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images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978761 )06/08 Transfiguration de Notre-Seigneur par ami de la Miséricorde (2024-08-05 23:42:48) 



James Tissot, Transfiguration du Seigneur, New York

Transfiguration de Notre-Seigneur

Saint François de Sales

Sermon sur la Transfiguration

Mt XVII 1-9


Le grand Apôtre saint Paul ayant été ravi et élevé jusqu'au troisième
Ciel, ne sachant si ce fut hors de son corps ou en son corps, dit qu'il
n'est nullement loisible ni possible à l'homme de raconter ce qu'il y
vit, ni les merveilles admirables qu'il apprit et qui lui furent montrées
en son ravissement. Or, si celui qui les a vus n'en peut parler, si
ayant été ravi jusqu'au troisième Ciel il n'en ose dire mot, beaucoup
moins donc nous autres qui n'avons été élevés ni au premier ni au
second ni au troisième.

(…) Je ne veux pas, mes chères Sœurs, vous entretenir de la félicité
que les Bienheureux ont en la claire vue de la face de Dieu, qu'ils
voient et verront sans fin en son Essence ; car cela regarde la félicité
essentielle, et je n'en veux pas traiter, sinon que j'en dise quelques
mots sur la fin. Je ne parlerai pas non plus de l'éternité de cette
gloire des Saints, mais seulement d'une certaine gloire accidentelle
qu'ils reçoivent en la conversation qu'ils ont par ensemble. O quelle
divine conversation ! Mais avec qui? Avec trois sortes de personnes :
avec eux mêmes, avec les Anges, les Archanges, les Chérubins, les
saints Apôtres, les Confesseurs, les Vierges, avec la Vierge
glorieuse, Notre Dame et Maîtresse, avec la très sainte humanité de
Notre Seigneur et enfin avec la très adorable Trinité même, le Père,
le Fils et le Saint Esprit.

Mais, mes chères Sœurs, il faut que vous sachiez que tous les
Bienheureux se connaîtront les uns les autres, un chacun par leur
nom, ainsi que nous l'entendrons mieux par le récit de l'Évangile,
lequel nous fait voir notre divin Maître sur le mont de Thabor,
accompagné de saint Pierre, saint Jacques et saint Jean. Pendant
qu'ils regardaient le Sauveur qui priait (Lc IX, 29) et était en oraison,
il se transfigura devant eux, laissant répandre sur son corps une
petite partie de la gloire dont il jouissait continuellement dès
l'instant de sa glorieuse conception dans les entrailles de Notre
Dame; gloire qu'il retenait, par un continuel miracle, resserrée et
couverte dans la suprême partie de son âme.

Les Apôtres virent donc alors sa face plus reluisante et éclatante que
le soleil, voire cette clarté et cette gloire s'épancha jusque sur ses
vêtements pour nous montrer qu'il n'en était pas si chiche qu'il n'en
fit part à ses habits mêmes et à ce qui était autour de lui. Il nous fit
voir un petit échantillon du bonheur éternel et une goutte de cet
océan et de cette mer d'incomparable félicité pour nous faire désirer
la pièce tout entière (Intro. à la vie dévote, Parie III,c.2) ; si que le
bon saint Pierre, qui parlait pour tous comme devant être le chef des
autres : "O qu'il est bon d'être ici", s'écria-t-il tout ému de joie et de
consolation. J'ai bien vu, voulait-il dire, beaucoup de choses, mais il
n'y a rien de si désirable que d'être en ce lieu. Les trois disciples
virent encore Moïse et Elie qu'ils n'avaient jamais vus et qu'ils
reconnurent cependant très bien ; l'un ayant repris son corps ou bien
un autre formé de l'air, et l'autre étant en son même corps auquel il
fut élevé dans le char triomphal (IV R. II, 11). Tous deux
s'entretenaient avec notre divin Maître de l'excès qui devait arriver en
Jérusalem (Lc IX,31), excès qui n'est autre sinon la mort qu'il devait
souffrir par son amour ; et soudain après cet entretien les Apôtres
ouïrent la voix du Père éternel lequel disait : "C'est ici mon Fils bien
aimé, écoutez-le." lire




Mémoire de St Sixte II, pape, et les Sts Félicissime et Agapit, martyrs
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 978762 )Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales par ami de la Miséricorde (2024-08-05 23:45:16) 
[en réponse à 978761]



CHAPITRE XII

De la souveraine louange que Dieu se donne à soi-même,
et de l'exercice de bienveillance que nous faisons en icelle.


Toutes les actions humaines de notre Sauveur sont infinies eu valeur et mérite, à raison de la personne qui les produit, qui est un même Dieu avec le Père et le Saint-Esprit. Mais elles ne sont pas pourtant de nature et essence infinie.

Car tout ainsi qu'étant en une chambre nous ne recevons pas la lumière selon la grandeur de la clarté du soleil qui la répand, mais selon la grandeur de la fenêtre par laquelle il la communique; de même les actions humaines du Sauveur ne sont pas infinies, bien qu'elles soient dinfinie valeur; d'autant qu'encore que la personne divine les fasse, elle ne les fait pas toutefois selon l'étendue de son infinité, mais selon la grandeur finie de son humanité par laquelle elle les fait.

De sorte que comme les actions humaines de notre doux Sauveur sont infinies en comparaison des nôtres, aussi sont-elles finies en comparaison de l'essentielle infinité de la Divinité; elles sont d'infinie valeur, estime et dignité, parce qu'elles procèdent d'une personne qui est Dieu; mais elles sont d'essence et nature finie, parce que Dieu les fait selon sa nature et substance humaine, qui est finie.

La louange donc qui part du Sauveur, en tant qu'il est homme, n'étant pas de tout point infinie, elle ne peut correspondre de toutes parts à la grandeur infinie de la Divinité à laquelle elle est destinée.

C'est pourquoi après le premier ravissement d'admiration qui nous saisit quand nous avons rencontré une louange si glorieuse, comme est celle que le Sauveur donne à son Père, nous ne laissons pas de reconnaît que la Divinité est encore infiniment plus louable, qu'elle ne peut être louée ni par toutes les créatures, ni par l'humanité même du Fils éternel.

Si quelqu'un louait le soleil à cause de sa lumière, plus il s'élèverait vers icelui pour le louer, plus il le trouverait louable, parce qu'il y verrait toujours plus de splendeur.

Que si c'est cette beauté de la lumière qui provoque les alouettes à chanter, comme il est fort probable, ce n'est pas merveille si elles chantent plus clairement à mesure qu'elles volent plus hautement, s'élevant également en chant et en vol jusqu'à tant que ne pouvant presque plus chanter, elles commencent à descendre de ton et de corps, rabaissant petit à petit leur vol comme leur voix.

Ainsi, mon Théotime, à mesure que nous montons par bienveillance vers la Divinité pour entonner et ouïr ses louanges, nous voyons qu'il est toujours au-dessus de toute louange; et finalement nous connaissons qu'il ne peut être loué selon qu'il mérite, sinon par lui-même qui seul peut dignement égaler sa souveraine bonté par une souveraine louange.

Alors nous exclamons : Gloire soit au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit! Et afin qu'on sache que ce n'est pas la gloire des louanges créées que nous souhaitons à Dieu par cet élan, aine la gloire essentielle et éternelle qu'il a en lui-même, par lui-même, de lui-même, et qui est lui-même, nous ajoutons : Ainsi qu'il lavait au commencement, et maintenant et toujours ès siècles des siècles. Amen.

Comme si nous disions par souhait:

Qu'à jamais Dieu soit glorifié de la gloire qu'il avait avant toute créature en son infinie éternité et éternelle infinité! Pour cela nous ajoutons ce verset de gloire à chaque psaume et cantique, selon la coutume ancienne de l'Eglise orientale que le grand saint Jérôme supplia saint Damase pape de vouloir établir de deçà en Occident, pour protester que toutes les louanges humaines et angéliques sont trop basses pour dignement louer la divine bonté, et qu'afin quelle soit dignement louée, il faut quelle soit sa gloire, sa louange et sa bénédiction elle-même.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde