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images/icones/marie.gif  ( 979152 )20/08 St Bernard, abbé et docteur de l’Eglise par ami de la Miséricorde (2024-08-19 23:38:19) 



Lippi Filippino, Apparition de la Vierge à Saint Bernard, 1486, église de Badia, Florence, Italie

St Bernard, abbé et docteur de l’Église

Biographie de Saint Bernard de Clairvaux

Prière à la Sainte Vierge de Saint Bernard de Clairvaux

« Et maintenant, Mère de Miséricorde, au nom de l'élan d'amour de ton Esprit très pur, la lune se prosterne à Tes pieds ; dans les ferventes supplications, elle en appelle à Toi, car Tu as été constituée Médiatrice en sa faveur auprès du Soleil de justice, de voir la Lumière et par Ton intervention d'obtenir la grâce du Soleil. Car Il T'a aimée plus que tout autre créature et Il T'a embellie, Te revêtant de la robe de gloire et posant sur Ta tête une Couronne de beauté. Ainsi soit-il. »

Source : site-catholique.fr

Oeuvres Complètes de Saint Bernard

SECOND SERMON POUR LE SIXIÈME DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.

Sur les sept Miséricordes.


1. " Je chanterai éternellement les Miséricordes du Seigneur (Psal. LXXXVIII, 2). " Qu'est-ce donc que, je ne sais quelle pensée insensée murmure à mes oreilles, sur le fardeau de 1a pénitence et vient en aggraver le poids sur ma tête ? Je sens qu'il y en a un autre plus doux, j'en conviens, mais beaucoup plus grand que celui-là, car Dieu m'accable tellement de ses Miséricordes, il m'entoure et me charge de tant de bienfaits que je ne puis plus sentir un autre fardeau que celui-là.

En effet, que pourrai-je rendre à Dieu pour tout ce dont il me comble ? Quand il m'a tant donné et redonné, que me parlez-vous d'un autre fardeau que celui de ses dons ? Mon esprit s'affaisse, oui, c'est le mot, il s'affaisse à la pensée de tant de bienfaits. Je sens que je ne puis témoigner comme il faut ma reconnaissance, et pourtant l'ingratitude pèse infiniment à mon cœur. Et je vous assure, mes bien chers frères, que, selon moi, rien ne déplaît à Dieu comme l'ingratitude, surtout chez les enfants de la grâce, dans les hommes de la conversion; car ce vice obstrue les canaux de la grâce :

dès qu'il entre dans une âme, il n'y a plus de place en elle pour la grâce. Voilà pourquoi, mes frères, je ressens une si grande tristesse, et mon cœur est miné par une douleur continuelle, en voyant tant de personnes si portées à la légèreté et au rire, et si faciles à se laisser aller aux paroles oiseuses et aux discours bouffons. Je crains, en effet alors, que ces gens-là n'oublient un peu plus qu'ils ne le devraient la Miséricorde Divine, et que, par suite de leur ingratitude pour les nombreux bienfaits qu'ils ont reçus, ils ne finissent par être abandonnés par la grâce que déjà ils ne regardent plus comme une grâce.

2. Que dirai-je d'un homme qui persévère avec un cœur endurci dans l'impatience et le murmure, ou qui se repent de s'être attaché à Dieu, qui a regret en dépit de la morale et de la raison, du bien qu'il a fait, qui enfin, non-seulement n'a aucune reconnaissance pour la Miséricorde de Dieu, cela n'est que trop évident, mais même n'y répond que par le mépris ?

Elle déshonore (a), autant qu'il est en elle, celui de qui elle a été appelée, l'âme qui demeure à son service dans la tristesse et dans le chagrin, et quand je parle de tristesse, j'entends celle qui est selon la chair et qui produit la mort. Croyez-vous qu'on lui donnera une grâce plus grande que celle qu'elle a déjà reçue ? Bien loin de là, on lui ôtera même celle qu'elle semble encore avoir. En effet, ne regarde-t-on point avec raison comme perdu ce qu'on donne à un ingrat!

a. Une autre leçon fait dire en cet endroit à saint Bernard : " Elle honore peu le Seigneur... l’âme qui le sert dans la tristesse et le chagrin, si toutefois on peut le servir dans la tristesse qui est selon la chair. "

Et n'a-t-on pas regret d'avoir donné une chose qu'on voit périr? Il faut donc que celui qui, non-seulement veut conserver les grâces qu'il a reçues, mais désire les voir augmenter, se montre plein de dévotion et de reconnaissance. Il est bien certain que quiconque voudra rechercher des motifs de reconnaissance envers Dieu, ne peut manquer d'en trouver un grand nombre, car personne ne peut se soustraire à sa douce influence.

Mais il n'en est pas qui aient plus de motifs de reconnaissance que ceux que Dieu a séparés du monde, et a choisis pour les attacher uniquement à son service, si toutefois, selon le mot de l'Apôtre, nous n'avons point reçu l'esprit du monde mais l'esprit de Dieu pour connaître les dons que Dieu nous a faits ( I Cor. II 12). Il est bien clair que nous trouverons bien des choses pour lesquelles nous aurons des actions de grâce à rendre à Dieu. En effet, quel est celui d'entre nous, Seigneur, qui pourrait ne pas s'écrier avec le Prophète : Vous avez été d'une grande Miséricorde pour moi (Psal. LXXXV, 13) ? Aussi ai-je l'intention de vous rappeler en quelques mots quelques-unes des Miséricordes de Dieu, afin que ceux d'entre nous qui sont sages en prennent occasion de se montrer plus sages encore.

3. Or, je trouve, en jetant un regard sur moi, que Dieu m'a fait sept sortes de Miséricordes et je ne doute pas que vous ne le trouviez également sans peine si vous vous repliez en vous-mêmes. La première, c'est que lorsque j'étais encore dans le monde, il m'a préservé d'une foule de péchés, c'est sa première Miséricorde, sinon la première de ses Miséricordes, c'est, dis-je, la première des sept qu'il m'a faites.

Qui ne sait, en effet, que de même que je suis tombé alors dans une foule de péchés, j'aurais pu en commettre beaucoup d'autres encore, si la bonté du Tout-Puissant ne m'avait gardé ? Je reconnais et proclame hautement que si Dieu ne m'eût aidé, je serais, ou peuirconstances, alors qu'elle était révoltée contre la grâce et n'en tenait aucun compte?

Quant à votre seconde Miséricorde, ô mon Dieu, où t s'en faut, tombé dans tout les péchés possibles. Or quelle grâce, et quelle bonté n'est-ce point de sa part, d'avoir conservé par sa grâce une âme ingrate et insouciante de la grâce, et de l'avoir, nonobstant ses dispositions, protégée avec tant de bienveillance en mille crouver des paroles capables de dire combien elle a été bonne, libérale et gratuite à mon égard ?

Je vous offensais, ô mon Dieu, et vous faisiez comme si vous ne vous en aperceviez point; je ne me privais point de pécher, et vous, vous ne vous lassiez point de retenir votre main, au lieu de me frapper. Je prolongeais mon iniquité sans fin, et vous, Seigneur, vous prolongiez de même votre bonté. Mais à quoi m'aurait servi cette attente si vous ne l’aviez fait suivre de la grâce du repentir? Elle n'eût servi qu'à mettre le comble à ma damnation, selon ce que vous avez dit un jour : " Voilà ce que vous avez fait et moi je me suis tu (Psal. XLIX, 21). "

4. La troisième grâce que Dieu m'a faite, c'est donc lorsqu'il a visité mon cœur et l'a changé en lui faisant trouver amer ce qui lui avait d'abord paru doux pour son malheur. C'est alors que moi, qui avais trouvé du bonheur dans le mal que je faisais, et qui m'étais réjoui des pires choses, je commençai enfin à repasser les années de ma vie dans l'amertume de mon âme. Mais à présent, Seigneur, que vous avez remué la terre de mon cœur, que vous l'avez bouleversée, venez la guérir, car elle est toute brisée. On en a vu beaucoup qui, se sont repentis de leurs fautes, mais d'un repentir qui n'a point produit de fruits, parce que leur repentir a été réprouvé aussi bien que leur première faute.

La quatrième Miséricorde de Dieu c'est donc l'accueil Miséricordieux qu'il a fait à mon repentir. C'est de m'avoir mis du nombre de ceux dont le Psalmiste a dit : " Heureux ceux à qui leurs iniquités ont été remises et dont les péchés sont couverts (Psal. XXXI,1)."

5. La cinquième Miséricorde que j'ai reçue de vous, Seigneur, c'est la force de me contenir désormais et de vivre d'une manière plus sainte, cette force qui m'empêche de retomber dans mon péché et de me retrouver ainsi dans un état pire que le premier. Il est manifeste, en effet, Seigneur, que ce n'est que pas le fait d'une humaine, vertu mais d'une force divine, que de secouer de son cou le joug du péché qu'on y a souffert une fois, car " quiconque fait le péché est esclave du péché (Joan. VIII, 34), " et, ne peut plus recouvrer sa liberté que par le secours d'une main vigoureuse.

Enfin, après nous avoir délivrés du mal par ces cinq Miséricordes, il nous fait opérer le bien par ses deux dernières Miséricordes, en sorte que ces paroles du Psalmiste se trouvent accomplies : " Détournez-vous du mal et faites du bien (Psal. XXXVI, 27). " Or, ces deux dernières Miséricordes sont la grâce d'acquérir des mérites, c'est-à-dire la grâce qui nous fait mener une bonne vie, et l'espérance d'en obtenir la récompense, cette grâce qui fait espérer de votre bonté, Seigneur, à l'homme même indigne et pécheur qui en a reçu tant de preuves, la possession même du ciel.

Source : jesusmarie.free.fr/bernard_de_clairvaux_sermons_du_temps_5.html

La catéchèse de Benoît XVI (21 octobre 2009)




images/icones/sacrecoeur.gif  ( 979153 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-08-19 23:43:49) 
[en réponse à 979152]



CHAPITRE VI
Que la contemplation se fait sans peine; qui est la troisième différence entre molle et la méditation.


Théotime, hé! quand fut-ce, je vous prie, que notre Seigneur vint en son jardin, sinon quand il vint ès très pures, très humbles et très douces entrailles de sa mère, pleine de toutes les plantes fleurissantes des saintes vertus? Et qu'est-ce à notre Seigneur de moissonner sa myrrhe avec ses parfums, sinon assembler souffrances à souffrances jusquà la mort, et la mort de la croix, joignant par icelles mérites à mérites, trésors à trésors, pour enrichir ses enfants spirituels?

Et comme mangea-t-il son bornai avec son miel, sinon quand il vécut dune vie nouvelle, réunissant son âme plus douce que le miel à son corps percé et navré de plus de trous qu'un borna! (Navré de plus de trous quun bornal, percé de plus de blessures qu'une ruche n'a d'alvéoles.)?

Et lorsque montant au ciel il prit possession de toutes les circonstances et dépendances de sa divine gloire, que fit-il autre chose, sinon mêler le vin réjouissant de la gloire essentielle de son âme avec le lait délectable de la félicité parfaite de son corps, en une sorte encore plus excellente qu'il n'avait pas fait jusqu'à lheure.

Or, en tous ces divins mystères qui comprennent tous les autres, il y a de quoi bien manger et bien boire pour tous les chers amis, et de quoi s'enivrer pour les très chers amis. Les uns mangent et boivent, mais ils mangent plus qu'ils ne boivent, et ne s'enivrent pas; les autres mangent et boivent, mais ils boivent beaucoup plus qu'ils ne mangent, et ce sont ceux qui s'enivrent.

Or, manger, c'est méditer; car en méditant on mâche, tournant çà et là la viande spirituelle entre les dents de la considération pour l'émier (émietter), froisser et digérer, ce qui se fait avec quelque peine. Boire, c'est contempler, et cela se fait sans peine ni résistance, avec plaisir et coulamment.

Mais s'enivrer, c'est contempler si souvent et si ardemment qu'on soit tout hors de soi-même pour être tout en Dieu Sainte et sacrée ivresse, qui, au contraire de le corporelle, nous aliène, non du sens spirituel, mais des sens corporels, qui ne nous hébète ni abêtit pas, ains nous angélise (nous fait participer à la nature des anges.), et, par manière de dire, divinise; qui nous met hors de nous, non pour nous ravaler et ranger avec les bêtes, comme fait l'ivresse terrestre, mais pour nous élever au-dessus de nous et nous ranger avec les anges, en sorte que nous vivions plus en Dieu qu'en nous-mêmes, étant attentifs et occupés par amour à voir sa beauté, et nous unir à sa bonté.

Or, d'autant que pour parvenir à la contemplation nous avons pour l'ordinaire besoin d'ouïr la sainte parole, de faire des devis et colloques spirituels avec les autres à la façon des anciens anachorètes, de lire des livres dévots, de prier, méditer, chanter des cantiques, former de bonnes pensées; pour cela, la sainte contemplation étant la fin et le but auquel tous ces exercices tendent, ils se réduisent tous à elle, et ceux qui les pratiquent sont appelés contemplatifs.

Comme aussi cette sorte d'occupation est nommée vie contemplative, à raison de l'action de notre entendement par laquelle nous regardons la vérité de la beauté et bonté divine avec une attention amoureuse, c'est-à-dire, avec un amour qui nous rend attentifs, ou bien avec une attention qui provient de lamour, et augmente l'amour que nous avons envers l'infinie suavité de notre Seigneur.

CHAPITRE VII
Du recueillement amoureux de l'âme la contemplation.


Je ne parle pas ici, Théotime, du recueillement par lequel ceux qui veulent prier se mettent en la présence de Dieu, rentrant en eux-mêmes, et retirant, par manière de dire, leur âme dedans leur coeur pour parler à Dieu; car ce recueillement se fait par le commandement de l'amour, qui, nous provoquant à l'oraison, nous fait prendre ce moyen de la bien faire; de sorte que nous faisons nous-mêmes ce retirement de notre esprit.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde