa vue, mais à son gré, et non seulement par sa volonté, mais selon sa volonté, et semble que ce soit lui-même notre créateur et sculpteur céleste qui nous jette là sur nos lits comme des statues dans leurs niches, afin que nous nichions dans nos lits, comme les oiseaux couchent dans leurs nids.

Puis à notre réveil, si nous y pensons bien, nous trouvons que Dieu nous a toujours été présent, et que nous ne nous sommes pas non plus éloignés ni séparés de lui.

Nous avons donc été là en la présence de son bon plaisir, quoique sans le voir et sans nous en apercevoir; si que nous pourrions dire, à l'imitation de Jacob :

Vraiment, j'ai dormi auprès de mon Dieu et entre les bras de sa divine présence et providence, et je nen savais rien.

Or, cette quiétude en laquelle la volonté n'agit que par un très simple acquiescement au bon plaisir divin, voulant être en l'oraison sans aucune prétention que d'être à la vue de Dieu selon qu'il lui plaira, c'est une quiétude souverainement excellente, d'autant qu'elle est pure de toute sorte d'intérêt, les facultés de l'âme n'y prenant aucun contentement, ni même la volonté, sinon en sa suprême pointe, en laquelle elle se contente de n'avoir aucun contentement, sinon celui d'être sans contentement, pour l'amour du contentement et bon plaisir de son Dieu, dans lequel elle se repose.

En somme, c'est le comble de l'amoureuse extase de n'avoir pas sa volonté en son contentement, mais en celui de Dieu, ou de n'avoir pas son contentement en sa volonté, mais en celle de Dieu.

CHAPITRE XII
De l'écoulement ou liquéfaction de l'âme en Dieu.


Les choses humides et liquides reçoivent aisément les figures et limites qu'on leur veut donner, d'autant qu'elles n'ont nulle fermeté ni solidité qui les arrête ou borne en elles-mêmes.

Mettez de la liqueur dans un vaisseau, et vous verrez qu'elle demeurera bornée dans les limites du vaisseau; lequel, s'il est rond ou carré, la liqueur sera de même, n'ayant aucune limite ni figure, sinon celle du vaisseau qui la contient.

L'âme n'en est pas de même par nature, car elle a ses figures et ses bornes propres. Elle a la figure par ses habitudes et inclinations, et ses bornes par sa propre volonté; et quand elle est arrêtée à ses inclinations et volontés propres, nous disons qu'elle est dure, c'est-à-dire, opiniâtre, obstinée.

Je vous ôterai, dit Dieu, votre coeur de pierre, c'est-à-dire, je vous ôterai votre obstination. Pour faire changer de figure au caillou, au fer, au bois, il y faut la cognée, le marteau, le feu.

On appelle coeur de fer, de bois ou de pierre, celui qui ne reçoit pas aisément les impressions divines, ains demeure en sa propre volonté emmi les inclinations qui accompagnent notre nature dépravée. Au contraire, un coeur doux, maniable et traitable, est appelé un coeur fondu et liquéfié.

Source : Livres-mystiques.com