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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978836 )09/08 Vigile de St Laurent, martyr, St Romain par ami de la Miséricorde (2024-08-08 22:33:50) 



Vigile de St Laurent, martyr

Prière à Saint Laurent de Rome, diacre martyr d'Adam de Saint-Victor

Prunis datum Admiremur, Laureatum Veneremur Laudibus Laurentium ; Veneremur Cum tremore, Deprecemur Cum amore Martyrem egregium.

Sur ses charbons Laurent paraît, méritant le laurier que signifiait son Nom : admirons-le, vénérons-le dans nos louanges ; vénérons avec tremblement l’illustre Martyr, implorons-le avec amour.

Accusatus Non negavit ; Sed pulsatus Resultavit In tubis ductilibus, Cum in pœnis Voto plenis Exsultaret Et sonaret In divinis laudibus.

Accusé, il ne se déroba pas, mais frappé résonna comme font les trompettes retentissantes : ainsi, dans les tortures, objet de ses vœux, tressaillait-il, résonnait-il en divines louanges.

Sicut chorda musicorum Tandem sonum dat sonorum Plectri ministerio ; Sic, in chely tormentorum, Melos Christi confessorum Dedit hujus tensio.

Comme la corde rend sous l’archet sa mélodie, ainsi, tendu sur la lyre des tourments, il fit monter vers Jésus-Christ sa confession harmonieuse.

Deci, vide Quia fide Stat invictu Inter ictus Minas et incendia : Spes interna, Vox superna Consolantur Et hortantur Virum de constantia.

Vois, tyran, comme par la foi il demeure invincible parmi les coups, les menaces et les flammes : une intime espérance, une Voix d’en Haut le consolent, affermissent son courage.

Nam thesauros quos exquiris Per tormenta non acquiris Tibi, sed Laurentio. Hos in Christo coacervat, Hujus pugna Christus servat, Triumphantis præmio.

Car les trésors que tu recherches, ce n’est pas à toi, mais à Laurent que tes tourments les acquièrent : il les entasse dans le Christ ; pour son combat, le Christ les lui garde comme récompense de triomphe.

Nescit sancti nox obscurum, Ut in pœnis quid impurum Fide tractet dubia ; Neque cæcis lumen daret, Si non eum radiaret Luminis præsentia.

La nuit du Saint ignore l’ombre, rien dans sa peine dont le mélange puisse laisser quelque doute à sa foi : rendrait-il la Lumière aux aveugles, si la Lumière elle-même ne l’inondait pas ?

Fidei confessio Lucet in Laurentio : Non ponit sub modio, Statuit in medio Lumen coram omnibus. Juvat Dei famulum Crucis suæ bajulum, Assum quasi ferculum, Fieri spectaculum Angelis et gentibus.

C’est la Foi dont la confession resplendit en lui ; la Lumière, il la place, non sous le boisseau, mais au milieu devant tous. Rôti comme un aliment, il plaît au serviteur de Dieu, au porteur de sa Croix, d’être donné en spectacle aux Anges et aux nations.
Non abhorret prunis volvi, Qui de carne cupit solvi Et cum Christo vivere ; Neque timet occidentes Corpus, sed non prævalentes Animam occidere.

Il ne craint pas d’être roulé sur les charbons, celui qui désire être affranchi de la chair et vivre avec le Christ ; il ne redoute pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent tuer l’âme.

Sicut vasa figulorum Probat fornax, et eorum Solidat substantiam, Sic et ignis hunc assatum Velut testam solidatum Redditper constantiam.

Comme la fournaise éprouve le travail des potiers, endurcit la substance : ainsi le feu, cuisant le Martyr, en fait par la constance un vase affermi.

Namcum vetus corrumpatur, Alter homo renovatur Veteris incendio ; Unde nimis confortatus Est athletæ principatus In Dei servitio.

Quand le vieil homme en effet se dissout, un autre se répare au bûcher qui consume l’ancien ; c’est ainsi qu’au service de Dieu s’est fortifiée merveilleusement la puissance de l’athlète.

Hunc ardorem Factum foris Putat rorem Vis amoris Et zelus Justitiæ ; Ignis urens, Non comburens, Vincit prunas Quas adunas O minister impie.

L’ardeur dont on l’entoure n’est que rosée pour son puissant amour et son zèle de justice ; un feu brûlant, non consumant, surmonte tes brasiers assemblés, ministre impie.

Parum sapis Vim sinapis, Si non tangis, Si non frangis ; Et plus fragrat Quando flagrat Thus injectum ignibus. Sic arctatus Et assatus, Sub labore, Sub ardore, Dat odorem Pleniorem Martyr de virtutibus.

Si tu ne le prends, si tu ne le brises, le grain de sénevé a peu de saveur ; c’est lorsqu’il brûle sur les charbons, que l’encens exhale mieux son parfum : ainsi pressé, ainsi brûlé, le Martyr plus pleinement, sous ce labeur, sous ces ardeurs, livre l’arôme de ses vertus.

O Laurenti, laute nimis, Rege victo rex sublimis, Regis regum fortis miles, Qui duxisti pœnas viles Certans pro Justitia ; Qui tot mala devicisti Contemplando bona Christi, Fac nos malis insultare, Fac de bonis exsultare Meritorum gratia. Amen

Ô Laurent, fortuné à l’excès, roi magnifique ayant vaincu le roi du monde, fort chevalier du Roi des rois, tu réputas pour rien la souffrance dans ton combat pour la Justice ; tu as surmonté tant de maux en contemplant les Biens du Christ : par la Grâce de tes mérites, fais-nous mépriser le mal, fais-nous mettre au bien notre joie.

Ainsi soit-il.

Source : site-catholique.fr



Mémoire de St Romain, martyr
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978837 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-08-08 22:36:27) 
[en réponse à 978836]



LIVRE VI

CHAPITRE PREMIER.

Description de la théologie mystique, qui n'est autre chose que l'oraison.


Mais de quoi devisons-nous en l'oraison? quel est le sujet de notre entretien ? Théotime, on n'y parle que de Dieu; car de qui pourrait deviser et s'entretenir l'amour, que du bien-aimé?

Et pour cela l'oraison et la théologie mystique ne sont qu'une même chose. Elle s'appelle théologie, parce que comme la théologie spéculative a Dieu pour son objet, celle-ci aussi ne parle que de Dieu, avec trois différences :

car, 1° celle-là traite de Dieu en tant qu'il est Dieu, et celle-ci en parle en tant quil est souverainement aimable, c'est-à-dire, celle-là regarde la divinité de la suprême bonté, et celle-ci la suprême bonté de la divinité;

2° la spéculative traite de Dieu avec les hommes et entre les hommes, la mystique parle de Dieu avec Dieu et en Dieu même;

3° la spéculative tend à la connaissance de Dieu, et la mystique à l'amour de Dieu, de sorte que celle-là rend ses écoliers savants, doctes et théologiens; mais celle-ci rend les siens ardents, affectionnés, amateurs de Dieu, et Philothées ou Théophiles.

Or, elle s'appelle mystique, parce que la conversation y est toute secrète, et ne se dit rien en icelle entre Dieu et l'âme que de coeur à coeur par une communication incommunicable à tout autre qu'à ceux qui la font.

Le langage des amants est si particulier que nul ne l'entend qu'eux-mêmes. Je dors, disait l'amante sacrée, et mon coeur veille, eh ! voilà que mon bien-aimé me parle.

Qui eût pu deviner que cette épouse étant endormie eût néanmoins devisé avec son époux? Mais où l'amour règne, on n'a point besoin du bruit des paroles extérieures, ni de l'usage des sens pour s'entretenir et s'entrouïr l'un lautre.

En somme l'oraison et théologie mystique n'est autre chose qu'une conversation par laquelle l'âme s'entretient amoureusement avec Dieu de sa très aimable bonté, pour s'unir et joindre à icelle.

L'oraison est une manne, pour l'infinité des goûts amoureux et des précieuses suavités qu'elle donne à ceux qui en usent; mais elle est secrète, parce qu'elle tombe avant la clarté d'aucune science, en la solitude mentale où l'âme traite seule à seule avec son Dieu.

Qui est celle-ci, peut-on dire d'elle, qui monte par le désert comme une nuée de parfums, de myrrhe, d'encens, et de toutes les poudres du parfumeur ? Aussi le désir du secret l'avait incitée de faire cette supplication à son époux :

Venez, mon bien-aimé, sortons aux champs, séjournons és villages; pour cela l'amante céleste est appelée tourterelle, oiseau qui se plait ès lieux ombrageux et solitaires, esquels elle ne se sert de son ramage que pour son unique patron, ou le flattant tandis qu'il est en vie, ou le regrettant après sa mort.

Pour cela au Cantique l'époux divin et l'épouse céleste représentent leurs amours par un continuel devis, que si leurs amis et amies parlent parfois emmi leur entretien, ce n'est qu'à la dérobée, et de sorte qu'ils ne troublent point le colloque.

Pour cela la bienheureuse mère Térèse de Jésus trouvait plus de profit au commencement ès mystères où notre Seigneur fut plus seul, comme au jardin des Olives, et lorsqu'il fut attendant la Samaritaine, car il lui était advis qu'étant seul il la devait plus tôt admettre auprès de lui.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde